La lettre du 17 mars 2016
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Focus

Net regain de la conflictualité liée aux salaires

La liste des entreprises perturbées par des arrêts de travail s’allonge. Pimkie, Siemens, Lidl, Cooperl, Speichim, SNCF, et Unilever font partie des dernières touchées par la vague de protestations contre des augmentations de salaire jugées indigentes. Les DRH se sont laissés surprendre. L’inflation est au plus bas, les cabinets spécialisés, de Deloitte à Korn Ferry en passant par Aon et Altedia, pronostiquent des budgets raisonnables, contenus autour de 1,5 %, toutes catégories comprises, voire 1,1 % à 1 % pour les secteurs les plus parcimonieux comme l’hôtellerie-restauration et l’énergie.
Les oracles ont omis un facteur à l’origine des mouvements déclenchés en cascade : la lassitude face à la reconduction de l’austérité salariale au fil des ans. Les agents de la RATP qui ont suivi le mot d’ordre de la CGT et de SUD le 9 mars, confirment que depuis 2014, la régie ne leur a pas concédé le moindre kopeck au titre des mesures collectives. La CGT évalue le rattrapage nécessaire à 3 %, en plus d’une prime de 300 € par tête, l’entreprise ayant terminé son exercice 2015 sur un excédent d’exploitation de 385 €, selon le syndicat.
Les avantages annexes unanimement vantés par Korn Ferry et Aon, ne calment pas l’appétit des négociateurs salariés. Chez Lidl France, la direction a réparti son enveloppe de 1 % entre différents goodies, cantonnant la part des augmentations à proprement parler à 0,2 %. Aux représentants du personnel insatisfaits, l’enseigne de distribution a rappelé que l’intéressement moyen a atteint 6000 € pour le dernier exercice. Sans réussir à les convaincre. Résultat : un arrêt de travail et une manifestation devant le siège le 3 mars, conjointement organisés par l’Unsa, la CGT, FO, la CFDT et la CFTC.
La tendance n’est pas près de s’estomper. Cette semaine, le DRH de Pimkie vu atterrir sur son bureau un préavis de grève signé des délégués CGT, et CFDT. “Quand une direction fait la sourde oreille, cela oblige les salariés à hausser le ton”, lancent les protestataires. Chez Unilever France, les mêmes causes ont produit le même effet dans l’entité Alsa. L’employeur ne veut pas aller plus loin que 0,7 % de hausse salariale, mais concède en guise de consolation un abondement de la prime d’intéressement, à hauteur de 100 € par employé.
L’exigence d’un supplément de pouvoir d’achat se fait entendre même dans les sociétés en mauvaise posture, à l’instar de Cooperl. Le spécialiste de la filière porcine qui ploie sous 40 M€ de pertes cumulées, a annoncé le gel des salaires pour cette année et dénoncé certains usages dont l’attribution d’un pécule lié à l’ancienneté. L’auguste coopérative a vécu son premier conflit dur entre fin février et début mars : en tout 12 jours de grève, à l’appel de FO. Les DRH qui négocient encore sont prévenus.

Entreprises

Actionnariat salarié : l’année démarre très fort

L’année 2016 pourrait être un excellent cru si les augmentations de capital réservées aux salariés continuent à être annoncées au même rythme. Ces opérations sont principalement mises en place par des entreprises qui en ont effectué précédemment. À l’image d’Arkema, dont les collaborateurs peuvent actuellement, et jusqu’au 20 mars, profiter d’une offre portant sur l’équivalent de 12 M€ d’actions. Dès le 21 mars, ce sera au tour des salariés de Rubis, spécialiste du stockage de liquides et distributeur de produits pétroliers, de renforcer la part que ses collaborateurs détiennent déjà dans le capital (1,09 %). Ils sont invités à investir, collectivement, jusqu’à 700000 € d’ici avril. Deux jours plus tard, les employés du groupe Eiffage prendront le relais. Ces derniers sont appelés à souscrire à hauteur de 184 M€, via le FCPE Eiffage Actionnariat Relais 2016. Ils seront suivis, en juin prochain, des heureux collaborateurs de Schneider Electric. L’offre qui vient de leur être faite, porte sur 0,63 % du capital au maximum.
De son côté, Orange ouvre des possibilités d’achat de 11 500000 actions, représentant 0,43 % des parts. Sachant que le personnel en contrôle déjà 4,99 %. Dans le même registre, la Compagnie des Alpes qui vient de tenir son assemblée générale, a arrêté le principe d’une nouvelle vente de titres au personnel, une initiative qui devra se concrétiser dans les 26 prochains mois. La tradition du prix préférentiel demeure. La décote dépend des conseils d’administration. Celui de Schneider Electric limite le rabais à 15 % en France, mais le ratio de cession le plus courant reste 80 % du cours de Bourse.
Certaines opérations de ce début d’année comportent des clauses plus favorables aux bas salaires. Ainsi, Arkema laisse aux épargnants le choix entre un règlement en apport personnel ou via une avance remboursable par prélèvement mensuel sur la paie. Une sorte de crédit gratuit consenti par l’employeur, remboursable en 24 fois, sans que la mensualité dépasse 10 % du salaire net mensuel. Il reste à connaître les taux d’adhésion. L’expérience prouve que ces opportunités sont promptement saisies.

Thales CS se trouve à la croisée des chemins

Les consultants du cabinet Syndex viennent de remettre leur rapport d’expertise sur les orientations stratégiques de Thales communications & Security. Le CE, commanditaire de la mission, veut s’assurer que le plan de bataille que peaufine le patron, Jean-Michel Lagarde, n’aura aucune conséquence néfaste pour l’emploi. Cette filiale à 100 % de Thales qui compte environ 7000 personnes sur une dizaine de sites. Elle se veut ambitieuse et travaille sur une gamme de nouveaux produits.
Mais les activités ne connaissent pas le même succès. Tout va bien pour les produits de radiocommunications et de sécurité urbaine, ainsi que la billétique. La signalisation ferroviaire et les systèmes de transports sont moins euphoriques. Le business lié à la guerre électronique (EWR) est carrément déficitaire.
Il est question de regrouper sur un site unique dans le Maine-et-Loire les salariés concernés, actuellement répartis entre Cholet (49) et Gennevilliers (92). Un sujet qui devrait faire l’objet d’une nouvelle expertise de Syndex. En outre, l’intégration de transfuges venus d’Alcatel Lucent n’est pas encore totalement achevée. Dans ces conditions, Les élus du personnel réclament la mise à jour de la GPEC afin de baliser les inévitables mobilités.

PSA : les succursales veulent leur part du succès

Les employés de Peugeot Citroën Retail (PCR), piaffent d’impatience. Ils espèrent bénéficier des mêmes attentions que leurs collègues des usines qui relèvent d’une autre entité juridique, PCA France. Ceux-là ont obtenu du DRH groupe, Xavier Chéreau, un budget global d’augmentation de 1,25 %, dont 0,6 % attribué à tous les ouvriers. L’accord validé par la CFE-CGC, la CFTC, FO et GSEA, est complété par une prime de participation et d’intéressement de 2000€ en moyenne. Pour couronner le tout, ils empochent un complément de 700 € par tête, en récompense des efforts fournis dans le cadre du plan Back in the race, cher au P.-D.G., Carlos Tavares,
Dans le réseau de commercialisation que dirige Jean-Philippe Imparato, le viatique ne s’annonce pas aussi généreux. “nous proposons à la direction un large éventail de leviers de motivation, en restant réalistes et prêts à un compromis entre les attentes de chacun et les possibilités de l’entreprise”, explique un élu CFTC. Les équipes en succursales s’attendent à un intéressement famélique. Ils espèrent au moins toucher 400 € de prime exceptionnelle, financée par la suppression de la retraite chapeau du top management. Pour la hausse pouvoir d’achat constant, ils placent la barre à 1 % pour les mesures collectives, et demandent la même enveloppe pour la reconnaissance individuelle.
La direction se trouve face à un cahier de doléances qui inclut la rémunération intégrale de la première journée de congé pour enfant malade (payé à 50 % actuellement). Il lui est aussi réclamé une prime liée à la baisse de l’absentéisme, comprise dans une fourchette de 100 € à 300 € annuels et “une attention particulière” aux écarts de rémunération inexpliqués entre les hommes et les femmes. Ces négociations séparées n’existent pas chez le concurrent Renault. L’accord salarial conclu le 2 mars dernier entre la directrice des ressources humaines du groupe Marie-Françoise Damesin et les syndicats CFDT, CFE-CGC, et FO, couvre tout Renault SAS.

Prud’hommes : la période transitoire se prolonge

En principe, la réforme des tribunaux du travail s’applique depuis le 7 août 2015, date de promulgation de la loi Macron. Les conseils de prud’hommes fonctionnent toujours sur l’ancien mode, le décret correspondant à l’article 258 du texte et qui les concerne, n’étant pas encore publié. Un projet fait actuellement l’objet de consultations, dans le cadre de la mission d’information commune sur l’application de la loi Macron. Son rapporteur, Denys Robiliard, élu PS de Loir-et-Cher, prête une oreille attentive aux observations des organisations de magistrats. L’USM, majoritaire et globalement favorable au texte, propose de mettre à la disposition des justiciables un document Cerfa qui facilite la saisine.
L’organisation présidée par Virgile Duval insiste sur la faculté donnée aux juges de radier une affaire pour défaut de diligence du demandeur, ou de la traiter immédiatement, afin d’éviter les renvois dilatoires. Elle invite à favoriser les modes de règlement amiables qui ne représentent encore que 10 % des cas. En outre, l’USM attire l’attention des pouvoirs publics sur l’indispensable formation des conseillers prud’homaux. Les mandats actuels s’achèvent fin 2017 au plus tard. “il n’est pas souhaitable d’attendre leur nouvelle désignation pour mettre en place cette formation”, estime l’organisation, tout en attirant l’attention sur le renforcement des moyens de l’École nationale de la magistrature chargée de cette mission.
De son côté, le Syndicat de la magistrature reste opposé à l’orientation générale du texte. Il considère qu’il s’agit d’une “annexion de la justice prud’homale à la cause de l’emploi vue au seul prisme des attentes des employeurs”. Cette loi valide selon le syndicat, la thèse selon laquelle la justice prud’homale constituerait un frein à l’embauche. Elle suggère que le recours aux conseils de prud’hommes des salariés licenciés serait nécessairement défavorable aux employeurs, postulant ainsi la partialité de la juridiction.

Les métiers logistiques en quête de stratégie RH

Les organisations logistiques n’entretiennent pas leur attractivité, si l’on en croit l’enquête annuelle, la deuxième du genre, dévoilée par l’AFT. L’enquête ne porte pas spécifiquement sur les prestataires spécialisés, mais plus largement les entités de supply chain de différents secteurs d’activité (agroalimentaire, pharmacie, industrie automobile, équipements mécaniques, etc.). Elles recommencent à recruter, surtout des opérateurs. Environ 16 % des établissements de plus de 100 personnes envisagent d’augmenter leur effectif. Mais un tiers d’entre eux dit peiner à dénicher de bons candidats.
Raison principale : les intéressés manquent de motivation, certains préférant des missions d’intérim. L’usure physique qu’entraîne le métier n’est sans doute pas étrangère à ce manque d’ardeur. Dans la profession, un salarié sur cinq serait exposé aux quatre premiers facteurs de pénibilité, à commencer par le travail de nuit qui concerne 10 % des troupes. Une structure sur dix a été confrontée l’année dernière à un problème d’inaptitude reconnue.
Face à la situation, “les établissements de 100 salariés et plus ont été presque aussi nombreux à reclasser du personnel qu’à procéder à des licenciements” peut-on lire. Pour couronner le tout, l’enquête note “des retards dans la formation”. Plus précisément, “la proportion de d’établissements ayant réalisé en 2015 des formations pour les salariés affectés à la logistique diminue”.

Institutions

Think tanks sociaux : divorce à l’italienne

La semaine dernière, Réalités du Dialogue social (RDS), l’Association Travail Emploi Europe Société (Astrées), et Europe & Société ont brutalement mis fin au processus de fusion entamé depuis deux ans. Les bans avaient été publiés, les statuts de la nouvelle structure bouclés, la gouvernance fixée, de même que les orientations, et les 13 membres du futur conseil d’administration choisis. Le clash inattendu est survenu en pleine répétition finale.
L’examen attentif des comptes respectifs a dérapé en vilaine querelle de personnes entre les dirigeants d’Astrées et ceux de RDS qui apporte la dot la plus conséquente à la corbeille de mariage. Résultat : Astrées reprend sa liberté. Les deux autres parties devraient poursuivre la démarche de consolidation. L’objectif visé reste la volonté de parer au risque de dispersion des adhérents. Les mêmes organisations syndicales et patronales, instances de la fonction publique, hauts fonctionnaires, participent aux travaux. Ils sont de moins en moins disponibles pour tous les événements, publications et enquêtes proposés. Ce alors que les clubs poursuivent des buts voisins. Des rapprochements du même genre se préparent, dans le microcosme.

Document

Dialogue social : Humanis et Apicil publieront un baromètre annuel

Un document d’une cinquantaine de pages, réalisé à l’initiative des groupes Humanis et Apicil, avec la caution scientifique de Marc Ferracci, professeur d’économie à l’Université Panthéon-Assas et à Sciences Po présente une photographie du dialogue social et de ses acteurs. C’est la première édition d’un baromètre qui sera publié tous les ans.

Le président du groupe de protection sociale Humanis, Frédéric Agenet, espère faire de ce baromètre « une étape marquante dans le calendrier social ». Il fera tous les ans un état des lieux statistique et développera une thématique particulière. L’économiste Marc Ferracci, professeur à l’université Panthéon Assas et à Sciences Po est la caution scientifique de cette initiative portée conjointement par les groupes de protection sociale Humanis et Apicil. Cette première édition traite des relations entre le dialogue social et le développement économique des entreprises. La partie statistique se concentre sur le secteur privé. La source principale reste la Dares (ministère du Travail), et l’OCDE pour les comparaisons internationales. Ce recueil de chiffres a surtout le mérite de rappeler quelques ratios méconnus.

Quelques ratios mal connus

Il est généralement de bon ton de railler le faible taux de syndicalisation, désespérément scotché en dessous de 8 %, de même que l’incroyable fouillis des 700 branches professionnelles. L’on sait moins que 98 % des salariés sont couverts par des accords collectifs, une protection qui ne va pas de soi, et qui n’est pas de mise partout en Europe. De même, le score de 61 000 textes signés chaque année par les partenaires sociaux (dont 60 % via des accords, le reste étant réparti entre décisions unilatérales des employeurs et référendums) est rarement mis en relief.
Sur le plan qualitatif, un sondage ad hoc réalisé par Odaxa courant septembre auprès de deux échantillons distincts d’un millier de chefs d’entreprise d’autant de salariés, apporte des éléments d’appréciation. Il montre que la négociation sociale se porte bien, en dépit des apparences et de l’actualité du moment, faite de grèves et de manifestations hostiles à la loi travail. Pour preuve, 67 % des dirigeants interrogés pensent que les relations patrons- syndicats vont en s’améliorant, tandis qu’une bonne moitié (54 %) estime que des rapports suivis entre les deux parties sont bénéfiques. Du côté des salariés, la cote de confiance n’est pas au plus haut, mais seule une minorité jette la pierre aux syndicats. Six sur dix affirment « faire confiance aux institutions représentatives du personnel », une proportion supérieure aux 55 % qui se sentent en sûreté avec la direction de leur entreprise.

les conflits sociaux sont moins nombreux, mais plus longs et bien suivis par les salariés des entreprises concernées, preuve que l’audience des syndicats ne se mesure pas seulement au taux d’adhésion.

Divergences sur l’impact économique

Sur un autre plan, le baromètre souligne que la conflictualité continue de baisser, rompant avec l’image de fauteur de grèves qui colle aux élus du personnel. Quelque 1,2 % des entreprises ont connu un arrêt de travail collectif en 2013, dernière statistique connue. Salariés et patrons se disent convaincus que la négociation sociale bien conduite a un impact certain et positif sur la marche des affaires. « aucune entreprise ne peut bien fonctionner sans un dialogue social serein » assure François Asselin, président de la CGPME, invité à s’exprimer dans le cadre de du document produit par Humanis et Apicil. « le dialogue social est indéniablement un levier de performance », confirme Pierre Gattaz, président du Medef. Dans la bouche des patrons, dialogue social rime avec flexibilité. Le numéro un du Medef veut y trouver les moyens de « s’aligner dans la compétition mondialisée. ce qui implique la liberté de se doter des règles les plus adaptées au secteur, au marché, à la structure de l’entreprise ». Son homologue de la CGPME abonde, en associant les salariés à cette quête de souplesse: « salariés et chefs d’entreprise veulent décider plus librement de leur quotidien ».
Pour les syndicats, former les salariés, les rémunérer équitablement et créer des emplois quand l’activité le permet sont des ingrédients universels qui peuvent résulter d’accords d’entreprise bien négociés. Au lieu de cela, « le social a tendance à être considéré comme une variable d’ajustement d’objectifs économiques », déplore Jean- Claude Mailly, secrétaire général de FO, également interrogé pour les besoins du baromètre.
Marc Ferracci fait converger les analyses en soulignant que « le dialogue social peut agir sur la performance économique par de multiples canaux ». Primo, des incitations financières négociées collectivement nourrissent l’implication et l’engagement des salariés. Secundo, il existe un lien entre relations sociales et formation professionnelle. Un fort taux de syndicalisation va souvent de pair avec un budget dédié, conséquent. Ce n’est pas à fonds perdu, puisque l’entreprise tire profit des compétences améliorées de ses collaborateurs. Tertio, l’économiste du travail attire l’attention sur la réduction de la conflictualité dans les environnements apaisés. Quarto, dit-il, « la syndicalisation accroît la stabilité de l’emploi, même s’il n’a pas d’effet sur son niveau ». last but not least, les syndicats permettent l’instauration de meilleures conditions de travail, et de standards d’hygiène et de sécurité, dont le coût est vite compensé.

Europe

Allemagne : les effets positifs du salaire minimum

Un an après l’introduction du salaire minimum, une étude de l’Institut de recherche économique et sociale (WSI) fait l’état des lieux. Les auteurs, Marc Amlinger, Reinhard Bispinck et Thorsten Schulten sont catégoriques. L’entrée en vigueur d’un salaire minimum fixé à 8,50 € l’heure au 1er janvier 2015 a des effets bénéfiques sur le marché du travail comme sur les relations sociales. Entre 4,8 et 5,4 millions de travailleurs étaient rémunérés en dessous de ce seuil. Les données manquent évaluer le nombre de bénéficiaires de la mesure, mais son impact est indiscutable. Non seulement les entreprises ont dû s’aligner, mais les syndicats ont eu de la marge pour négocier des augmentations en faveur des travailleurs situés juste au-dessus du seuil légal. En outre, le nombre de « mini-jobs », emplois précaires faiblement rémunérés, souvent pour des prestations à temps partiel, tend à diminuer. Leur intérêt étant devenu relatif dans un environnement économique porteur, les employeurs y substituent des contrats classiques. C’est le cas notamment dans l’hôtellerie-restauration, le commerce de proximité et les services à la personne. Cette évolution avantage aussi les organismes de protection sociale qui voient leurs recettes augmenter. À l’inverse, les effets indésirables redoutés par les organisations patronales (envol de la masse salariale, coup de frein sur les embauches, manque de flexibilité) n’ont pas eu lieu.
Il reste à savoir si le renchérissement probable de la rémunération plancher restera supportable. La prochaine revalorisation doit intervenir début 2017. Fondée sur l’évolution générale des rétributions, elle sera décidée par une commission au sein de laquelle siègent des représentants de salariés et de recruteurs. Selon l’office fédéral de la statistique, les salaires conventionnels ont augmenté d’environ 5,5 %.Le salaire minimum devrait donc se situer autour de 9 € l’heure. Entre les syndicats qui défendent une « protection qui ait un sens » et les employeurs qui gardent les yeux rivés sur la masse salariale et la marge, l’arbitrage s’annonce difficile.

Espagne : la formation fiscalement optimisée

Un rapport de la Cour des comptes constate qu’une entreprise sur sept ne se conforme pas à la législation sur la formation professionnelle. Sur environ 400 000 sociétés concernées, 73 000 ne seraient pas irréprochables. Les dépenses consenties à cette fin sont couvertes par une réduction de cotisations sociales, à condition que les stages répondent aux activités et projets de la société intéressée, tout en favorisant l’employabilité des salariés bénéficiaires. Ces conditions ne sont pas toujours remplies, en particulier dans les sociétés de moins de dix personnes. Autrement dit, une partie des petits patrons utilisent le dispositif comme un simple levier d’optimisation fiscale.
Ils peuvent compter sur des organismes de formation prompts à fournir des sessions sur catalogue dont certaines n’ont qu’un lien ténu avec les compétences souhaitées par les employés. Ces intermédiaires savent adapter leurs tarifs aux allégements attendus. La stratégie gouvernementale tendant à assouplir les règles administratives favoriserait la fraude, selon le syndicat CCOO. Il réclame davantage de contrôles de services ministériels, aussi bien chez les employeurs que chez leurs prestataires. D’autant plus que les budgets de formation volontaires (non subventionnés) tendent à diminuer.

Scanner

ERDF épinglé par la Direccte Ile-de-France

L’inspection du travail reste ferme. Elle enjoint à la direction régionale Île-de-France Est d’ERDF d’arrêter tous les travaux sous tension. Motif : les conditions de sécurité ne sont pas garanties et la santé des techniciens chargés d’intervenir sur les installations est en jeu. Cela concerne la Seine-Saint- Denis, l’Essonne, le Val-de-Marne et la Seine-et-Marne. Soit près de 80000 km de réseau. Sachant que l’Île-de-France représente 18 % de la consommation nationale d’électricité.
À la différence des travaux hors tension, ces interventions permettent la maintenance et la réparation des équipements sans couper l’alimentation des populations connectées au réseau dans le périmètre en question. Cela nécessite une solide formation et des habilitations. “il faut aussi une bonne préparation, une organisation précise, de la rigueur dans l’application des règles et de la minutie dans l’exécution des gestes. cela passe également par une bonne coordination des intervenants, chargés de travaux”, expose un expert. Et les électriciens français sont leaders mondiaux de cette technologie de pointe.
Pourtant, chez ERDF, des élus CGT du CHSCT estiment que toutes les dispositions ne sont pas prises partout. Ils ont déposé une alerte interne, ce qu’on appelle une déclaration de danger grave et immédiat (DGI) à propos de la pose de concentrateurs dans les immeubles, en particulier les plus anciens. À défaut d’avoir été entendus, ils ont alerté l’inspection du travail. Celle-ci a fait appliquer le principe de précaution. Cette initiative de la CGT ne fait pas l’unanimité. Certains syndicats y voient un coup porté à la compétitivité de l’entreprise. “au total, 12000 agents sont concernés par cette activité. c’est notre coeur de métier qui est en cause”, estime un représentant FO. Selon lui, le risque d’une externalisation existe et le personnel appartenant aux groupes d’intervention réseau (GIR dans le jargon maison) pourrait changer d’employeur.
Afin d’éviter ce scénario, FO suggère un audit des procédures, en particulier sur les équipements obsolètes. Elle propose aussi de laisser les techniciens exercer leur droit de retrait chaque fois qu’ils se sentiront en difficulté. La direction cherche le moyen de résoudre ce problème en garantissant la sécurité, le respect des procédures.

Docapost négocie un accord de mobilité

Des négociations sur l’encadrement des changements internes viennent de démarrer au sein de cette filiale de La Poste. Une étape, avant d’entamer le deuxième volet consacré aux conditions de départ vers l’extérieur. Les syndicats croient déceler derrière cette démarche un projet de réduction des effectifs. Ils préféreraient une GPEC en bonne et due forme, plus protectrice. “la direction a le devoir de créer des passerelles entre nos métiers et ceux du groupe la Poste”, revendique un négociateur salarié.
Car les tractations s’engagent dans un climat défavorable. Cette société spécialisée dans la numérisation des processus d’entreprise (services courrier, e santé, facturation, éditique), veut s’alléger. Le ratio de 4500 salariés pour 427 M€ de chiffre d’affaires (en baisse de 2 % en 2015) reste insuffisant aux yeux de sa présidente, Muriel Barnéoud. L’option est prise de se recentrer sur quelques activités et de mettre un terme à la diversification tous azimuts. Le syndicat SUD croit savoir que plusieurs agences pourraient fermer. Les discussions ouvertes ne viseraient qu’à valider un plan de reclassement du personnel déjà ficelé. Certains affirment que les managers de proximité jouent sur la peur, laissant entendre au personnel qu’il serait judicieux de scruter le marché de l’emploi dès à présent. L’hypothèse d’une réduction du maillage territorial de Docapost est périodiquement invoquée depuis trois ans. Mais l’ouverture de ces négociations semble indiquer que la direction s’apprête à passer à l’acte.

Le temps partagé, négligé par le marché de l’emploi

Le Portail du temps partagé et le cabinet de recrutement Finaxim viennent de publier le premier Baromètre du temps partagé. On y apprend que cette forme d’exercice professionnel concerne prioritairement les quadras (près de 43 % des personnes concernées) ainsi que les quinquas (33 %). On y découvre aussi que la formule ne rime pas avec salariat, ni même avec groupement d’employeurs. Les trois quarts des actifs qui officient simultanément dans plusieurs entreprises, interviennent comme indépendants. Majoritairement sous le statut d’autoentrepreneur, parfois en passant par le portage salarial.
Si le statut de cadre est quasi systématique, les fonctions ressources humaines et finance-gestion restent de loin, les plus courantes. Elles représentent près de la moitié des postes. Le marketing, la communication et le commercial arrivent loin derrière.
Dans tous les cas, le temps partagé demeure la grande méconnue du marché de l’emploi. Même les pouvoirs publics n’y prêtent pas attention. Les intermédiaires spécialisés, comme le cabinet Finaxim présidé par Emmanuel de Prémont, sont encore rares. Pourtant ceux qui ont tenté l’expérience y sont attachés. La moitié d’entre eux affirment avoir fait un choix de carrière, les autres ont saisi une opportunité ou en font un pis-aller. Tous y trouvent des avantages, à commencer par la richesse des missions et les occasions d’enrichir très vite leur savoirfaire et leur carnet d’adresses. L’équilibre de vie entre aussi en ligne de compte, dans la mesure où la plupart de ces professionnels atypiques ont le loisir d’organiser leur temps comme ils l’entendent, télétravail inclus.
Les entreprises y trouvent aussi leur compte. Le coût salarial du cadre à temps partagé est mutualisé. Les employeurs accèdent par ce biais à des compétences qui resteraient hors de portée s’ils devaient en assumer individuellement la charge. En outre, la répartition du temps de travail du collaborateur multicarte peut être ajustée. Les DRH commencent à s’intéresser au phénomène. En avril dernier, en lien avec le groupe de formation IGS, ils ont planché sur cette forme de contrat et tenté de cerner le portraitrobot des titulaires.

Confidences

BIEN-ÊTRE AU TRAVAIL

L’ANI du 19 juin 2013 relatif à la qualité de vie au travail est timidement appliqué. Seules quelques branches ont engagé des actions dans ce sens, à l’image de celles relevant de l’économie sociale et solidaire. “L’encre à peine séchée, ce texte est tombé dans l’oubli”, assène le consultant Martin Richer. En l’absence de données sur les dispositifs collectifs conclus ou en cours de négociation, le député UDI des Yvelines Arnaud Richard demande à la ministre du Travail de faire établir un état des lieux.

SANTÉ

Les entreprises de travail temporaire qui doivent supporter l’obligation de visite médicale d’embauche, rêvent d’obtenir une dérogation totale à cette formalité. Elles le font savoir au ministre du Travail, par l’intermédiaire d’Isabelle le Callenec, élue LR d’Ille-et-Vilaine, secrétaire de la Commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale. La profession met en avant le coût et le nombre faramineux de contrôles à effectuer pour 15,4 millions de contrats annuels. Sachant que les missions sont de plus en plus courtes : 8,5 jours en moyenne.
Pourtant, depuis 2012, la loi a été assouplie. Notamment, le médecin du travail peut délivrer une aptitude à trois emplois, et le visa du praticien ne s’impose pas si aucune inaptitude n’a été signalée dans les 12 à 24 mois précédents.

ALÉAS

Ce n’est pas leur priorité du moment, mais les syndicats espèrent obtenir dans le cadre de la réforme du droit du travail, la protection des élus du personnel en cas d’accident dans l’exercice de leur mandat. Tant pour les réunions internes que pour les déplacements relatifs aux rencontres organisées en dehors de l’entreprise : stages, congrès, etc. La qualification d’accident du travail n’est pas reconnue dans ces cas, en l’état actuel de la législation. “C’est pénalisant pour les activités militantes”, estiment les intéressés.

Acteurs

FRÉDÉRIC HOMEZ

Le secrétaire général de FO Métaux se fait l’avocat de la filière ferroviaire auprès de l’Association des régions de France et du gouvernement. En attendant d’éventuelles commandes de ces donneurs d’ordre, (TGV du futur, RER NG, TET, tramways, métro etc.), les fournisseurs Alstom et Bombardier taillent dans leurs effectifs.
Le leader des métallos FO plaide pour des mesures permettant de traverser la période de soudure. Selon une étude prospective du cabinet Katalyse à la demande de l’UIMM, l’industrie ferroviaire perdra 2250 jobs d’ici à 2020, avant d’en regagner 850 au cours des cinq années suivantes.

DOMINIQUE GILLIER

Vice-président de la section du travail et de l’emploi du Cese, il boucle les auditions relatives à l’avis qu’il présentera début mai sur les certificats de qualification professionnelle (CQP). Son rapport est très attendu à l’heure du déploiement des 500 000 formations pour demandeurs d’emploi. Il est censé “éclairer les acteurs publics et sociaux sur les conditions de développement de ces titres”. L’ex-secrétaire général de la métallurgie CFDT connaît bien le sujet : sa branche est l’une des premières utilisatrices de CQP, et il est, à la confédération, chargé de mission sur la prospective.

ANTOINE LEMARCHAND

Le président de l’enseigne Nature & Découvertes pilote rau sein du think tank Entreprise & Progrès, un groupe de travail consacré à la notion d’entreprise progressiste, concept inventé par André Coupet dirigeant du cabinet Paris Montréal Conseil. Il s’agit pour les employeurs d’être “acteurs du bien commun”, en faisant preuve de responsabilité sur cinq axes : les fournisseurs, les actionnaires, les clients, les salariés et l’environnement sociétal. Parmi les entreprises intéressées par cette approche figurent L’Oréal, Airbus, Chateauform’ et La Française des jeux.

PHILIPPE STOPPACHER

Représentant la CGT, il siégera au conseil d’administration de Renault Retail Group (RRG), au même titre que sébastien barrel, issu de la CFE-CGC. Ils sont élus à l’issue du scrutin qui avait lieu du 8 au 9 mars dernier. Il a modérément mobilisé les cols-bleus. Moins de la moitié des 6 100 inscrits dans ce collège a voté. À l’inverse, les cadres ont massivement participé. Deuxième groupe de distribution automobile en Europe, filiale à 100 % du constructeur, RRG emploie 10 450 salariés, dont un tiers hors de France.

Coulisses

PARTAGE

Au titre de la participation et de l’intéressement, Dassault Aviation attribuera collectivement à ses collaborateurs une enveloppe de 92 M€, cette année. Ce montant est sans commune mesure avec le petit million d’euros que la stricte application de la formule légale aurait permis de dégager. Malgré cela, les syndicats tiennent à conclure de belle manière les négociations annuelles obligatoires, mal engagées. Ils font la moue devant les propositions : 0,4 % d’augmentation générale et 1,5 % de mesures individuelles pour les cols-bleus et 2,5 % pour les cadres, au cas par cas.

IMPAIRS

Plusieurs députés LR dont Dino Cinieri et Lionel Tardy réclament des mesures énergiques pour remédier aux “dysfonctionnements dans les relations entre les Urssaf et leurs cotisants”. Ils font allusion à des erreurs informatiques répétées concernant les appels à cotisations, avec des délais excessivement longs lorsqu’il s’agit de les corriger. Sans parler des démarches qui deviennent fastidieuses, du fait d’un staff de conseillers insuffisant, selon les parlementaires.
Ces critiques rejoignent celles formulées en interne par la CGT. Le syndicat insiste sur l’élargissement des missions de recouvrement depuis quelques années, alors que les effectifs n’augmentent pas.

CONFIRMATION

La CFE-CGC confirme son audience dans le secteur automobile. À l’issue des élections qui ont eu lieu le 10 mars chez Renault Trucks SAS , elle maintient sa première place chez le constructeur de camions qui emploie 8 167 personnes. Avec un score de 38,24 %, elle devance la CFDT (25,89 %) et la CGT (18,47 %). Chez Renault, en avril dernier, le syndicat des cadres et agents de maîtrise avait supplanté la CGT, la CFDT et FO, au terme d’un scrutin à forte participation. La CFE-CGC se flatte aussi de gagnee du terrain sur plusieurs sites de PSA Peugeot Citroën.

PARTAGE

Sopra Steria peine à mettre en place un plan d’épargne groupe. Les élus du personnel rejettent une proposition pourtant présentée comme une récompense pour la forte implication du personnel tout au long de l’opération de rapprochement entre les deux ex-concurrents. Le CE regrette l’exclusion de certaines sociétés comprises dans l’unité économique et sociale, telle Axway. Il déplore aussi l’absence d’un abondement incitatif pour les plus bas salaires. La direction propose à la place des avances sur salaire pour acheter des actions.

PRÉVENTION

À son tour, le DRH du ministère de l’Écologie fait face à l’insistance du CHSCT qui réclame une expertise préalable à la réorganisation des services dans le cadre de la réforme territoriale de l’État. L’instance ne veut pas contenter de l’étude d’impact et de la cellule d’écoute mise en place par l’administration. Ni de la promesse qu’il n’y aura pas de mutation forcée. Les élus et notamment ceux de la CGT tiennent à des audits indépendants. D’autant plus qu’il y a eu six suicides en 2015, dont un seul fait l’objet d’une enquête. Un accident grave signalé depuis six mois ne fait pas encore l’objet d’investigations, et aucune statistique officielle n’est publiée sur les sinistres survenus depuis le début de l’année.

IMPLICATION

Chez le fondeur AFS à Sedan (08) la CFDT a persuadé la direction de mettre en place un espace des discussions au sein duquel les salariés peuvent échanger sur les problèmes et les suggestions. Toutes les remarques sont inscrites noir sur blanc et restent accessibles à l’ensemble du personnel. La méthode permettrait d’accroître l’implication et de faire tomber le stress. Les métallos cédétistes ont précédemment négocié ce dispositif dans les usines de Toyota Motors à Onnaing (59) et chez Thales Angénieux à Saint-Héand (42).

HANDICAP

Direction et syndicats de Groupama s’apprêtent à renégocier pour la période 2016-2018 l’accord national sur l’emploi des personnes en situation de handicap. Le dispositif, périodiquement reconduit depuis 2004, n’a toujours pas permis à l’entreprise d’atteindre le taux légal de 6 % sur le périmètre consolidé. Le ratio, bien qu’en progression, tourne autour de 3,50 %. Entre 2008 et 2014, le nombre de collaborateurs ayant un désavantage reconnu a augmenté de moitié, soit 291 salariés.

RÉSERVES

L’Union syndicale des magistrats et le Syndicat de la magistrature émettent de sérieux doutes sur les conditions de la fusion entre des tribunaux des affaires de la sécurité sociale (TASS) et des tribunaux du contentieux d’incapacité (TCI). Ils ne s’opposent pas à la démarche du gouvernement, validée par le parlement. En revanche, ils mettent l’accent sur l’insuffisance de moyens humains, immobiliers et informatiques. “Il faut des renforts conséquents en magistrats comme en greffiers non seulement pour résorber les stocks avant fusion, mais surtout pour fonctionner les nouveaux pôles de juridiction”, dit l’USM.

Eurobrèves

UK

Les syndicats s’alarment de la baisse des contrôles de l’inspection du travail sur les chantiers de construction. Pour la première fois l’année dernière, le nombre d’opérations coup de poing est tombé sous la barre de 10 000, à 9656, contre près de 10 600 précédemment. Cette chute moyenne de 8,7 % est beaucoup plus prononcée dans certaines régions. En Écosse notamment, il y a eu moitié moins de vérifications. « C’est d’autant plus incompréhensible que le secteur reste le plus dangereux. Les salariés vont en payer le prix », s’insurge l’UCATT. En 2015, on a déploré 35 accidents mortels dans cette branche.

SUÈDE

Un accord vient d’être trouvé sur la rémunération des inventions de salariés. Le texte a été signé par la Confédération des entreprises (Svenskt Naringsliv) et le Conseil de négociation et de coopération, équivalent de notre Commission nationale de la négociation collective, au sein duquel siègent organisations syndicales et patronales. Le salarié disposera d’un délai de dix ans pour contester les conditions d’exploitation de son idée. De son côté, l’entreprise aura jusqu’à quatre ans pour estimer la valeur commerciale de la trouvaille, base de la rémunération. Les deux parties peuvent convenir du tribunal compétent en cas de désaccord.

BELGIQUE

Pour les prochaines élections sociales prévues du 9 au 22 mai, la Confédération des syndicats chrétiens (CSC) première organisation représentative de salariés avec 1,7 million d’adhérents, fait de la lutte contre les risques psychosociaux sa priorité. Elle organise des sessions de formation à l’intention de ses délégués et leur apprend à impliquer les directions générales dans la prévention. « 10 % des congés maladie sont dus au stress. La combinaison d’une pression permanente et d’un excès de travail conduit souvent au burn-out. Il est temps de s’en préoccuper », alerte la CSC.

ALLEMAGNE

Le taux d’emploi atteint des records, le ratio de conflictualité aussi. En février, on recensait 614 000 offres d’emploi, soit 95 000 de plus qu’il y a un an. L’Allemagne détient le taux de chômage le plus faible de la zone euro. Du jamais vu depuis 1991.
Dans le même temps, le nombre de conflits sociaux explose. En 2015, on a recensé 2 millions de jours de grève, un seuil jamais atteint depuis dix ans. Plus de 1,1 million de salariés ont participé à des débrayages, contre 345 000 en 2014.

Décideurs

FRANÇOIS BERTHELON, représentant du Medef, a pris la présidence du Conseil économique, social et environnemental régional (Ceser) de Bourgogne Franche-Comté. Il était à la tête du Ceser de Bourgogne. DOMINIQUE ROY, issu de la CGPME l’épaulera en qualité de président délégué.

ANNE BLAMART rejoint Courtois Lebel en qualité de counsel, pour y développer un pôle droit social. Elle a exercé précédemment au sein des cabinets Bird & Bird et Hughes Hubbard & Reed.

VIRGINIE BLANCHARD est nommée directrice des ressources humaines des Hospices civils de Beaune.

AGNÈS BUZYN est nommée à la présidence du collège de la Haute autorité de santé (HAS). Elle a, auparavant, piloté l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire et l’Institut national du cancer.

LOUIS COURCOL prend le poste de DRH du Centre hospitalier de Saumur, tout en étant chargé de la politique des soins. Il était depuis trois ans, au CHU de Saint-Étienne, directeur en charge des usagers.

SYBILLE DESCLOZEAUX issue de l’Udimera (métallurgie) est élue présidente Conseil économique, social et environnemental régional d’Auvergne Rhône-Alpes.

ANNE LEBEL rejoint Natixis et prendra, à compter du 1er juillet la direction des ressources humaines. Précédemment DRH monde d’Allianz Global Corporate & Speciality, elle avait exercé des responsabilités comparables chez Sorono France et de Shering Plough France, après avoir débuté chez Bossard Consultants.

PIA DE MAULÉON devient cheffe adjointe du cabinet de la secrétaire d’État chargée de la formation professionnelle et de l’apprentissage.

GUILLAUME PRADALIÉ précédemment DGA des Hôpitaux Drôme Nord, devient directeur des ressources humaines de l’Établissement public de santé mantale de la Marne EPSMM.

NADINE RICHARD est nommée conseillère alternance et formation professionnelle de la Sécrétaire d’État chargée de la formation professionnelle et de l’apprentissage. Au sein du même ministère, ÉLODIE SALIN prend un poste similaire pour l’ingénierie de la formation, le pilotage et les systèmes d’information associés.

BERTRAND DE SURMONT patron des cabinets FMA Assurances et Greenrisk Courtage prend la présidence de la Chambre syndicale des courtiers d’assurances (CSCA). Il remplace RICHARD RESTUCCIA

Agenda

« QUALITÉ DE VIE AU TRAVAIL=QUALITÉ DU TRAVAIL=PERFORMANCE. »

Petit déjeuner organisé par l’Association Prévention, Santé, Sécurité, Satisfaction au travail (P3S). Les travaux seront centrés sur les espaces de dialogue, avec les témoignanges de La Poste, Solareh et Air France, ainsi que des éclairages de l’Anact et de la CFDT.

Le 22 mars, à Paris
contact@asso-p3s.eu

« PATHOLOGIES PSYCHIQUES ET TRAVAIL EN EUROPE »

Colloque proposé dans le cadre des Débats d’Eurogip. Parmi les thèmes abordés, la reconnaissance de ces pathologies, le cadre communautaire en matière de santé mentale au travail, la prévention du burn-out, la promotion de la santé mentale.

Le 24 mars, à Paris
leleu@eurogip.fr

« LA PRISE EN CHARGE DE LA PÉNIBILITÉ DES PARCOURS PROFESSIONNELS PAR L’ASSURANCE RETRAITE »

Séminaire orchestré par l’Univesité de Bourgogne

Le 25 mars, à Dijon