La lettre du 11 juin 2015
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Focus

Plan emploi dans les PME : les patrons entendus

Les 18 mesures annoncées, le 9 juin, par Matignon n’ont pas déclenché l’enthousiasme général. À défaut, le Premier ministre, Manuel Valls, a réussi l’essentiel. Il décroche un accessit de la part des mouvements patronaux, censés s’en emparer pour relancer la job machine. Ce sont les chefs d’entreprise eux-mêmes qui le disent : ce plan englobe des pans entiers de leurs suggestions. «Les mesures annoncées reprennent en partie ce que nous avions proposé et vont dans le bon sens », confirme Thibault Lanxade, vice-président du Medef en charge des PME et de l’entrepreneuriat.
L’organisation de l’avenue Bosquet juge positifs le plafonnement des indemnités prud’homales, l’assouplissement de la période d’essai des apprentis, le lissage des effets de seuils, la lutte contre la fraude aux salariés détachés, de même que la possibilité de renouveler deux fois consécutivement les CDD. La CGPME dit aussi avoir identifié plusieurs de ses préconisations dans le small business act à la française. La confédération de François Asselin insiste sur « la réduction de l’insécurité juridique liée aux contentieux relatifs aux licenciements ».
Même les professions libérales réunies au sein de l’UNAPL affirment retrouver nombre de leurs recommandations parmi les décisions que Matignon s’apprête à mettre en œuvre. Parmi elles, le président, Michel Chassang, énumère le renforcement du contrôle des travailleurs européens détachés, la facilitation de l’accès des PME à la commande publique, ou l’allègement des formalités pour les petits employeurs via le titre emploi service entreprise (Tese).
Dans ce concert, seule l’Union professionnelle des artisans (UPA) de Jean-Pierre Crouzet fait entendre une note dissonante. Elle juge que le dispositif n’est « pas à la hauteur des espoirs suscités par ce rendez-vous. L’ensemble du plan donne le sentiment d’un saupoudrage de dispositions plutôt positives, mais souvent complexes, limitées dans le temps, manquant d’une véritable ambition ». Chaque composante du patronat fait son marché dans la panoplie étalée par le gouvernement. Ce picorage les satisfait à moitié. L’UPA regrette que l’aide à l’embauche soit « réservée aux entreprises sans salarié et limitée dans le temps ». Elle trouve insuffisante la période d’essai du contrat d’apprentissage (deux mois).
Le Medef estime que les points positifs sont « contrecarrés par les amendements qui ont été votés dans le cadre de la loi de modernisation du dialogue social et qui vont se traduire par davantage de complexité ». Thibault Lanxade cite l’élargissement des missions des commissions paritaires régionales, la mutualisation et l’annualisation des heures de délégation ou l’«abaissement brutal» du seuil déclencheur pour la présence d’administrateurs salariés, passé de 5000 à 1000.

Entreprises

Sopra Steria en quête de quiétude sociale

Le nouvel ensemble Sopra Steria (12 500 salariés en France) reste englué dans des conflits entre direction et syndicats. Ces différends impactent déjà la fidélisation et l’attractivité. Depuis le début de l’année, le turn-over s’accélère : plus de 700 collaborateurs ont quitté l’entreprise en quatre mois, sans tenir compte des départs en retraite. Démissions, ruptures conventionnelles et licenciements s’enchaînent. Malgré l’intégration d’environ 500 nouvelles recrues sur la période, l’effectif a chuté de quelque 2%. Sopra Steria aimerait attirer davantage de talents, mais l’instabilité statutaire ne semble pas rassurer les candidats, alors que l’emploi repart dans les SSII (Alten a encore 1 200 postes à pourvoir d’ici à la fin de l’année).

La naissance du géant des services informatique est déjà marquée par plusieurs épisodes judiciaires. Le tribunal de Nanterre (92) a récemment condamné le groupe piloté par Vincent Paris à dédommager les instances représentatives qui avaient saisi la justice pour s’opposer à la dénonciation unilatérale d’une série d’usages et avantages à compter de fin mars. Cela concerne notamment les frais de déplacement, les primes d’astreintes, règles d’évaluation du temps de travail et les jours de congé RTT. La DRH a aussi décidé de passer de 35 à 38,5 heures de travail hebdomadaire, dans le but évident de réduire les charges découlant des heures supplémentaires. La fusion doit générer 62M€ d’économies, la masse salariale doit y contribuer.
Un autre conflit s’enclenche à Lille et à Aix-en-Provence. Il concerne la désignation des représentants du personnel, sur fond de contestation des heures de délégation.
Pour couronner le tout, début mai, la cour d’appel de Versailles a condamné la société pour discrimination liée au genre, au détriment d’une salariée dont le licenciement par Steria a été jugé illicite. Le dossier datant de 2014 est antérieur au rapprochement, mais la nouvelle direction avait jugé opportun de faire appel. Ce feuilleton se poursuit.

Verallia : les salariés rêvent d’une garantie

Plus de sept ans après en avoir annoncé la cession, le groupe Saint-Gobain va enfin vendre sa filiale Verallia, spécialisée dans le conditionnement. Pour un chèque estimé à 2,95Mds€, la société de capital investissement Apollo Global Management mettra la main sur cette entité de 10 000 salariés, dont 2 200 en France, répartis sur six sites de production, en plus du siège social sis à Courbevoie (92) et de six bases logistiques. Les intéressés sont soulagés d’avoir échappé à la vente à la découpe, leur principale hantise face à la difficulté de trouver un acheteur. Les élus du personnel entendent maintenant peser sur le volet social de l’opération qui ne sera pas bouclée avant la fin du troisième trimestre.
Les points de vigilance unanimement soulignés par la CGT, la CFDT, FO et la CGC restent le maintien du siège social en France, la préservation de toute l’activité hexagonale, sous-traitance incluse, le maintien de l’avantageux statut social hérité de Saint-Gobain, ainsi que la qualité du dialogue social personnellement supervisé jusqu’ici par le PDG, Pierre- André de Chalendar. Le personnel rêve surtout d’un engagement de l’acquéreur à préserver l’emploi et les investissements pour au moins cinq ans. Pour se faire entendre, ses représentants comptent sur la fibre sociale du big boss, et s’apprêtent à faire le siège des députés et du ministre de tutelle.

Crédit agricole se voit en chevalier de l’emploi

Partenaire unique de BPI Group depuis décembre 2013 pour la revitalisation du site Motorola à Toulouse, la banque verte a fait un pari gagnant. Sa mise de 2,75M€ a généré plus de jobs qu’espéré : 228 au lieu de 148. Une quinzaine de sociétés en ont profité, à faible taux. À trois conditions : être localisé dans le périmètre de redynamisation, créer ou développer des activités en lien avec celles de Motorola, autrement dit les nouvelles technologies, et s’engager dans un plan de recrutement durable.
Parmi les happy few, Davy Tudela, patron d’Eticplus spécialisé dans les étiquettes thermiques, et Stéphane Vinazza, DG de Synox, qui intervient dans l’Internet des objets. Crédit agricole, qui se voit en chevalier blanc de la création d’emplois, compte aboutir au même résultat à Paris avec le concept novateur de Village by CA lancé l’année dernière. Il s’agit d’un immeuble pour start-up, dans lequel 80 jeunes pousses ont élu domicile pour une durée moyenne de deux ans. Elles bénéficient de l’appui d’experts dédiés : avocats, spécialistes RH, pros de la comptabilité, etc. Village by CA commence à essaimer en région.
Dans un autre genre, mais toujours dans l’optique d’associer investissement peu risqué et création d’emplois, les caisses régionales d’Aquitaine participent au financement d’Eticoop, une structure d’accompagnement et de coaching de porteurs de projets. « La France compte plus de cinq millions de personnes partiellement ou entièrement privées d’activité. La création ou la reprise d’entreprise peut être une alternative au chômage. Les caisses régionales se sont emparées de la question et soutiennent l’économie des territoires », se flatte la direction nationale.

Institutions

L’État employeur va réglementer le télétravail

La DGAFP met la dernière main à un avant-projet de décret sur le télétravail qui va être soumis à l’appréciation des syndicats de fonctionnaires. L’administration entend plafonner les prestations à distance à trois jours par semaine. Seules dérogations : les travailleurs reconnus handicapés, les femmes enceintes, les agents souffrant de pathologies complexes et ceux revenant d’un congé maladie de longue durée. Toutes ces exceptions nécessiteront l’avis du médecin de prévention.
Prudente, la DG de l’administration et de la Fonction publique, Anne-Marie Lévêque, a arbitré dans le sens d’une limitation des autorisations de télétravail (obligatoirement sollicitées par écrit) à un an maximum, « renouvelable après entretien avec le supérieur hiérarchique qui émet un avis ». Et tout changement de fonction entraînera une nouvelle requête. Les refus doivent être précédés d’un « entretien motivé ». La réversibilité est prévue, dans un délai de prévenance d’un mois, hormis la période d’adaptation d’un trimestre.
Bonne nouvelle pour les fonctionnaires, l’administration prendra en charge les coûts directs (matériel, logiciel, abonnements, maintenance). Dans la mesure où il s’agit d’un dispositif-cadre, l’avant-projet prévoit une déclinaison par employeur. C’est à ce niveau que seraient traitées les questions telles que la formation, les conditions d’hygiène et de sécurité, le contrôle et la comptabilisation du temps de travail, la protection des données, etc. Cela pourrait nécessiter des arrêtés ministériels.

Discriminations : action de groupe sous condition

Déposée à l’Assemblée nationale depuis mi-janvier 2014, la proposition de loi des députés socialistes Bruno Leroux et Razzy Hammadi est encore en débat au sein de la commission des Lois. Ce texte donne la possibilité aux organisations syndicales représentatives et aux associations ayant pour objet de lutter contre les discriminations, et déclarées depuis au moins cinq ans, « d’agir en justice afin d’obtenir la réparation des préjudices individuels subis par des personnes placées dans des situations comparables ». L’enjeu n’est pas anodin : 30% des salariés estiment avoir été victimes de tels agissements.
Mais la démarche, inédite en droit français, appelle une procédure nouvelle. Notamment, l’information des victimes pouvant appartenir au groupe d’action, la fixation des délais dont elles disposent pour y adhérer, la liste des bénéficiaires potentiels d’une indemnisation, les conditions de participation à une médiation. Plusieurs autres points ont dû être précisés, comme le télescopage entre actions individuelle et collective.
Pour éclairer les travaux de la commission, le rapporteur, Dominique Raimbourg, élu de Loire-Atlantique, a pris soin de consulter les syndicats de juges. Entendue le 2 juin dernier, l’Union syndicale des magistrats (USM) a estimé que seules « les organisations syndicales, dont la légitimité a été renforcée par les règles de représentativité, auraient vocation à défendre les salariés, dans un premier temps par le dialogue social ». L’organisation présidée par Virginie Duval invite aussi le législateur à tenir compte non seulement des aspects financiers, mais aussi des conséquences psychologiques susceptibles d’influencer le déroulement de carrière de l’employé lésé. Elle recommande de ne pas se limiter à la réparation, mais de s’intéresser également aux causes, d’analyser le fonctionnement de l’entreprise incriminée afin de modifier ses pratiques.
Last but not least, l’USM s’interroge sur les moyens nécessaires au traitement des class actions à la française : « Les tribunaux de grande instance sont exsangues, 500 postes de magistrats sont vacants, soit 6% des effectifs », fait-elle valoir. La situation des conseils de prud’hommes n’est pas meilleure. Ils connaissent d’importants dysfonctionnements : durée excessive des procédures, taux d’appel élevé…

Habitat social : une nouvelle convention collective

Syndicats et employeurs des entreprises sociales pour l’habitat (ESH) consacreront l’essentiel de leurs prochaines séances paritaires au dépoussiérage de la convention collective inchangée depuis 15 ans. À l’issue de trois rounds de cadrage, les parties devraient s’accorder d’ici au 1er juillet sur un agenda à compter de la rentrée. L’objectif est d’aboutir avant la fin de l’année.
Les tractations porteront principalement sur l’organisation du travail (durée hebdomadaire, télétravail, équilibre vies privée et professionnelle.), l’égalité professionnelle, la protection sociale et le droit syndical. Le point le plus sensible demeurera la politique de rémunération, marquée par une forte amplitude. Selon le dernier rapport de branche tout juste dévoilé, les salaires annuels médians varient de moins de 23 000€ à près de 112 000€.
Les négociations pourraient aussi porter sur l’insertion des jeunes. Le dialogue social est plutôt serein dans ce secteur fort d’environ 33 000 personnes et qui crée des emplois (+10% en cinq ans). La CFDT reste le premier syndicat avec 29,38% des voix, devant la CGT (25,35%) et FO (23,26%).

Document

Les entreprises ne savent pas mesurer l’influence des syndicats au sein de leur personnel

L’édition 2014 du rapport Cranet pilotée en France par trois chercheurs de l’EM Lyon confirme que le fait syndical est mal appréhendé par les DRH et les directions générales. Ils devinent un faible taux d’adhésion, mais ignorent l’influence réelle exercée par les instances représentatives.

À l’heure où le débat autour du dialogue social fait rage, le rapport Cranet 2014 de l’EM Lyon apporte un éclairage édifiant sur la faible connaissance qu’ont les dirigeants d’entreprise de l’impact réel des syndicats. Cranet, alias Cranfield Network, réunit un peu plus de 40 business schools et universités d’une quarantaine de pays. Chaque année, il passe au crible les politiques de ressources humaines au sens large. L’étude est conduite dans chaque pays couvert par une task force locale. En France, Fabienne Autier, professeure en gestion des ressources humaines, Pascal Langevin, qui enseigne la finance et le contrôle de gestion au sein de la même école de management, et Marie Lachapelle, doctorante, l’ont pilotée. Ils ont, pour ce faire, épluché les réponses de 158 entreprises de plus de 200 salariés, employant au total près de 761000 personnes. La plupart des DRH en vue y ont contribué, à l’instar de ceux de Total, Bouygues, Crédit agricole, BNP Paribas, Legrand, SEB ou Renault, pour n’en citer que quelques-uns.
Le chapitre consacré aux relations sociales est particulièrement édifiant. Il confirme une réalité mille fois déplorée : les syndicats ont une faible assise. Une majorité de DRH, RRH ou membres de directions générales interrogés situe entre 1% et 10% la proportion de collaborateurs adhérant à une organisation représentative au sein de leur société. Une minorité porte le ratio à 11% ou 12%. Seulement trois dirigeants sur 100 pensent qu’un quart de leurs troupes cotisent à une centrale. « cela étaye un fait connu », disent en substance les auteurs. Toutefois, notent-ils, un dirigeant sur quatre avoue «ne pas savoir estimer» la proportion de militants.

Analyses divergentes sur leur influence

Les opinions sont tout aussi partagées lorsqu’il s’agit d’évaluer l’influence réelle des instances représentatives du personnel (IRP). Quatre DRH sur dix confient « qu’ils n’ont pas ou peu d’influence sur l’organisation » et un sur cinq est convaincu du contraire. Paradoxalement, les directions générales reconnaissent leurs partenaires comme des acteurs crédibles et incontournables des négociations collectives (89%), le lieu d’échange le plus cité restant le comité d’entreprise, présent dans 92% des structures interrogées. Mieux, les employeurs savent s’appuyer sur les élus du personnel pour faire passer des messages importants à l’ensemble des troupes. C’est l’un des quatre vecteurs les plus utilisés, même s’il arrive derrière la communication hiérarchique déclinée en cascade, les moyens de diffusion électroniques (intranet, e-mails) et les réunions. Sur une échelle de 0 à 4, la communication via les réunions du personnel obtient une note de 2,66, contre 2,15 pour les messages diffusés via par le CE et 1,45 pour ceux qui transitent par les délégués syndicaux.

Dans un contexte de crise marqué par le gel des salaires, les départs volontaires et les licenciements collectifs, le poids des syndicats est supérieur à leur représentativité réelle. 

De fait, explique Fabienne Autier, les salariés français reçoivent différemment l’information sur la stratégie de l’entreprise, la performance financière et l’organisation du travail. Par les canaux formels s’ils sont cadres, de manière indirecte s’ils sont cols bleus. L’étude ne dit pas si la montée en puissance de la base de données économiques et sociales (BDES), obligatoire pour les entreprises de 300 salariés et plus depuis juin 2014, change la donne, alors qu’à compter de la semaine prochaine, elle le deviendra aussi pour celles de taille inférieure, sous peine d’un an d’emprisonnement et d’une amende de 3750€.
Dans le sens opposé, les délégués, membres du CE et du CHSCT, jouent le rôle de courroie de transmission, entre les salariés et la direction. Le rapport Cranet cite trois leviers couramment actionnés par les collaborateurs de base lorsqu’ils souhaitent se faire entendre de leur top management : l’échange avec le manager de proximité, les réunions d’équipe et les IRP, à commencer par les membres du comité d’entreprise. Les délégués syndicaux ne sont pas pour autant négligés. Et cela reste bénéfique, car, rappelle l’ancien ministre du Travail Gilles de Robien, initiateur du think tank Société en mouvement, la qualité du dialogue social entre syndicats et employeurs est un indicateur international pris en compte pour mesurer la performance économique d’un pays. Et sur ce terrain, les Allemands sont nettement mieux classés, de même que les Britanniques.

Loin des modèles allemand et britannique

Dans ce dernier pays, moins souvent cité en référence, une étude du premier mouvement de salariés, TUC, dévoilée cette semaine, nous apprend que l’appartenance syndicale a augmenté pour la quatrième année consécutive dans le secteur privé, pour atteindre le cap de 6,4 millions de membres. «nos organisations sont les mieux placées pour lutter contre l’inégalité croissante et aider les familles à travers la crise et à défendre leur pouvoir d’achat », peut se féliciter la secrétaire générale de la confédération, Frances O’Grady. De fait, outre-Manche, les entreprises dont les effectifs sont fortement syndiqués obtiennent couramment des augmentations supérieures à la moyenne, de même que des budgets plus élevés pour la formation et la prévention des accidents du travail.

Europe

Irlande : augmentations dans le secteur public

Après cinq ans de gel salarial, voire de baisse de rémunération dans certaines administrations, les agents publics vont bénéficier d’une augmentation générale d’environ 2 000€ par tête. C’est le résultat de négociations serrées entre les syndicats et le ministre des Comptes publics et de la Réforme de l’État, Brendan Howlin. Le texte, baptisé « Accord de Lansdowne Road», prévoit un versement en trois tranches, échelonnées d’ici à 2017. Le ministre y voit « un juste équilibre entre les aspirations légitimes des fonctionnaires et l’impératif de réduction des dépenses publiques », mais surtout un effet de la nette amélioration de l’économie nationale. De son côté, le chef de file de la principale organisation de fonctionnaires, le CPSU (Civil Public and Services Union), Eoin Ronayne, qualifie le deal de « premier pas vers la restauration du pouvoir d’achat ». De fait, le geste de l’État employeur ne fait pas l’unanimité.
Le leader du syndicat de médecins (OMI), Steve Tweed, se dit déçu, car « le gouvernement ne promet rien en ce qui concerne les recrutements, alors que de nombreux postes restent vacants et que la charge de travail devient insupportable, au point de mettre en péril la qualité des soins ». Depuis plusieurs années, le personnel médical enchaîne les heures supplémentaires en toute illégalité, insiste l’OMI, en mettant en garde contre le risque d’un exil massif de praticiens, attirés par des pays voisins.
Le mouvement patronal Ibec fait une autre analyse de la situation. Son directeur général, Danny McCoy, trouve judicieux que l’État lâche du lest, après plusieurs années de gel des rétributions, mais juge le coup d’accélérateur trop appuyé. Les pouvoirs publics auraient intérêt, selon lui, à faire évoluer les émoluments des fonctionnaires au même rythme que ceux des salariés du privé, afin de ne pas créer une disparité entre ces catégories de travailleurs. Or, selon la dernière enquête de l’Ibec menée auprès de 400 entreprises, 39% d’entre elles n’ont pas l’intention d’accroître les rétributions. Une proportion identique au ratio constaté l’an dernier. Celles qui envisagent de mettre la main à la poche placent la barre à 2% en moyenne. Danny McCoy avance un autre argument d’ordre macroéconomique : « L’argent dépensé sous forme d’augmentations (1,5Md€ d’après une estimation officieuse) manquera aux nécessaires améliorations de la qualité des services », fait-il valoir.

UK : en dix ans, le homeworking a explosé

Qu’il soit occasionnel ou régulier, le travail à domicile concerne un nombre croissant de personnes. À en croire une évaluation de la confédération syndicale TUC, fondée sur les chiffres de l’ONS (équivalent de notre Insee), on en compte plus de 4,2 millions, soit 800 000 de plus qu’en 2005. Cela représente maintenant 13,7% de la population active, contre 12% précédemment. Et la tendance devrait se poursuivre, puisque 1,8 million d’actifs souhaitent commencer à télétravailler ou à œuvrer davantage de chez eux, dixit l’ONS.
Si le Sud-Est reste le paradis des homeworkers (plus d’une personne sur six), Londres a connu la plus forte progression au cours de la décennie. (+194 000 cas). L’enquête du TUC révèle que les hommes restent de loin les principaux utilisateurs. En outre, le phénomène est moins répandu dans le secteur public que l’on pourrait le penser. Il touche à peine 8% des agents du médico-social et 7% de leurs homologues de l’éducation nationale.

Scanner

RSE : Société générale conclut un accord mondial

Le DRH du groupe bancaire, Édouard-Malo Henry, et le secrétaire général de UNI Global Union, Philip Jennings, ont paraphé, le 3 juin, un texte qui fixe le cadre des droits fondamentaux dans les filiales contrôlées et intégrées à Société générale, soit potentiellement 148 000 collaborateurs répartis dans 76 pays. C’est une première, qui s’est déroulée sous le regard des représentants CFDT, CFTC, CGT, FO et SNB, cantonnés au rôle de témoins, UNI agissant au nom de tous ses affiliés dans le monde.

Conclu pour trois ans et assorti d’un préavis de six mois avant une éventuelle résiliation par l’une ou l’autre partie, l’accord comprend quatre volets. Le premier a trait aux droits humains. Le groupe y reprend les grands classiques : respect des droits fondamentaux, conformité absolue aux lois du pays d’exercice en ce qui concerne l’emploi et les conventions collectives, refus de toute forme de discrimination dans les relations de travail, etc. La deuxième section touche aux droits syndicaux. L’établissement financier s’y implique davantage. Outre la faculté de se syndiquer reconnue à tous, quel que soit le pays de résidence, l’employeur s’engage à ne tolérer ni intimidation, ni harcèlement et encore moins des représailles liées à l’exercice de cette liberté. Et afin de permettre à tout salarié d’en jouir pleinement, les organisations locales affiliées à UNI (elles sont 237 dans l’univers de la finance) et les responsables locaux de Société générale « conviendront de modalités d’accès dans l’entreprise adaptées au contexte opérationnel ». En d’autres termes, des réunions militantes pourront être organisées sur les sites, à condition qu’elles ne perturbent pas le business. La troisième partie traite des relations avec les partenaires commerciaux. Société générale promet de suivre à la lettre les principes d’achats responsables et les règles de déontologie en vigueur dans le groupe.
Enfin, il est prévu que le syndicat mondial apporte « publiquement son soutien à la société générale, en tant que pionnier en matière de normes d’emploi ». Ces dispositions seront suivies par une commission paritaire siégeant au moins une fois par an, en dehors de possibles séances exceptionnelles. Toutefois, les conflits locaux portant sur la négociation collective seront traités localement.

Amadeus : l’affaire des congés payés s’éternise

Épaulés par la CFDT, une centaine de salariés s’apprêtent à déposer une nouvelle salve de dossiers devant le conseil des prud’hommes. Ils comptent réclamer la révision de leurs indemnités de congés payés, de sorte que l’employeur tienne compte du bonus et de la prime d’astreinte. Le tout avec un effet rétroactif jusqu’à cinq ans. Un premier jugement rendu le 29 avril dernier avait été favorable aux premiers plaignants. D’où ce nouvel afflux de dossiers, à l’instigation des représentants cédétistes. À l’inverse, les élus CGT du groupe déconseillent fortement aux intéressés de mettre le doigt dans l’engrenage. D’autant que, loin de s’avouer vaincue, la direction entend épuiser les voies de recours. «cela peut durer un à trois ans de plus », reconnaît le syndicat, sachant que le conflit traîne depuis 2011.
Amadeus n’est pas la seule entreprise aux prises avec le casse-tête des indemnités de congé. Confrontés au même problème, Thales et Orange ont aussi tenté d’en minorer le coût en excluant différents variables conventionnels. Chez l’opérateur de téléphonie, 200 collaborateurs, perdant patience, avaient saisi les prud’hommes avec l’appui des syndicats. Ils ont obtenu gain de cause l’année dernière, contraignant la direction à l’armistice. La régularisation est en cours.

La VAE ne fait pas recette dans le BTP

Les salariés du secteur (8% des actifs) ignorent la validation des acquis de l’expérience. Ils sont deux fois moins nombreux que la moyenne à briguer une reconnaissance professionnelle officielle en faisant valoir leur savoir-faire. Le Centre ressources emploi formation (Crefor) de Haute-Normandie, région où la désaffection est particulièrement marquée, a voulu en connaître les raisons. Pour ce faire, il a mené une série d’entretiens qualitatifs avec différents corps de métiers : géomètre, chargé d’étude en génie civil, métreur, etc. Les personnes interrogées occupent diverses positions : syndicaliste, dirigeant d’entreprise, conseiller en formation, entre autres. Bien que limitée à cette zone géographique, l’étude est riche d’enseignements et explique la tiédeur à l’égard de la VAE que les professionnels du BTP partagent, où qu’ils se trouvent sur le territoire.
Primo, il est apparu que, sur les chantiers, l’intérêt du parchemin et du parcours initial restent relatif. « L’expérience professionnelle permet à elle seule de juger du niveau de compétences d’un individu lors d’une session de recrutement », constate le Crefor, confirmant le dicton qui veut que le maçon soit reconnu au pied du mur.
Secundo, la branche favorise modérément la formation continue. Elle fait partie des activités qui y ont le moins recours, tant en termes de moyens financiers investis que de durée et de fréquence des stages. Les employeurs préfèrent de loin l’adaptation au poste via le coaching de terrain. Les salariés eux-mêmes demeurent réticents à l’idée de s’éloigner des bétonnières, même pour les besoins d’un perfectionnement. Bien souvent, le passage par cette case est consécutif à un accident de carrière. Ce manque d’appétence s’explique aussi, selon l’étude, par l’intensification du travail depuis les années 2000. La généralisation de la semaine de 35 heures a eu pour effet une organisation du travail qui ne souffre pas le moindre défaut de continuité. En outre, la pression sur les prix pèse sur les maîtres d’œuvre, alors que les donneurs d’ordre, toujours aussi exigeants, imposent des tarifs de plus en plus modérés, tout en raccourcissant les délais. Le tout dans un contexte réglementaire complexifié par de nouvelles normes environnementales et de sécurité. Autant de facteurs qui, conjugués, ne militent pas en faveur de la VAE. À moins que les pouvoirs publics et les partenaires sociaux réfléchissent à une adaptation du dispositif.

Confidences

BAROMÈTRE

Le secrétariat général et la DRH des ministères sociaux vont présenter aux organisations syndicales des différentes administrations un projet d’enquête annuelle sur le climat social. Il s’agit de diagnostiquer et d’anticiper d’éventuels conflits et dérives managériales, tout en préservant la motivation des agents.
Le check-up comprendrait un fond récurrent d’une quarantaine de questions, auquel s’ajouteraient, selon les années, des thèmes particuliers.

DÉROGATION

Il va y avoir du tiraillement au gouvernement, entre la ministre de la Fonction publique, Marylise Lebranchu, et sa collègue de l’écologie, Ségolène Royal. L’une tente de sauver le régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l’expertise et de l’engagement professionnel, alias Rifseep. La seconde l’écorne. Elle a formellement promis aux syndicats que ce dispositif un brin alambiqué ne s’appliquera pas aux corps techniques relevant de son autorité.

GAP

Au Conseil supérieur de la Fonction publique territoriale (CSFPT), le fossé se creuse entre les positions défendues par les employeurs et les avis collectifs. La quasi-totalité des 20 derniers projets de décret ont reçu un accueil favorable des représentants des collectivités, alors que le conseil y a été presque systématiquement hostile. C’est le cas pour l’attribution d’une indemnité de mobilité à certains agents, pour l’échelonnement applicable aux cadres territoriaux de santé infirmiers ou encore des plafonds d’indemnité de mobilité.

CONCERTATION

Afin de calmer les tensions, la CFDT propose de raviver l’instance de concertation entre les directeurs d’agence régionale de santé (ARS) et les cadres des établissements sanitaires. Elle avait été très utile lors de la création des ARS en 2010. Un projet de charte du management respectueux est à l’étude.

Acteurs

LAURE DE LA BRETÈCHE

La secrétaire générale pour la modernisation publique (SGMAP) présente un bilan flatteur dont l’élément le plus significatif reste l’ampleur des économies générées : 5Mds€ depuis fin 2012. À la tête d’une structure de 200 agents dotée d’un budget de 30M€, elle a pour mission de coordonner les projets des ministères, de transformer les données publiques grâce au numérique, tout en améliorant la qualité de service. La France est considérée par l’ONU comme numéro un européen de l’e-administration.

LAURENT DEROTE

Ce transfuge de Hudson fonde avec Sophie Vatté-Refes, croisée au sein de la même société, un nouveau cabinet d’executive search spécialisé dans les métiers de l’immobilier et de la construction. Le tandem n’a pas peur de la difficulté. Non seulement le marché du recrutement par approche directe est asséché par le contexte économique et les fusions, mais le secteur de la construction est durement frappé par le ralentissement. Les associés comptent sur leur entregent.

BERNARD SPITZ

Le 4 juin, le président du pôle international du Medef a signé avec José Vicente Gonzalez Perez, numéro deux du mouvement patronal CEOE (Confederación española de organizaciones empresariales), la première convention de coopération franco-espagnole entre employeurs. Le texte évoque des travaux communs et des relations d’affaires entre PME. L’organisation basée à Madrid a un meilleur maillage. Relayée par 197 organisations territoriales, elle compte deux millions d’adhérents (entreprises et travailleurs indépendants) et anime 4 000 associations locales.

DENIS GUIHOMAT

Le chef de file des cadres communaux de l’action sociale (ANCCAS) réunit ses troupes cette semaine à Pau pour réfléchir aux enjeux de la réforme territoriale pour la corporation. Le rôle des départements, reconnus chefs de file en la matière, est renforcé, alors que la place des communes reste floue, voire ignorée. Et ce dans un contexte de réduction budgétaire, bien que le nombre de bénéficiaires de l’aide de proximité continue de croître.

BERNADETTE SOZET

Déléguée générale d’Initiative France, elle se décarcasse pour les entrepreneures et cela paie. Les femmes comptent pour 36% des porteurs de projets financés. En 2014, elles étaient 6 300 à bénéficier du soutien de la plate-forme.

Coulisses

INVESTIGATION

Les services statistiques des ministères des Affaires sociales (Drees) et du Travail (Dares) ont planché ensemble sur les liens entre conditions de travail et santé physique et mentale. Cette enquête de grande ampleur, menée en deux vagues, se penche en particulier sur l’impact probable de la crise financière de 2008 sur l’exposition des salariés aux risques psychosociaux. Les résultats feront l’objet d’un colloque que Marisol Touraiune accueillera dans son ministère, fin septembre prochain.

JUSTICE

Le TGI de Paris condamne l’Association professionnelle des sociétés françaises concessionnaires ou exploitantes d’autoroutes et d’ouvrage routiers (Asfa) à verser 16 000 € à SUD Autoroutes. Motif : les employeurs avaient pris la liberté d’enregistrer et de stocker une série de réunions syndicales préparatoires à des négociations, à l’insu des intéressés. Les juges estiment que la révélation de ces discussions informelles a pu influer sur le rapport des forces durant les tractations concernées. L’Asfa pourrait faire appel.

PARTAGE

Des négociations engagées entre la direction d’AG2R Reunica et les représentants du personnel, en vue d’un nouvel accord d’intéressement, arrivent à leur terme. La première version du projet d’accord est rejetée par une partie des syndicats qui la qualifie de « billet de loterie » en raison de l’imprécision de la règle de calcul. Cette prime est un élément essentiel de motivation au sein des différentes entités du groupe. Elle représente 8 à 9% de la rémunération.

DÉCALAGE

Alors que l’entreprise doit faire face à de profondes modifications (cession ou fermeture d’une centaine de magasins Dia sur 812, abandon du siège de la filiale Erteco qui exploite cette enseigne), Carrefour n’a pas finalisé le nouvel accord de GPEC groupe censé accompagner les salariés impactés. La direction s’est opposée à la prorogation du texte précédent, promettant la rétroactivité du futur dispositif, une fois qu’il aura été paraphé par les instances représentatives du personnel, dont certaines attendent encore des résultats d’expertise.

FLEXIBILITÉ

L’annualisation du temps de travail et les heures supplémentaires restent, de loin, les premiers outils de flexibilité qu’utilisent les entreprises, bien avant le temps partiel, le travail du week-end et les contrats atypiques, constatent des chercheurs de l’EM Lyon.

FORMATION

L’Institut régional d’administration de Nantes sera le premier établissement de formation de cadres de la Fonction publique à proposer un stage de sensibilisation à la lutte contre les discriminations. Il s’agit d’un module obligatoire, commun à tous les nouveaux agents de l’état. Il porte sur les valeurs de la république et les comportements attendus des fonctionnaires, à cet égard.
L’arsenal antidiscrimination du gouvernement prévoit en outre des chartes de la laïcité dans chaque administration d’ici au 1er juillet 2015.

ALERTE

L’Observatoire national de l’action sociale décentralisée (Odas) tire la sonnette d’alarme. La réforme territoriale a épargné les départements, mais faute de réforme financière, leur avenir s’assombrit. Or, l’action sociale (protection de l’enfance, soutien à l’autonomie, insertion professionnelle notamment), qui représente les deux tiers de leurs dépenses de fonctionnement, ne cesse de croître. L’année dernière, ces débours ont encore augmenté de 4,3%, soit 1,4Md€ de plus qu’en 2013.

INSTANCE

Les syndicats du groupe de services high-tech Alten, CFDT en tête, réclament avec insistance l’institution d’un comité d’entreprise européen, représentatif des salariés français, espagnols, italiens, belges et suédois. Pour l’heure, la direction ne donne pas suite. Le groupe, qui se présente comme « leader européen de l’ingénierie et du conseil en technologies », emploie plus de 16 200 ingénieurs de haut niveau dans une vingtaine de pays.

OPPORTUNITÉ

La réforme de la formation professionnelle et le décret d’application relatif à la qualité des stages sont une manne pour le groupe Afnor. L’organisme présidé par Claude Satinet propose aux intervenants du secteur sa méthode de certification NF Service Formation, créée depuis 1998 sous l’impulsion des pouvoirs publics, mais dont le succès est resté jusqu’à présent mitigé, faute de motivation des sociétés concernées et de leurs donneurs d’ordre.

PROTECTION

Direction et syndicats de l’UES GFI Informatique s’accordent jusqu’à fin septembre pour conclure un nouvel accord portant sur la prévoyance et la couverture santé complémentaire. Le précédent avait été dénoncé par l’employeur en janvier dernier. Ce dernier prévient : si les tractations en cours capotent, il décidera seul du dispositif applicable au 1er janvier 2016.

Eurobrèves

UE

Depuis l’adhésion de la Croatie à l’UE en juillet 2013, la mobilité de ses ressortissants reste minime au regard de la population des treize états membres qui appliquent actuellement des restrictions à titre transitoire. L’Allemagne et l’Autriche sont restées les principales destinations, en dépit du fait que ces pays imposent des barrières. Le premier accueille 68% de ces migrants travailleurs et le second 17%, indique une étude que vient de publier la Commission européenne.
Conformément à l’acte d’adhésion de 2011, les états membres de l’UE peuvent restreindre temporairement l’accès à leur marché du travail. La période totale de transition est de sept ans.

FINLANDE

Le Fonds d’ajustement à la mondialisation va octroyer 1,3M€ à la Finlande, en guise de participation au reclassement de 500 personnes, sur un total de 568, précédemment employées par Broadcom Communications Finland et deux sous-traitants. Remerciées pour cause de difficultés économiques, elles vont bénéficier d’un coaching pour la recherche d’emploi, de formations en vue de se repositionner, y compris via la création d’entreprises. Le coût total de la démarche est de 2,2M€. La différence est à la charge de la Finlande.

ALLEMAGNE

Rien ne semble entraver la baisse du chômage, qui tombe à 6,3%, son niveau le plus bas depuis 24 ans. L’Agence pour l’emploi BA, a comptabilisé 81 000 demandeurs d’emploi de moins, en mai. Ce qui situe le nombre total de sans-travail à près de 2,8 millions. Concernant l’offre, le BA estime que 557 000 postes sont à pourvoir, soit une hausse 75 000 sur 12 mois. Cette progression concerne quatre branches d’activité sur cinq. La santé et le social se classent au premier rang, suivi du commerce, de la métallurgie, de la construction mécanique, de l’automobile et de l’énergie.

BELGIQUE

Quelque 94 000 emplois devraient être créés d’ici à 2017 dans le secteur privé, dont un peu moins de 24 000 cette année, pronostique la Banque nationale de Belgique. Dans le même temps, environ 10 000 jobs seraient perdus dans l’administration publique, en particulier l’éducation. Plus de la moitié des embauches prévues le seraient dans les secteurs les plus sensibles aux fluctuations de conjoncture, comme l’énergie, la construction et le commerce. La banque précise que le taux de chômage continuera de refluer : 8,5% fin 2015, mais seulement 7,9% en 2017.

Décideurs

CYRIL BARREAU prend le poste de directeur des ressources humaines de Banque Rhône-Alpes. Il occupait précédemment le même poste à la Banque Kolb, après avoir exercé des fonctions similaires au Crédit du Nord.

AYMERIC BAS rejoint le cabinet de management de transition Valtus en tant que directeur associé. Il était dernièrement directeur général France d’Aggreko (énergie temporaire). Il avait auparavant dirigé plusieurs filiales du groupe SOS, spécialisé dans la prévention médicale et la sécurité. Après un début de carrière chez Médecins du Monde, il était passé par Michael Page et Western Union.

ANTOINE CHAMBELLAND, avocat en droit social, accède au rang d’associé au sein de Fidal en Bretagne. Transfuge de Landwell & Associés du réseau PricewaterhouseCoopers, il avait rejoint Fidal à Rennes en 2011.

SYLVAIN DHENIN arrive chez le spécialiste du recrutement des cadres et du conseil en leadership Heidrick & Struggles, en tant qu’associé gérant pour l’Europe de l’Ouest. Basé à Zurich, il aura la responsabilité du business en France, en Suisse, en Italie et au Benelux. Passé par Danone, il a exercé dans plusieurs sociétés de recrutement par approche directe.

SABINE FRANTZ est la nouvelle DRH de l’Association pour l’emploi des cadres (Apec). Elle avait occupé différentes fonctions au sein de l’ex-ANPE, puis de Pôle emploi. Elle a notamment été directrice de la transformation, directrice adjointe pour l’Îlede- France, puis associée à l’élaboration du plan stratégique 2015.

PASCALE GUSTIN-FAVIER est promue directrice du développement des ressources humaines du holding textile Hermès où elle exerce depuis 2012, en tant que responsable emploi-formation et, cumulativement, responsable RH de la filiale tissage du groupe.

HÉLÈNE DE LATOUR prend le poste de DRH de BforBank, banque en ligne filiale de Crédit agricole, en remplacement de PIERRE-LOUIS DUPY. Elle avait occupé des fonctions liées aux RH au sein de la Fédération nationale du Crédit agricole.

LAETITIA RIVERON, jusque-là DRH d’Altavia, rejoint le Futuroscope en qualité de directrice de l’organisation et des RH, succédant à RODOLPHE BOUIN. Ex-responsable du recrutement chez Capgemini, elle a ensuite officié chez Octo Technology.

BERTRAND WAYMEL, précédemment chargé des RH du siège, est promu DRH du groupe Novasep (molécules pour les sciences de la vie et la chimie fine).

Agenda

« LE CODÉVELOPPEMENT PROFESSIONNEL, MÉTHODE DE FORMATION INNOVANTE »

Séquence d’expérimentation proposée par la Fédération des syndicats des métiers de la prestation intellectuelle du conseil, de l’ingénierie et du numérique (Cinov) Île-de-France. Il s’agit de faire découvrir cette méthode de formation fondée sur une dynamique de groupe et un apprentissage collectif où les uns apprennent des autres grâce aux interactions des participants.

Le 17 juin, à Paris.
idf@cinov.fr

« DE LA PRÉVENTION DES RISQUES PSYCHOSOCIAUX À LA QUALITÉ DE VIE AU TRAVAIL, LE RÔLE DU DIALOGUE »

Colloque organisé par le Service de santé travail Drôme Vercors (STDV) et Aravis, en partenariat avec la Carsat. De la simple prévention des risques psychosociaux à la qualité de vie au travail en lien avec la performance. Avec des témoignages d’entreprises et la présentation des résultats d’une étude conduite par l’Aract sur la place du dialogue social dans cette problématique.

Le 18 juin, à Valence.