La lettre du 15 octobre 2015
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Focus

Nouveau clash retentissant à la tête de l’ANDRH

L’Association nationale des DRH est une arène où les conflits, feutrés dans un premier temps, connaissent toujours un dénouement fracassant. Un nouvel exemple est donné par le clash entre le président, Jean-Paul Charlez, et la secrétaire générale, Catherine Carradot. Cette dernière, contrainte de quitter ses fonctions après sept ans de bons et loyaux services, est aussitôt remplacée par son adjointe, Bénédicte Ravache, transfuge du cabinet de conseil RH Bernard Julhiet, recrutée en janvier dernier. Victime collatérale, Nathalie Tran, une ancienne journaliste embauchée par l’ex-secrétaire générale pour faire mousser l’association dans les médias, est également partie sur la pointe des pieds.
Le divorce du tandem Charlez-Carradot est inattendu. Il y a un an, ces deux-là filaient la parfaite complicité pour imposer, à la surprise générale, la liste du DGRH d’Etam, baptisée « Ressources », seule en lice et naturellement élue. L’actuel président s’est appuyé sur l’entregent de Catherine Carradot, ex-cadre dirigeante de Conforama (époque PPR) et sur sa parfaite connaissance des rouages internes pour court-circuiter le dauphin putatif de son prédécesseur, Jean-Christophe Sciberras, DRH de Solvay. Celui-ci aurait préféré passer le relais à Philippe Dorge, alors DRH de PSA Peugeot Citroën – qui a depuis quitté la fonction RH pour devenir DG adjoint du groupe La Poste, en charge de la branche services-courrier-colis.
L’entente entre les triomphateurs n’a pas résisté à l’épreuve des challenges. Jean-Paul Charlez a pour ambition de susciter un important flux d’adhésions. L’ANDRH stagne à environ 5 000 adhérents quand son homologue britannique, le Charterd Institute of Personnnel and Development (CIPD) en compte 140 000 dans le monde entier, dont 125 000 au Royaume-Uni. Il souhaite aussi positionner la structure sur les questions liées à la politique de l’emploi et au droit du travail, en ayant des contacts de haut niveau au sein de l’exécutif et au Parlement. Ce positionnement lui est de plus en plus disputé par des cénacles tels qu’Entreprise et Progrès, Entreprise & Personnel, le Cercle Vinci ou le Cercle Humania. L’ex-secrétaire générale a davantage d’appétence pour les sujets propres à la fonction (formation, veille, bonnes pratiques). Accessoirement, elle voit l’ANDRH comme une tête chercheuse et un centre de ressources pour les pouvoirs publics, comme elle l’a été sur la question de l’égalité professionnelle.
À cette divergence stratégique s’ajoute le succès mitigé des dernières initiatives, dont le congrès francophone des 25 et 26 juin dernier au Cnit (Paris-La Défense). Malgré tout, en façade, c’est business as usual pour la petite équipe de permanents, comme pour les 80 groupes régionaux qui forment l’ossature territoriale du mouvement.

Entreprises

Orange, pionnier de l’instance temporaire

L’opérateur de téléphonie a entrepris la réorganisation de son entité Global Solutions and Services, alias G2S dans le jargon maison, tournée vers des prestations à forte valeur ajoutée à destination des grandes entreprises. Rebaptisée New G2S, elle fédérera des activités disséminées dans une multitude d’entités. Cela inclut les objets communicants et le big data, spécialités d’Orange Applications for Business, la sécurité, champ de compétence d’Orange Cyberdefense, l’intégration de réseaux proposée par Obiane ou encore les services de communication d’entreprise, via SCE.
Afin de boucler rapidement l’information-consultation des CHSCT, le groupe s’appuie sur une instance temporaire de concertation (ITC). Instituée par la loi de sécurisation de l’emploi, elle permet un dialogue centralisé lorsque plusieurs CHSCT sont concernés par un même projet. L’ITC s’est adjoint les services d’un même cabinet d’expertise, Secafi. Ce dernier, ayant une vision d’ensemble, a relevé les écueils de la démarche. Elle entraînera un tourbillon : un collaborateur sur quatre changera de supérieur hiérarchique. Certains seront managés à distance. Les relations entre les équipes n’iront pas de soi et les responsabilités pourraient être diluées au sein de la structure très complexe envisagée. De quoi inciter l’ITC à émettre un avis négatif.
Tout en prenant bonne note, la direction reste déterminée à déployer New G2S. Elle promet toutefois des mesures de prévention. Pas de GPEC spécifique comme les syndicats le réclament, mais un groupe de travail pluridisciplinaire chargé de recenser les difficultés prévisibles et de proposer des palliatifs. Un plan de prévention des risques psychosociaux propre à ce périmètre sera mis en place et des facilitateurs ont été désignés pour fluidifier les échanges, en phase de démarrage.
Bref, rien n’est laissé au hasard, car New G2S est une des composantes du projet stratégique Essentiels 2020 défendu par le PDG, Stéphane Richard. Il vise le leadership sur le marché des services IT, évalué à 28,8Mds€. L’ITC réclame un point d’étape d’ici six mois et un bilan à l’issue de la première année.

Banques : crispations autour des salaires

La ministre du Travail a eu la surprise de recevoir un long courrier de la fédération CGT des banques et assurances, FSPBA. Sa secrétaire générale, Valérie Lefebvre-Haussmann demande à Myriam El Khomri d’« intervenir sévèrement » auprès des employeurs de la branche pour qu’ils appliquent la contrepartie du CICE, sous forme d’augmentation de salaires et de création d’emplois, « sous peine d’une sanction qui imposerait la restitution totale des sommes perçues ».
Assureurs et établissements bancaires sont accusés d’utiliser les subsides pour améliorer leur profit sans penser à leur personnel ou, pire, pour restructurer au lieu d’embaucher. Ce recours inhabituel traduit la crispation autour des négociations annuelles obligatoires qui viennent de démarrer. Chez BNP, les tractations, à peine commencées, ont déjà tourné court. Comme un seul homme, les négociateurs CFDT, CGT, FO et SNB ont claqué la porte, le 8 octobre, « la direction ne faisant aucune proposition sérieuse » (0% d’augmentation pérenne et 400 € de prime par tête). La situation est identique chez BPCE, qui propose 0,5% d’augmentation et 400€ de prime. Le 9 octobre, les mêmes syndicats ont unanimement décrété le boycott des négociations.

Société générale : les cibles du plan d’économies

La fièvre monte, à la Société générale. Non seulement à cause de la fermeture de 200 agences d’ici à 2017, mais plus globalement en raison du plan d’économies de 850M€ sur deux ans, précédemment annoncée par la direction. Sur le premier point, il y a eu plus de peur que de mal. La banque confirme qu’il ne devrait pas y avoir de licenciements secs. Des regroupements de sites sont prévus, à un rythme qui dépendra des baux, et de la configuration locale. La liste des implantations visées n’est pas encore arrêtée. Dans la mesure où plus des trois quarts des guichets concernés se situent en milieu urbain, la DRH table sur des mobilités. En outre, la pyramide des âges facilitera les départs en retraites non remplacés. Néanmoins, des mesures d’accompagnement restent à négocier, estiment les syndicats. Notamment pour les chargés d’accueil directement menacés. Pour le SNB (CFE-CGC), elles devraient porter sur les formations, les évolutions professionnelles et la révision des objectifs pour ceux qui seront amenés à bouger géographiquement ou fonctionnellement.

Dans le même temps, des discussions vont s’ouvrir, à partir du 21 octobre, concernant la réorganisation des services centraux appelés à contribuer fortement au plan d’économies, en se délestant de 420 postes. Sur ce total, moins de 250 personnes peuvent espérer être reclassées. Un PSE se profile pour près 180 autres. Au total, une vingtaine de métiers seront impactés : la supervision et l’ingénierie financières, la gestion administrative, le marketing, la gestion de projet, la communication… La direction compte s’appuyer en partie sur un accord-cadre relatif à l’évolution des métiers, des compétences et de l’emploi, signé en février 2013. Il prévoit déjà des palliatifs dont les conditions de mise en œuvre sont précisées. Il existe aussi, au sein du groupe, un campus métiers mobilités (CMM), qui sera mobilisé

ONF : dialogue social relancé sur une nouvelle base

Réuni au grand complet le 8 octobre, sous la coupe de son président, Jean-Yves Caullet, député de l’Yonne, le conseil d’administration de l’Office national des forêts (ONF) a avalisé le contrat d’objectif et de progrès visé par le cabinet de Manuel Valls. Il est rassuré par le maintien des effectifs d’ici à 2020.
L’établissement public à caractère industriel et commercial, qui compte aujourd’hui 9 113 salariés dont 243 emplois aidés, en rémunérera 9 313 dans cinq ans. Un retournement de tendance par rapport aux précédents exercices, les troupes ayant fondu de 22% depuis 2002. C’est dû en partie à la pyramide des âges : environ un quart du personnel partira à la retraite dans les cinq prochaines années. Mieux, l’ONF va se doter d’une politique d’accompagnement des carrières et d’évolution des métiers digne de ce nom. Cela commencera dès l’année prochaine, par la création d’une filière d’évolution par concours interne et par requalification de certains postes, tirés vers le haut. Le télétravail, autre revendication dont le DG, Olivier Soulères, nommé en avril dernier a hérité, sera effectivement institué.
Surtout, Matignon donne aux dirigeants de l’office la ferme instruction de « renforcer la communauté de travail et d’améliorer le dialogue social ». Il est même précisé que les relations devront « reposer sur le principe de respect mutuel, fait d’écoute et de courtoisie réciproques », allusion directe aux multiples mouvements sociaux musclés qui ont rythmé la vie de l’entreprise jusqu’ici.

Institutions

Le désarroi des salariés au sein des Opca

Le malaise s’amplifie parmi les 5 000 salariés des organismes collecteurs agréés de fonds de formation professionnelle. La remise en cause de leur équilibre financier par l’ANI et la réforme de 2014 commence à produire ses effets. Cette année, les ressources des Opca seront amputées d’environ 1Md€. Un arrêté du ministère du Travail en date du 15 février dernier et signé par Emmanuelle Wargon, alors patronne de la délégation générale à l’emploi et à la formation professionnelle (DGEFP), plafonne le maximum des dépenses de gestion. Elles ne doivent pas dépasser 6,90% des contributions encaissées.
Les frais de mission, les décaissements pour recherche, diagnostics, ingénierie, certification sont contingentés.
Pour couronner le tout, les exigences des contrats d’objectifs et de moyens (COM dans le jargon) montent d’un cran. « Cela se déroule dans un contexte d’étranglement financier et de pointillisme bureaucratique de la part de nos cofinanceurs », s’emporte Odile Grandjean, présidente du syndicat Formation et développement de la CFECGC.

Bien que paritaires, les conseils d’administration n’ont pas d’autres choix que de serrer les boulons. Dos au mur, les directeurs reconsidèrent la masse salariale. La plupart doivent la réduire, comme l’a anticipé David Mazurelle, DG de Constructys, Opca du BTP.
Selon nos informations, les départs volontaires se suivent à Opcalia, dont celui du DG, Philippe Huguenin-Génie. Agefos PME a entamé des discussions avec les syndicats en vue d’un ajustement des effectifs. Ce n’est qu’un début. Au quotidien, bon nombre de conseillers ont le sentiment que leur mission est dévalorisée. « Hier, nous accompagnions les entreprises. Aujourd’hui, nous nous bornons à tracer, contrôler, croiser les chiffres. » La réforme introduit de nouvelles règles juridiques et comptables auxquelles les intéressés affirment ne pas avoir été dûment formés. « Il existe désormais 13 sections comptables, au lieu de neuf. Les salariés des Opca ne sont pas opposés à la réforme, ils demandent des moyens et surtout la stabilisation du système », insiste Odile Grandjean, qui compte rallier d’autres syndicats à la contestation.

Des complémentaires santé de branche à la carte

Une avalanche d’accords relatifs à la couverture complémentaire santé a lieu depuis ces dernières semaines. Parmi les branches où les employeurs ont trouvé un terrain d’entente avec les syndicats figure celle des bureaux d’études techniques et cabinets d’ingénierie-conseil. Les organismes de formation aussi mettront en place une couverture santé obligatoire pour tous leurs salariés au 1er janvier prochain, en recommandant AG2R, Harmonie Mutuelle et Malakoff-Médéric. Le scénario est identique dans la plasturgie, à la différence qu’AG2R rafle toute la mise à l’issue d’un appel d’offres.
Quelques semaines auparavant, les partenaires sociaux des hôtels, cafés et restaurants (HCR) s’étaient mis d’accord pour améliorer les garanties existantes. La quasi-totalité de ces conventions sont signées sur la base d’une contribution répartie à égalité entre employeurs et salariés. Mais à cet exercice, quelques secteurs emblématiques ont échoué. C’est le cas des travaux publics. Seule la CFDT a paraphé le projet présenté par la Fédération nationale des travaux publics (FNTP). Résultat : au 1er janvier 2016, les entreprises n’auront pour obligation que le respect du strict minimum légal.

Document

L’épargne salariale s’envole et rien n’arrête son irresistible ascension

Deux enquêtes publiées ces jours-ci par l’Association française de la gestion financière et le Club de l’épargne salariale confirment que les employés sont accros à ce bas de laine, et souhaitent y verser davantage d’économies. Ils le destinent en priorité au complément de leur retraite.

L’effet de la loi Macron sur l’épargne salariale ne sera connu que l’an prochain, les très attendus décrets d’application n’étant pas encore parus. Le texte est censé renforcer le mécanisme. Notamment en facilitant sa démocratisation. À compter du 1er janvier 2016, le taux du forfait social est réduit de moitié pour les entreprises de moins de 50 salariés qui mettent pour la première fois en place un dispositif d’intéressement ou de participation, ou qui n’ont pas conclu d’accord dans les cinq ans précédant la date d’effet de l’accord. Obligation est faite aux branches de négocier sur l’intéressement et la participation, afin que le partage des profits profite même aux salariés de PME.

ecoursDémocratisation et facilités fiscales

Des facilités fiscales sont aussi attendues, comme le forfait social à 16% en cas de placement des sommes issues de l’épargne salariale sur le plans d’épargne retraite collectifs (Perco).
En attendant, avec ou sans le coup de pouce de la nouvelle loi « pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques », le dispositif cartonne. Son encours total représentait moins de 50Mds€ en 2002. Il s’élève maintenant à 120Mds€, en progression de 8% sur un an, selon le pointage publié le 7 octobre par l’Association française de la gestion financière (AFG).
L’organisation que pilote Yves Perrier, DG d’Amundi, précise que les onze millions de porteurs de parts ont versé 8,8Mds€ supplémentaires sur les six premiers mois de cette année, dont 3Mds€ issus de la participation. Un volume équivalent provient de l’intéressement et 1,3Md€ de versements volontaires, auxquels s’ajoutent 1,5Md€ d’abondement des employeurs. Les bénéficiaires, relayés par les représentants du personnel, en redemandent. L’an dernier, d’après les chiffres de la Dares (ministère du Travail), c’était le troisième thème de négociation le plus fréquent, derrière le salaire et le temps de travail, mais avant l’emploi et la prévoyance collective.
Un peu moins de 5000 accords ont été conclus dans les entreprises, soit 16% de l’ensemble des textes. Stimulée par la loi portée par Emmanuel Macron, et par l’incertitude qui pèse sur les régimes de retraite complémentaires, cette appétence n’est pas près de s’essouffler.

L’épargne retraite collective est la star des véhicules

Le Perco fait un tabac : l’AFG révèle que le nombre de salariés détenteurs a progressé de 13% en un an, frôlant le cap des deux millions. Le Baromètre annuel du Club de l’épargne salariale, publié le 13 octobre, le confirme. Sur la foi d’un sondage Louis Harris auprès de 300 salariés épargnants et de 50 dirigeants de sociétés de plus de 50 personnes, le cercle présidé par Henri Alline constate que 43% des bénéficiaires et plus de la moitié des quinquas destinent ce bas de laine à la constitution d’un complément de retraite. Les deux tiers des employés interrogés déclarent anticiper une pension insuffisante. Ils y sont d’ailleurs encouragés par leurs employeurs, via l’abondement. Une sollicitude qui ne doit rien au hasard. Ils y trouvent aussi leur compte, en se parant d’une image de sociétés responsables, confiantes, performantes, soucieuses du bien-être de leur personnel.

Les bénéficiaires apprécient ce complément de rémunération à sa juste valeur, mais ne le perçoivent pas comme un facteur de fidélisation.

Des améliorations sont encore attendues

Néanmoins, salariés et dirigeants s’accordent sur les modifications que le législateur pourrait encore apporter au mécanisme actuel. Plus de la moitié d’entre eux réclament un assouplissement du déblocage des sommes investies. En outre, les procédures leur paraissent un brin alambiquées. C’est particulièrement vrai dans les PME, analyse Sébastien Crozier, président du syndicat CFE-CGC d’Orange. Selon lui, la loi Macron risque d’accroître la complexité du circuit pour les patrons de petites entreprises et même pour les représentants du personnel au sein de ces structures. Dans un autre registre, le président du Fondact, Michel Bon, plaide inlassablement pour une baisse plus franche du forfait social. « C’est un impôt qui, parmi toutes les entreprises, ne frappe que les meilleures des meilleures. Un peu comme si l’on disait à Zlatan Ibrahimovic que plus il marquera de buts, plus on lui réduira ses primes. »
Alors que le gouvernement s’est évertué à ouvrir les portes de l’épargne salariale aux petites entreprises et à leurs salariés, le Fondact, qui se définit comme « l’association de ceux qui croient aux vertus du partage des profits », souhaite que les agents du secteur public puissent en bénéficier. Cette petite musique sonne bien à l’oreille de leurs syndicats.

Europe

UK : alerte aux risques psychosociaux

Le Chartered Institute of Personnel and Development (CIPD), association de référence des DRH, a dévoilé, le 10 octobre, à l’occasion de Journée nationale de la santé mentale, les résultats de son enquête annuelle sur l’absentéisme lié aux risques psychosociaux, menée pour la sixième fois avec le concours du cabinet spécialisé Simply Health. Ils sont alarmants et confirment que les maladies psychiques progressent dangereusement dans les entreprises. Ce ne sont pas les syndicats qui donnent l’alerte, mais les employeurs eux-mêmes.
Ils sont 578 totalisant 1,5 million d’employés à avoir été interrogés dans le cadre de cette étude. Plus de 40% d’entre eux confirment la tendance. Les causes sont les charges de travail excessives, le management à la hussarde et, dans une moindre mesure, les relations difficiles entre collègues. Bon nombre de structures demeurent inactives face à la situation. Bien que les arrêts de travail induits entraînent des coûts économiques conséquents en plus des problèmes humains, environ 22% ne prennent aucune mesure visant à enrayer les risques. Pas d’horaires flexibles, ni assistance psychologique, ni évaluation de la charge individuelle de travail.

Pour le CIPD, il est temps que les directions générales, mais aussi les pouvoirs publics, prennent le problème à bras-le-corps. L’organisation recommande de généraliser les formations en management pour éviter que les petits chefs se transforment – volontairement ou non – en harceleurs. « À peine 30% des sociétés font passer les cadres promus par un stage approprié », regrette l’association. Elle appelle les responsables RH à épauler les encadrants. Mais les salariés ne sont pas exempts de tout reproche. Il n’est pas rare que certains surévaluent leurs propres capacités. Par ailleurs, nombre de travailleurs ont tendance à cacher leurs difficultés à leur hiérarchie, de peur d’être mal appréciés, voire de perdre leur place. Résultat : ils souffrent en silence jusqu’à craquer. Le CIPD invite aussi les recrues à s’informer sur la culture managériale de l’entreprise qu’ils souhaitent rejoindre et à s’assurer qu’ils seront capables de s’y adapter.

Belgique : le marché de l’emploi rebondit

L’économie belge recommence à créer des emplois, se félicite le dernier rapport du Conseil supérieur de l’emploi qui vient de paraître. Plus de 18 000 postes supplémentaires ont été enregistrés en 2014. Un retournement de tendance par rapport à l’année précédente, qui s’était soldée par un solde négatif de 13 000 jobs.
Et la tendance se confirmera fin 2015, pronostique l’organisme. Il en veut pour signes annonciateurs le ralentissement notable du chômage de longue dure depuis janvier. Le nombre de personnes sur le carreau depuis plus de 12 mois a augmenté de 900 unités, mais c’est dix fois moins que précédemment. « Les jeunes qui ont été les plus affectés par la crise sont aussi ceux qui bénéficient le plus de la conjoncture favorable », indique le Conseil, qui constate par ailleurs un léger mieux pour les seniors. Depuis le durcissement des conditions d’accès à la retraite anticipée, ils sont plus nombreux à rester actifs. Au total, le taux d’activité atteint 73,4%. Un niveau qui reste toutefois inférieur à la moyenne européenne, de 77,7%.
Le document s’alarme aussi de la persistance du décrochage scolaire. Il concerne 9,8% de cette classe d’âge, un pourcentage supérieur à la moyenne de l’UE. Le gouvernement prépare un plan pour y remédier

Scanner

Crédit agricole revisite la retraite supplémentaire

Des discussions sont engagées entre la Fédération nationale du Crédit agricole (FNCA) et les syndicats, en vue de moderniser la retraite supplémentaire de branche. Ces tractations s’inscrivent dans le cadre de la réforme du système de rémunération. Dans un premier temps, la fédération a obtenu l’aval des représentants du personnel pour renforcer la part du fixe dans la paie, au détriment du variable. Dans la continuité de cet accord baptisé en interne « rétribution globale», le Crédit agricole entend développer la retraite supplémentaire par capitalisation dont bénéficient déjà les collaborateurs. La piste d’un Perco de branche est écartée, bien que les deux tiers des caisses en disposent déjà.
La FNCA compte généraliser les contrats « article 83 » existants, cofinancés à parité et gérés par Agrica. Ils sont fiscalement avantageux. Dans ce régime à cotisations définies, le montant des contributions est fixe. En revanche, le niveau des prestations servies sera fluctuant à l’heure de la retraite. Les trois sources d’alimentation possibles seraient actionnées. L’employeur versera une participation dont le montant dépend de la catégorie, les cadres bénéficiant d’un abondement plus important. Les salariés eux-mêmes cotiseront et auront le droit d’effectuer des versements volontaires pouvant inclure des transferts de jours du compte épargne temps ou de congé non pris, dans la limite de dix par an.
La CGC et la CFTC sont partantes. La CGT, qui se positionne dans toutes les entreprises comme ardent défenseur de la seule retraite par répartition, affiche déjà son opposition. Le dossier ne sera bouclé que l’année prochaine, au mieux. En cas d’accord, le Crédit agricole envisage un déploiement d’ici à 2018. Un horizon qui n’est pas si lointain. La négociation sur la rétribution globale s’est étalée sur plusieurs années et sa mise en place au niveau local est loin d’être achevée.

Fonction publique: les préventeurs montent en gamme

Le ministère de la Fonction publique promet de renforcer les moyens alloués aux assistants et conseillers de prévention au sein des administrations de l’État. Le principe en a été retenu à l’issue de la dernière réunion de la Commission centrale d’hygiène et de sécurité (CHSCT). Au nombre de 18000 environ, ces intervenants de proximité ont pour mission de prévenir les dangers susceptibles de compromettre la santé et la sécurité, de veiller à la concordance entre les exigences du poste et l’aptitude de l’agent. Ils sont aussi censés assurer la bonne tenue des registres. Le tout en collaboration avec les autres acteurs (médecins de prévention, inspecteurs santé et sécurité au travail, instances de concertation). En principe, une formation initiale leur est dispensée, renforcée par des sessions annuelles. Les intéressés sont exonérés de tout ou partie de leurs tâches habituelles. Cette dispense est calculée en fonction des effectifs, du nombre de CHSCT et de sites couverts. En outre, des moyens matériels sont attribués : documentation, équipements bureautiques et même véhicule de service, dans certains cas.
En réalité, constate Luc Farré, secrétaire général de l’Unsa-FP, leurs conditions d’exercice restent hétérogènes. La DGAFP va y mettre bon ordre. L’édition d’un recueil de bonnes pratiques serait également à l’étude.

AccorHotels : un mercato à hauts risques

Le groupe hôtelier dirigé par Sébastien Bazin s’apprête à transformer en franchises 85 hôtels situés en Europe, dont 60 en France, actuellement exploités en direct. Ils seront regroupés au sein d’une nouvelle entité juridique, pilotée par Frédéric Josenhans, actuel DG des enseignes Mercure et Novotel. La manœuvre vise à optimiser les performances d’HotelServices, la filiale qui gère les hôtels sous contrats sous la coupe de Sophie Stabile, tout en diminuant les coûts. Dans l’Hexagone, l’opération concerne entre 400 et 500 salariés qui seront tous transférés d’ici à fin juin 2016.
Le groupe veut boucler le volet social sans tarder. En face, les syndicats temporisent. Dans l’incertitude, ils veulent un rendez-vous avec Frédéric Josenhans et réclament l’ouverture de négociations formelles sur le statut du personnel. Cela concerne en particulier les rémunérations périphériques, la protection sociale et le maintien de l’emploi.
Les représentants des salariés souhaitent la reconduction intégrale des dispositifs en vigueur au sein d’Accor. À commencer par l’intéressement et la participation dont ont bénéficié l’an dernier près de 20000 employés en France, pour un montant moyen de 306€ par tête. À cela s’ajoute un plan d’épargne groupe (PEEG), sur lequel les versements sont abondés. En 2014, 7001 salariés ont investi dans le plan d’épargne retraite collectif (Perco).
Selon la CFDT, le PDG ne cache pas que certains de ces zakouskis pourraient disparaître à l’occasion du mercato. Pire, les établissements peu ou pas rentables fermeraient, entraînant des suppressions de postes. Les élus du personnel comptent aborder ces délicats sujets au cours de la réunion du comité d’entreprise, le 22 octobre.

Compétitivité : les salariés de Sanofi sont receptifs

Le cabinet d’expertise Syndex est déjà à pied d’oeuvre chez Sanofi Winthrop Industrie. Mandaté par le CCE, il doit radiographier la situation de l’emploi et l’organisation du travail au sein de cette entité qui regroupe 12 implantations, dont huit usines et quatre centres de distribution en France. Soit environ 5 500 salariés. L’audit fait suite au souhait de la direction d’engager des négociations en vue d’un accord de compétitivité, seul moyen d’éviter une éventuelle délocalisation, même partielle. Il s’agit de réduire de 20 à 25% le coût de production, d’ici 2018.
Sanofi s’appuie sur un benchmark réalisé par McKinsey et qui compare les sites français à ceux d’Italie, d’Espagne, de Hongrie, de Pologne et de République tchèque. La CGT demande à voir et souhaite des garanties. Les principaux syndicats, CFDT et CFE-CGC, se montrent réceptifs, dans la mesure où le président, Alain Peychaud, arrivé en avril dernier, écarte tout PSE. Il assure ne pas vouloir toucher aux salaires ni aux RTT. En revanche, l’organisation sera revue de fond en comble. Les élus sont invités à faire part de leurs suggestions d’ici à début novembre.

Confidences

INVESTIGATION

Un groupe d’entreprises et d’institutions dont La Poste, BNP Paribas, la Société générale, Casino et la Caisse d’allocations familiales du Nord vont faire faire une étude sur le retour sur investissement du télétravail. Ce pool reste ouvert à d’autres participants. C’est la première enquête du genre en France. Elle devrait être confiée à l’Observatoire de l’équilibre des temps et de la parentalité en entreprise, que dirige Jérôme Ballarin. Les employeurs manquent cruellement de données chiffrables, autres que l’indice de satisfaction des utilisateurs.

STATUT

Le projet de réforme de la Fonction publique (État et territoriale) que mitonnent Les Républicains est musclé. Il actionnera tous les leviers : non-remplacement de fonctionnaires partant à la retraite, priorité aux CDD de droit privé comme aux États-Unis, généralisation des contrats d’objectif. L’ascenseur social sera aussi utilisé, via les concours internes et le passage de relais entre générations, en particulier pour les postes d’encadrement supérieur. Les cost killers séviront et les acheteurs priés de mutualiser leurs approvisionnements.

RENFORT

Le syndicat FO de l’Afpa insiste lourdement pour que le secrétaire général, Jean-Claude Mailly, intervienne personnellement dans le sauvetage de l’association, en grande difficulté. Ils ont transmis une nouvelle alerte au comité confédéral national du 7 octobre dernier, en soulignant la dangereuse dégringolade. En 2008 encore, l’organisme réalisait un chiffre d’affaires d’1Md€ et employait 11 000 salariés. Il est tombé à 710M€ de CA pour 7 000 employés.

COERCITION

Le renforcement des contrôles et des sanctions à l’encontre de la fraude au détachement de travailleurs étrangers paraît insuffisant aux yeux de parlementaires de droite (Guillaume Chevrollier) et de gauche (Jacques Cresta). Ils le font savoir à Myriam El Khomri.

Acteurs

JEAN-FRANÇOIS MANCEL

Le député LR de l’Oise propose de légiférer sur la gouvernance des grands groupes, notamment sur la rémunération des dirigeants. Son texte, enregistré le 7 octobre dernier, ne vise pas à plafonner les émoluments des capitaines d’industrie comme le souhaitent certains dans les rangs de la majorité. Ce serait, selon lui, « entraver la liberté des entreprises ». Il suggère de conférer aux assemblées générales ordinaires la prérogative de fixer la rétribution du PDG et de ses lieutenants. La même instance aurait le pouvoir de consentir des stock-options et d’en fixer les conditions d’octroi.

JEAN-MARC BOURSIER

Président de Fédération nationale des activités de dépollution et de l’environnement (Fnade), il fusionne cette chambre syndicale avec la Fédération des entreprises du recyclage (Federec) que dirige Jean-Philippe Cartier. La Fnade est forte de 234 adhérents représentant près de 53 000 employés. La Federec en compte 26 500 dans 1 300 sociétés. La nouvelle confédération anticipe la réforme des branches envisagée par le gouvernement et dit vouloir « renforcer le positionnement de cette activité et de ces métiers dans l’économie circulaire ».

MICHEL FORISSIER

Sénateur LR du Rhône, président de la mission d’étude du système d’apprentissage de la chambre haute, il modère les analyses laudatrices du dispositif allemand qu’il est allé observer de près. Tout en reconnaissant son efficacité, il souligne que « le nombre d’apprentis n’a jamais été aussi bas. L’élévation du niveau scolaire détourne certains jeunes des formations en alternance dont l’attractivité faiblit depuis plusieurs années ». En 2014, plus de 37 000 places sont restées vacantes, soit deux fois plus qu’en 2009. Dans le même temps, près de 21 000 candidats n’ont pas trouvé d’entreprise d’accueil.

CHRISTIAN JACOB

L’ancien ministre des PME, du Commerce, de l’Artisanat et des Professions libérales a fait poliment tousser ses collègues députés avec sa proposition de loi visant à « supprimer les freins au développement des entreprises ». Elle prône notamment l’abrogation du compte de prévention de la pénibilité, la fin de la durée minimale du temps de travail de 24 heures, le déplafonnement du nombre de stagiaires accueillis par les employeurs et l’annulation d’une bonne partie de la législation relative à l’économie sociale et solidaire.

Coulisses

DOPAGE

L’Institut de santé au travail du Nord de la France (ISTNF) veut former les maîtres d’apprentissage, patrons de PME, préventeurs et responsables des ressources humaines à la détection et à la prise en charge des conduites addictives chez les jeunes, en milieu de travail. Une enquête auprès de 2 400 apprentis du Nord-Pas-de-Calais a montré que cette population est davantage concernée par l’usage de substances psychoactives que ses homologues du même âge. Un premier stage gratuit sera organisé à Lille, en novembre.

BRONCA

Les fonctionnaires du ministère du Développement durable ne digèrent pas les coupes que le projet de budget 2016 prévoit dans leurs rangs. Un millier de postes sont condamnés, sans tenir compte des établissements publics rattachés, comme Météo France et l’IGN. En outre, les syndicats FO, CGT, FSU et Solidaires trouvent que les services sont dessaisis de plusieurs missions, transférées au ministère de l’Intérieur auquel la ministre, Ségolène Royal, et son secrétaire d’État Alain Vidalies, font moult concessions.

EXPÉRIMENTATION

Eurométropole Strasbourg cherche un organisme spécialisé pour former ses collaborateurs candidats au télétravail. Le dispositif est mis en œuvre depuis un an sur la base du volontariat. Dans un premier temps, une soixantaine de personnes l’ont expérimenté, après avoir signé un avenant à leur contrat de travail. Une deuxième vague de testeurs est prévue au premier trimestre 2016.

VISTA

Alors que les grands noms du secteur de l’intérim sont à la peine, Proman, une PME familiale fondée à Manosque (05) par Roland Gomez, fait un carton. Forte de 250 agences et d’un volant de 30 000 intérimaires en mission, elle vient d’atteindre le cap du milliard d’euros de chiffre d’affaires. Une barre franchie de belle manière : Proman décroche le titre de recruteur officiel du tournoi européen de football, Euro 2016.

PSE

Pour réduire ses effectifs en France, dans le cadre du plan mondial d’économies qui touche 55 000 postes, HP tient prêt les dispositifs qui ont servi lors de précédents PSE : mesures d’âge, GPEC, départs volontaires et cessions d’activités avec transfert du personnel concerné. Récemment, l’entité ESF Apps (logiciels) a été cédée à Effitic et la fabrication d’ordinateurs personnels à la société Sanmina.

PRÉVENTION

Cinq ans après l’accord d’entreprise signé en mai 2010 concernant la prévention des risques psychosociaux, Orange maintient son effort de formation sur ce thème et les stages ne désemplissent pas. Rien que cette année, un millier de collaborateurs et managers sont déjà passés par l’une des nombreuses sessions de sensibilisation : « Gestion des situations difficiles », « Mieux comprendre l’impact des projets sur le travail des salariés », « Améliorer la qualité de vie au travail », etc. Le tout pour environ 7 000 heures.

FORMATION

Le ministère du Développement durable va miser à fond sur la formation ouverte à distance (FOAD). À cette fin, un comité de pilotage associant plusieurs fonctions, dont la DRH, vient d’être créé, de même qu’un centre d’appui dont la mission consistera à assister et conseiller les différents services dans la création de modules. Le ministère s’appuiera également sur le know how de l’École nationale des techniciens de l’équipement, placée sous sa tutelle. Consultés sur cette stratégie visant à optimiser les coûts tout en réduisant les déplacements, les représentants des fonctionnaires approuvent.

FUSIONS-ACQUISITIONS

Proservia, filiale de Manpower spécialisée dans la gestion des infrastructures informatiques et le support aux utilisateurs, a un appétit d’ogre. En janvier dernier, elle avait profité de la fusion Bull-Atos pour reprendre la branche WSDS (Workplace and Service Desk Services) du nouvel ensemble. On reparle d’elle actuellement pour un probable rachat de la division TSS (Technical Support Services) d’IBM. L’actuel PDG de Proservia, Alain Roumilhac est un ancien IBMer. Comme précédemment, les salariés concernés seraient transférés. Les intéressés se montrent peu enthousiasmés par cette perspective.

RESTRUCTURATION

Oracle France s’apprête à négocier un nouveau PSE. Pour l’heure, ni le nombre de postes impactés, ni les activités touchées ne sont dévoilés. Les syndicats s’indignent du décalage entre le traitement réservé au salarié lambda et les privilèges des top managers. Selon le bilan social, les dix premiers dirigeants de l’entreprise ont empoché en moyenne 557 000 € chacun, en ayant bénéficié d’une augmentation de 11%. Résignés, les élus du personnel veulent livrer bataille sur la qualité de l’accompagnement, sinon le montant du chèque proposé aux partants.

Eurobrèves

UE

Une résolution adoptée le 8 octobre par le Parlement européen préconise des audits salariaux obligatoires dans les grandes entreprises cotées en Bourse afin de vérifier qu’elles respectent la directive européenne de 2006 sur l’égalité des sexes. Seuls la France et les Pays-Bas ont transposé ce texte dans leur législation nationale « de façon suffisamment claire et correcte », selon les députés. En cas de non-conformité, des sanctions telles que l’exclusion des appels d’offres de l’UE pourraient s’appliquer. Les écarts de rémunération sont en moyenne de 16,4% en défaveur des femmes. Ils sont de 38,5% en ce qui concerne les pensions.

BELGIQUE

Alors que l’âge légal de la retraite (65 ans aujourd’hui) sera progressivement repoussé à 67 ans, les seniors affirment qu’ils ne pourront pas tenir jusque là. Interrogés par le cabinet de conseil RH Securex, seuls 39% disent avoir le courage d’officier jusqu’à 65 ans. À peine 15% pensent atteindre le cap de 67 ans.
Dans leur grande majorité, les quinquas, toutes qualifications confondues, fixent à 62 ans la limite de leur parcours professionnel. Securex explique cet état de fait par les exigences de productivité trop fortes, les risques psychosociaux et la pénibilité. Pourtant, même les plus qualifiés suivent la tendance.

DANEMARK

Sous l’intitulé « Le Danemark a du talent », le patronat lance une opération visant à inciter les demandeurs d’emploi indemnisés à revenir sur le marché du travail au lieu d’attendre passivement des subsides publics. « Nous allons manquer de main-d’oeuvre, alors qu’une partie de la population est disponible », déplore Karsten Dybvad, DG de Dansk Industri.
Selon les données d’Eurostat, le taux de chômage actuel est de 6,3%, contre 3,8% en 2007, avant la crise financière.

FINLANDE

Les demandes adhésion aux syndicats affluent, depuis que le gouvernement a annoncé un plan d’austérité en septembre dernier. L’un des volets du dispositif prévoit que les conventions d’entreprises pourraient être suspendues dans celles ayant des difficultés avérées. « Le Premier ministre est notre meilleur sergent-recruteur », s’amuse Ann Selin, dirigeante de la fédération de la restauration et de l’industrie, PAM. Elle dit avoir enregistré plus de 500 ralliements en une seule journée, pour la première fois depuis 15 ans.
En proportion du nombre de travailleurs, la Finlande est le pays le plus syndiqué d’Europe.

Décideurs

ÉRIC BOITTIN, PDG du groupe Serap, est le nouveau président de l’UIMM Mayenne. Il remplace JEAN-YVES PICHEREAU.

EMANUELA BONADIMAN est nommée directrice des ressources humaines du groupe Edmond de Rothschild et entre à ce titre au comité exécutif. Elle a été précédemment directrice du management des talents mondiaux de Gucci (groupe Kering), après avoir occupé un poste similaire chez Levi Strauss & co. Elle avait auparavant piloté les RH de Trane à Amsterdam et d’American Standard à Bruxelles.

SERGE BOURDON deviendra directeur des ressources humaines de STX France à partir du 1er janvier 2016. Il a fait une bonne partie de sa carrière au sein d’Air France. Il y a occupé des fonctions de DRH pour l’Amérique du Sud et le Canada, les États-Unis, et les escales de province. Il était dernièrement DRH d’Axson Group. Il succédera à CHRISTOPHE MABIT.

ALEXANDRE GAILLARD, précédemment directeur administratif et financier d’Atol, est nommé secrétaire général, et à ce titre, supervise la fonction ressources humaines.

GILLES GATEAU quitte le poste de directeur de cabinet adjoint du Premier ministre. Il prendra sous peu la direction des ressources humaines d’Air France.

RUDY DE LEEUW, patron de la Fédération générale du travail de Belgique, est élu président de la Confédération européenne des syndicats (CES). Ex-professeur d’économie, il sera épaulé par l’Italien LUCA VISENTINI au poste de secrétaire général.

ÉMERIC LEPOUTRE, ancien avocat reconverti dans le conseil, précédemment en poste chez Éric Salmon & Partners, est aux commandes du cabinet de recrutement de dirigeants et de conseil en gouvernance Émeric Lepoutre & Partners qu’il a fondé.

AYMERIC LOLOUM est nommé directeur, senior advisor au sein d’Essensys France, spécialiste du management de transition. Transfuge du ministère de la Défense où il était directeur administratif et financier, il occupait le poste de DG du groupe SPL.

MARYLINE PERENET rejoint le cabinet Valtus (management de transition) en qualité de directrice de missions, une fonction nouvellement créée. Elle était précédemment directrice juridique du groupe Paprec, après avoir officié au sein du cabinet d’audit Mazars, en tant que spécialiste du conseil en restructurations.

CHARLES DE VIVIE, DRH de Travel Lab (Kuoni France), prend la présidence de la commission sociale du Syndicat national des agents de voyages (Snav).

Agenda

« DU DROIT DU TRAVAIL AU DROIT DES RELATIONS PROFESSIONNELLES »

Colloque organisé par Capstan Avocats en partenariat avec le Centre de formation permanente et le laboratoire de droit social de l’université Panthéon-Assas (Paris-II). Les intervenants, dont un professeur, un expert du Fonds monétaire international et des avocats du cabinet, expliqueront comment « la transformation du droit du travail en droit des relations professionnelles concourra à la relance de l’emploi ».

Le 20 octobre, à Paris.
incription@capstan.fr

« OÙ EN SONT LE MODÈLE ET LE DIALOGUE SOCIAL FRANÇAIS, 70 ANS APRÈS LA CRÉATION DES CE ? »

Colloque orchestré par le Groupe Alpha, ProwebCE, Edenred et SalonsCE. Participations de Myriam El Khomri, ministre du Travail, de Jean Auroux qui a donné son nom aux fameuses lois, et de Jean-Paul Delevoye, président du Cese. Un sondage auprès des acteurs du dialogue social sera dévoilé à cette occasion.

Le 22 octobre, à Paris.