La lettre du 22 janvier 2015
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Focus

Négociations : FO propose de changer les règles

Le tout nouveau président de la CGPME, François Asselin, et ses homologues Pierre Gattaz (Medef) et Jean-Pierre Crouzet (UPA) viennent de recevoir un courrier de Jean-Claude Mailly. Il l’a aussi adressé aux leaders des quatre autres confédérations qui participent aux négociations nationales interprofessionnelles.
Le secrétaire général de Force ouvrière leur propose d’en réviser le cadre et la méthode, de fond en comble. Pour le patron de FO qui brigue un quatrième mandat, le quartier général du Medef ne devrait plus abriter les travaux paritaires de cette nature. Un lieu neutre, comme le Palais d’Iéna, siège du Conseil économique, social et environnemental (Cese), lui semble plus approprié.
Le syndicat prône aussi un encadrement des plages de discussion, excluant tout marathon nocturne, à l’image de celui qui a eu lieu du 16 au 17 janvier dernier et s’est achevé par un constat d’échec. Non seulement ces séances sont sous-productives, mais elles restent propices aux pressions tactiques, compte tenu de l’épuisement de certains négociateurs.
En outre, FO réclame « un droit de saisine », autrement dit, la faculté pour les confédérations syndicales de présenter des projets d’accord pouvant constituer des trames. « Nous trouvons inacceptable que les projets élaborés par nos organisations soient systématiquement écartés au profit de ceux du seul Medef ». Jean-Claude Mailly justifie sa démarche par la volonté de soustraire les négociateurs syndicaux à toute forme de pression. Y compris celle qui consiste, pour Pierre Gattaz, à enchaîner les rencontres bilatérales en marge du débat général. « Enfermé dans son bureau au septième étage, il reçoit des délégations et chefs de file triés sur le volet pendant que les autres font le pied de grue en attendant la fumée blanche », ironise-t-il. Même les dates butoirs fixées à l’avance par l’exécutif à l’entame de différentes concertations lui paraissent de nature à restreindre la liberté des parties.

Lundi, le président de la République, François Hollande, présentant ses vœux aux acteurs de l’emploi, a mis en garde les partenaires sociaux contre « un échec qui aurait des conséquences bien au-delà de cette réforme ». FO y voit comme une ingérence, voire un soutien au projet sur lequel, dixit Pierre Gattaz, « on était tout près d’un accord vendredi soir vers minuit ». Il n’est pas sûr que la méthodologie suggérée emballe ses pairs, et encore moins le camp patronale.
Il y a seulement quelques mois, la CGT aussi a parlé de « manœuvres des employeurs » ayant abouti, selon elle, à obtenir à l’arraché des paraphes syndicaux au bas de la nouvelle convention d’assurance chômage. Thierry Lepaon a saisi la justice pour « déloyauté des négociations ».
Force ouvrière n’a pas levé le petit doigt.

Entreprises

PSA: les fermetures d’été se feront à la carte

Le groupe PSA Peugeot Citroën s’apprête à tourner la page. Toutes les usines ne fermeront plus durant quatre semaines au mois d’aout. Ce mode de planification est dépassé par les exigences de compétitivité actuelles.

Le constructeur envisage de moduler les périodes d’inactivité, site par site, en fonction de leur charge de travail. Il négocie à cette fin un accord-cadre avec les représentants du personnel, en s’appuyant sur le contrat social signé par quatre des six syndicats en octobre 2013. Il y est prévu explicitement que, pour « gagner en performance industrielle (maîtriser les stocks, limiter la surproduction, etc.), il est nécessaire de disposer de calendriers de production annuels en adéquation, spécialement en période estivale ».
La direction travaille sur plusieurs scénarios. Le premier consiste à réduire uniformément les congés d’été à deux ou trois semaines sur tous les sites de l’Hexagone, en préservant cinq à dix jours de production flottants, selon les situations, utilisables en période creuse. Une autre hypothèse, plus sophistiquée, vise à maintenir la trêve estivale maximum sur certains sites (par exemple, ceux nécessitant des travaux de maintenance importants), tout en modulant les départs sur les autres.
Les syndicats ne sont pas hostiles à la démarche, mais insistent pour que les jours flottants ne relèvent pas de la décision exclusive de l’employeur. L’adaptation se heurte aussi à la difficulté de certains établissements à prévoir leur carnet de commandes au-delà de trois mois.

Vraie-fausse sérénité sociale chez Air France

Alors que le groupe Air France s’apprête à lancer Perform 2020, un plan visant 2Mds€ d’économies supplémentaires, le hasard du calendrier amène la DRH à conclure plusieurs accords collectifs, donnant l’impression d’une sérénité sociale.
C’est le cas de celui concernant l’emploi des personnes handicapées qui entre en vigueur cette année pour une période de trois ans. Il reprend l’essentiel des mesures rodées au sein de l’entreprise depuis plus de 20 ans. Elles sont complétées par des dispositions nouvelles, comme l’utilisation de la taxe d’apprentissage au profit d’organismes de formation initiale exemplaires en matière d’accueil de cette catégorie.
Le service handicap (une équipe de huit personnes rattachée à la DRH) mettra en place, en complément des aides légales, des moyens nécessaires au déplacement domicile/lieu de travail lorsque les employés concernés ne peuvent le faire de manière autonome. Ils pourront bénéficier d’une participation à l’adaptation de leur véhicule personnel. En cas de réorganisation, leur situation « fera l’objet d’une étude attentive » en vue d’un reclassement de proximité. Il en sera de même si un PSE intervient.
Air France s’engage à maintenir le même pourcentage de travailleurs physiquement défavorisés dans ses effectifs. Parmi les autres améliorations figurent la création de 60 postes sur trois ans, prioritairement en CDI et en alternance, des aides à l’adaptation du logement et des soutiens financiers aux aidants familiaux à hauteur de 237000€ prélevés sur une enveloppe spécifique. En outre, la DRH examinera en priorité les situations des personnes qui n’auront pas bénéficié de mobilité professionnelle depuis plus de cinq ans, afin de s’assurer que leur infirmité ne les pénalise pas.
La compagnie, qui emploie 5% de personnes handicapées (4,2% en 2011), prévoit un budget de 4,5M€, hors salaires.

Auchan songe à simplifier la participation

Rien n’est encore décidé, mais la réflexion est engagée. Auchan France veut mettre de l’ordre dans son arsenal de participation, trop complexe et lourd à gérer. Il repose sur trois principaux piliers : la participation proprement dite, l’intéressement, appelé en interne prime de progrès, et l’actionnariat salarié. L’ensemble est régi par des accords signés au niveau du groupe et qui impliquent une dizaine d’entités juridiques.
Selon nos informations, l’entreprise envisage de restreindre le périmètre du partage des bénéfices aux deux principales structures que sont Auchan France et Immochan. Il n’est pas question de toucher à l’actionnariat salarié. En revanche, les autres leviers de motivation financière seraient revus pour tenir davantage compte des résultats obtenus au plus près du terrain.
Cette réflexion intervient dans un contexte difficile pour l’enseigne. Conséquence des résultats mitigés, la prime de participation 2014 (sur les résultats 2013) est tombée sous la barre de 6%, après quatre années de baisse consécutive. Au total, 80M€ ont été répartis, contre 93M€ l’année précédente. L’intéressement annuel a également chuté à 0,8 mois de salaire en moyenne par salarié, loin des deux mois pleins empochés au cours des meilleurs exercices. « sans l’intégration du crédit d’impôt compétitivité de 44M€ au titre de l’année 2013, il n’y aurait plus rien à partager », constate un délégué FO. Son syndicat n’a pas signé le renouvellement de l’accord d’intéressement, à la différence de la CGC et de la CFTC. Cela fait monter la tension dans les magasins. La rémunération variable, dont l’enseigne a fait un facteur d’attractivité, est aussi un amortisseur social. En panne, il provoque des débrayages depuis début janvier, comme à Aubagne (13) et à Béthune (62).

ArcelorMittal aux frontières de la flexibilité

Mieux qu’un accord de compétitivité, la multinationale déploie un outil informatique de planification stratégique des effectifs, site par site. « Nous avons conçu notre propre outil, en adéquation avec notre portefeuille de compétences et notre diversité géographique », se flatte le groupe.
Testé en 2013, entré en phase pilote en 2014, il est en cours de généralisation. Baptisé Workforce Planning (WFP), il modélise l’évolution de la pyramide des âges, compare les niveaux de compétence et les exigences qu’impliquera le carnet de commande. Les pénuries éventuelles de savoir-faire stratégiques sont détectées en amont et les plans de recrutement immédiatement amorcés.
En réalité, observe un élu du comité d’entreprise européen, WFP, couteau suisse de la compétitivité, paramètre les compétences, mais mesure surtout l’activité, la productivité et la rentabilité par tête. Le résultat prend la forme d’un implacable ratio : le coût total par salarié, le TCOE, surveillé par les directeurs d’usine. Même les syndicats ne l’ignorent plus. L’une des conséquences, selon la CFDT et la CGT, est la croissance rapide des emplois précaires. Sur les 106000 postes en Europe, environ 10 000 sont occupés par des intérimaires. à Dunkerque (3 500 salariés), on dénombre plus de 570 contrats atypiques. Des pans de fonction support sont externalisés, à l’instar de l’informatique confiée à CSC. Et ce n’est pas fini, les consultants de McKinsey auscultent encore certains sites français. Les CDI restent rares, malgré la reprise qui s’amorce. 30 embauches ont été récemment annoncées à Florange, mais le site emploie encore 220 travailleurs temporaires.

Institutions

Juges prud’homaux : divergence sur la formation

Employeurs, syndicats et magistrats professionnels se félicitent des dispositions du projet de loi Macron prévoyant des formations initiale et continue obligatoires pour les juges prud’homaux. Mais ils divergent sur la durée, le contenu et l’opérateur idoine.
Le rapport d’Alain Lacabarats, dont s’inspire le ministre de l’Économie, Emmanuel Macron, préconise un stage de quinze jours avant la prise de fonction. Il se déroulerait sous l’égide de l’École nationale de la magistrature et de l’École nationale des greffes, et porterait sur l’organisation judiciaire, la technique de conciliation, la procédure, la rédaction des jugements et la déontologie. L’Union syndicale des magistrats (USM) souhaite que l’on y ajoute des cours sur le fond du droit, les règles de preuves et les différents modes de licenciement. Pour le Syndicat de la magistrature, ces chapitres supplémentaires devraient être du ressort des organismes de formation mis en place par les partenaires sociaux. « ils sont légitimes à assurer la diffusion de leur propre lecture du droit du travail », précise l’organisation présidée par Françoise Martres.
Les centrales syndicales confirment vouloir intervenir. « Nous ne sommes pas opposés à ce que les collèges salariés et employeurs suivent ensemble un tronc commun. il nous paraît également indispensable que les organisations syndicales aient, dans le cadre de cette formation initiale, un rôle à jouer », soutient notamment la CFDT. L’USM réplique que « la procédure civile, garante du respect des droits des parties, doit être enseignée non comme une arme au service de l’une ou l’autre des parties, mais au contraire comme un moyen de leur assurer un traitement égal ». Les partenaires sociaux regrettent par ailleurs la brièveté de la formation initiale, ramenée dans le projet de loi à cinq jours, essentiellement consacrés à « l’exercice des fonctions juridictionnelles ».

Contrat de génération dans le commerce de gros

Un accord relatif au contrat de génération est en passe d’être conclu au sein de la branche des commerces de gros. Déjà avalisé par la CFDT, il devrait être approuvé par une majorité de syndicats. D’autant plus qu’il y est fait mention d’une aide à son déploiement dans les petites et moyennes sociétés, nombreuses dans cette activité.
Concernant les jeunes, les entreprises s’engagent à en recruter 5 000 de moins de 26 ans (30 ans pour ceux en situation de handicap ou en transition professionnelle), d’ici à fin 2017. Cela revient à porter à 15% en moyenne la part de cette population au sein des effectifs. Ces embauches, effectuées en CDI ou CDD, concerneront principalement les alternants. Leur insertion sera facilitée par un parcours d’intégration et un référent dont la mission sera normée.
Pour les seniors de plus de 55 ans, l’objectif est de leur réserver, en moyenne annuelle, 5% des offres d’emploi, soit environ 1700 jobs. Le même ratio sera appliqué à l’effectif en place. Cela garantit au moins 15000 postes aux seniors. Un dispositif d’amélioration des conditions de travail et de prévention de la pénibilité est prévu à leur intention. Sur ce point, l’accord s’appuie sur des mesures qui existent dans la branche depuis 2009, incluant des reclassements en cas d’inaptitude, y compris une garantie de rémunération en cas de repositionnement sur des postes de niveau inférieur.
Le texte inclut par ailleurs un volet lié à l’égalité professionnelle et à la mixité.

Document

Restructurations : l’alerte des intervenants en prévention des risques psychosociaux

Des rapports successifs soulignent la forte poussée des risques psychosociaux lors des opérations de fusions-acquisitions et de réorganisations. Pourtant, les entreprises concernées ne semblent pas prendre la mesure du danger.

En pleine restructuration, STMicro s’apprête à introduire un nouveau système d’évaluation de ses collaborateurs. Baptisé IPM (management de la performance individuelle), il inclut une notation graduée et fait référence à des valeurs de l’entreprise auxquelles le personnel est censé adhérer.
Consulté, le CHSCT du site de Grenoble vient de rendre un avis défavorable. Il invoque, entre autres réserves, les risques psychosociaux et réclame une expertise, bien que le site en ait déjà connu une, il y a moins de trois ans. Chez Steria, en cours de fusion avec Sopra, le médecin du travail, Corinne Lombard, a jugé urgent d’alerter la direction sur « l’altération du climat psychosocial qui peut avoir des conséquences parfois graves et souvent imprévisibles sur la santé des salariés ». Les mesures urgentes qu’elle a suggérées à la DRH France, Sylvie Verstraeten, se font attendre. Le service de santé au travail souligne pourtant l’augmentation des visites spontanées et l’accroissement du nombre des salariés temporairement inaptes. Elle constate aussi la hausse des plaintes de salariés relatives à l’organisation, au management, à l’ambiance de travail, ainsi que les fréquentes manifestations émotives pendant les examens médicaux.

Les conseils de la Firps

Soitec, spécialiste des semi-conducteurs qui révise actuellement sa stratégie en abandonnant certaines activités, sur fond de réduction d’effectif et de cost killing, est confronté à la même concordance entre réorganisation et dégradation de climat. « la hausse des accidents du travail et de l’absentéisme est symptomatique », argumente un représentant CGT. « L’ambiance de travail s’en trouve dégradée et des problèmes relationnels graves apparaissent entre les équipes. La mise en concurrence organisée entre les équipes est totalement contre-productive et participe au mal-être ambiant à tous les niveaux. »
La liste des entreprises qui connaissent une situation identique est longue. Le problème n’est d’ailleurs pas limité à l’Hexagone. Plusieurs rapports d’organismes spécialisés européens confirment la nécessité de veiller à la protection de la santé des travailleurs impactés par des restructurations.
La Fédération des intervenants en risques psychosociaux (Firps), présidée par François Cochet issu du Groupe Alpha, s’empare du sujet. Après avoir fait plancher des consultants venant des 15 cabinets membres, elle va diffuser un guide à destination des directions d’entreprise et des DRH, afin de les sensibiliser aux chausse-trappes.

Tiraillés entre leurs valeurs personnelles et la conduite de la restructuration, les cadres subissent une très forte charge émotionnelle. Leur santé peut être affectée

La prévention se relâche

Les entreprises les plus avancées réalisent systématiquement une étude sur l’impact humain de leurs projets, en particulier sous l’angle des conséquences sur la santé physique et mentale. Elles peuvent alors engager des mesures de prévention en amont sur cette base, explique la Firps. «Mais trop souvent, en période de restructuration, les employeurs sont tentés pour des raisons financières de mettre en sommeil les actions engagées et de relâcher l’effort de prévention des risques psychosociaux», regrettent les intervenants, soulignant qu’il faut, au contraire, accentuer l’investissement dans ce domaine.

Le dialogue fait défaut

L’annonce d’un plan social est toujours en soi traumatisante. L’absence ou l’insuffisance de dialogue pendant cette période est un facteur aggravant. Cela laisse place à l’incompréhension surtout si les fondements économiques de la restructuration ne sont pas clairement établis. Certaines personnes impactées se sentent victimes d’une injustice, dans la mesure où des sacrifices sont demandés aux uns et pas aux autres. En outre l’isolement fragilise ceux qui sont mis en cause individuellement.

Les rescapés sont surchargés

Dans les semaines qui suivent un PSE, les tâches de ceux qui partent sont souvent redistribuées à ceux qui restent en poste, sans faire l’objet d’une réflexion approfondie ni de précautions suffisantes. « Les personnes concernées ont l’impression de ne pas avoir les moyens de faire un travail de qualité, de manquer de compétences, de soutien ». Bref, d’être en d’échec. Ces situations sont propices à des troubles de santé. La Firps préconise, dans les grandes structures, « Une démarche de sensibilisation et de formation aux risques psychosociaux spécifiques des restructurations ». Celle-ci peut impliquer les membres de la direction, l’encadrement, le personnel de santé au travail, et même les représentants du personnel. « Il faut mettre en réseau les acteurs de la prévention: DRH, CHSCT, service de santé au travail, service social, consultants, etc. »

Les partants livrés à eux-mêmes

Une fois licencié, le salarié ne bénéficie plus d’aucun soutien de la part des services de santé au travail. Il est livré à lui-même, déplorent les consultants. Et ce, alors qu’il entre dans une zone de risque accru pour sa santé physique et psychique. Mais peu d’employeurs ont le temps et surtout les moyens de déployer « un suivi médical renforcé dès les premières annonces d’un projet de restructuration», comme le prône la Firps. a fortiori une fois les intéressés sortis de l’effectif.

Europe

Belgique : le nombre de plans sociaux recule

Les statistiques du Service public fédéral de l’emploi (SPF), équivalent de notre Dares, sont formelles. Le nombre de salariés frappés par un plan social a nettement diminué en 2014. Même si les procédures collectives annoncées au cours de l’année ont été particulièrement médiatisées.
Le plus lourd est celui du distributeur Delhaize qui a provoqué un séisme en juin, en décidant de remercier 2 500 personnes. La plupart d’entre elles étaient en poste au siège bruxellois du groupe. Parmi les autres plans sociaux d’envergure, le SPF cite ceux de Cora (447 licenciements), de Saint-Gobain et d’AGC Glass (500 jobs perdus), de Hewlett-Packard (310 licenciements) et du métallurgiste Doosan Infracore Europe (313 personnes). Heinz, Makro Cash & Carry, ou encore Syntigo, spécialiste des réseaux, filiale de l’opérateur Infrabel, ont aussi procédé à des sévères réductions d’effectif.
Terre de prédilection des sièges sociaux, Bruxelles a payé un lourd tribut. Un emploi supprimé sur trois s’y trouvait. Hors de la capitale, la Flandre a plus souffert que la Wallonie. Mais tous les départs prévus n’ont pas eu effectivement lieu, à l’issue des procédures d’information et de consultation des instances représentatives du personnel. Certaines entreprises comme Cora ou LSG Sky (catering) ont rigoureusement réalisé leur projet initial. D’autres l’ont légèrement revu à la baisse, à l’instar de Saint-Gobain et de Hewlett-Packard. En principe, l’employeur dispose d’un délai de 30 jours entre la notification et la rupture du contrat de travail. Mais selon les circonstances, ce délai peut être prolongé jusqu’à 60 jours. Les plans sociaux dévoilés fin 2014 ne sont donc pas encore tous clôturés.

UK : les troubles psychiques, ennemi numéro un

Il est urgent que les employeurs prennent des mesures de prévention énergiques, alertent la Société de médecine du travail (Society of Occupational Medecine). Une étude d’envergure, la première du genre, révèle que les troubles psychiques sont devenus la première maladie professionnelle en Grande-Bretagne (tout comme en Irlande), devant les troubles musculo-squelettiques, les problèmes lombaires et les maladies respiratoires, dont celles liées à l’amiante.
Les désordres psychosociaux représentent plus de la moitié des pathologies détectées par les médecins du travail, à des degrés divers, toutefois. L’enquête, conduite par des chercheurs de l’université de Manchester, s’appuie sur des données statistiques de trois sources épidémiologiques différentes, croisées sur une période allant de 2005 à 2012. Les résultats, publiés ces jours-ci dans la revue scientifique occupational Medecine, une référence, provoquent un tollé. Afin de sensibiliser les employeurs, le président de la Société de médecine du travail, Alasdair Emslie, traduit ces résultats en chiffres chocs. Cela signifie qu’une personne sur quatre est exposée aux risques psychosociaux dans le cadre de son activité professionnelle, et en souffrira à un moment ou à un autre.
Le coût pour la collectivité, déjà exorbitant (26Mds£ par an, soit 1 035 £ par tête), va encore augmenter. Des cas de plus en plus nombreux sont signalés aux services d’inspection médicale (National Health Service). Le praticien préconise des mesures de prévention simples, sans attendre un plan sophistiqué et onéreux. Des dispositifs simples de bien-être au travail et des visites médicales régulières peuvent avoir un effet, conseille-t-il.

Scanner

Le modèle allemand, inépuisable source d’inspiration

La prochaine réunion du Conseil national de l’industrie (CNI), prévue d’ici juin prochain, devrait être consacrée aux questions de formation. Cette instance consultative destinée à éclairer et conseiller les pouvoirs publics, et au sein de laquelle siègent notamment les partenaires sociaux, planche depuis plusieurs mois sur le rapprochement entre les besoins précis des différentes filières et les programmes scolaires, universitaires et professionnels.
Son vice-président (le locataire de Matignon en est président de droit), Jean-François Dehecq, cofondateur et ex-patron de Sanofi, associe à la réflexion la direction générale des entreprises, structure dépendant du ministère de l’Économie, la DGEFP, ainsi que des représentants de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur. Ils élaborent ensemble « des recommandations sur les processus de dialogue entre l’industrie et les concepteurs, organisateurs et prescripteurs de formation au niveau national ou territorial ».
Une des compétences auxquelles ils accordent une attention particulière reste le numérique, indispensable à la modernisation des PME. Jean-François Dehecq appelle même le Premier ministre, Manuel Valls, à en faire « l’une des grandes priorités de la France ». Il suggère que, sous la houlette du CNI, un contact soit établi avec le programme allemand Industrie 4.0. Cette préconisation figurait déjà dans le volumineux rapport remis au gouvernement en novembre dernier par Philippe Lemoine, président du Forum d’action Modernités et de la Fondation Internet Nouvelle génération.
Lancé en 2010 par le gouvernement fédéral, Industrie 4.0 a nécessité, selon l’économiste Jean-Daniel Weisz (EM Lyon) qui l’a étudié de près, «un intense effort de vision et de projection des acteurs de l’économie, de la science et de la formation pour anticiper et préparer la future vague de digitalisation des usines, la fusion de la production industrielle classique, de la construction mécanique et de l’électrotechnique, avec les technologies de communication modernes tout le long de la chaîne de valeur ». Il s’agit d’en faire de même de ce côté du Rhin.

La pénibilité gagne la Fonction publique territoriale

Une étude du Centre de la Fonction publique territoriale (CNFPT) dévoile la diversité des métiers concernés par la pénibilité au sein des collectivités territoriales et l’ampleur du phénomène. Les emplois techniques restent les plus exposés. Entre 40,7% des agents (bâtiment, travaux publics) et 71,3% (espaces verts, paysage) disent subir au moins une contrainte physique intense. Ce n’est pas faute d’avoir amélioré leurs conditions de travail. « cette filière est celle où les normes de sécurité, la dynamique de prévention, le niveau des équipements et des matériels, les conditions de travail ont le plus progressé », plaide le rapport.
Les activités de service ne sont exemptes. Les agents d’accompagnement à l’éducation de l’enfant (agents des écoles et de la petite enfance) sont confrontés à l’usure physique et en particulier aux troubles musculo-squelettiques. Il en est de même pour les professionnels de la restauration collective et les agents de sécurité.
La pénibilité est aussi psychique dans plusieurs métiers et se conjugue, dans beaucoup de cas, avec la difficulté physique. C’est le cas du médico-social ou de la sécurité, secteurs où les risques psychosociaux sont quasi permanents.

L’étude montre que la prise en charge varie d’une collectivité à l’autre. Elle dépend souvent de sa taille. La majorité des employeurs ont progressé dans la définition de leurs politiques de prévention et généralisent le déploiement des documents uniques d’évaluation. Toutefois, « les fiches d’exposition aux risques professionnels et, plus globalement, les plans d’action tardent à être élaborés et appliqués ».

Parmi les axes de progrès identifiés, figurent la nécessité de sortir d’une approche curative ou réparatrice pour tendre vers l’anticipation. Le CNFPT conseille de privilégier les solutions collectives, de former l’encadrement au management du risque et des conditions de travail. Le rôle des acteurs de la prévention, mal connu, et les dispositifs accessibles aux fonctionnaires devraient faire l’objet d’une large communication. Les directions des ressources humaines s’impliqueraient aussi. Le Centre de la Fonction publique territoriale leur recommande d’organiser des mobilités fonctionnelles régulières pour les personnes occupant des postes pénibles ou à risque. C’est l’un des moyens les plus efficaces pour éviter l’usure précoce. Enfin, les petites communes sont incitées à travailler en réseau.

Les rois de l’intérim au pays du recrutement

À défaut de voir redécoller le marché de l’intérim, les leaders du travail temporaire se tournent vers le recrutement permanent. Et la bataille fait rage.
La semaine dernière, Manpower a lancé sur ce créneau Manpower Conseil Recrutement, une constellation de cinquante cabinets fédérant 250 consultants spécialisés par métier et secteur d’activité. Le groupe Adecco réplique en créant Spring France, une marque dédiée au recrutement permanent de cadres, techniciens et employés qualifiés. La structure associe l’ex-filiale Adecco Experts et des équipes de la maison mère, soit 270 intervenants répartis sur 45 implantations à travers l’Hexagone. Autrement dit, c’est une configuration très proche de celle du concurrent. Nommé pilote de la structure, Pierre Fallion, transfuge de la plate-forme Kandiway, passé par Michael Page et Deloitte, vise la première place sur le marché du recrutement du middle management en France, d’ici à fin 2016. En face, Jean-François Denoy, DG de Manpower, a un business plan quasi identique : il veut imposer la nouvelle entité comme numéro un dans un délai de deux ans, « en réalisant au moins 20000 recrutements par an pour nos clients ». Pour tenir son pari, Manpower crée 100 postes d’intervenants dans son réseau. Spring France aussi recrute à tour de bras : Pierre Fallion a enrôlé 140 personnes en quelque mois et s’apprête à pourvoir, comme par hasard, 100 nouveaux postes.
Les deux leaders de la branche placent la barre très haut, mais il n’est pas exclu que des concurrents leur emboîtent le pas, le marché restant désespérément en berne.

Confidences

BUG

Le député UMP Bernard Perrut (Rhône) identifie une incohérence dans le mécanisme de l’apprentissage au sein de la Fonction publique. L’administration ou la collectivité d’accueil ne peut pas embaucher directement le jeune à l’issue de son parcours. Celui-ci doit en effet passer le sacro-saint concours. Une solution consisterait à n’astreindre l’apprenti méritant qu’à une épreuve sur titre, orale. 4 000 alternants doivent intégrer les administrations d’État à partir de septembre prochain, et 6 000 à compter de septembre 2016.

LUTTE DES CLASSES

Les partisans du mur de Berlin se font entendre à la CGT. Ils reprochent déjà au futur potentiel secrétaire général Philippe Martinez d’entretenir des relations suivies avec des représentants du patronat.
En octobre dernier, le patron des métallos avait convié le président du Medef territorial et son alter ego de l’UIMM à une table ronde sur le devenir de la Mecanic Vallée. Une faute, selon les contestataires qui accusaient Thierry Lepaon et ses proches de se compromettre avec des dirigeants d’entreprises au sein de think tanks privés.

RECRUTEMENT

La chambre de commerce et d’industrie de Paris Île-de-France consulte plusieurs cabinets de chasse de têtes en vue de dénicher l’oiseau rare qui dirigera HEC à partir de la rentrée 2015. L’intéressé sera aux commandes d’une véritable PME, puisque les écoles consulaires sont désormais totalement autonomes, les chambres gardant la haute main sur le patrimoine immobilier.

FILIÈRE

Très impliqué dans le devenir de l’économie maritime, le député socialiste Arnaud Leroy (Français établis hors de l’Hexagone) va déposer, avant la fin de l’année, une proposition de loi sur la « Croissance bleue ». Il s’agit de valoriser cette filière qui représente 310 000 emplois, pour un chiffre d’affaires de 60Mds€.

Acteurs

BERNARD MORVAN

La Fédération nationale de l’habillement (FNH), qu’il préside, ne cautionne pas l’élargissement du travail dominical prôné par le projet de loi pour la croissance et l’activité. Forte de 83 000 salariés, la branche a fait parvenir aux députés des propositions d’amendement pour « défendre le commerce indépendant de centre- ville ». 13 000 magasins de ce type ont fermé en 2014 et les ouvertures dominicales vont précipiter le mouvement, selon la FNH qui voit dans ce texte « une menace inquiétante ».

JACQUES REPUSSARD

Patron de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), il vient de renouveler, avec la direction générale du travail, la convention quinquennale qui fait de son institution le partenaire privilégié de l’État en matière de protection des 350 000 salariés exposés aux rayonnements ionisants. Outre sa mission de veille, l’Institut épaule le ministère du Travail dans l’élaboration et la révision de la réglementation, en lien avec les autres risques émergents.

ANNIE COTTET

La présidente de la Société française de coaching (SFCoach) jette un pont entre la profession et la fonction ressources humaines. Elle tient à Paris, le 29 janvier, une soirée de rencontre et de réflexion sur les complémentarités potentielles entre coaches et DRH, avocats en droit social, médecins du travail et psychologues. Notamment face au burn-out qui fait des ravages.

ALAIN CORDESSE

Chef de file de l’Union des employeurs de l’économie sociale (Udes), il réclame l’accès au fonds de financement des organisations syndicales et patronales. Sa fédération, qui dit défendre 70 000 entreprises, en est exclue.
Mise en œuvre début 2015, cette cagnotte est alimentée par une contribution des employeurs du secteur concurrentiel et ceux de droit public ayant du personnel sous statut privé. L’obole est de 0,016% des rémunérations prises en compte pour les cotisations de Sécurité sociale.

GHANTAL SARTORIO

La directrice de l’innovation de l’Afpa vient d’être remerciée après une mise à pied de trois mois. Le motif de son éviction reste un mystère, alors que l’organisme en pleine tourmente mise sur les nouvelles technologies pour se refaire une santé. L’intéressée veut porter l’affaire devant les tribunaux. La direction reste zen.

Coulisses

PRÉVOYANCE

Les partenaires sociaux du travail temporaire divergent sur l’utilisation des réserves du régime de prévoyance des salariés, excédentaire. à l’issue de laborieuses négociations entrecoupées d’interruptions, ils s’acheminent vers un accord. La ressource permettrait de diminuer de moitié les cotisations 2015, tant pour les employeurs que pour les salariés. Le délai de carence se limitera à quatre jours. Et une partie de l’enveloppe servira à créer un fonds de prévention des risques (1M€) ainsi qu’un dispositif d’action sociale (2M€, voire plus).

LUTTES

Un employeur peu respectueux du droit du travail a été épinglé la semaine dernière par le tribunal d’instance d’Alès pour licenciement sans motif réel et justifié d’un syndicaliste CGT. Il devra lui verser une indemnité de 90 000 €. Il s’agit de la Fédération CGT Commerce, théâtre de luttes d’influence depuis plusieurs années, sur fond d’exclusions, de recours judiciaires et même d’affrontements physiques. La confédération reste impuissante.

COST KILLING

La direction générale des systèmes d’information d’Air France (DGSI) est un des bons élèves du plan d’économies Transform 2015 que la compagnie s’apprête à amplifier via le programme Perform 2020. Selon un bilan interne, les coûts y ont été réduits d’environ 95M€. Les achats, les fonctions support et les applications informatiques ont été mis à contribution. Les augmentations ont été gelées, les promotions freinées et les congés exceptionnels limités. 185 postes (12% de l’effectif) ont aussi été supprimés.

INVESTIGATION

à l’initiative du groupe communiste, républicain et citoyen (CRC), une commission d’enquête parlementaire sur « La réalité du détournement du crédit d’impôt recherche de son objet et de ses incidences sur la situation de l’emploi et de la recherche » vient de se constituer. Présidée par le député UMP Francis Delattre (Vald’Oise), elle comprend 21 membres. Le taux de cette niche fiscale est de 30% pour les dépenses de recherche jusqu’à 100M€ et 5% au-delà de ce montant.

COLLATÉRAL

Condamné par l’Autorité de la concurrence (comme plusieurs autres opérateurs) à payer 30M€ d’amende forfaitaire pour entente sur les tarifs de livraison de colis, Chronopost promet à ses collaborateurs que la pénalité n’aura aucune incidence sur leur intéressement.

FAILLES

La loi du 31 juillet 2014 sur l’économie sociale et solidaire (alias loi Hamon) fait les délices de cabinets d’affaires spécialisés. Appliquée depuis novembre 2014, elle crée une obligation d’information des salariés avant toute cession de fonds ou de titres. De fait, « une analyse attentive du dispositif fait ressortir certains mécanismes permettant de réaliser une transmission avec la confidentialité et la rapidité requise », dit un spécialiste. Il y a des failles juridiquement exploitables. La mission confiée à Fanny Dombre-Coste, députée de l’Hérault, va peut-être y remédier.

RETOURNEMENT

Connu pour son fort taux d’apprentis (14% en moyenne), le secteur du paysage observe un retournement de tendance depuis la rentrée 2014. Les recrutements de jeunes en alternance baissent selon l’Union des entreprises du paysage qui représente 28 000 employeurs. Principaux motifs : volume d’activité insuffisant, coût salarial et rigueur de la législation sur l’utilisation de machines dangereuses par les mineurs.

ACCOMPAGNEMENT

La Fédération de la plasturgie a mis au point, à destination des responsables RH de la branche, un programme inédit, baptisé « DRH : des ressources humaines aux richesses humaines ». Organisé en plusieurs sessions courtes, le parcours aborde des thèmes aussi divers que l’attractivité, le recrutement de profils rares, la gestion des conflits ou encore la hiérarchisation des priorités. Les quelque 3 800 entreprises de plasturgie sont principalement des PME.

GUÉRILLA

La CGT vient de déposer un recours contentieux au conseil d’État, demandant l’annulation de mesures d’économies décidées en novembre dernier par la commission paritaire nationale des chambres de commerce et d’industrie. Parmi celles-ci figurent des dispositions relatives à la mobilité professionnelle, aux règles de cotisation retraite des collaborateurs à temps partiel et au compte épargne temps.

VALORISATION

La valorisation des avoirs détenus par les salariés de LCL sur leurs comptes épargne temps varierait entre 51,3M€ et 70,5M€, d’après une estimation syndicale au 31 mars 2014. La différence représente les charges sociales. Elles sont à déduire, considère l’employeur. Les intéressés considèrent que les cotisations patronales portent bien leur nom.

Eurobrèves

ALLEMAGNE

Face au vieillissement accéléré des salariés du secteur, le syndicat IG Metall réclame la généralisation du droit à la retraite progressive, abondée pour les bas salaires. En 2000, on comptait 84 000 travailleurs de plus de 60 ans dans cette activité. Ils sont aujourd’hui 233 000. La plupart exercent leur métier dans des conditions difficiles et sont stressés. Ils sont souvent contraints d’aller jusqu’à la retraite, pour des raisons financières.

UK

Une restructuration socialement responsable a lieu à l’usine Cadbury de Bournville. Quelque 205 salariés volontaires quitteront leur poste en empochant en moyenne 100 000 £ par tête. L’accord conclu avec le syndicat Unite prévoit un viatique équivalant à quatre, cinq, voire six semaines de salaire par année d’ancienneté.
L’employeur, filiale de la multinationale Mondelez International, investira 75M£ sur le site afin de le moderniser. Il s’engage aussi à ne pas procéder à des plans sociaux répétitifs.

IRLANDE

L’industrie pharmaceutique et médicale, qui emploie déjà 50 000 personnes, ne veut pas manquer de main-d’oeuvre qualifiée. Une enquête menée à l’initiative des employeurs indique que l’expansion va se poursuivre. 44% des entreprises concernées prévoient d’accroître leur effectif d’ici à fin mars. Elles ont investi 300M€ et créé 2 500 postes en Irlande, ces trois dernières années. 18 des 20 premiers acteurs mondiaux du secteur y sont implantés.

FINLANDE

Pour la deuxième année consécutive, le syndicat SAK déplore des destructions massives d’emplois. D’après son décompte, 14 500 postes ont disparu en 2013 après 15 800 suppressions en 2012. Le mouvement frappe en premier lieu les acteurs high-tech, tels que Metso, Renesas Mobile et Nokia. Depuis début 2014, le secteur tertiaire est également touché. Les entreprises ayant engagé des procédures de départs collectifs au premier semestre comptent 54 000 personnes.

UE

Les pays qui allient emplois de qualité, protection sociale efficace et fort investissement en capital humain ont mieux résisté à la crise économique, conclut le rapport 2014 sur l’évolution de l’emploi et de la situation sociale en Europe, consacré aux séquelles de la récession, qui préconise de soutenir la productivité en investissant dans l’acquisition et la sauvegarde des compétences les plus recherchées.

Nominations

BRUNO ARBOUET, actuel directeur général d’Adoma, prendra le poste de DG de l’UESL-Action Logement d’ici fin mars. Il avait dirigé l’Agence nationale des services à la personne.

JULIE BENSIGNOR est nommée viceprésidente RH de Bristol-Myers Squibb en France et intègre le comité exécutif. Elle était, depuis 2012, directrice exécutive ressources humaines de la région Europe.

PIERRE-LOUIS BRAS préside le Conseil d’orientation des retraites (COR). Il était, depuis 2013, secrétaire général des ministères chargés des affaires sociales. Il a oeuvré au sein de plusieurs cabinets ministériels, dont ceux de la Santé, du Travail et du Budget. Il remplace RAPHAËL HADAS-LEBEL.

RENAUD DAMESIN transfuge de Sémaphores (groupe Alpha), passé notamment par l’Ires, le commissariat général au Plan et Amnyos, entre au cabinet du ministre du Travail, en tant que conseiller chargé du développement de l’emploi.

BRUNO FIESCHI, spécialiste du droit de la Sécurité sociale, est coopté associé de Flichy Grangé Avocats, où il officie depuis 2012, en provenance du cabinet Plichonde Bussy-Plichon. CORINNE POTIER, transfuge du même cabinet, spécialiste de la Sécurité sociale, accède au même rang.

PHILIPPE FOSSET devrait prendre la direction des ressources humaines de la nouvelle entité SNCF Immobilier, une des composantes du Groupe public ferroviaire. Désigné comme préfigurateur, il est chargé de façonner cette fonction au sein de la nouvelle entité. Il est actuellement en charge des RH au sein de la direction immobilière de l’établissement public.

MARINE JEANTET, issue de l’inspection générale des affaires sociales, rejoint la Caisse nationale d’assurance maladie des travailleurs salariés (Cnamts), en qualité de directrice des risques professionnels, au sein de branche accidents du travail. Exconseillère médicale du directeur de la Sécurité sociale, elle a été sous-directrice du financement du système de soins à la direction de la Sécurité sociale.

DELPHINE RICARD rejoint l’équipe de droit social du cabinet Vatier & Associés, au rang d’associée. Experte de la gestion des restructurations, elle avait précédemment officié chez Lefèvre, Pelletier & Associés après être passée par les cabinets Alérion et Carbonnier Lamaze Rasl & Associés.

OLIVIER TOCHE rejoint la direction générale du travail au poste de chef de service. Membre de l’Igas, il dirigeait l’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire (Injep).

Agenda

« LES EMPLOIS ATYPIQUES : QUELLES RÉPONSES AU BESOIN DE FLEXISÉCURITÉ ? »

Conférence-débat à l’initiative de l’Association des professionnels en sociologie de l’entreprise (APSE). CDD, portage, travail indépendant, management de transition se développent. Une personne sur trois exerce un emploi hors CDI.

Le 27 janvier, à Lyon.

« GESTION PROSPECTIVE DE L’EMPLOI ET DES COMPÉTENCES »

Colloque organisé par la Direccte Haute-Normandie. L’occasion de revenir sur l’évaluation des initiatives prises dans le cadre du contrat de projet État région 2007-2013 par les filières automobile, électricitéélectronique, logistique et verre.

Le 27 janvier à Saint-Étienne-du-Rouvray (76).

« LE DÉVELOPPEMENT DES OUTILS DIGITAUX DANS L’ENTREPRISE »

Table ronde proposée par l’Orse. Qu’est-ce que le numérique change vraiment au travail ? Comment aborder ces transformations ?

Le 29 janvier, à Paris.