La lettre du 2 juillet 2015
Version PDF
Focus

Au carrefour de l’entreprise et du politique

Le Cercle de l’excellence RH rêve tout haut d’une fertilisation croisée du monde de l’entreprise et de l’univers politique. Ce think tank de 70 DRH, créé en 2013 et présidé par Stéphane Roussel (Vivendi), dévoile ce 2 juillet un manifeste visant à « favoriser l’engagement citoyen des entreprises et à faciliter l’accès des salariés du privé aux mandats publics électoraux ».
Un impressionnant aréopage de dirigeants à été réuni pour l’occasion, au très chic Cercle de l’union interalliée, comptant notamment Jean-Dominique Senard (Michelin), Laurence Parisot (Ifop) ou encore Guillaume Sarkozy, délégué général de Malakoff Médéric. Pour faire tomber les barrières, le Cercle de l’excellence RH formule 18 propositions qui touchent à la culture managériale ainsi qu’à la stratégie des entreprises, et nécessitent même des ajustements législatifs. Le jeu en vaut la chandelle, assure Stéphane Roussel : « Le monde politique doit s’ancrer davantage dans la réalité économique, notamment celle des entreprises. À l’inverse, celles-ci doivent se montrer plus citoyennes. » Le manifeste, qui sera publié en septembre, suggère des rencontres fréquentes entre DRH et parlementaires. Il recommande aux employeurs d’encourager leurs collaborateurs désireux de s’engager dans la vie politique à franchir le pas.
Le coup de pouce pourrait passer par l’abondement de jours RTT et des formations préalables à la prise de mandat. Les candidats bénéficieraient du tutorat d’élus chevronnés. Ces derniers auraient la possibilité d’effectuer des séjours plus ou moins longs dans les sociétés privées. Cet enrichissement mutuel pourrait se prolonger par le balisage de parcours de carrière entre sphères du public et du privé, l’institution de cercles de gouvernance auxquels prendraient part tant des élus que des dirigeants et cadres.
Tout cela nécessitant de nouvelles lois. Ne serait-ce que pour rendre le statut de parlementaire compatible avec des allers-retours entre les chambres et les entreprises. Pour que le melting-pot rêvé se concrétise, la législation devra aussi faire évoluer l’actuelle responsabilité sociétale des entreprises (RSE) vers une notion plus complète de responsabilité sociétale et citoyenne (RSCE). Les dirigeants approuvent. «En rapprochant les deux mondes, nous ferions une oeuvre extrêmement utile parce que plus on est près du terrain, plus on fait tomber les dogmatismes », considère Jean- François Pilliard, délégué général de l’UIMM et vice-président du Medef. «Tout ce que les chefs d’entreprise peuvent faire pour faciliter l’accès de leurs collaborateurs à des fonctions électives me paraît essentiel », abonde Augustin de Romanet, PDG d’Aéroport de Paris. Mis dans la confidence, plusieurs élus, de droite comme de gauche, auraient dit banco.

Entreprises

Orange promet de récompenser les formations

La direction d’Orange vient d’entamer avec les syndicats des négociations sur la reconnaissance des qualifications. Elle ne peut plus rester sourde aux demandes insistantes des représentants du personnel. Ceux-ci se relaient sans relâche pour demander que ce thème fasse l’objet de discussions spécifiques.
La première requête, formulée par courrier adressé au PDG, Stéphane Richard, date de mars 2011. Elle était signée par la CFDT, la CGC, l’Unsa, la CGT, FO et SUD. Dans son projet d’entreprise Essentiels 2020, en cours de déploiement, Orange s’engage à « identifier et développer les savoir-faire dont il a besoin pour la mise en œuvre de sa stratégie, notamment en ce qui concerne les nouveaux métiers du digital ». Et le dernier bilan social indique que l’entreprise s’y emploie. Chacun de ses salariés a bénéficié, en moyenne, de 30,6 heures d’entraînement, dont les intéressés se disent satisfaits dans trois cas sur quatre, d’après un sondage interne. 81% des stagiaires estiment qu’ils ont eu l’occasion d’améliorer nettement leurs aptitudes professionnelles. Nombre de ces parcours débouchent sur des qualifications et les employés méritants, qu’ils soient techniciens ou employés du tertiaire, attendent une juste récompense de leurs efforts, sous forme de promotions ou de repositionnement dans la grille des salaires.
L’ouverture de négociations ne signifie pas nécessairement que le groupe accédera à leur attente. Selon SUD, la DRH «ne souhaite pas mettre en place un budget spécifique à ce sujet ». Elle s’orienterait vers des révisions au cas par cas, à l’occasion des négociations annuelles obligatoires, en ne tenant compte que des savoir-faire conformes aux besoins du programme Essentiels 2020. SUD, la CGT et FO entendent obtenir une enveloppe dédiée. « Les qualifications doivent se concrétiser sur la fiche de paie », résument-ils. Aux demandes d’upgrade s’ajoutent des cas de discrimination flagrante, selon les syndicats. Certains techniciens ayant fait une démarche de professionnalisation perçoivent une prime, d’autres pas.

Siemens déshabille sa filiale Mobility en France

A moins que la Direccte s’y oppose, Siemens Mobility, division du groupe allemand spécialisée dans le matériel roulant ferroviaire et urbain, va supprimer près de 20% de ses effectifs. Pourtant, cette entité qui emploie environ 600 personnes, dont 80% d’ingénieurs à Châtillon (92), Toulouse (31) et Lille (59), ne connait pas de réelles difficultés économiques. Considérée par l’état-major du groupe comme « le centre mondial de compétences du groupe Siemens pour les métros automatiques », elle serait, selon des cadres, victime d’une guerre franco-allemande du know-how.
Au siège munichois, on souhaite à l’avenir miser au niveau mondial sur une seule technologie : celle développée en Allemagne, bien sûr. L’équipe commerciale aurait été démantelée et, ces derniers temps, les Franzosen n’avaient plus le droit de répondre à des appels d’offres tous azimuts. Ils seront cantonnés à des marchés secondaires. L’opération coïncide avec une réorganisation mondiale. Pressée de boucler le plan, Siemens a sorti le carnet de chèques et obtenu l’aval des représentants du personnel pour les mesures d’accompagnement. En revanche, la justification du PSE et surtout le volume d’emplois touchés reste en discussion. La CGC espère adoucir le choc en insistant sur la charge de travail déraisonnable qui pèsera sur les rescapés.

À Dunkerque, ArcelorMittal voit le bout du tunnel

Au profit d’un carnet de commandes plus garni, l’usine dunkerquoise devrait tourner à 90% de sa capacité d’ici à 2016, au lieu de 80%. La consommation d’acier remonte de 2% en Europe, voire 3% dans le secteur automobile, un des plus gros clients de l’établissement. La perspective du plein régime d’avant la crise se dessine. Pour y parvenir, le directeur, Philippe Valette, aux commandes depuis février 2014, demande encore des efforts au personnel. Il doit augmenter sa production afin d’absorber les coûts fixes. Il a aussi l’obligation de redoubler de vigilance en matière de qualité, seule façon de grignoter des parts de marché. La direction s’engage à y mettre du sien. Elle va investir dans l’automatisation et dans la sécurité. Elle mise aussi sur la formation.
L’embellie a déjà un impact sur l’emploi. L’usine compte actuellement 3 100 salariés, une cinquantaine de plus que l’année dernière, en comptant la ré-internalisation de l’informatique, un temps confié au prestataire CSC. Une soixantaine de postes supplémentaires pourraient être créés d’ici à 2016 par intégration de CDD, si le plan de charge se maintient. Les syndicats apprécient, mais réclament davantage d’embauches, jugeant excessive la proportion de précaires sur le site. En comptant les titulaires d’un contrat à durée déterminée, les intérimaires et les employés des groupements d’employeurs, ils sont au total 750 à officier dans l’usine. « Il est impossible dans le contexte actuel d’alourdir les charges fixes », répond en substance Philippe Valette. Ses interlocuteurs font remarquer que l’ajustement des effectifs a atteint ses limites dans certains secteurs. Ils sont si bien ajustés que des difficultés pourraient surgir cet été, lorsqu’une partie du personnel prendra ses vacances.

Dassault Aviation remanie le temps de travail

Déterminé à accroître la productivité de ses équipes, l’avionneur remet en cause le sacro-saint accord personnalisé sur le temps de travail, APTT dans le jargon. En vigueur depuis 1992 dans les établissements de production du groupe, il assure aux salariés 22 demi-journées de repos supplémentaire par an, à l’exception de Biarritz où la compensation est de 24 demi-journées, pour cause de cadences supérieures.
Après avoir envisagé de rogner le repos compensatoire, Dassault Aviation va harmoniser les plages horaires. C’est l’un des chantiers dont a hérité le nouveau DRH, Yves Petit. Jusqu’à présent, les collaborateurs ont le choix entre plusieurs modalités de vacation. C’est une usine à gaz défavorable à l’efficacité, dont la gestion s’avère complexe et chronophage, estime la direction. Elle prévoit aussi d’imposer le port d’un uniforme aux couleurs du groupe à tous les cols bleus, mécaniciens et inspecteurs ainsi qu’au personnel de maintenance. Les minutes passées à l’enfiler et à le retirer ne seront pas comptabilisées dans le temps de travail, mais indemnisées à hauteur de 50 € bruts mensuels. En outre, les pauses obéiront à des règles collectives, site par site.
Ce canevas a été présenté aux élus du personnel, le 1er juillet, sous un intitulé mobilisateur: «Travailler tous ensemble ». Pas convaincus, les syndicats considèrent la réorganisation comme un recul. « L’APTT permet de mieux concilier vie professionnelle et vie personnelle, d’être plus efficace au travail. Il a fait baisser le taux d’absentéisme, diminué les retards et responsabilisé le personnel. La direction se borne à surveiller le chronomètre », regrette un négociateur salarié.

Institutions

Ameublement : un délicat passage de relais

Une négociation relative au contrat de génération est en cours dans la fabrication de l’ameublement. Elle devrait aboutir à la rentrée. Le dossier est ouvert depuis plusieurs mois, sans que pour autant le dialogue social soit difficile dans cette activité, qui emploie environ 65 000 salariés.
Depuis le début de l’année, les partenaires sociaux ont signé un accord sur la complémentaire santé, un second sur la collecte des contributions de formation professionnelle continue et un troisième sur les salaires catégoriels. Anne Midavaine, présidente de la commission sociale, et Dominique Weber, président de l’Union nationale des industries françaises de l’ameublement (Unifa), s’entourent de précautions pour conjuguer des facteurs défavorables : une pyramide des âges vieillissante, une faible attractivité et une conjoncture morose. L’état des lieux qu’ils ont fait faire par le cabinet S02, en prélude aux discussions, est sans appel : près de 10% des effectifs sont âgés de 57 ans et plus. Dans trois ans, 11% des collaborateurs en poste auront pris leur retraite. Il ne sera pas si aisé de les remplacer. La profession exige des savoir-faire précis, mais n’attire pas les jeunes. Le nombre d’employés de moins de 26 ans a même tendance à diminuer depuis 2010. Il est tombé à 3 500, contre près de 4 000 à l’époque. Et il s’agit en majorité d’ouvriers (qualifiés et non qualifiés). Techniciens, cadres et ingénieurs passent leur chemin. Ce n’est pas faute d’avoir tenté de les séduire. Les entreprises font miroiter des contrats d’apprentissage et de professionnalisation. Elles proposent majoritairement des CDI (69% des embauches). Elles tentent aussi de valoriser les nouvelles technologies qui font leur entrée dans la branche.
Mais ces efforts sont amoindris par la grille de rémunération. Selon le dernier accord salarial, conclu en avril dernier entre les chambres patronales et les syndicats CFTC, CFDT, FO et CFE-CGC, le salaire des agents de production démarre tout juste au smic (1457,60 €). Les cadres peuvent débuter à 2100€. « Les salaires réellement pratiqués sont nettement supérieurs dans les entreprises », relativise Anne Midavaine.

Amiante : l’État employeur s’aligne sur le privé

Une circulaire définissant le traitement des problèmes liés à l’amiante dans les trois Fonctions publiques devrait être publiée dans les prochains jours. Ce texte, dont la première version date de la fin de l’année dernière, vient d’être approuvé par le Conseil commun de la Fonction publique (CCFP). Il rappelle l’importance des plans de prévention et des diagnostics, avant de préciser la démarche à suivre, lorsque le matériau nocif est détecté.
Le projet d’instruction aborde aussi la question de la traçabilité des expositions et du suivi médical des agents ayant été exposés. Il doit être renforcé, même après la fin de la carrière. En outre, le document insiste sur la responsabilité pénale des employeurs. Toutes ces mesures tendent à aligner les droits des commis de l’État sur ceux des salariés du privé. La différence de traitement, dont les syndicats réclament la suppression depuis dix ans, est en passe de disparaître. Toutefois, les fonctionnaires attendent de voir deux décisions précédemment annoncées par leur ministère de tutelle traduites en consignes réglementaires. Primo, la mise en œuvre de l’allocation spécifique de cessation anticipée d’activité (Ascaa) au profit des victimes. Secundo, la charge de la preuve qui ne doit plus peser sur le salarié.

Document

Fusions, restructurations... Les syndicats s’habituent à négocier avec des managers de transition

D’abord méfiants, les représentants du personnel apprennent à composer avec ces managers de choc auxquels les grands groupes et un nombre croissant d’entreprises intermédiaires font appel, afin de les aider à se réorganiser, à réduire la voilure ou, au contraire, à se déployer.

managersC’est tout un symbole : la Fédération nationale du management de transition (FNMT) s’est associée à la récente rencontre annuelle de l’Association des responsables de fusions-acquisitions, Arfa, organisée le 23 juin dernier à Paris. Les deux professions collaborent de plus en plus dans les entreprises. Les managers de transition, cadres au long cours, deviennent incontournables lors des opérations de rapprochement, réorganisation, restructuration ou en cas de retournement. Leur mission : gérer la situation pendant une période cruciale variant couramment de quelques mois à un an et demi. «Le temps où ce métier était perçu comme une activité mystérieuse est révolu. Sa notoriété est désormais bien installée », analyse Anthony Baron, associé et cofondateur de Delville Management, un des intervenants du marché. Fini, l’époque où les directions générales dissimulaient la nature du contrat dont bénéficiait le manager. « Aujourd’hui, en toute transparence il est présenté en tant que tel aux équipes et aux syndicats », assure-t-il.

 

Les négociations sont plus franches

Les représentants du personnel s’habituent à négocier avec des interlocuteurs appelés à quitter l’entreprise à l’issue de la procédure ou du projet concerné. Qu’ils portent la casquette de DG ou de DRH. Un membre du CCE d’un groupe en cours de cession témoigne: «Le dialogue est plus franc, car notre vis-à-vis a un regard neuf et aucune arrière-pensée dictée par une stratégie de carrière ou une tactique d’alliance avec tel ou tel syndicat présent à la table de négociation. » C’est dans cet esprit qu’opère Odile Merigaud, avocate, DRH et directrice juridique, membre du réseau Amadeus Dirigeants. Elle dit toujours agir afin de « sécuriser les pratiques RH et conduire les projets de négociation et de restructuration dans un dialogue ouvert et maîtrisé ». Québécor, Oberthur Technologies et Sitel ont déjà utilisé ses services.
La reconnaissance de la valeur ajoutée de ces cadres dirigeants particuliers par les parties en présence lors des transformations fait exploser le business. Les grands groupes qui ont ouvert la voie ne sont plus seuls à faire appel à eux. Des PME de 250 personnes s’y mettent.
Selon la FNMT, que préside Grégoire Cabri-Wiltzer, le chiffre d’affaires de la profession a augmenté de 64% en trois ans. Les pure players comme Valtus ou encore Delville Management en profitent. Ce dernier cabinet fort de 15 consultants, créé il y a seulement cinq ans, affiche une croissance annuelle proche de 50% et totalise 170 missions. Il a déjà pris pied au Royaume-Uni.

Diversification des généralistes

Les leaders du conseil en recrutement et les chasseurs de têtes y voient une source de diversification. C’est le cas de Michael Page qui a créé sa division Interim Management exclusivement destinée à la recherche de cadres confirmés pour des missions de ce genre, dans huit spécialités dont les ressources humaines, le juridique, mais aussi la finance et la comptabilité. Boyden a fait la même démarche. Son entité Boyden Intérim Management dirigée par Bertrand Foujols (ex-Saint- Gobain) occupe la position de DG dans le cadre de fusions, d’internalisation, de transformation.

Peu de managers de transition intègrent l’entreprise à l’issue de leur mission. Le plus souvent, ils sont remplacés par un cadre recruté à l’extérieur, quand le poste n’est pas supprimé.

Les entreprises utilisatrices semblent apprécier. Celles qui ont eu recours à ces mercenaires ont tendance à récidiver, selon une enquête, la première du genre, réalisée par Delville Management auprès de 800 sociétés clientes. 35% d’entre elles y ont eu recours deux fois. Et cela malgré le coût élevé des prestations. Un DG de transition facture 1500€ par jour, contre 900 à 1200€ pour un DRH ou directeur administratif et financier. À cela peut s’ajouter, dans certains cas, une part variable indexée aux résultats tangibles (bonus, intéressement, prime forfaitaire)

Des recrutements express

L’investissement reste rentable, compte tenu des résultats, non garantis contractuellement, mais souvent obtenus selon les intéressés. La rapidité de recrutement est un autre critère cité par les chefs d’entreprise. «Nos équipes peuvent être à l’œuvre dans un délai inférieur à huit jours, dans 95% des cas », promet-on chez Valtus.
La présence de ces cadres chevronnés ne se justifie plus seulement par des situations de crise. Cela contribue à améliorer leur image auprès du personnel et de ses représentants. Chez Amadeus Dirigeants, Christophe de Rolland, qui a servi chez Manoukian, Sara Lee, Boulanger et Cauval, a officié aussi bien dans des situations de downzising que de croissance.

Europe

Espagne : guerre au chômage de longue durée

La confédération syndicale UGT demande au gouvernement de prendre à bras-le-corps le problème du chômage de longue durée. Il s’ancre dans la population et touche un nombre croissant d’actifs. On recense 3,3 millions de demandeurs d’emploi sur le carreau depuis un an dont 2,3 millions cherchent une situation depuis au moins deux ans. Résultat : ils sont de plus en plus nombreux à ne percevoir aucun subside. Seulement 55% des inscrits en bénéficient, contre 75% en 2010.

Le secrétaire général de l’UGT, Toni Ferrer, et l’économiste en chef du mouvement, Ana Vinas, font aux pouvoirs publics une série de propositions visant à atténuer les effets de l’éloignement du marché du travail.
Primo, ils préconisent des allocations spécifiques aux chômeurs âgés de plus de 45 ans, surreprésentés parmi les personnes durablement privées d’activité. Pour les autres catégories, ils suggèrent un assouplissement des règles d’attribution de l’aide publique.
Secundo, ils recommandent d’accroître le soutien aux sans-emploi. Le gouvernement pourrait y dédier la moitié des amendes issues de la lutte contre l’évasion fiscale et le travail illégal. Dans le même temps, le budget des politiques actives de l’emploi serait doublé afin de le rapprocher du standard européen. Tout cela n’ira pas sans un renforcement des ressources du service public de l’emploi. Celui-ci, souligne l’UGT, doit recruter davantage de conseillers, renforcer son maillage territorial, augmenter le nombre d’entretiens individuels avec les demandeurs inscrits.
Tertio, Toni Ferrer et Ana Veras souhaitent un investissement conséquent dans la formation des Espagnols les plus éloignés de l’emploi, y compris les seniors. Et cela en associant l’éducation nationale et les entreprises.
Last but not least, l’UGT souhaite que les pouvoirs publics se penchent sur l’aide à l’embauche. Les administrations concernées devraient épauler les PME, en réservant l’aide à l’embauche aux jobs de qualité. « Le problème doit être considéré comme une priorité par le gouvernement central et les régions », précise l’UGT.

Belgique : baisse des maladies professionnelles

Tout juste paru, le dernier rapport du Fonds des maladies professionnelles (FMP) indique une baisse du nombre de demandes d’indemnisation pour pathologie liée à l’activité. L’organisme en a recensé 10 542 en 2014, contre 11 362 l’année précédente, tous motifs confondus, qu’il s’agisse d’incapacité temporaire, de handicap permanent ou de soins de santé. « Le niveau des affections reste très important », relativise le FMP qui vient d’ailleurs de fusionner avec le Fonds des accidents du travail (FAT).
Les tendinites, reconnues seulement depuis 2012, figurent en tête des atteintes, avec plus de 3 500 dossiers. Autre syndrome particulièrement répandu: celui du canal carpien. Quelque 1 700 cas y avaient trait. Les seniors et les femmes sont surreprésentés parmi les personnes affectées.
Le FMP s’alarme de la persistance des décès en rapport avec la vie professionnelle : 1 287 l’année dernière, en légère baisse. Une fois sur trois, c’est l’amiante qui est en cause. Preuve que les salariés belges sont bien informés, ils introduisent eux-mêmes la demande, le médecin (spécialisé ou généraliste) ne prenant l’initiative que dans moins de 20% des dossiers. Un tiers seulement de ceux présentés reçoivent un avis favorable et les recalés ont tendance à accepter la décision sans faire appel.

Scanner

Workshop interentreprises sur le bien-être au travail

Un séminaire d’un genre inhabituel, intitulé WawLab, aura lieu le 7 juillet à l’École polytechnique, à Palaiseau (91). Il est organisé par des salariés d’Alcatel-Lucent, du CEA et de Renault, soutenus par l’association Aristote, une société savante qui regroupe des organismes de recherche, des écoles, des grands groupes et des PME. Ils vont travailler ensemble sur le bien-être au travail et les modes de fonctionnement collaboratifs sur le territoire de Paris-Saclay où se concentre une multitude de centres publics et privés de recherche.
Les organisateurs ont l’ambition de « faire le point sur l’état actuel des connaissances et de la recherche sur l’humain ». WawLab considérant que l’aménagement des locaux a un impact certain sur l’ambiance de travail, l’âme des campus et des bâtiments sera scrutée. Même le mobilier fera l’objet d’une étude. Les participants à cette première vont aussi présenter « des retours d’expérience, ainsi que des projets d’expérimentation ».
Hervé Plessix, de Danone Research, devrait exposer comment il a fait de la qualité de vie au travail une de ses priorités pour développer l’innovation. Il a mis en place un vaste programme d’action, qui s’articule autour de trois axes : sécurité physique et psychique au travail, visant zéro accident ; confort et convivialité des lieux de travail ; promotion des approches innovantes d’organisation du travail. Loïc Le Grouiec, PDG d’Alcatel-Lucent international, présentera des initiatives mises en place depuis deux ans à la Cité de l’innovation de Nozay (91), le plus grand centre de R&D du groupe en Europe.
Des experts de haut vol interviendront aussi dans ce workshop. Comme Dominique Steiler, professeur à Grenoble École de management où il dirige le Centre Développement personnel et managérial. Ce spécialiste de la transformation personnelle et managériale, du stress, du bien-être et de leur relation avec la performance est un ancien officier pilote de chasse. Parmi les autres speakers figurent Isabelle Rey-Millet du cabinet conseil Ethikonsulting, adepte de l’innovation managériale par des outils ludiques (philosophie Fish!), ou encore Antoine Lutz (Inserm). Ce dernier détaillera l’impact de la méditation sur le cerveau et le corps. Ex-coach d’équipes olympiques, il accompagne des managers et dirigeants en France et à l’étranger.

L’automobile reste éminemment stratégique

Une note de la direction générale des entreprises (DGE) signée Amel El Guendouz et Nathalie Devillard vient rappeler l’importance de la filière automobile pour l’économie française. Elle pèse plus de 400 000 emplois, deux fois plus que les 126 000 que comptent les constructeurs, motoristes et équipementiers qui occupent généralement le devant de la scène. Dans leur sillage gravitent environ 3 000 autres entreprises de secteurs aussi divers que la métallurgie, l’électronique, la chimie, le verre, le traitement du cuir et les produits pétroliers. Leur sort reste intimement lié à celui de leurs donneurs d’ordre et elles sont d’ailleurs implantées à proximité. Bretagne, Normandie, Pas-de-Calais, Île-de-France, Lorraine, Alsace, Franche-Comté et Rhône-Alpes toussent dès que l’automobile s’enrhume.
Le cliché du frêle sous-traitant obéissant au diktat du tout puissant constructeur n’est pas conforme à la réalité. « Seulement 18% des entreprises de la filière sont des micro-sociétés, contre 82% dans l’ensemble de l’industrie manufacturière », font observer les auteurs de la note. Dans cette activité, hors constructeurs, la taille moyenne de l’établissement de production tourne autour de 100 personnes.

Grandes manoeuvres dans le secteur médico-social

Le Syndicat des employeurs associatifs de l’action sociale et médico-sociale (Syneas) a scellé, le 26 juin, son union avec la Fédération nationale des associations gestionnaires au service des personnes handicapées et fragiles (Fegapei). Un mariage de raison motivé par la loi du 5 mars 2014 relative à la formation professionnelle, à l’emploi et à la démocratie sociale, qui fixe un seuil minimum de représentativité des employeurs et branches. La nouvelle entité comptera 3 000 associations adhérentes, 10 000 établissements et services, employant plus de 30 000 salariés. Ceux-ci seront couverts par une même convention collective.
À peine née, la nouvelle organisation dit avoir déjà défini « un projet politique fort qui vise un meilleur accès à la citoyenneté des personnes handicapées ou vulnérables, à travers un accompagnement de qualité ». Cette réorganisation n’est pas la première dans ce secteur. Le 11 juin, le Syndicat national des établissements et résidences privées pour personnes âgées (Synerpa) a annoncé sa réorganisation. Jusqu’ici monolithique, il s’est mué en confédération, incluant deux syndicats affiliés. L’un, dédié au service à domicile, est emmené par Damien Cacaret. L’autre, présidé par Jean-Marie Fournet, se concentre sur les résidences de services pour seniors.
Le but est de privilégier la proximité, tout en ayant une visibilité nationale. La confédération va ainsi participer à la création du « pôle santé » au sein de la CGPME. Cette structure réunirait, outre les branches du Synerpa, les syndicats des ambulanciers, des pharmaciens, des professionnels des médicaments génériques ainsi que l’Uniss (sanitaire, social et médico-social).

Emploi : les banques mutualistes résistent mieux

Les banques commerciales relevant de la convention collective AFB licencient moins, mais continuent à supprimer des postes. Elles en ont détruit 3 000 en 2014, sur un total d’environ 203 000, selon le bilan présenté la semaine dernière à la Commission paritaire nationale de l’emploi (CPNE). Ce qui ramène les effectifs à leur niveau de 2005. « C’est inacceptable », tonne Sébastien Busiris, secrétaire fédéral de FO Banques. Au début de la crise financière, en 2008, l’AFB comptait plus de 207000 employés. Les banques mutualistes et coopératives (168000 personnes), peu présentes à l’international et relativement épargnées par la crise, résistent nettement mieux. Le volume d’emplois reste stable depuis quatre ans.

Confidences

PUBLICATIONS

Ceux qui, à la direction de la CGT, prêtent à l’ex-secrétaire général Thierry Lepaon l’intention de laver le linge sale en public peuvent dormir tranquilles. Son livre, qui sera en librairie le 10 septembre sous le titre Mes engagements, ne balance rien ni personne. La première partie est autobiographique, la seconde détaille ses convictions, ainsi que sa vision du monde du travail de demain. Son éditeur (Le Cherche-midi) table sur un succès, compte tenu des circonstances qui avaient entouré la démission de l’éphémère numéro un confédéral de la CGT, en janvier dernier.

DÉFICIT

Pôle emploi sera dans le rouge cette année. L’organisme présidé par François Nogué accusera, fin 2015, une perte d’un peu plus de 9M€. Il table sur 5,17Mds€ de recettes, dont 3,24Mds€ provenant de l’assurance chômage et 1,5Md€ de subvention de l’état. Ses charges, sensiblement plus lourdes, s’établissent à plus de 5,18Mds€. Le budget a dû être révisé en mai dernier, pour tenir compte du paiement des heures de compte personnel de formation mobilisées par les chômeurs.

DÉMINAGE

Le cabinet d’Alain Vidalies, secrétaire d’état chargé des Transports, s’est plié en quatre pour désamorcer le conflit entre les aiguilleurs du ciel et le ministère. Les syndicats de contrôleurs aériens avaient prévu une grève dure, les 30 juin et 1er juillet. Comme leurs homologues de plusieurs autres administrations, ils protestaient contre le nouveau système de calcul des primes individuelles variables (Rifseep). Le dispositif est gelé concernant cette catégorie, en attendant des négociations dès septembre.

OPTIMISTE

Le secrétaire général de la CFDT met la dernière main à un livre opportunément intitulé Secouons-nous, invitant à sortir du fatalisme et du pessimisme ambiants. L’essai devrait paraître début novembre chez Taillandier.

Acteurs

OLIVIER BRANDICOURT

Nommé en février dernier dans un contexte socialement tendu, le DG de Sanofi prend le pouls du personnel en allant à la rencontre des syndicats. Au fur et à mesure des rendez-vous, la liste de leurs doléances et récriminations s’allonge. Ils attirent l’attention de leur patron sur les postes restés vacants, alors que la proportion d’emplois précaires atteint le niveau record de 40% sur certains sites. Les élus du personnel demandent aussi au big boss de remédier à la désorganisation des fonctions support décimées par les récents PSE et de s’attaquer à la dégradation des conditions de travail.

KADER SI-TAYEB

Il prend les commandes de WorldSkills France, émanation nationale de l’association qui se trouve derrière l’organisation des Olympiades des métiers. Son diplôme d’ingénieur (diplômé d’Insa Lyon, il est passé par l’exploration pétrolière chez Schlumberger) ne lui sera pas d’une grande utilité dans cette fonction. En revanche, son implication dans les Jeux olympiques de Pékin, Vancouver et Londres en font l’homme de la situation.
Les Olympiades des métiers ont lieu cette année, du 12 au 15 août à Sao Paulo (Brésil). 1 230 compétiteurs de 60 pays y rivaliseront dans 50 métiers. La France est candidate à l’organisation de la prochaine édition en 2019.

JEAN-FRANÇOIS AKANDJI-KOMBÉ

Ce professeur à l’école de droit de la Sorbonne est le nouveau patron du centre de formation continue Panthéon Sorbonne (FCPS), un poste à enjeu à l’heure où les universités, plus autonomes que jamais, cherchent des ressources propres pour abonder les subsides de l’état. FCPS a le statut d’établissement public national à caractère scientifique culturel et professionnel. Il propose un catalogue d’une quarantaine de sessions en administration, droit, ergonomie formation, management et science politique.

JEREMY LAMRI

Le LabRH qu’il préside assure pouvoir conjuguer, dans le domaine des ressources humaines, innovation et création d’emplois. L’association vient tout juste de voir le jour. Elle compte pour l’heure une vingtaine de membres éditeurs de logiciels et systèmes de gestion liés aux nouveaux modes de travail collaboratif, de recrutement et de management. Elle espère faire adhérer une soixantaine de structures supplémentaires d’ici à la fin de l’année. Le patronage du ministre du Travail et le soutien de Pôle emploi devraient y aider.

Coulisses

TENSION

Le groupe Accenture peine à redresser sa filiale Accenture Insurance Services, acquise en 2003. Cette société d’une centaine de salariés, spécialisée dans le traitement des contrats d’assurance, reste déficitaire (près de 8M€ de perte pour moins de 17M€ de chiffre d’affaires en 2014).
Son président, Éric Véron, mise sur l’offshore. Une partie des activités est en train d’être transférée vers l’Inde et le Maroc. Les équipes basées à Maisons-Laffitte (78) doivent déménager d’ici à 2016 afin de réduire les couts fixes. Il leur est aussi demandé une productivité supérieure. Le CHSCT, invoquant une charge de travail excessive et des risques psychosociaux, vient de réclamer une expertise.

ORGANISATION

L’Association des complémentaires santé, créée dans le sillage de la généralisation, se structure. Son conseil d’administration, réuni pour la première fois le 30 juin, a désigné Emmanuel Roux, DG de la Mutualité française, comme président. Il est épaulé par Pierre François (DG de Swiss Life Prévoyance Santé) et Jean-Paul Lacam, délégué général du Centre technique des institutions de prévoyance, Ctip. La constitution de cette association avait suscité l’ire de la Fédération nationale indépendante des mutuelles. Celle-ci croit y voir une forme de confiscation du marché.

RÉMUNÉRATION

Un nouvel accord d’intéressement couvrant les années 2015 à 2017 a été signé, le 30 juin, par la direction d’Orange et les syndicats CFTC, FO et SUD, qui totalisent 56% des suffrages exprimés lors des dernières élections professionnelles. Ce texte garantit un niveau de prime équivalant à 4% des salaires, à condition que les objectifs définis soient atteints. L’intéressement fait partie de la panoplie du groupe depuis 1992.

DOUTES

Embarrassé, le gouvernement n’a pas encore dévoilé la suite qu’il entend donner au rapport du groupe de travail «Aptitude et médecine du travail », alias rapport Issindou, remis fin mai, après six mois de travaux. Mais ses préconisations ne convainquent ni la profession médicale, ni les partenaires sociaux. L’Ordre des médecins s’inquiète du remplacement de la visite médicale d’embauche par une simple visite d’information et la suppression de la notion d’aptitude avec réserves. De son côté, le Conseil d’orientation des conditions de travail (Coct) a décidé d’engager ses propres travaux sur le même thème.

RALLONGE

La direction de BPCE fait des concessions après la grève qui a ponctué les dernières négociations salariales. À défaut de rouvrir les discussions sur ce thème, le groupe propose un complément d’intéressement d’un montant global de 700 000 € au titre de l’exercice 2014. Avec l’accord des syndicats, l’enveloppe sera répartie sur une base forfaire, mais au prorata du temps de présence. Le pécule, de 450 € par tête, sera versé au dernier trimestre.

LITIGES

Le médiateur de l’Afpa a eu du pain sur la planche en 2014. Le nombre de litiges sur lesquels il est intervenu a augmenté de 35% par rapport à l’exercice précédent. Les sujets de contestation restent les mêmes : qualité de la formation ou du formateur, difficulté d’admission aux stages, sanctions disciplinaires jugées iniques par l’apprenant, etc. Certaines de ces difficultés sont indépendantes de la volonté de l’association. C’est le cas pour les problèmes d’accès aux sessions. De fait, explique le médiateur, certaines régions rechignent à accepter des stagiaires de territoires tiers.

RELAIS

Orange continue de profiter du renouvellement de génération pour optimiser sa masse salariale. En 2015, le groupe enregistrera 3 600 départs en retraite, auxquels s’ajouteront 3 500 temps partiels seniors. Pour les remplacer, l’opérateur n’embauchera que 1 400 jeunes, dont les rémunérations seront généralement moindres. La direction explique que les nouvelles méthodes de travail, plus efficaces et soutenues par le numérique, assurent une productivité meilleure.

MERCATO

Les informaticiens d’Europcar migrent vers la division Technology Services de Capgemini à Guyancourt (78). C’est la conséquence d’un contrat de tierce maintenance applicative décrochée par le groupe informatique. Les transfuges arrivent dans une entreprise en plein chantier social. L’intégration d’Euriware, ex-filiale d’Areva, est à peine achevée.

RENFORT

Les infirmiers appelés en renfort des médecins du travail pour conduire des entretiens de santé sont motivés par cette nouvelle compétence, à en croire une enquête de Page Personnel. 61% d’entre eux se disent ravis d’acquérir de nouveaux savoir- faire, mais près de la moitié avouent que les horaires de travail des services de santé, plus réguliers que ceux des hôpitaux, les intéressent particulièrement.

Eurobrèves

IRLANDE

Le mouvement patronal Ibec s’oppose catégoriquement à toute hausse du salaire minimum. Son président, Danny McCoy, a plaidé la cause des employeurs devant la Commission des bas salaires qui statue sur la question. « La relance économique est encore trop fragile pour lester les entreprises de charges salariales », explique t- il en substance. Il demande à la commission d’analyser la situation à la lumière des données économiques, et non à travers un prisme politique.

BELGIQUE

Un projet de loi auquel le gouvernement met la dernière main repoussera l’âge de la retraite anticipée des fonctionnaires à 62,5 ans dès 2017, au lieu de 62 ans, et la barre passera à 63 ans l’année suivante. Les conditions d’accès seront plus restrictives. Alors que 40 ans de service suffisent pour prétendre avoir droit à la préretraite, il faudra alors 41 ans et deux mois, et même 42 ans à partir de 2019.
Les représentants des agents demandaient que les années de longues études soient prises en compte. Ce ne sera pas le cas. Le Syndicat libre de la Fonction publique (SLFP) regrette que « le gouvernement néglige la pénibilité du travail pour les seniors et pénalise doublement les femmes ».

ALLEMAGNE

Le patron d’IG Metall, Hans- Jürgen Urban, met en garde les employeurs contre toute tentative d’affaiblir le droit du travail en misant sur l’implantation massive de robots, comme le laissent présager les usines de demain, alias « industrie 4.0 ». Un cadre de travail futuriste sera incompatible avec des relations sociales d’un autre âge, fait-il comprendre, avant d’inviter le gouvernement à poursuivre les réformes qu’il a déjà engagées, en instituant un salaire minimum. L’une des prochaines étapes, selon le leader syndical, pourrait être l’augmentation des pensions et l’assouplissement des fins de carrière.

UK

L’emploi des personnes handicapées progresse trop lentement, estime le ministre de tutelle, Justin Tomlinson. L’année dernière, le taux d’emploi de cette catégorie a augmenté de 2,5%, soit 238 000 personnes supplémentaires embauchées. Mais pour atteindre l’objectif du gouvernement (réduire de moitié le chômage de cette population), les entreprises devraient encore leur réserver un million de postes. Selon l’Office national des statistiques, 48% des actifs ayant un handicap occupent un emploi, contre 73% pour l’ensemble des salariés.

Décideurs

MICHEL ANDRÉ, patron de Cemex France, prend la présidence de l’Union nationale des industries de carrières et matériaux de construction (Unicem), en lieu et place de DIDIER RIOU.

BENJAMIN AZOULAY, cadre dirigeant de Philips Lighting, est reconduit pour un an à la tête du Syndicat de l’éclairage.

PATRICE CARDINAUD est nommé corporate HR officer du groupe Ipsos et assurera la coordination de la fonction au sein des différentes entités. Il avait le même poste chez Solocal Group. Auparavant, il a été responsable RH des équipes commerciales des AGF, et responsable du développement RH et formation d’American Express.

XAVIER CHÉREAU prendra, à compter du 1er septembre, le poste de DRH de PSA Peugeot Citroën et entrera à ce titre au comité exécutif. Arrivé dans le groupe en 1994, il est actuellement directeur du développement des ressources humaines et de la gestion des cadres dirigeants. Il remplace PHILIPPE DORGE, qui rejoint La Poste.

PIERRE COPPEY, DG délégué de Vinci chargé de la branche concessions, est réélu à la présidence de l’Association professionnelle des sociétés françaises concessionnaires d’autoroutes (Asfa), pour un mandat d’un an.

JEAN-PIERRE FARANDOU, président de Keolis, est élu à la présidence de l’Union des transports publics et ferroviaires (UTP) pour un mandat de deux ans. Il succède à JEAN-MARC JANAILLAC, PDG du groupe Transdev.

PHILIPPE GOEBEL, DGA de Total Petrochemicals France, par ailleurs membre du conseil exécutif du Medef, vice-président du Groupe des fédérations industrielles (GFI), est investi d’un troisième mandat à la présidence de l’Union des industries chimiques.

PHILIPPE GRUAT, déjà président de l’ESITC de Caen, d’Eurobéton Industrie et du Centre d’études et de recherches de l’industrie du béton, coiffe une casquette supplémentaire : il est élu à la tête de la Fédération de l’industrie du béton (FIB).

VINCENT PETITET est le nouveau délégué général de France Bois Industries Entreprises (FBIE). Transfuge de la Hadopi, il avait aussi officié au sein du Service d’information du gouvernement, après avoir été chargé de mission chez Arthur Andersen.

JEAN-PHILIPPE VINQUANT est nommé directeur de la cohésion sociale (DGCS). Il était précédemment conseiller à Matignon, après avoir joué le même rôle auprès de deux ministres de l’Emploi et de la Solidarité. Il remplace SABINE FOURCADE.

Agenda

« DIX QUESTIONS-RÉPONSES SUR LE MAINTIEN DANS L’EMPLOI »

Petit déjeuner proposé par l’Aract Haute-Normandie. Faire face, et mieux, prévenir l’usure professionnelle, le vieillissement, le développement des inaptitudes et le handicap. Comment, et à quel poste reclasser les salariés ayant des problèmes de santé ? Selon quelles méthodes ? Panorama, retours d’expériences et échanges entre participants.

Le 15 septembre, à Rouen.

« RESPONSABILITÉ SOCIALE DES ENTREPRISES ET AMÉLIORATION DES CONDITIONS DE TRAVAIL DES SALARIÉS, LEVIERS ET OUTILS POUR L’ACTION »

Matinée organisée par Midact pour explorer le lien entre développement durable, responsabilité sociétale et amélioration des conditions de travail. Expériences croisées de Coop de France et de Midact. Avec la participation de Patrick Conjard (Anact) auteur du Management du travail : une alternative pour améliorer bien-être et efficacité.

Le 17 septembre, à Toulouse
a.courter@anact.fr