Les recruteurs se méfient du salarié scotché à son poste, autant que du zappeur

Il n’est plus de mise d’effectuer toute sa carrière dans une seule même entreprise. Pour autant, le zapping intempestif est mal perçu par les employeurs, constate étude menée auprès de 200 directeurs administratifs et financiers, publiée par le spécialiste du recrutement Robert Half.

Robert Half a interrogé un panel de directeurs administratifs et financiers sur l’appréciation qu’ils font des parcours des candidats. Résultat : 83 % des DAF sont prêts à éliminer les candidats qui ont la bougeotte. « À l’heure de la mobilité professionnelle, volontaire ou forcée, les réticences à l’égard des personnes changeant régulièrement d’emplois demeurent souvent fortes. Malgré un contexte économique peu favorable à des carrières longues et stables, les passages d’entreprises en entreprises font l’objet d’un a priori voire de préjugés ancrés. Ils peuvent être interprétés comme de l’instabilité, de l’incapacité à s’adapter ou à s’engager », analyse l’étude. Tout dépend de ce que l’on considère comme une mobilité excessive. Pour 88,5 % des managers administratifs et financiers interrogés, est considéré comme job-zappeur, un salarié qui a changé d’employeur trois fois (ou plus ) sur une période de 10 ans. Et cela présente plusieurs désavantages. L’intéressé peut être perçu comme instable. Pire, il peut être soupçonné de ne pas avoir convaincu ses employeurs successifs par ses compétences.

 

Robert Half relativise : « au regard du marché du travail actuel, avoir 3 expériences professionnelles différentes en 10 ans (29,5 % des DAF) ne semble pas hors-norme. En outre, changer régulièrement d’emploi peut s’avérer bénéfique pour sa carrière avec l’acquisition de nouvelles compétences et d’une expérience accrue et diversifiée ». Avant de conseiller aux candidats de préparer un argumentaire justifiant leur soif de diversité. « Il est primordial d’anticiper les questions sur le sujet en expliquant les raisons de ces changements réguliers, tout en valorisant les acquis de compétences et d’expériences obtenus à chacun des postes », suggère Bruno Fadda, director de Robert Half Finance et Comptabilité.