Les patrons de PME et les indépendants ont (aussi) peur du chômage

L’Institut français d’opinion publique (IFOP) a mené pour le groupe April la première édition de l’Observatoire des Pros, réalisée auprès des chefs de petites entreprises et travailleurs indépendants. Objectif : mieux connaître leur état d’esprit d’un point de vue personnel mais aussi professionnel. Cette 1ère édition s’attache notamment à aborder un sujet encore tabou : le chômage du dirigeant.

 

La première préoccupation des chefs d’entreprise se disant pessimistes est la crainte de se retrouver dans une situation financière précaire (38%). Cet état d’esprit concerne plus de la moitié (51 %) des chefs d’entreprises veufs, séparés, divorcés ou célibataires ; un phénomène qui démontre l’impact de la situation personnelle sur l’appréhension de la vie professionnelle. Le manque de visibilité pour l’avenir est également l’un des principaux facteurs de pessimisme puisque 3 dirigeants sur 10 évoquent un carnet de commande pas assez rempli pour expliquer leur scepticisme.

 

On s’aperçoit qu’un arrêt de l’activité s’avère une crainte plus forte chez certaines populations telles que les femmes (44 %), ou les quadragénaires pour lesquelles l’âge de la retraite est encore loin et une éventuelle reconversion difficile à envisager. Certains secteurs se sentent également plus concernés, notamment le BTP où un dirigeant sur deux redoute le chômage, ou encore dans le Commerce où 46 % des chefs d’entreprise reconnaissent craindre la fin de l’activité.

 

En outre, 10 % des chefs d’entreprise ont déjà connu une situation de chômage au cours de leur carrière en tant que dirigeant. Plus de la moitié (53 %), a pu retrouver un emploi en moins de 3 mois. Des chefs d’entreprise qui de par leur expérience et leur réseau professionnel, ne peinent pas à retrouver une activité rapidement. Ce qui explique notamment que 73% d’entre eux estiment que le chômage n’est pas une préoccupation majeure.

 

Seuls 17 % des dirigeants ont pu être indemnisés lors d’une période de chômage. Pour 83% d’entre eux, retrouver une activité rapidement était donc primordial pour continuer à vivre normalement ; et dans cette situation, 56% de ces dirigeants ont fait le choix d’une activité salariée, sans statut de patron. Par ailleurs, quand ils ont la possibilité d’étendre leur période de chômage, les chefs d’entreprises reviennent plus massivement vers une activité salariée en tant de dirigeant : ils sont 33% à faire ce choix quand leur période de chômage dure entre un et deux ans, alors que ce chiffre passe à 13% après moins de trois mois de chômage. Le temps semble permettre de reconstruire un projet.

 

86% des chefs d’entreprise sont conscients qu’ils ne seront pas couverts, cependant ils ne prennent aucune disposition pour prévenir ce risque. Seulement 3 % ont prévu une assurance privée pour palier une situation de chômage.

 

L’étude a été réalisée L du 1er au 18 septembre 2015, d’abord par téléphone sur un échantillon principal représentatif de 401 dirigeants d’entreprises, de 0 à 20 salariés. Puis, dans un second temps, auprès d’un échantillon complémentaire de 53 dirigeants d’entreprises de 0 à 20 salariés, actuellement au chômage ou l’ayant été au moins une fois durant ces cinq dernières années.