La lettre du 25 septembre 2014
Focus

Inspection du travail : tiraillements au ministère

Le Conseil national de l’inspection du travail (CNIT) monte en puissance. Cette instance, créée par un décret de mars 2007 signé par Dominique Villepin alors Premier ministre et placé sous la quadruple tutelle des ministères de l’Emploi, des Transports, de la Justice et de l’Agriculture, a pour mission de garantir l’indépendance des gendarmes du travail. Après un démarrage aussi laborieux que discret à partir de 2008, il est en passe de devenir le lieu d’expression du blues des contrôleurs et inspecteurs. Voire de se muer en terrain d’affrontement entre les fonctionnaires, jaloux de leur autonomie, et leur hiérarchie, ministre compris. « Le Conseil peut être saisi par tout agent de tout acte d’autorité administrative qui serait de nature à porter directement et personnellement atteinte aux conditions dans lesquelles il exerce sa mission », est-il précisé dans le décret.
Mais le texte prévoit aussi d’éventuels recours de l’administration de tutelle ou de tout autre ministre en charge d’un service d’inspection. Autrement dit, l’instance intervient dès que les rouages de l’administration se grippent. L’organisme, dont l’activité courante est supervisée par le directeur général du travail, Yves Struillou – qui en assume de droit le secrétariat – est en réalité administré par un grand commis du ministère, Philippe Dingeon. Le CNIT en est à sa 17e saisine. Il s’est réuni à trois reprises cette année, successivement début février, fin mai et mi-juillet. Parmi les derniers dossiers instruits figurent les récriminations d’une fonctionnaire désavouée par sa hiérarchie, et même houspillée par des structures du Medef, après avoir détecté des irrégularités manifestes relatives au temps de travail chez Tefal à Rumilly (74).

Le Conseil a clairement regretté que, dans cette affaire, alors que l’agent se trouvait sous la pression des employeurs, « aucune intervention publique des autorités administratives ne soit venue condamner et rappeler les principes de droit interne et international qui garantissent l’indépendance de l’inspection du travail ». Précédemment, Michel Sapin lui-même avait jugé utile, face à la fronde d’une partie de la corporation à l’encontre de son projet de « ministère fort » de saisir le Conseil. Son texte n’en est pas sorti totalement indemne. Le CNIT y a relevé plusieurs «points de vigilance ». Il juge nécessaire de prévoir une procédure d’arbitrage au cas où des divergences d’analyse apparaîtraient entre techniciens du droit du travail et chefs d’unité. Le conseil a suggéré la même procédure au cas où se présenterait un risque « d’influence extérieure indue ». Ces précautions ne suffisent pas à rassurer les syndicats CGT, FSU et SUD. Ils font un recours en Conseil d’État contre le décret Sapin modifiant l’organisation de l’inspection du travail et en demandent l’annulation.

Entreprises

Un plan de formation sans précédent à La Poste

La DRH de La Poste, Sylvie François, s’apprête à déployer dès cette année le plan de formation pluriannuel devant accompagner le projet stratégique 2015-2020 de l’opérateur public, même si l’accord global censé en calibrer le volet social a capoté la semaine dernière. Négocié pendant près de quatre mois et signé par quatre organisations (CFTC, CFDT, CGC et Unsa) représentant 28,57% des voix, ce texte reste juridiquement inapplicable.
Cachant mal sa déception, Sylvie François maintient néanmoins le colossal investissement de 450M€ supplémentaires étalés sur cinq ans, venant s’ajouter à une mise habituelle de 253M€ par an. L’objectif est de former tous les ans au moins 80% des 360000 postiers de la maison mère, contre 40 à 50% jusqu’à présent. Il ne s’agira pas d’un simple saupoudrage, mais bien d’un plan destiné à entretenir l’employabilité des intéressés. Soit pour les préparer aux nouveaux métiers que le groupe compte embrasser afin de pallier le déclin du courrier, soit dans le but d’améliorer leurs compétences dans leur spécialité du moment, soit encore pour fluidifier la mobilité. Le ratio sera donc de cinquante à une centaine d’heures par tête de pipe. Et tout postier passera par un cursus au moins une fois tous les deux ans.

Des milliers de parcours qualifiants sanctionnés par une certification interne ont déjà été identifiés, comme ceux menant à la double compétence de facteur-guichetier en zone rurale ou de conseiller de clientèle professionnelle. S’y ajoutent des filières VAE et des cycles diplômants. Les besoins individuels de formation hors plan d’entreprise ne sont pas oubliés. Ils devraient représenter autour de 20% de l’effort du groupe à l’horizon 2020, contre moins de 5% actuellement. Par ailleurs, insiste la DRH, une attention particulière sera portée à ceux qui se situent au bas de l’échelle (les classes 1 et 2 dans le jargon maison). Ils étaient jusqu’à présent proportionnellement désavantagés, au profit des cols blancs. Néanmoins, quelque 30000 cadres auront droit à un programme de développement managérial dans lequel les aspects RH seront mis en relief.

BNP Paribas : une charte européenne convenue

Une charte de l’égalité européenne entre en vigueur dès ce mois de septembre dans le groupe BNP Paribas. Elle a été signée la semaine dernière par le DRH groupe, Yves Martrenchar, Uni France représenté par Élise Buckle et Sébastien Busiris, le secrétaire du comité européen, Gabriel Di Letizia, ainsi que des membres des la Fédération européenne des cadres de la finance, Fecec. Beaucoup de parrains pour un texte n’ayant pas la force d’un accord. Le projet d’une quinzaine de pages, élaboré depuis juin dernier, n’a d’ailleurs pas été toiletté avant d’être paraphé. En six chapitres, la banque s’engage à garantir l’égalité des chances et des progressions des carrières, et cela dès la sélection des candidatures. Ce qui est déjà une obligation légale en France. Tout comme les dispositifs touchant à la promotion des femmes aux postes de responsabilité et les droits aux congés parentaux.
Seules deux innovations se détachent. Primo, le développement des réseaux féminins au sein du groupe, au travers des associations BNP Paribas MixCity censées essaimer dans tous les pays couverts par le texte. Secundo, la recherche de la mixité au sein des instances représentatives du personnel. Les syndicats ne sont pas exemplaires en ce domaine.

Unsa : Luc Bérille, candidat à sa succession

Le secrétaire général du syndicat réformiste a dévoilé un secret de polichinelle, le 18 septembre dernier devant le conseil national du mouvement, en se déclarant candidat à sa propre succession, lors du congrès prévu à Montpellier, du 31 mars au 2 avril prochain. Quelque 1 200 délégués seront appelés à désigner non seulement un timonier, mais une équipe complète pour conduire la galaxie Unsa (qui n’est pas une confédération).
« J’ai décidé de me présenter pour un nouveau mandat à la tête d’une équipe qui alliera renouvellement et continuité », a indiqué Luc Bérille, héritier de l’emblématique Alain Olive, aux commandes depuis deux ans et demi. L’ancien leader des enseignants Unsa n’a pas manqué de mettre en relief son expérience, sa connaissance intime de l’organisation ainsi que sa maîtrise des nombreux sujets de négociation interprofessionnelle en cours ou à venir. Il résume sa profession de foi en un slogan choc : « Rajeunir, féminiser, ouvrir au secteur privé. » Luc Bérille, sans doute candidat unique, s’engage à réaliser « l’objectif cent fois énoncé dans nos rangs mais jamais atteint, celui d’avoir enfin un secrétariat national à parité hommes-femmes ».

À défaut, il se rapprocherait le plus possible de ce ratio. Pendant les quatre ans de son potentiel second mandat, il compte oeuvrer au développement du syndicat, encore dominé par des structures du secteur public, dans les entreprises privées. À 57 ans, l’ex-instituteur assure avoir « suffisamment d’énergie et de crédit » et insiste sur la particularité du mode de scrutin. Selon les statuts, le conseil national (qui définit les grandes orientations dans le cadre des mandats adoptés par le congrès) élit le secrétariat national à l’occasion du congrès sur la base d’un scrutin de liste.
Toutefois, le staff issu du précédent congrès a été un peu modifié : Guy Barbier, à la tête de l’influente Unsa Fonction publique, y a remplacé de facto Élisabeth David. Tandis que Jean- Marie Truffat est devenu trésorier national, par ailleurs chargé de la formation professionnelle, à la place de Jacques Bory.

L’État peine à harmoniser les droits syndicaux

D’une seule voix, CGT et CFDT pressent la ministre de tutelle, Marylise Lebranchu, d’aligner les moyens syndicaux des représentants du personnel territorial sur ceux de leurs homologues de la Fonction publique de l’État et de la filière hospitalière, mieux traités. La revendication concerne notamment le crédit temps et les conditions de son utilisation.
La question, examinée depuis 2011, n’a toujours pas été réglée et l’impatience s’est faite plus perceptible au cours de la séance du Conseil supérieur de la Fonction publique territoriale (CSFPT) du 17 septembre dernier. La loi prévoit que l’autorité territoriale attribue aux organisations un crédit global d’heures, qu’elles se répartissent. 25% sont partagés à égalité entre syndicats représentés au Conseil, 75% sont attribués proportionnellement au nombre de voix obtenues au comité technique de la collectivité concernée ou du centre de gestion pour les structures de moins de 50 agents. Or, le crédit varie selon la taille des entités qui, elle-même, peut se modifier. Cela va de 100 à 2 500 heures par mois. D’où une multitude de situations, sachant qu’il existe plus de 40 000 employeurs locaux «qui interprètent les textes chacun à leur façon», tempête la CFDT. « Le droit de recours de l’agent n’est pas suffisamment garanti », ajoute la CGT.

Afpa : État et régions retardent la refondation

Prévoyant, le tandem constitué d’Yves Barou (président) et d’Hervé Estampes (directeur général) planche sur une version 2 du plan Refondation censé remettre l’Afpa sur les rails. Le précédent, lancé il y a deux ans, patine, accusant un an de retard, malgré un plan drastique d’économies, incluant réduction du train de vie et des effectifs par des départs volontaires, ainsi qu’une politique commerciale offensive. « L’afpa se porte mieux que l’an dernier, mais n’est pas sortie d’affaires », dit en substance le DG à ses troupes, dont il reconnaît l’exceptionnelle mobilisation.

Paradoxalement, l’État freine les efforts de redressement. D’un côté, il clame son intention d’investir massivement dans la formation des demandeurs d’emploi. De l’autre, il étrangle l’institution en lui réclamant 5,5M€ d’arriérés de loyer pour l’occupation de sites. Soutenue par les représentants du personnel et même des leaders syndicaux dont le patron de FO, Jean- Claude Mailly, la direction réclame un arbitrage de Matignon.
Par ailleurs, l’objectif de 100 000 entrées en formation de demandeurs d’emploi se fait attendre malgré les annonces répétées. Ce n’est pas tout. Les régions, autres bailleurs de poids, réduisent leurs commandes pour cause de difficultés. Pire, elles tardent à régler leurs factures. Certains conseils régionaux ne paient qu’après un délai de neuf, voire dix mois. Conséquence : le besoin en fonds de roulement se dégrade de 30 à 40M€. En outre, l’objectif de chiffre d’affaires ne sera pas atteint, malgré un incontestable progrès commercial. La direction tablait sur 784M€. Elle espère maintenant, dans un contexte économique général atone, 770M€ au mieux, pour un excédent brut d’exploitation nul dans le meilleur des cas au lieu des 2M€ prévus.
Direction et syndicats entendent obtenir des pouvoirs publics un soutien à la mesure de l’enjeu. Le plan Refondation 2 anticipe le redécoupage territorial et prévoit une adaptation de l’offre.

CDC: le GIE Informatique au bord de l’explosion

Les représentants de l’Unsa au sein de l’établissement public, Luc Dessenne et Nathalie Boucly, viennent d’écrire à la présidente d’Informatique CDC et secrétaire générale du groupe, Catherine Mayenobe. Ils s’alarment du départ du plus gros client de la structure, la Caceis. Cela représenterait un manque à gagner de 15M€ et mettrait en péril une vingtaine d’emplois. Ce ne serait que la partie visible de l’iceberg, car Informatique CDC, entreprise dans l’entreprise, va mal depuis de nombreuses années. Un millier d’informaticiens travaillant pour la Caisse des dépôts appartiennent à une unité économique et sociale (UES), elle-même constituée de deux GIE distincts.
L’un, appelé ICDC, réserve ses prestations à l’établissement public CDC et à son émanation, CDC Placement. Il était prévu que cette structure intervienne aussi pour le compte de Dexia, Natixis et Caceis. Mais ces derniers s’en retirent à tour de rôle. La SSII interne devient un boulet. ICDC est prié d’améliorer sa productivité, de réduire sa masse salariale et de recruter d’autres donneurs d’ordres dans la sphère publique afin d’abaisser les charges. À ce jour, un seul établissement public, l’Inpi, s’est laissé séduire. Le second GIE, baptisé CNP-TI, connaît les mêmes difficultés. Mis en concurrence avec prestataires extérieurs, il reçoit de moins en moins de commandes internes. Dans ces conditions, les syndicats craignent pour l’emploi.

Document

Restructurations, plans sociaux : les syndicats assurent mais ne rassurent pas toujours

Dans les entreprises qui ont connu de fortes restructurations, telles que Renault ou PSA Peugeot Citroën, les syndicats signataires d’accords de compétitivité se flattent d’avoir directement contribué à sauvegarder des emplois et à maintenir l’activité, sinon à en limiter le recul. Pourtant, selon une étude, leur entremise ne semble pas primordiale aux yeux des salariés qui privilégient, en cas de secousses sociales, les contacts directs avec la hiérarchie et les équipes de direction. Une pierre dans le jardin des organisations représentatives.

Le délégué syndical central CFDT de Renault, Françk Daoût, est aussi fier que le PDG, Carlos Ghosn, des résultats enregistrés par Renault au 1er semestre de cette année. Dans un marché mondial en hausse de 4,1 %, le constructeur progresse de 4,7% en volume. Et gagne des parts de marché en Europe (+1%). Une tendance qui s’inverse par rapport aux années précédentes « puisque c’est l’Europe qui compense la chute des émergents », souligne la direction. Le cédétiste n’en doute pas, le « Contrat pour une nouvelle dynamique de croissance et de développement social de Renault en France», alias contrat de compétitivité signé en mars 2013 par son organisation, mais aussi par Laurent Smolnik de Force ouvrière et Dominique Chauvin de la CFE-CGC, « est contributeur dans les résultats. on en récolte les premiers fruits aujourd’hui. C’est l’effort des salariés et des fournisseurs qui est ici mis en valeur ». Et ce n’est pas fini, insiste la Fédération générale de la métallurgie (FGMM).

Des charges bienvenues pour les usines françaises

Pour preuve, la firme a précisé, le 15 septembre dernier, que les 130000 châssis de la future Nissan Micra seront produits au Mans (Sarthe). Cela excède même l’objectif initial de 80 000 unités. Ce surcroît d’activité représentera 8% de la fabrication et génèrera de 7M€ d’investissement tout en faisant travailler 2200 salariés. Par ailleurs, les syndicats signataires attendent des retombées du deal passé cet été entre leur employeur et son homologue italien Fiat pour la construction d’un premier volume de véhicules du modèle Trafic à Sandouville (Haute-Normandie).

Le site de Dieppe (Seine-Maritime) produira, quant à lui, dans les prochains mois, la Bluecar de Bolloré. Après avoir produit 18 000 Citan en 2013, le site de Maubeuge (Nord-Pasde- Calais) va poursuivre sa collaboration avec Mercedes et accueillir la Kangoo phase trois. On en aurait presque oublié la réduction de 15% des effectifs, soit 7500 emplois détruits (sans plan social toutefois), la cadence accélérée dans tous les sites, avec un accroissement de 6,5% du temps de travail, la refonte des comptes épargne temps et le gel des salaires en 2013.

En cas de restructuration ou de plan social, la grande majorité des salariés reconnait que les solutions palliatives négociées par les syndicats amortissent le choc.

Un bilan d’étape positif du « Nouveau contrat social »

Chez PSA Peugeot Citröen, où les syndicats ont conclu un accord du même genre baptisé « Nouveau contrat social » se traduisant par des sacrifices de la part des salariés en échange d’une moindre destruction d’emplois, la CFTC fait une analyse tout aussi satisfaisante. « Un an après la signature et huit mois après l’application, du texte, les contreparties positives négociées dans le NCS sont un succès », dit son représentant.
Si le constructeur au lion claironne moins que son concurrent, les syndicats signataires (CFTC et FO) énumèrent les avantages obtenus. « Le congé senior a dépassé très rapidement les niveaux attendus, preuve que cette mesure était attendue par une grande majorité des salariés », assure le représentant CFTC, Franck Don. Au point d’avoir intéressé après-coup, et à titre personnel, des membres de syndicats non-signataires.

Le télétravail instauré dans ce cadre est aujourd’hui ouvert à un millier de collaborateurs. Et l’employeur s’apprête à tenir l’engagement de verser un complément de participation ou d’intéressement, d’au moins 500€ par tête. Le syndicat chrétien se félicite d’avoir contribué à ce que chaque salarié « prenne conscience de la situation de l’entreprise et de la nécessité de faire des efforts ». Ceux-ci comprennent la modération salariale, la modulation collective du temps de travail, la suspension de tout abondement au plan d’épargne prévoyance et le retour à l’application de barèmes légaux et conventionnels en matière d’heures supplémentaires.

Une étude relativise l’influence syndicale

Pourtant, une enquête menée à partir de données Insee par deux experts de la Dares, Julien Deroyon et Fabrice Romans, indique que « dans les établissements en difficulté, les salariés sont bien informés de la situation, mais sollicitent peu leurs représentants ». La direction échange davantage avec les collaborateurs lorsque des négociations sur la baisse des effectifs sont engagées. En revanche, au dire des salariés interrogés dans le cadre de cette étude, le degré de dialogue avec les représentants du personnel ne varie pas. Pire, dans les situations tendues, les employés se tournent plus vers la direction et la hiérarchie que vers les syndicats.
Le paradoxe s’explique, selon les auteurs. Les employés ont une opinion favorable des instances représentatives du personnel. Mais ils jugent leur capacité d’influence faible, excepté lorsqu’il s’agit de chômage partiel, une situation moins dramatique. Les organisations peuvent se consoler en apprenant qu’une fois signés les accords dits de compétitivité, le personnel juge les solutions défensives adoptées (gel des salaires, ajustement de l’emploi, départs volontaires, mesures d’âge) moins violentes et donc plutôt bien négociées.

Europe

Allemagne : le chômage ne fait presque plus peur

Aen croire le baromètre R+V Infocenter, appendice d’un des plus grands assureurs coopératifs, la peur du chômage et du dénuement s’estompe nettement cette année. Ces appréhensions liées à la situation économique arrivaient traditionnellement en tête de ce sondage annuel. Les chiffres publiés ce mois-ci indiquent que le nombre d’Allemands redoutant une crise recule de neuf points sur un an, à 41%. La proportion de ceux qui s’inquiètent pour leur job tombe à 33%, en baisse de six points sur la même période. Soit le plus bas niveau depuis la création de ce sondage, en 1992.

Ces indicateurs sont étayés par une situation au beau fixe. Les exportations ont atteint « un nouveau record historique en juillet dernier, franchissant la barre de 101Mds€ », selon l’Office fédéral des statistiques. Sur les sept premiers mois de l’année, les livraisons à l’étranger sont en hausse de 3,3% par rapport à 2013, année où les facturations hors frontières avaient été évaluées à 1 093,8Mds€.
La Coupe du monde remportée haut la main par la Mannschaft cet été accentue le regain de confiance. Toutefois, souligne l’étude de R+V Infocenter, la société allemande est toujours agitée par un certain nombre de craintes. Elles concernent principalement la hausse du coût de la vie (58%), les populations les plus fragiles restant les plus concernées par cet item. Les risques de catastrophes naturelles arrivent au second rang (51%) devant la vieillesse et la dépendance. Au hit-parade des 15 peurs les plus partagées par les Germaniques, la perte d’emploi n’arrive qu’au douzième rang.
En France, une enquête du même genre diligentée par l’Observatoire Axa et réalisée par l’institut CSA place, cette année, la fiscalité et le maintien du pouvoir d’achat en tête des préoccupations.

UE : enquête sur l’aide à Fagor et Mory Ducros

La Commission européenne a annoncé, le 19 septembre, l’ouverture de deux enquêtes approfondies distinctes afin de déterminer si des prêts et facilités consentis par le gouvernement français à FagorBrandt et Mory Ducros sont compatibles avec les règles concurrentielles de l’UE, comme le soutiennent les autorités françaises. En novembre 2013, Arnaud Montebourg, alors ministre du Redressement productif, avait annoncé la mise en place d’un dispositif d’accompagnement exceptionnel et temporaire, visant à aider les entreprises de taille intermédiaire (ETI) viables, mais traversant des difficultés conjoncturelles et faisant l’objet de procédures de licenciements collectifs. Il avait mobilisé dans ce but un Fonds de développement économique et social, alias FDES, nanti d’une dotation financière de 300M€ en 2014. FagorBrandt et Mory Ducros, en redressement judiciaire, en ont été les premiers bénéficiaires. Le spécialiste de l’électroménager a profité d’un prêt de 10M€ en novembre 2013, suivi d’un second coup de pouce de 47,5M€ en avril 2014. La société pourrait également faire l’objet d’un abandon de créances sociales et fiscales.
Pour sa part, le transporteur Mory Ducros a encaissé dans les mêmes conditions un prêt FDES de 17,5M€ en février 2014. Cette rallonge aurait été accompagnée d’une prise en charge par l’État de mesures sociales. L’ouverture d’une enquête approfondie permet aux tiers impliqués dans les dossiers de présenter leurs observations et leur défense, sans préjuger de l’issue des investigations.

Scanner

La métallurgie s’adapte à la réforme de la formation

Entamées en juillet dernier, les négociations entre les partenaires sociaux de la métallurgie en vue d’adapter le dispositif de branche à la loi du 5 mars 2014 sont bien avancées. L’Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM) reconduira sans doute la politique d’abondement en vigueur dans le secteur, et la liste des formations éligibles au compte personnel de formation est en cours d’établissement. L’organisation patronale est prête à s’engager sur un texte paritaire incluant des engagements qualitatifs et quantitatifs dans le domaine de l’alternance.
Ce projet devrait être examiné lors du prochain round de négociation, prévu le 30 septembre. Toutefois, plusieurs points sensibles restent à régler. Notamment les conditions dans lesquelles les métallos pourront mobiliser leur compte personnel de formation, sur le temps de travail ou en dehors. La reconnaissance des formations certifiantes, la formation des tuteurs et maîtres d’apprentissage font aussi l’objet de débats qui ne sont pas clos. En attendant, dans les structures régionales de l’Adefim (Association de développement des formations des industries de la métallurgie), c’est la ruée vers les prises en charge avant l’extinction de certains dispositifs, les premiers décrets d’application de la loi étant parus en août et septembre. À l’image du directeur de la structure francilienne, Bertrand Patier, les gestionnaires de l’Adefim promettent de « faire l’impossible » pour traiter cet afflux inhabituel avant la fin de l’année. Tout en demandant aux entreprises d’anticiper le dépôt des dossiers.

Pacte de responsabilité à plusieurs vitesses

Les contreparties au pacte de responsabilité se négocient au niveau des branches, mais, dans les secteur d’activité, les réalités sont souvent différentes d’une profession à l’autre. C’est l’amer constat que font les organisations syndicales.
Dans les industries électriques et gazières (IEG) une ligne sépare les grands groupes qui dominent le marché (EDF et GDF Suez) des PME. Selon la CFDT, les premiers estiment avoir déjà suffisamment soutenu l’emploi au plus fort de la crise, et rappellent qu’ils ne bénéficient pas de la baisse de charges sur les cotisations familiales. Ils n’entendent donc pas prendre d’engagement chiffré. Les négociateurs salariés en conviennent, mais soulignent que les employeurs ont néanmoins empoché leur part de CICE.

À défaut de chiffres précis sur les embauches, les cédétistes demandent des mesures de prévention des risques psychosociaux, de maintien des seniors dans l’emploi, d’amélioration des dispositifs de GPEC. La même disparité de situations s’observe dans les industries chimiques, note Philippe Jaeger, président de la CGC Chimie.
Les entreprises pharmaceutiques, furieuses d’avoir été mises en demeure de réaliser 3,5Mds€ d’économies d’ici à 2017, désertent les instances de dialogue social afin de faire pression sur le gouvernement. Pour sa part, la plasturgie s’est unilatéralement engagée à accroître de 30% le nombre de contrats d’apprentissage. Et du côté de la fabrication mécanique, « on parle plus de suppressions que de créations d’emplois et les perspectives de marché ne portent pas à l’optimisme », regrette le chef de file des cadres de la chimie. Dans le secteur de la chaussure, les entreprises qui viennent d’entamer des tractations sur le sujet entendent ne conclure qu’un simple contrat de génération.

Accord de compétitivité en vue chez Logista

PDG de ce groupe logistique, Laurent Bendavid vient de dévoiler son projet stratégique 2015-2016. Aux commandes de Logista France depuis fin 2013, ce transfuge du groupe Carrefour va serrer les boulons, car cette filiale d’Imperial Tobacco forte d’environ 1500 salariés, leader de la distribution de proximité dans l’Hexagone avec plus de 70000 points de vente (tabac-presse, cartes télécoms et même distribution alimentaire), perd du terrain. Les volumes traités ont baissé de 14% au cours des deux dernières années et l’érosion s’accentuera pour atteindre 18% d’ici à 2018. L’entreprise s’attend à une chute de 15% de son résultat opérationnel à la fin de cet exercice.
Aux représentants du personnel Laurent Bendavid a exposé la semaine dernière son diagnostic. Logista manque de flexibilité, la productivité est inégale selon les plates-formes de distribution, le taux d’absentéisme élevé pénalise la société. Il prescrit un remède qui ressemble à s’y méprendre à un accord de compétitivité. Il envisage de répartir différemment la charge, d’alléger les effectifs administratifs au profit de l’activité opérationnelle, de rendre les fonctions (et les horaires) plus flexibles, d’accentuer la mobilité géographique afin de coller au plus près aux charges. En un mot, il s’agit de compenser l’inéluctable érosion par une productivité accrue.
Des tractations devraient débuter d’ici à la fin de l’année. Le CCE n’ignore pas que des solutions plus radicales pourraient intervenir en cas de désaccord. L’an dernier, Logista France n’avait pas hésité à fermer une direction régionale de distribution à Nancy.

La violence au travail se banalise en Île-de-France

En région parisienne, plus d’un salarié sur cinq déclare avoir subi au moins une agression verbale au cours des 12 derniers mois. 2% ont même été victimes d’attaques physiques, voire sexuelles, sur le lieu de travail, d’après l’enquête Sumer qui porte sur la santé des travailleurs. Un record national. Employés de banque, fonctionnaires des impôts, conseillers de Pôle emploi ne sont pas les seuls à subir les foudres du public. La liste des professionnels exposés ne cesse d’allonger : postiers, conducteurs de bus, caissières de supermarché… Ils ne font pas uniquement face au public extérieur, car « les auteurs les plus courants de comportements hostiles appartiennent à l’entreprise : hiérarchie, collègues », note l’enquête pilotée par le ministère du Travail.
Comportements méprisants, dénis de reconnaissance et situations dégradantes sont leurs armes. Les femmes, les jeunes, les précaires et les étrangers sont des cibles de choix.

Confidences

ALTERNANCE

Le député socialiste Daniel Boisserie relaie opportunément auprès de François Rebsamen une préconisation des PME intervenant dans les travaux publics : la création de contrats de professionnalisation interentreprises, l’alternant étant partagé entre plusieurs employeurs. Il est vrai qu’un tel dispositif s’applique déjà à l’apprentissage. « L’accueil des jeunes représente un engagement lourd, tant en termes de démarches administratives qu’au niveau financier », justifie l’élu de Haute-Vienne.

INSTANCES

L’Union professionnelle des artisans (UPA) se sent à l’étroit sur le strapontin qu’elle occupe au Comité paritaire interprofessionnel national pour l’emploi et la formation (Copanef). Cet organisme a pour fonction de définir paritairement les orientations en matière de formation comme d’emploi et de dresser la liste des formations éligibles au compte personnel de formation.
L’UPA, qui représente plus de 40% des entreprises, n’y a qu’une voix, contre six pour le Medef et trois pour la CGPME.

HANDICAP

Les entreprises adaptées, réunies en Union nationale des entreprises adaptées (Unea), réclament un soutien plus ferme de l’état alors que le taux de chômage des personnes handicapées explose, atteignant 21%, contre 9,7% pour l’ensemble de la population. L’organisme professionnel se dit impatient de connaître les intentions du gouvernement en la matière, dans le cadre de la loi de finances 2015.

CHRONO

Le débat sur les 35 heures est en train de faire une première victime parmi les organismes paritaires : l’Association d’étude et de suivi de l’aménagement du temps de travail (Adesatt), sorte d’observatoire du temps de travail, propre aux sociétés relevant de la convention collective des bureaux d’études, cabinets d’ingénierie et de conseil. Les employeurs ne veulent plus en assurer le financement.

Acteurs

JÉRÔME GREFFION

Sociologue, membre de l’équipe ETT (Enquêtes, Terrains, Théories) de l’école normale supérieure, il soutient cette semaine une thèse de doctorat consacrée aux visiteurs médicaux, dont le nombre, le rôle et le statut ont été malmenés ces dernières années dans la quasi-totalité des groupes pharmaceutiques, en dépit de leurs mouvements collectifs. Il esquisse un nouveau visage de la corporation, l’imaginant comme « un groupe professionnel à la frontière du monde médical et de l’industrie, capable de rationaliser ses services ».

CHARLY MAYSLIN

DRH de la société Exide Tehnologies, spécialisée dans la fabrication de batteries et accumulateurs, basée à Gennevilliers (92), il a obtenu des syndicats un accord de compétitivité simplifié, en agitant le risque d’une délocalisation.
D’un côté, les salariés renoncent à un jour de RTT. De l’autre, ils bénéficient d’une modique augmentation générale de salaire (+0,8%) et une garantie de l’emploi jusqu’en 2016. Une prime d’assiduité est aussi créée afin de juguler l’absentéisme.

JEAN-MARIE MARX

Adoubé par le ministre du Travail, l’actuel directeur général de l’Apec s’attèle sans tarder à sa nouvelle mission de président du Conseil national de l’emploi, de la formation et de l’orientation professionnelle (Cnefop). Cet organisme créé en août dernier a pour mission d’établir chaque année « un rapport sur l’utilisation des ressources affectées à l’emploi à la formation », en concertation avec l’état et les partenaires sociaux.

PIERRE-ANDRÉ IMBERT

Baptême du feu pour le nouveau directeur de cabinet du ministre du Travail. Il prend ses fonctions en pleine bourrasque. Le ministre est la cible d’attaques pour avoir prôné un contrôle serré des chômeurs. Les inspecteurs du travail sont vent debout contre la réforme de leur profession.
Un recours vient d’être introduit devant le Conseil d’état pour annuler le texte, alors que de cruciales négociations se préparent entre les partenaires sociaux.

SYLVAINE MERCURI

Attachée de recherche à l’IAE Lyon, elle planche sur le rôle dévolu au middle management dans la conduite des politiques de RSE des entreprises, en s’appuyant sur les exemples de Médiapost, Michelin, GDF Suez et Saint-Gobain. Sa conclusion : bon nombre de petits chefs utilisent la RSE comme marchepied pour se rapprocher de la haute hiérarchie.

Coulisses

INSTANCE

Annoncé en grande pompe par Manuel Valls lors de la Conférence sociale de juillet dernier, le Conseil national des services publics verra le jour le 9 octobre. Il ressemble à un comité Théodule pouvant compter jusqu’à 45 membres. Y siègeront le Medef, la CGPME, la FNSEA, l’UNAPL, l’UDES et l’UPA aux côtés de huit syndicats dont Solidaires, FSU et l’Unsa. Des représentants des collectivités territoriales et des usagers complèteront la liste. Il n’y aura aucun vote dans cet « espace de concertation » dont les travaux ne seront pas publiés.

REVENDICATIONS

Outre les multiples mouvements sectoriels et locaux qu’elle orchestre, le comité national fédéral de la CGT programme trois initiatives d’ici à la mi-octobre. D’abord, une journée d’action nationale des retraités, le 30 septembre. Ensuite, un accueil musclé de François Hollande et de Manuel Valls invités au congrès de l’Association des régions de France, le 9 octobre, et enfin, le 16, une revendication interprofessionnelle axée sur les salaires, la protection sociale et les emplois publics.

RÉMUNÉRATION

En s’appuyant sur un récent accord de GPEC, l’autoroutier Sanef (environ 2 000 salariés) envisage de refondre sa politique de rémunération. L’objectif est de réintégrer les multiples primes variables dans le salaire sous la forme d’un forfait.
Les syndicats n’en disconviennent pas, mais estiment que les années de référence prises en compte pour le calcul sont défavorables aux salariés du fait de la crise. Il s’agit des exercices 2011, 2012 et 2013. En réponse, la DRH réfléchit à des mesures de compensation ponctuelle.

RECUEIL

La Fédération hospitalière de France lance un projet de collecte des expériences de qualité de vie au travail. La démarche, engagée jusqu’au 15 octobre, avec le concours d’autres fédérations d’établissements de santé, de l’Anact et de la Haute Autorité de santé (HAS) vise à « creuser certaines dimensions, à repérer les écueils et leviers pour avancer et partager ». Les items vont de l’accompagnement des encadrants à l’égalité professionnelle.

BUDGET

La mise en conformité avec la réforme de la formation professionnelle donne lieu à un bras de fer entre les syndicats de la branche socio-sanitaire. Invoquant des difficultés économiques, les employeurs sont tentés de raboter le taux de contribution actuel de 2,3% de la masse salariale.

MANAGEMENT

La complexité des structures administratives et RH des Direccte et la diversité de leurs contextes sont telles que le gouvernement a décidé, en août dernier, de créer un poste de délégué général à leur pilotage au niveau national.
Sa mission : «Assister les secrétaires généraux des ministères économiques et financiers et des ministères chargés des Affaires sociales à assurer un suivi transversal et à animer le réseau. » Un mois après cette décision, l’oiseau rare n’a toujours pas été déniché

MODUS VIVENDI

Une paix armée s’instaure entre la CGT et la direction de l’usine Toyota d’Onnaing (59), qui emploie 4 100 salariés. Un bras de fer a opposé les deux parties depuis le début de l’année, sur fond de sanctions et de débrayages. Il est convenu, pour calmer le jeu, d’instituer un système d’alerte des sources de problèmes et d’incompréhension, en amont. Un mécanisme qui n’est pas sans rappeler le principe de la demande de concertation immédiate (DCI) qui a fait chuter la conflictualité à la SNCF.

PARTAGE

GDF Suez lance un nouveau plan d’actionnariat salarié dans 32 pays. Baptisé Link 2004, il donne accès à un maximum de 25 millions d’actions, dont le prix de souscription devrait être fixé le 12 novembre prochain. La réservation est ouverte dès maintenant et court jusqu’au 13 octobre. Fin 2013, la part de l’actionnariat salarié dans le capital du groupe était de 2,4%, globalement stable par rapport à l’exercice précédent. Link 2014 pourrait permettre d’atteindre le seuil de 3%.

SOUPLESSE

La flexibilité gagne du terrain à la SNCF, où le PDG, Guillaume Pepy, se veut l’artisan d’une politique de qualité de vie au travail. Il s’appuie sur plusieurs dispositifs dont l’anticipation des conséquences humaines et leur prise en charge avant toute mise en oeuvre de projet et la création d’un observatoire chargé de suivre, entre autres indicateurs, les rythmes et l’intensité des vacations. Résultat : baisse du nombre d’heures de présence par agent, évalué à 1 589 heures en 2013 contre 1 603 en 2011, et progression du taux de repos dominical.

SENIORS

L’accord de cessation d’activité anticipée signée en avril dernier chez Oracle France fait des heureux parmi les seniors volontaires. Ils sont déjà une soixantaine à y adhérer. Ancienneté moyenne : 17 ans. Rente prise en charge par l’entreprise : entre deux et trois ans.

Eurobrèves

UE

Selon l’Enquête sur les entreprises en Europe de 2013 réalisée par Eurofound, 40% des entreprises de l’UE ont des difficultés pour trouver des travailleurs présentant la bonne combinaison de savoir faire, malgré l’atonie sur le marché du travail. Le document préconise de « promouvoir la mobilité de la main-d’œuvre au sein de l’UE pour garantir une meilleure répartition des compétences ». Il suggère aussi de mieux intégrer les migrants de pays tiers pour permettre une utilisation plus judicieuse de leurs connaissances. Il recommande enfin d’attirer les étrangers qualifiés dont le marché a besoin.

FINLANDE

La compagnie aérienne Finnair provoque un électrochoc en annonçant l’externalisation de tout le personnel navigant sur une vingtaine de destinations asiatiques. Pour d’évidentes raisons de charges sociales, stewards et hôtesses du cru seront remplacés par du personnel recruté à Hongkong et Singapour, par le biais de l’Agence OSM, spécialiste de l’outsourcing.
La décision, irréversible, dixit la direction, se traduira par des licenciements secs parmi les 540 collaborateurs concernés, au grand dam des syndicats.

AUTRICHE

Les accidents du travail (y compris ceux relatifs au trajet) sont en net recul. Selon les dernières données de la Caisse générale d’assurance accidents (AUVA) compilées par Eurogip, on déplorait un peu moins de 106 000 accidents en 2013, contre près de 117 000 quatre ans plus tôt. Le reflux concerne aussi bien les salariés que les indépendants. Le nombre de maladies professionnelles reconnues baisse aussi, mais surdité, maladies de la peau, cancers du poumon, asthmes et autres maladies respiratoires font des ravages. Et l’on a déploré 106 vies perdues l’an dernier, contre 90 en 2009, pour un total de 4,8 millions d’assurés.

LUXEMBOURG

Une page se tourne à l’OGBL, syndicat numéro 1 au Luxembourg, avec 70 000 membres et quelque 2 200 délégués du personnel en poste dans les entreprises et administrations. Son emblématique président, Jean-Claude Reding, en poste depuis dix ans, ne briguera pas un troisième mandat. Il vient de passer le cap de la soixantaine et préfère céder les rênes à l’actuel secrétaire général du mouvement, André Roeltgen. Le relais sera officialisé lors du prochain congrès, prévu les 5 et 6 décembre.

Décideurs

CHRISTIAN BARQUI, directeur général de Florette France (groupe Agrial), est élu pour un mandat de deux ans, renouvelable une fois, à la présidence de l’Association progrès du management, qui fédère 6 500 cadres dirigeants francophones. Il succède à XAVIER OUVRARD.

FABRICE BOUQUET devient secrétaire général de la Mutuelle générale environnement et territoires (MGET). Il était président de la section MGET du Loiret depuis 2007 et administrateur de l’organisme depuis 2013. Il est par ailleurs membre de la direction de la CGT équipement et Environnement, particulièrement en charge des questions de protection sociale.

JEAN-PIERRE DIAZ est nommé directeur assurances santé prévoyance au sein du groupe AG2R La Mondiale. Il entre à ce titre au comité de direction générale du groupe. Il était, depuis 2008, directeur technique de BNP Paribas Cardif pour la France, après avoir occupé la fonction de directeur vie et capitalisation au sein de la Fédération française des sociétés d’assurances (FFSA).

BERNARD GAUD, dirigeant de la société franco-indienne Shining Management Institute, ex-patron de plusieurs entreprises agroalimentaires, par ailleurs président du Medef Rhône-Alpes, prend les rênes d’Action Logement.

MARIE GORDIEN est nommée directrice des ressources humaines de Genomic Vision (biotechnologie et solutions de diagnostic génétique moléculaire). Elle occupait le poste de DRH filiales chez Keolis, après avoir dirigé le service RH supply chain France chez Materis Paints (groupe Wendel).

NICOLAS GRIVEL, précédemment directeur de cabinet du ministre du Travail, François Rebsamen, après avoir été directeur adjoint du même cabinet sous Michel Sapin, prendra prochainement la direction générale de l’Agence nationale pour la rénovation urbaine (Anru).

JULIE LASZCZYK-PREBAY est la nouvelle DRH d’Euronews. Elle entre à ce titre au comité exécutif. Elle occupait des fonctions similaires au sein d’i-Télé depuis 2008 après être passée par des filiales de Canal+ dont AlloCiné et Cinestore.

MARIAME MAREGA est nommée DRH d’Arca Patrimoine, spécialiste de l’épargne placement. Elle a commencé sa carrière chez Lafarge Mortiers, avant de rejoindre tour à tour Cofiroute, puis Canon France, Bouygues Immobilier et Mutuelle Renault.

LAURENT TERMIGNON, transfuge de BPI Group dont il était DG adjoint depuis 2013, rejoint le cabinet de conseil et de coaching Dirigeants et Partenaires en tant que DGA.

Agenda

« NÉGOCIER O L’ARTICULATION DES TEMPS SOCIAUX »

Journées d’étude organisées par le réseau ARTS qui s’attelle à « Penser des voies de progression possibles vers un rééquilibrage des engagements d’activité tout au long de la vie ». En partenariat avec l’école des hautes études en sciences sociales et le Conservatoire national des Arts et Métiers.

Les 2 et 3 octobre, à Paris

« GOUVERNANCE ET MANAGEMENT : QUELLE COOPÉRATION ? »

Dans le cadre du 27e colloque de l’Iseor en partenariat avec l’IAE Lyon. Parmi les thèmes abordés : les politiques RH, l’employabilité des jeunes, les difficultés des organes de gouvernance, les impacts de l’inter-génération, les incidences de la crise sur la bonne gouvernance, etc.

Les 15 et 16 octobre, à Lyon
colloqueiseor2014@iseor.com

« LES ÉMOTIONS AU TRAVAIL »

Colloque international organisé à l’initiative du Gestes Île-de-France, avec le soutien de plusieurs institutions de recherche.

Les 16 et 17 octobre à Paris
despratdiane@yahoo.fr