La lettre du 23 juillet 2015
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Focus

Les routiers de nouveau sur le pied de guerre

Les services d’Alain Vidalies, secrétaire d’État chargé des Transports, ne savent pas sur quel pied danser. Depuis quelques jours, ils sont assaillis par les leaders syndicaux. Ces derniers veulent savoir quel sort sera réservé au sacro-saint congé de fin d’activité (CFA) dont la mise à mort a été officieusement évoquée. Le dispositif permet aux conducteurs routiers de transports de marchandises, de véhicules de déménagement et aux convoyeurs de fonds de prendre leur retraite à partir de 57 ans. Il est financé conjointement par les employeurs, les salariés et l’État.
En l’absence de consigne, les conseillers jouent la montre. Patrice Clos, secrétaire général de FO Transports et logistique, fait déjà planer la menace d’une « riposte qui sera proportionnelle à l’attaque subie », laissant entendre que le cauchemar de routes bloquées au retour des vacances pourrait recommencer. La mèche a été allumée début juillet, lors d’une table ronde consacrée à la protection sociale dans le secteur.
Au détour d’un exposé, Patrick Labia, président du conseil d’administration de l’Établissement public de la sécurité ferroviaire (EPSF), expert reconnu des transports terrestres, chargé d’un rapport sur la protection sociale dans le secteur, insinue que « le financement du régime, onéreux pour l’état alors qu’il ne bénéficie pas à l’ensemble de la profession, n’est plus garanti », selon le témoignage d’un participant. Le haut fonctionnaire a précisé que le système ne sortira pas indemne de la négociation sur la retraite complémentaire, avant de suggérer un lien entre le congé de fin d’activité et le compte pénibilité.
Les organisations syndicales croient déceler derrière cette analyse un ballon d’essai du gouvernement visant à tester leur réaction. La mise en cause de cet ultime attrait de la profession constituerait, selon elles, un coup de canif dans le dernier accord signé en mars 2014, censé garantir la stabilité du régime, au moins jusqu’en 2017. « si l’on tient compte de la durée d’indemnisation des seniors qui entreront dans le dispositif en 2017, l’engagement actuel de l’état et de toutes les parties prenantes court jusqu’en 2022», calcule Patrice Clos.
Ce texte, conclu au forceps, soulignait déjà la fragilité du CFA. Parmi les facteurs défavorables à son équilibre financier figure notamment « la considérable progression du nombre de bénéficiaires de départ anticipé ». Les partenaires sociaux avaient accepté de mettre la main à la poche pour reconstituer les fonds propres et la trésorerie, exsangues. En plus de l’augmentation du taux d’appel des cotisations passé de 2% à 2,8% au 1er janvier 2014, répartis à 60%-40% entre employeurs et conducteurs, ils avaient modifié les conditions d’accès au congé, dans un sens plus restrictif. Ces rustines s’avèrent insuffisantes. Les employeurs restent muets.

Entreprises

Un contrat de génération audacieux chez Trèves

Un nouvel accord associant GPEC et contrat de génération devrait être signé, en octobre prochain, chez l’équipementier automobile Trèves (6500 salariés, dont 900 en France). À quelques ajustements près, le projet ficelé par la DRH, Véronique Froment, et en cours de discussion avec les syndicats, reprend le double dispositif initialement mis en place en décembre 2013 pour trois ans. « les résultats ont été bénéfiques pour l’entreprise et pour les collaborateurs, qu’ils soient jeunes ou seniors », évalue José Cabezon, représentant la CGC.
L’employeur s’était engagé à maintenir la proportion de 19% de salariés âgés de 55 ans et plus dans ses effectifs, entre 2013 et 2016. Tout en leur garantissant un accès équitable à l’évaluation, l’orientation, la formation et le développement des carrières. Concernant les jeunes, Trèves avait pris le pari de recruter au minimum 25% de candidats de moins de 30 ans dans l’ensemble des embauches et d’accueillir des alternants à concurrence de 2% des troupes, qu’il s’agisse d’apprentis ou de titulaires d’un contrat de professionnalisation.
Le texte traite aussi de la gestion des parcours, en mettant l’accent sur la mobilité – interne et externe. L’employeur ne s’est pas contenté d’instituer un forum de l’emploi et un people review. Il a balisé les modalités pratiques de changement de poste : intégration, formation d’adaptation, bilan de compétences si nécessaire, maintien de la rémunération et de la classification. En outre, un accompagnement financier est assuré, y compris pour les mutations vers l’étranger. Même les cas de mobilité externe volontaire sont prévus, le groupe ayant institué un « congé de mobilité volontaire sécurisé », laissant la possibilité de revenir à l’issue d’une période probatoire non concluante dans une autre entreprise.
Autre touche d’originalité de cet accord à laquelle les syndicats restent très attachés : l’amélioration des conditions de travail est prise en compte. Le degré de pénibilité des postes est mesuré et coté, avec la possibilité pour les seniors impactés de bénéficier d’un aménagement ou d’un allègement des tâches.

En cas de PSE, Carrefour France a tout prévu

Carrefour France vient de mettre à jour son « accord relatif aux mesures d’accompagnement en cas de mise en œuvre d’un PSE ou d’un plan de départ volontaire». Ce dispositif anticipateur, en vigueur depuis fin 2011, nécessite une mise à jour afin de tenir compte de la loi de sécurisation de l’emploi de juin 2013.
Le groupe, dont le périmètre évolue constamment pour cause de cessions et rachats d’activité, ne laisse rien au hasard. Adaptable à toutes les situations, quelle que soit l’entité, le texte reprend en grande partie le droit commun (congé de reclassement, bilan de compétences, formation, accompagnement des reconversions, etc.). Il comporte aussi des avantages spécifiques, comme l’aide financière et logistique à la mobilité interne, le prêt à taux zéro (jusqu’à 30000€) accessible aux entrepreneurs.
Autre particularité : les candidats à la mobilité externe peuvent profiter d’un temps probatoire couvrant la période d’essai chez le nouvel employeur. En cas d’échec, ils ont le droit de revenir chez Carrefour. Si le nouvel emploi est moins bien rémunéré, le groupe versera pendant deux ans une rallonge plafonnée à 300€. Surtout, Carrefour France a défini d’avance les montants des indemnités de départ volontaire : trois mois de salaire pour moins de cinq ans d’ancienneté, huit mois pour 25 ans.

Avec un bon chèque, TDF congédie ses seniors

Cela ressemble à un accord de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences, en a le goût et la couleur. Mais l’accord tout juste finalisé chez TDF avec l’aval de la CFDT et la CGC, à l’issue de séances marathons tenues les 15 et 16 juillet, constitue en réalité un plan de départs volontaires visant les seniors. Il se traduira par 250 préretraites maison, très partiellement compensées par quelque 30 embauches sur trois ans. C’est le second du genre, après celui orchestré en 2009, toujours dans des conditions intéressantes pour les partants.
Même la CGT, non signataire, reconnaît que les « modalités financières ont été habilement négociées ». Les salariés à 36 mois d’une retraite à taux plein pourront anticiper leur départ. Ils seront rémunérés entre 75% et 80% de leur salaire de référence, en échange d’un temps partiel, tout en empochant une prime de 20000 €. Elle serait dégressive, au fur et à mesure que les candidats potentiels tergiverseront.
Le projet stratégique de TDF dévoilé en avril dernier prévoit un effectif compris entre 1220 et 1260 salariés d’ici à 2017, au lieu de 1 780 actuellement. Une baisse que le DRH, Christophe Maximilien, explique par la diminution prévisible du chiffre d’affaires, sans pour autant convaincre les syndicats. La CGT juge « inadmissibles des destructions d’emplois dans une entreprise qui affiche un taux d’excédent brut d’exploitation proche de 50% et dont les salariés dégagent une valeur ajoutée de 330 000€ par tête ». Des chiffres invérifiables, le groupe restant très discret sur ses derniers comptes.
Comme la CGT, la CFDT insiste sur la charge de travail qui pèse sur les collaborateurs. Elle en veut pour preuve « les dépassements d’heures, de plus en plus fréquents ». L’entreprise dirigée d’une main ferme par Olivier Huart, un ancien d’Orange, Cegetel et BT France, n’entend pas dévier de sa trajectoire.

En France, TDF, qui compte également des implantations en Allemagne, a réalisé en 2013 un chiffre d’affaires de 805M€, sur un total de 1,16Md€. À son capital siège BPI France, aux côtés de TPG Capital, Ardian et Charterhouse Capital Partners.

Humanis, acteur de la prévention du stress

Le groupe de protection sociale dévoilera, au quatrième trimestre, une prestation relative à la prévention et à la gestion des risques psychosociaux, ciblant les PME jusqu’à 250 salariés.
L’offre d’Humanis, pilotée par le département action sociale, s’appuie partiellement sur la chaire Stico (Santé au travail : individu, collectif, organisation) de l’université catholique de Lille. Elle est composée de plusieurs modules qui peuvent être librement combinés par les entreprises clientes. Cela comprend de la formation, des retours d’expérience, un benchmarking organisé par groupes de sociétés, visant à identifier et partager des bonnes pratiques. Un diagnostic in situ est également possible, de même qu’un plan d’action, dont la mise en œuvre est accompagnée.
En plus de son personnel, le prestataire recourra à des formateurs de Sitco. Lequel devrait accueillir plusieurs collaborateurs du groupe au sein de son DU conseiller en prévention santé au travail. Dans un premier temps, la prestation sera testée en région lilloise. Sa généralisation se fera progressivement. Humanis a déjà dans son catalogue une offre d’intervention liée à la qualité de vie au travail. Baptisée Humania, elle est commercialisée depuis l’année dernière.

LVMH, très attractif, est en mal de fidélisation

Depuis dix ans, le groupe de Bernard Arnaud est le préféré des étudiants des écoles de commerce. Aux niveaux de qualification inférieurs, les prestigieuses marques détenues par LVMH font aussi rêver. Pour 2 454 personnes recrutées en CDI l’année dernière en France, tous métiers confondus, les services RH décentralisés ont été bombardés de dizaines de milliers de candidatures.
Ce plébiscite, que la direction explique par « la diversité des secteurs d’activité et des métiers, le grand nombre de maisons et l’étendue de [sa] présence géographique », est renforcé par des partenariats. Le roi du luxe a des liens privilégiés avec des business schools triées sur le volet et des centres de formation artisanale : écoles d’excellence de bijouterie-joaillerie, institut des matériaux souples, école des savoir-faire des maroquiniers propre à Louis Vuiton, etc. Le tout renforcé par une politique d’alternance très active. Début 2015, on dénombrait 964 contrats d’apprentissage ou de professionnalisation dans les entités françaises.
Pourtant, LVMH doit encore améliorer sa capacité à fidéliser les talents. Chaque année, un collaborateur sur six décide de quitter l’entreprise, volontairement. Le turnover groupe étant de 15,6%, à l’échelle du groupe (LVMH tient secret le ratio pour la France). Dans cet univers feutré, on démissionne plus fréquemment qu’on ne fait grève. C’est le talon d’Achille d’un géant qui parie sur la transmission du savoir-faire et investit chaque année, dans l’Hexagone, 30M€ en formation.
L’enjeu pour la DRH est de valoriser la qualité de vie au travail, y compris en matière de dialogue social. La direction se flatte d’avoir conclu l’année dernière 132 accords et vante sa capacité à maintenir les seniors en place, un collaborateur français sur cinq étant quinqua. Parmi les autres critères figurent la gestion des carrières (75% des postes pourvus en interne), le développement des talents féminins et l’équilibre de vie.

Korian : après la fusion, le social reste à bâtir

Sur le plan capitalistique, le mariage de Korian et Médica est entériné depuis mars 2014. En ce qui concerne les structures opérationnelles, c’est une autre histoire, car seules les holdings ont fusionné. Le nouveau groupe de 40 000 salariés piloté par Yann Coléou compte encore 184 sociétés dont les instances représentatives du personnel (IRP) perdurent. Leur adaptation au nouveau périmètre reste à faire, de même que le rapprochement des statuts sociaux et des accords d’entreprise, à commencer par les classifications et grilles de salaires.
C’est l’objet d’un marathon social de 18 mois, un des plus lourds jamais organisés. Pour ce faire, la DRH, Monique Rolland, préférée à son alter ego de Médica, a reçu le renfort d’un directeur des relations sociales, Laurent Huez, déniché chez ISS Group. Ils ont planifié des séances de négociation quasi hebdomadaires, avec 40 négociateurs salariés (CFDT, CGT et FO côté Korian, CFDT, CGT et Unsa pour Médica), appuyés par leurs fédérations respectives. L’un des sujets prioritaires retenus, celui portant sur la mutuelle santé, a été conclu en juin dernier. La refonte des IRP devrait faire l’objet d’un accord d’ici à octobre, en vue d’élections programmées au premier trimestre 2016. Les dossiers relatifs à la qualité de vie au travail, à la GPEC et aux rémunérations devraient suivre, les premières négociations annuelles obligatoires de la nouvelle ère couvriront l’exercice 2016.

Document

Laminée par des PSE et plans de départs volontaires successifs, l’industrie pharmaceutique ploie

La pharmacie, un des piliers de l’industrie tricolore, forte d’un chiffre d’affaires de près de 53Mds€ assorti d’un confortable excédent commercial, tremble sur ses fondements. Pour la première fois, ses effectifs tombent sous la barre des 100 000 salariés.

Le seuil psychologique est franchi : l’industrie pharmaceutique rémunérait l’année dernière 99 453 personnes. Patrick Errard, président du Leem qui fédère les entreprises du secteur, s’en alarme. Pour la sixième année consécutive, l’industrie du médicament poursuit son recul en termes d’emploi. En dix ans, les effectifs ont baissé de 5,8 %.
C’est la conséquence d’une succession de plans sociaux et d’un ralentissement des embauches. Rien qu’en 2014, 27 réorganisations ont été annoncées, assorties de PSE ou de plans de départs volontaires. En décembre dernier, les Laboratoires Pierre Fabre dévoilaient un PSE touchant 534 postes, une première dans le groupe. Précédemment, en mars, Erick Roche, président de Teva Laboratoires, jetait un froid parmi ses troupes, en annonçant la cession programmée des usines de Sens (89) et de Nevers (58). Même s’il a tenu à rassurer les équipes: « Notre priorité est de trouver un acteur industriel capable de maintenir et de développer l’activité et les emplois sur les deux sites. nous sommes confiants au vu de la proposition que nous avons reçue récemment en ce sens de la part d’un groupe industriel européen, déjà implanté en France, qui se développe notamment à l’international. » En attendant, les intéressés tremblent pour leurs jobs.

Une trentaine de restructurations

Ce virage stratégique traduit la volonté du groupe de procéder à une analyse détaillée de ses quelque 60 usines à travers le monde. Après l’acquisition de 22 entreprises pharmaceutiques au cours des 15 dernières années, il entend maintenant consolider son outil industriel, dans un contexte de baisse du prix du médicament dans tous les pays. Quelques mois plus tôt, MSD, filiale française de l’Américain Merck & Co rayait d’un trait 490 postes au siège social de Courbevoie (92), où travaillaient environ 1300 personnes, visiteurs médicaux inclus. Dans le même temps, l’usine de Riom (63) s’allège de 80 postes sur 600 et les sites d’Eragny-sur- Epte (60) et de La Vallée (43) sont promis à la vente. Bristol Myers Squibb a frappé plus fort en alignant onze plans sociaux entre 2008 et 2014, pour un total de 697 départs. «À peine finiton une réorganisation qu’une autre nous est imposée. autant dire que la confiance devient une denrée rare dans nos rangs. on peut légitimement se demander quand notre tour viendra », déplore un élu de l’Unsa.

À terme, l’emploi peut repartir dans le secteur, au profit d’un renouvellement de génération. Quelque 17000 départs à la retraite sont attendus d’ici à 2023, en plus du turn-over naturel qui libèrera 22000 postes.

Des PSE malgré de bons résultats

La compression de la masse salariale répond rarement à une difficulté avérée. Comme en témoignent les cas de Sanofi, mais aussi de Novartis Pharma. La filiale France des laboratoires d’origine suisse a pourtant mis en oeuvre un plan d’ajustement structurel en octobre dernier, au désespoir de la CFE-CGC. «ce plan de sauvegarde de l’emploi ne se justifie pas au niveau économique», fulmine le syndicat. En outre, estime-t-il, « les mesures d’accompagnement ne sont pas à la hauteur des résultats financiers du groupe dont le cours de Bourse est au plus haut». Dans ce contexte, les embauches se font rares. D’autant plus qu’il n’y a toujours pas de pacte de responsabilité dans cette branche. Pour tout engagement, le patronat propose 900 recrutements en CDI sur trois ans. L’offre est jugée inacceptable par les syndicats.

Improbable pacte de responsabilité

La CFDT observe qu’il y a eu 1 343 recrutements, dont 600 en CDD en 2013, sans pacte. « Par conséquent, l’engagement d’embauche n’en est pas un, puisqu’il ne permet même pas de couvrir le taux de renouvellement naturel des salariés de la branche. » La CFECGC croit déceler une mauvaise volonté qui serait « l’effet de la décision des employeurs de se retirer des instances de dialogue avec le gouvernement à la suite de l’injonction de réaliser 3,5Mds€ d’économies sur le médicament d’ici 2017». De ce fait, poursuit Philippe Jaeger, patron de la Fédération chimie, « le pacte de responsabilité a été traité en paritaire comme une simple formalité, répondant à une obligation légale, avec une présentation des derniers chiffres de la branche et des mesures sociales et fiscales ». Seuls les effectifs de R & D continuent de croître (+10% en 15 ans, pendant que les forces commerciales ont fondu de 20 %).
Mais l’âge d’or semble être révolu, comme en témoigne la sévère restructuration mise en œuvre dans ce domaine par Sanofi. Le Leem l’admet: « L’emploi en recherche et développement reste fragile. il se concentre sur un petit nombre d’entreprises et la tendance aux transferts vers des pays plus attractifs se poursuit », peut-on lire dans le dernier rapport de branche. Pour inverser la tendance, les employeurs se tournent vers les pouvoirs publics, invités par Patrick Errard à initier des « stratégies de financement et une meilleure lisibilité des règles d’évaluation de l’innovation ». L’État, selon lui, « doit aussi inspirer les outils d’une attractivité retrouvée en matière de production, de recherche et d’emploi». Bref, une fiscalité plus avantageuse, davantage de liberté pour la fixation des prix.

Europe

UK : un plan pour l’emploi des publics défavorisés

Le gouvernement de David Cameron vient de dévoiler un plan visant à rendre l’économie plus compétitive. Le train de mesures comprend la formation, l’investissement, l’attractivité, la fiscalité et l’épargne. Mais il touche aussi à l’emploi. Les jeunes sans qualification âgés de 18 à 21 ans sont visés en premier lieu. « Personne ne devrait démarrer sa vie professionnelle par l’aide sociale », insiste le chancelier de l’Échiquier, George Osborne. Les intéressés bénéficieront d’une mise à niveau intensive, de sorte qu’après six mois, ils soient aptes à entrer en apprentissage ou en stage.
Un autre volet concerne les personnes handicapées. Leur taux d’emploi reste inférieur d’un tiers à celui des valides (46,3% contre 76,4%). En plus des allègements de charges déjà proposés aux employeurs, ce groupe sera incité à rechercher activement un job au lieu de se reposer sur l’assistance publique. Des dispositions seront prises pour faciliter la conciliation entre la vie professionnelle et les responsabilités familiales des parents ayant un enfant, conjoint ou parent handicapés.
Plus généralement, les ménages dont les deux membres sont en activité profiteront d’aides accrues. ll existe déjà un forfait annuel de 15 heures pour les parents actifs, élevant des enfants en bas âge. Ce crédit d’heures sera doublé à partir de 2016 dans certaines régions pilotes, avant une généralisation en 2017. Par ailleurs, les familles à faibles revenus dont les deux membres travaillent seront encouragées à rester en emploi, en continuant de profiter, comme c’est déjà le cas, du remboursement des frais liés à leurs jeunes enfants, à hauteur de 85%. À partir de 2017, tout foyer placé dans la même situation pourra prétendre à la prise en charge de 20% des sommes engagées, à concurrence de 2 000£ par an et par enfant.
Les parents au chômage ne sont pas oubliés. Les Job Centres sont invités à leur apporter un soutien accru. Enfin, pour ne pas décourager les bas salaires, leur fiscalité sera allégée. Le seuil de non-imposition sera relevé à 11 000 £ dès l’an prochain, au lieu de 10 600 £ actuellement. «c’est une première étape avant l’objectif de 12500 £ d’ici à la fin de la législature », promet le gouvernement. Et l’exécutif va recommander à la Commission des bas salaires de fixer la rémunération plancher (national living wage) à 60% du niveau médian, d’ici à 2020. En octobre prochain, le minimum passera de 6,50 £ à 6,70£ de l’heure.

UE : Bruxelles reste au chevet du secteur auto

Les constructeurs automobiles se relancent, mais les effets sociaux de la crise perdurent. Le Fonds européen d’ajustement à la mondialisation (FEM) est sollicité pour aider à la reconversion des salariés licenciés par Opel en Allemagne et Ford en Belgique. 6,9M€ bénéficieront à 2693 travailleurs remerciés par la marque allemande et ses fournisseurs, à la suite de la fermeture de l’usine de Bochum, les ventes ayant baissé de plus de quatre millions d’unités entre 2007 et 2013. Du côté belge, 6,2M€ serviront au repositionnement de 4500 ex-employés de l’usine Ford de Genk et de onze équipementiers. Ils ont perdu leurs postes dans un contexte de forte chute de la production (– 15,60% en deux ans). Les subventions européennes, qui restent à confirmer par le Parlement, financeront des formations, du conseil, voire des créations d’entreprises.
La part de marché de l’automobile européenne dans le monde a diminué de 28% depuis 2011.

Scanner

PSE de Coca-Cola : FO perd son bras de fer

Par une décision du 6 juillet dernier, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise (95) rejette la requête formulée par FO, demandant l’annulation de la validation du PSE de Coca-Cola Entreprise par la Direccte Île-de-France. La procédure, qui concerne 35 salariés des services techniques et financiers, a une portée relative, le groupe ayant enchaîné les licenciements collectifs dans différents secteurs. La démarche contestataire avait été introduite en avril dernier par la Fédération générale des travailleurs de l’agriculture, de l’alimentation, des tabacs et des services annexes (FGTA), épaulée par l’avocat Dominique Riera. Celle-ci jugeait illégitime l’accord majoritaire qui soustend le plan de sauvegarde de l’emploi. Le syndicat soutient que « l’administration n’a pas suffisamment pris en compte le rôle des instances représentatives du personnel » et estime que le dispositif n’est «pas proportionné aux moyens de l’entreprise et au groupe auquel il appartient ».
Selon FO, les offres de mutation interne sont insuffisantes, la cellule de reclassement est sous-dimensionnée. Pour couronner le tout, «hormis des dispositions visant les collaborateurs âgés de plus de 50 ans, coca-cola ne propose pas de mesure véritablement opérationnelle relative à l’accompagnement des autres employés présentant des situations sociales problématiques ».
Ces arguments n’ont pas convaincu le tribunal. Primo, l’accord a été signé par des organisations totalisant plus de 50% des voix. secundo, les règles de consultation-information ont été respectées. Concernant l’attention portée au dossier par la Direccte, les magistrats constatent que les services du ministère du Travail sont intervenus à plusieurs reprises dans le dossier, afin d’en améliorer la teneur. tertio, l’accompagnement déployé demeure conforme aux termes du document paraphé par les syndicats majoritaires. Résultat, le tribunal présidé par Frank Ho Si Fat déboute la FGTA et la condamne à verser 1500€ de dommages et intérêts à la SAS Coca-Cola Entreprise, dont l’avocat réclamait le double. Un appel reste possible, mais le syndicat se veut prudent, s’abritant derrière des raisons financières. Les autres organisations, indirectement mises en cause par ces procédures, ont le triomphe modeste.

La mairie de Paris crée encore des emplois

Le bilan social de la municipalité, un pavé indigeste de près de 300 pages exclusivement constitué de chiffres, tableaux et graphiques, vient d’être présenté au comité technique paritaire. On y apprend que la ville employait 52 000 agents au 1er janvier 2015, dont une majorité des femmes, contre 51 645 précédemment. Une légère progression de 0,7% que les élus attribuent aux recrutements nécessités par l’aménagement des rythmes éducatifs (ARE). Pour le réussir, 450 contractuels avaient été titularisés et 80 postes mis au concours (au lieu de 30 les années précédentes), dont 50 par voie interne.
Cette page tournée, Paris compte s’engager dans la voie de « la rationalisation et de l’optimisation». Une partie seulement des 1 011 collaborateurs admis à la retraite, fin 2014, devraient être remplacés. De même, 900 employés détachés ou en disponibilité n’auront pas de doublures poste pour poste. La DRH ne prévoit pas plus de 300 titularisations d’ici à 2016. À la CGT qui met en garde contre l’overdose de travail, elle rappelle le recrutement de 2 867 agents vacataires en 2014 et insiste sur la valorisation des carrières. Elle en veut pour preuve la croissance de 20% du nombre de promotions.

Rayons ionisants : toujours plus de salariés surveillés

Le dernier rapport de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) se veut rassurant. L’organisme, qui effectue des recherches et des expertises sur les risques liés à la radioactivité, constate que les doses absorbées par les salariés exposés à des rayons ionisants dans le cadre de leur profession restent très majoritairement supportables. Sur près de 360000 personnes surveillées en 2014, seules neuf ont reçu des quantités supérieures à la limite réglementaire de 20 mSv fixée par le Code du travail. «les cas de dépassement concernent six travailleurs du domaine médical, deux de l’industrie non nucléaire et un seul dans cette dernière activité», précise l’institut que dirige Jacques Repussard.
Environ 96% du panel a reçu une dose individuelle insignifiante, inférieure à 1 mSv. 2% se situent dans la zone plus sensible, supérieure à 5 mSv, mais encore très loin de la limite autorisée. «À la date d’établissement de ce bilan, des enquêtes sont encore en cours pour confirmer certaines valeurs enregistrées », indique l’IRSN. Pourtant, le nombre de salariés suivis ne cesse d’augmenter (+2% l’année dernière par rapport à 2013, tous secteurs confondus. +6,7% dans le secteur nucléaire). Pour l’institut, « le pourcentage élevé de travailleurs suivis et au final non exposés suscite une interrogation sur l’adéquation de la surveillance radiologique, telle qu’elle est pratiquée aujourd’hui ». Autrement dit, le principe de précaution est exagérément appliqué.
Le ministère du Travail et la direction générale du travail (DGT) ainsi que l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) s’appuient sur l’expertise de l’IRSN en matière de protection des employés. Les intéressés font l’objet d’un contrôle médical approprié.

Accord de compétitivité en vue chez Smart France

L’usine d’Hambach (57), qui produit les petites citadines Smart, cherche à réduire le coût horaire du travail. Elle négocie un accord de compétitivité avec les syndicats. Il ne prévoit pas de gel de salaire, mais une augmentation des rémunérations : 120€ bruts mensuels pour toutes les catégories, agrémentés d’une prime forfaire unique de 100€. En contrepartie, le temps de travail hebdomadaire passerait de 35 à 39 heures par semaines. Autrement dit, une augmentation globale de la masse salariale de 6%, contre un gain de productivité de 12%. L’équation ne paraît pas équilibrée aux yeux de tous les syndicats. Engagées mi-juin, les négociations se poursuivent.

Confidences

FERMETÉ

Des personnalités de la majorité mettent en doute la détermination du gouvernement à lutter contre le travail illégal. Le député PS Jacques Cresta (Pyrénées-Orientales) regrette que le décret du 1er avril 2015 ne comporte pas, alors que c’était prévu, une liste noire des entreprises ayant des pratiques anticoncurrentielles, afin de les exclure des commandes publiques. Son collègue écologiste Paul Molac (Morbihan) souligne que l’exécutif « laisse se développer aux portes de Paris des ateliers clandestins ».
L’opposition n’est pas en reste. Marianne Dubois (Les Républicains) réclame des contrôles plus fréquents et musclés.

MAILLAGE

L’Assemblée des Français de l’étranger (AFE) invite le service public de l’emploi à jouer un rôle plus important auprès des chômeurs candidats à l’expatriation. Ils seraient au nombre de 146 000. Il existe bien une entité Pôle emploi international censée les épauler, mais elle est basée à Paris et manque de relais en province. L’organisme lui demande un redéploiement des conseillers spécialisés, au nom de l’égalité des citoyens. Sa revendication fait poliment tousser.

LAÏCITÉ

L’association Dialogues, qui fait phosphorer partenaires sociaux, experts et hauts fonctionnaires, devrait publier à la rentrée une note synthétisant ses réflexions sur la gestion du fait religieux en entreprise. Un groupe de travail piloté par l’avocat Jean- Claude Javillier, professeur à l’université de Paris-II, planche depuis le début de l’année sur ce sujet. Précédemment, l’ANDRH, l’Institut Randstad, et le Conseil économique social et environnemental se sont escrimés sur cette question qui reste d’actualité.

Acteurs

ANDRÉ MILAN

L’ex-secrétaire général de la Fédération générale transport et équipement (FGTE) de la CFDT entame une troisième vie comme consultant. BPI Group, cabinet spécialiste de l’accompagnement RH, vient de l’embaucher en tant qu’expert en ingénierie sociale. Celui qui a été communicant, cadre commercial et administrateur de filiale au sein de la SNCF avait embrassé une seconde carrière, en tant que syndicaliste. Ce qui l’a conduit jusqu’au bureau national confédéral de la CFDT.

FRANÇOIS MOMBOISSE

La Fédération des entreprises de ventes à distance (Fevad), qu’il préside, n’est pas peu fière des performances du e-commerce, tant sur le plan économique qu’en ce qui concerne les emplois. Les 157 300 sites actifs dans l’Hexagone ont généré, l’an dernier, un chiffre d’affaires de 56,8Mds€, en hausse de 11%. Cela place le marché français au sixième rang mondial. Le secteur reste porteur. Les sociétés de la branche rémunèrent déjà 112 000 salariés et 48% d’entre elles prévoient une augmentation de leurs effectifs cette année.

ALAIN CORDESSE

Le président de l’Union des employeurs de l’économie sociale et solidaire (Udes) réunit ses troupes, le 1er octobre à Paris, pour une convention sur le thème des « Nouveaux modèles de croissance » dont le secteur serait porte-drapeau. L’Udes fédère 28 groupements et syndicats d’employeurs (associations, mutuelles, coopératives) et 14 branches et secteurs professionnels. Elle dit représenter 70 000 entreprises et un million de salariés.

STÉPHANE PINTRE

Président du Syndicat national des directeurs généraux des collectivités territoriales (SNDGT), il veut jeter un pont entre deux générations de cadres qui se côtoient au sein des collectivités : la sienne et celle des dirigeants de moins de 40 ans, que l’on qualifiait il y a peu de génération Y. Il place le prochain congrès de son organisation, prévu du 1er au 3 octobre à La Rochelle, sous ce thème générique.

CATHERINE LASSALE

Directrice des affaires scientifiques et médicales du Leem (les entreprises du médicament), elle vient d’être évincée de la Commission de la transparence de la Haute Aurorité de santé. Les industriels de la pharmacie jugent inéquitable la composition de cette instance au sein de laquelle siègent les caisses d’assurance maladie.

Coulisses

SIEMENS

Le conglomérat se veut champion de la formation professionnelle dans les 200 pays où il est implanté, mais l’intensité de son engagement en faveur de l’apprentissage varie. Elle est dissemblable des deux côtés du Rhin. En Allemagne, le groupe accueille 10 000 alternants. Ce qui lui vaut la première place au palmarès des entreprises apprenantes. En France, l’effort reste proportionnellement limité. Siemens se flatte de proposer « 200 nouveaux contrats en alternance tous les ans » (niveau bac à bac + 5).

CADRAGE

Un accord sur le dialogue social vient d’être signé au sein de la branche des offices publics d’habitat (OPH). C’est la fin d’un long processus entamé en décembre 2014. Le texte approuvé par cinq organisations syndicales sur sept harmonise les pratiques de dialogue social entre les différentes entreprises du secteur. Il définit un cadre général pour l’aménagement du temps et la charge de travail des élus du personnel et fixe des modalités de reconnaissance des fonctions syndicales, notamment par la validation des compétences acquises en cours de mandat.

FORMATION

Le Fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels (FPSPP) donne un coup d’accélération à la formation professionnelle. Il déboursera, d’ici à la fin de l’année, 260M€ supplémentaires. Sur cette somme, 31,7M€ seront versés à Pôle emploi pour financer le Plan 40 000 formations pour les TPE-PME annoncé par le gouvernement début juin. En outre, 88,2M€ bénéficieront aux demandeurs d’emploi et 84M€ aux salariés. Le solde irriguera des projets liés aux reconversions individuelles et aux mutations économiques.

CHEMINOTS

La contractualisation a le vent en poupe à la SNCF, où trois accords d’entreprise ont été signés en ce début d’été. Le dernier en date, approuvé le 10 juillet par la CGT, l’Unsa et SUD, pour trois ans, concerne la mixité et l’égalité professionnelle. Il améliore un dispositif existant depuis 2006. Les deux précédents, signés le 30 juin au sein de SNCF Réseau (CFDT, Unsa, CFE-CGC) et de SNCF Mobilité (CFDT, Unsa), ont trait à l’intéressement.
C’est une nouveauté au sein de l’entreprise publique où plusieurs syndicats restent opposés au principe. Les salariés concernés recevront pour la première fois l’année prochaine une prime d’environ 400 € si les objectifs sont atteints en 2015.

RECONVERSION

Michelin révise à la hausse la création d’emplois de substitution à Tours (37), où le groupe ferme une partie de son usine en supprimant 706 emplois. Le site, reconverti dans le cadre d’une convention de revitalisation, accueillera 800 emplois, au lieu des 700 initialement prévus. En outre, Bibendum étudiera sa participation à un fonds d’investissement dédié à la « French Tech Loire Valley », un projet visant 6 000 emplois d’ici 2025, grâce aux innovations et au tourisme d’affaires. En revanche, 150 postes liés à des activités de Michelin Solutions (gestion de flottes d’entreprise) ne verront pas le jour.

ESPACES

Boudé dans un premier temps, le concept de Siemens Office décolle. Il allie télétravail et nomadisme au sein de l’entreprise. Le principe repose sur le libre choix du poste de travail et le partage de tous les espaces. Dans les locaux du groupe, l’occupation de l’espace à un moment donné se fait en fonction des besoins du collaborateur. Selon qu’il organise une réunion, a besoin de confidentialité, de créativité, de concentration, il réserve un lieu, doté du mobilier adéquat. Siemens Office concerne environ 2 000 télétravailleurs et 3 000 itinérants, selon la direction.

PLAIDOIRIE

De sa plus belle plume, le député socialiste Patrick Gille a écrit à François Hollande (« Cher François ») pour défendre le maintien de l’établissement du CEA à Monts (37), promis à la fermeture. Ses arguments tiennent à la fois de l’économique et du stratégique. La réponse, venue d’Isabelle Sima, chef de cabinet du président de la République, est un dégagement en touche : le courrier a été transmis à Jean- Yves Le Drian, ministre de la Défense, qui répondra à l’élu d’Indre-et-Loire.

IMBROGLIO

L’interminable feuilleton de la création d’une UES regroupant les sociétés du groupe d’ingénierie Akka rebondit. Après trois ans de négociations infructueuses entre syndicats et direction, FO a saisi le tribunal d’instance de Toulouse, car la direction refuse d’inclure la société mère Akka Technologies dans le périmètre. Un jugement de janvier 2014 lui donne raison. Le groupe fait appel. En attendant, des élections s’organisent, mais les discussions sur le protocole électoral échouent pour divergences sur le découpage. La CFDT et la CGT alertent la Direccte Rhône-Alpes. Celle-ci propose d’élire des CE dans huit établissements et des délégués du personnel dans 13 autres.

Eurobrèves

ALLEMAGNE

Berlin veut en finir avec la sous-utilisation des compétences des immigrés. Beaucoup d’entre eux se contentent d’emplois sous-qualifiés pour cause de non-validation de leur diplôme. Un dispositif mis en place en 2012 pour faciliter la reconnaissance des titres acquis à l’étranger fonctionne bien, selon un premier rapport. En 2013, 96% des 13 000 dossiers traités ont abouti à une validation totale ou partielle. Les deux tiers des requêtes concernaient des professions de santé, l’un des secteurs les plus exposés à la pénurie.

UE

La Commission européenne invite les décideurs des pays membres de l’UE à plancher sur le cas espagnol d’activation des demandeurs d’emploi qui a la particularité d’être décentralisé. Un atelier est organisé les 5 et 6 octobre prochain, à Madrid. Les participants vont échanger sur les avantages d’une coordination entre objectifs locaux et stratégie nationale. Ces benchmarkings sur les politiques de l’emploi sont organisés dans le cadre du programme « Peer Review». Il y en aura un à Oslo, les 24 et 25 septembre, axé sur les réformes du marché.

UK

Le salaire annuel médian d’un jeune diplômé était, en septembre 2014, selon le ministère de tutelle, de 31 000 £ (44 662 €), soit près de 13 000 € de plus que le débutant de qualification inférieure. Cela représente une baisse de 11% par rapport au niveau d’il y a cinq ans, déplore la confédération syndicale TUC, soit un manque à gagner de 1 000 £ (1 440 €), déplore l’organisation qui voit là la preuve qu’il se crée moins d’emplois de qualité.

BELGIQUE

Les partenaires sociaux demandent au gouvernement s’assouplir les mesures antifraudes récemment mises en œuvre. Elles visent principalement la sous-traitance factice, l’abus du statut d’indépendant, le détachement de travailleurs étrangers, la resquille aux allocations sociales et le trafic de viande. Les amendes encourues sont doublées. Syndicats et employeurs soutiennent la démarche, mais souhaitent que les autorités « ne pénalisent pas inutilement les acteurs de bonne foi ».

LUXEMBOURG

Employeurs et syndicats de l’artisanat viennent de signer un accord historique sur la formation professionnelle. Soutenu par le gouvernement, il concerne 2 500 entreprises et 38 000 salariés. Il va notamment permettre la création de deux centres de compétences spécialisés.

Décideurs

MARIE-HÉLÈNE ANGELLOZ-NICOUD, directrice de l’Ehpad Joseph Avet de Thônes (74), est réélue présidente de la Conférence des directeurs d’établissements pour personnes âgées et handicapées.

CÉCILE AVEZARD est nommée DRH du ministère de l’Écologie et du ministère du Logement, en remplacement de FRANÇOIS CAZOTTES, qui rejoint le Conseil général de l’environnement et du développement durable (CGEDD).

YANN DE BÉNAZÉ, PDG de la société Profine, est le nouveau président du Syndicat national de l’extrusion plastique, profilés et compounds.

BRUNO BERGOEND, DG de Technofan (groupe Safran), devient président de l’UIMM Midi-Pyrénées. Il remplace JEAN LUMINET.

ANNE-LAURENCE FAROUX rejoint le cabinet d’avocats Simon Associés comme associée au sein du département social et RH. Transfuge d’Allen & Overy, elle a précédemment exercé chez Soland, puis Castaldi Mourre, Herbert, Smith.

MARC GAZAVE est nommé sous-directeur de la gestion des personnels et des parcours professionnels au sein du secrétariat général des ministères économique et financier.

MARIE-CLAIRE LAMBOLEY est chargée de la coordination et de l’animation de l’apprentissage et du service civique au ministère de la Culture.

JACQUES MENICUCCI, DG délégué d’Allios, accède à la présidence de la Fédération des industries des peintures, encres couleurs, colles et adhésifs (Fipec). Il succède à MICHEL DUFOUR.

RAOUL DE PARISOT, cadre dirigeant du groupe Vicat, devient le nouveau président du Syndicat français de l’industrie cimentière (Sfic).

MYRIAM SECQ est nommée responsable du développement des ressources humaines de Securitas Direct. Elle a occupé des fonctions liées à la formation et au développement managérial chez Renault, Ubisoft et Vente privée.

JEAN-RÉMY TOUZE prendra, en septembre, le poste de DRH du groupe pharmaceutique Guerbet. Passé par Plastic Omnium au poste de DRH des activités industrielles, il officie depuis 2002 chez Siemens où il était vice-president HR France.

EMMANUEL VIELLARD, patron de Lisi Aerospace, est réélu à la présidence du Groupe des équipements aéronautiques et de défense (GEAD).

Agenda

« CANCER AND LABOUR MARKET OUTCOMES »

Workshop international organisé par le Centre d’études de l’emploi, l’Irdes et l’équipe de recherche sur l’utilisation des données individuelles en lien avec la théorie économique (Erudite-universté Paris-Est). Étude statistique des survivant et patients atteints de cancer (sexe, âge, niveau d’étude) et leur maintien ou retour à l’emploi. Qualité du travail après le traitement, impact de l’aide, etc.

Les 28 et 29 septembre, à Paris.
healthparis2015@cee-recherche.fr

« NÉGOCIER, RÉGULER, ACCOMPAGNER. LA RELATION FORMATION EMPLOI AU PRISME DES BRANCHES PROFESSIONNELLES »

Dans le cadre de la Biennale du Céreq, cette journée est destinée à présenter les récentes études menées par le centre et à les soumettre à la discussion des parties prenantes : partenaires sociaux, régions, responsables de formation. Deux tables rondes auront lieu sur les enjeux de la construction des politiques de branche et le point de vue des acteurs.

Le 7 octobre, à Paris.