La lettre du 26 février 2015
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Focus

L’épuisement professionnel reste invisible

L’offensive de Martine Keryer, secrétaire nationale de la CFECGC chargée de la santé et du handicap, visant à faire reconnaître l’épuisement professionnel et le stress post-traumatique comme maladies professionnelles, a fait un flop.
Le 17 février dernier, lors de la réunion du groupe de travail sur la gouvernance du système de santé au travail, elle a demandé avec insistance que la commission ad hoc réexamine le dossier. À l’appui de sa démarche, elle a fourni à cette instance du Conseil d’orientation sur les conditions de travail (Coct), des arguments financiers. « Cela obligera les employeurs à renforcer la formation des managers et à prévenir les risques psychosociaux. Ce sera moins onéreux et plus efficace que l’action curative. L’économie potentielle s’évalue à 4,4Mds€ pour la branche maladie de la Sécurité sociale », a-t-elle plaidé devant une assistance restée de marbre.
Même les délégués CFDT, CFTC et CGT présents n’ont pas jugé opportun d’appuyer sa requête. Tant la question du lien entre activité professionnelle et santé mentale reste sensible. Dans l’état actuel des relations entre les partenaires sociaux, la plupart des acteurs préfèrent rester prudents. Y compris les praticiens, échaudés par les récentes mésaventures de certains des leurs, punis par l’ordre des médecins, pour avoir imprudemment établi cette liaison de cause à effet, suscitant des plaintes de la part des employeurs.
L’un des cas les plus emblématiques reste celui de Bernadette Bergeron, qui a écopé d’un avertissement, bien que sa consultation porte précisément sur la souffrance au travail. La pathologie de sa patiente était même reconnue comme accident du travail au moment du rapport incriminé par l’autorité professionnelle.
Son homologue Dominique Huez a été frappé de la même condamnation pour des faits analogues. Ironie de sa situation, le salarié ayant fait l’objet du rapport médical litigieux a fait condamner son employeur par les prud’hommes pour harcèlement moral. Sans que cela efface la sanction infligée au médecin du travail.
Au sein du Coct, le dossier n’est pas clos. Un groupe de travail officieux constitué d’experts issus de divers organismes dont l’Anact et l’INRS, de psychologues et consultants, mettrait la dernière main à une note qui devrait être rendue d’ici à fin mars au directeur général du travail, Yves Struillou. Il s’agirait d’évaluer l’ampleur du phénomène de l’épuisement professionnel, son coût pour la Sécurité sociale comme pour les entreprises, sur le plan humain et financier, ainsi que les moyens d’y faire face. En attendant, la confédération de Carole Couvert, à défaut de rallier les autres organisations, bombarde les parlementaires de courriers d’alerte et compte solliciter directement François Rebsamen, ministre du Travail.

Entreprises

Eurotunnel négocie un plan de compétitivité

La direction d’Eurotunnel a entamé des négociations avec les syndicats en vue de d’adapter l’organisation et le temps de travail à ses ambitions. Il s’agit de maintenir, voire d’amplifier la progression du business.

Le groupe dirigé par Jacques Gounon a affiché pour son exercice 2014, un chiffre d’affaires record, légèrement supérieur à 1,2Md€, en hausse de 7%. La performance est particulièrement élevée en ce qui concerne le trafic de marchandises : le tonnage transporté s’envole de 21%. “Eurotunnel va investir sur cette lancée pour conforter son leadership”, indique le PDG.
Son plan, baptisé Vision 2020, vise 3,5 millions de passagers supplémentaires en 2020, grâce à des parts de marché gagnées et stabilisées face à l’aérien, mais aussi à des ouvertures de nouvelles dessertes. Tout cela doit s’accompagner de gains de productivité.
Schématiquement, Eurotunnel entend assurer une disponibilité sans faille de l’ensemble de ses équipements. A cette fin, l’entreprise veut accroître le temps de travail et développer la polyvalence dans les métiers d’exploitation. Elle songe à mettre en place un mécanisme de jours de travail ou d’heures supplémentaires, programmés d’avance sur l’année.
Ces vacations effectuées sur la base du volontariat, seraient annualisées et rémunérées sur une base mensuelle. La direction sogne à une passerelle vers un compte épargne temps, ses interlocuteurs demandent un adossement au Perco.
Un second volet de la négociation concerne la polyvalence sur le terminal de Coquelles (62). Elle sera d’autant plus nécessaire que le groupe compte externaliser certains postes comme ceux des candenceurs. Ces évolutions s’appuieraient sur un accord de GPEC et une prime de productivité serait instituée.

Les syndicats sont plutôt favorables à un projet porteur. Deux points de frictions demeurent : le niveau de rémunération des vacations supplémentaires (jours de rappel dans la jargon interne), et les mesures de prévention de la pénibilité. Certains métiers du terminal restent très physiques, alors que l’effectif comprend une proportion non négligeable de seniors. Eurotunnel compte boucler un accord de méthode d’ici à début mars.

Auchan: projet d’ampleur, consultation express

Pour réaliser son alliance stratégique avec Système U, la direction d’Auchan France ne perd pas de temps. Elle a ouvert la procédure d’information-consultation du comité central d’entreprise le 24 février, et compte la boucler en un mois chrono, sans un jour de plus.
Les syndicats qui caressaient l’espoir d’une expertise préalable ont déjà déchanté. Pourtant d’importants changements s’annoncent pour le personnel. À commencer par les achats, domaine dans lequel Auchan prendra le leadership. Les formats de magasins seraient partagés. À système U les supermarchés portant les enseignes U et Simply Market, tandis que son partenaire mettra la main sur les hypermarchés (magasins plus de 5000m2, dont le chiffre d’affaires annuel est supérieur à 50M€). L’informatique d’Auchan s’imposerait, la logistique serait partagée.
Derrière ce Pacs, se profilent d’importants mouvements de personnel, des changements de statuts et de grille de rémunération, des questions d’actionnariat salarié pour les employés du groupe Mulliez. Sachant que Système U est un groupe coopératif décentralisé. Les deux alliés ne dévoilent pas encore leurs projets sociaux. Mais ils ont intérêt à monter patte blanche pour mieux convaincre les autorités de la concurrence qui doivent encore se prononcer.

MGEN va transborder ses informaticiens

D’ici à la fin du second trimestre, 516 informaticiens du groupe mutualiste Mgen seront transférés à une nouvelle entité juridique en cours de création, le GIE Mgen Technologies, au service des établissements sanitaires et sociaux du groupe. C’est le deuxième mercato à la direction des systèmes d’information, en moins de deux ans, pour cause d’ajustements stratégiques. Les intéressés appartiennent actuellement à deux structures internes distinctes. 431 personnes sont salariées de Chorégie, un GIE qui associe Mgen aux partenaires La Mutuelle des Étudiants (LMDE) et la Mutuelle de la fonction publique (MFP). 85 autres collaborateurs figurent dans les effectifs de Mgen Union. Tous seront transférés, sur la base de l’article L1224-1 du Code du travail.

La manœuvre n’est pas aussi simple qu’elle le paraît. Une partie des effectifs concernés bénéficie de la convention collective de la mutualité, une autre relève de celle du Syntec. En outre, chaque employé transférable devra donner son accord avant d’être transbordé. Des questions de mobilité restent sous-jacentes, dans la mesure où Chorégie est implanté à Paris, mais aussi à Tours et Nancy.
L’employeur qui se veut rassurant, relativise : « il s’agit d’une internalisation de l’activité », expose-t-il, en rappelant que Mgen Technologies travaillera pour l’ensemble du groupe. En réalité, l’appartenance de l’entité à l’unité économique et sociale Mgen n’est pas encore garantie. Elle nécessiterait soit une décision du tribunal d’instance, soit une extension du périmètre actuel de l’unité économique et sociale (UES), après accord des organisations syndicales.

Ford Aquitaine Industrie: vers une GPEC défensive

En sureffectif, l’usine Ford Aquitaine Industries (FAI) qui emploie 953 personnes (ETP), met en place un système de prêt de main-d’œuvre vers le site voisin Getrag Ford Transmissions (GFT) appartenant au même groupe, mais constituant une entité juridique distincte. Une quarantaine de salariés ont déjà été transférés à titre provisoire, en attendant une hypothétique remontée du carnet de commandes.
La convention signée entre les deux usines prévoit un maximum de 200 détachements. Dans le même temps, le groupe engage ces jours-ci des négociations en vue d’un accord de GPEC qui couvrirait les deux structures. La maison mère, Ford Europe, assure vouloir faire de ces implantations « un pôle d’excellence » pour la fabrication de transmissions automobiles.
Selon nos informations, elle pose deux conditions. D’abord une baisse du coût d’exploitation de l’ordre de 7%, accompagné d’une baisse des effectifs de 60 à 150 personnes d’ici à la fin de l’année. L’autre exigence concerne la flexibilité. Ford souhaite que les opérateurs se montrent mobiles et aptes à intervenir dans différents ateliers, en fonction de la charge de travail.
Les syndicats rétorquent que la pyramide des âges ne facilite pas une telle agilité : la moyenne d’âge frôle 50 ans et les intéressés parlent plus de pénibilité et d’aménagement des postes que de polyvalence. L’équipementier espère justement profiter de la GPEC pour rajeunir les effectifs, au profit des départs en retraite qui seront nombreux d’ici à 2018. Avant d’entrer dans le vif du sujet, ses interlocuteurs lui réclament une longue liste de documents allant des bilans sociaux des deux sociétés au référentiel des emplois, en passant par une présentation de la stratégie de Ford Europe.

Institutions

Représentativité : le plan secret de la CFTC

La CFTC qui plafonnait à 9,3% des voix à l’échelle nationale dans le secteur privé a un plan pour passer le cap de 10% dès les prochaines consultations. Le maître d’œuvre en est Jean- Michel Tessier, secrétaire général adjoint confédéral.
Muni des relevés détaillés du dernier scrutin, il veut « créer une dynamique à partir des structures locales ». Sa stratégie consiste à planter le fanion de la CFTC dans deux ou trois entreprises nouvelles par département, d’ici à fin 2015. Soit au total 200 structures. Les cibles ne sont pas choisies au hasard. Exit les établissements totalement dépourvus de représentation. Ils sont réputés difficiles d’accès. Le plan d’attaque exclut également les sociétés où l’audience se dispute déjà entre trois organisations ou plus. Les secteurs cibles sont aussi soigneusement triés.
Jean-Michel Tessier s’appuie sur les fédérations les plus puissantes, dont la notoriété peut servir les « missionnaires » chargés de créer des sections. L’opération est donc prioritairement déployée dans les branches du commerce et des services, de la métallurgie, des transports, de la chimie, du textile du médico-social.
Les porte-drapeau ne partent pas démunis. La Confédération les épaule par des web docs ludiques, et surtout des forums de recrutement et speed datings organisés en collaboration avec des PME et TPE, recruteuses, mais en manque d’attractivité (métiers de bouche, commerces de proximité, etc.).
Des manifestations de ce genre ont déjà été organisées en Île-de-France, en région Paca et dans les Pays de la Loire. Pour chaque section créée, les vaillants pionniers bénéficient d’une prime. Depuis le lancement de cette opération en juin dernier, la CFTC assure avoir pris pied dans une cinquantaine d’entreprises sur les 200 ciblées. Au total, elle a enrôlé sur la période, 11600 nouveaux adhérents, parmi lesquels 20% de jeunes et 5500 femmes.

La CGC ravive la course au recrutement de cadres

La constante élévation des niveaux de qualification de la population salariée favorise la CFE-CGC. Dans un nombre croissant de grandes entreprises, elle ravit la première place aux organisations inter-catégorielles. C’était déjà le cas dans la banque (Société générale, BNP Paribas). Cela concerne maintenant la métallurgie.
Depuis cette année, le syndicat des cols blancs se paie le luxe de figurer au premier dans le groupe Valeo. Avec 25,3% des voix, elle fait mieux que la CGT (25,2%) et la CFDT (18,4%). Le même scénario pourrait se produire dans la branche automobile de PSA Peugeot Citröen où la CFE-CGC fait la course en tête en attendant les scrutins à venir sur les sites de Valenciennes, Caen, Poissy et Vélizy. Si l’on ne tient compte que des résultats partiels à début février, elle est créditée de 20,1% des suffrages, à la satisfaction de son délégué central, Jacques Mazzolini. Pour son homologue Pascal Phan de Valeo France, « cette progression traduit d’une part l’évolution des catégories professionnelles dans le groupe, mais surtout la capacité de nos sections à faire valoir un syndicalisme de progrès ».
À la CGT, on feint de minorer le phénomène, mais l’Ugict (la section cadre de la confédération) prépare sa riposte. Elle vient de créer un syndicat de cadres supérieurs. Et à FO Cadres, Éric Peres, secrétaire général, appelle à en finir avec « les arguties ouvriéristes, car les cadres sont des salariés comme les autres qui représentent une part croissante du monde du travail ».

Document

Fonction publique : les accords sur le stress et sur la qualité de vie au travail sont indissociables

Le fiasco du projet d’accord sur la qualité de vie au travail dans la fonction publique est d’autant plus surprenant qu’il prolonge un autre texte consacré aux risques psychosociaux, signé 2013 et dont la mise en œuvre obéit à un calendrier précis. Les deux volets ne sont peut-être pas assez liés.

La ministre de la Fonction publique, Marylise Lebranchu, aurait dû bénéficier d’un crédit de confiance supplémentaire de la part des syndicats de fonctionnaires, compte tenu de l’accord- cadre relatif à la prévention des risques psychosociaux (RPS) dans la fonction publique, signé le 22 octobre 2013. Objet d’un suivi régulier, il oblige chaque employeur public à élaborer un plan d’évaluation et de prévention d’ici fin 2015. Des plans d’action devant reposer sur une phase de diagnostic associant les agents et intégrant les déclarations uniques.
Les CHSCT sont en principe associés à chaque étape de l’élaboration du diagnostic, ainsi qu’au déploiement des actions de prévention. Rien n’est laissé au hasard : des formations spécifiques à destination des encadrants, des membres des CHSCT et des agents exerçant des fonctions en matière de prévention seront organisées, ainsi que des formations de sensibilisation à l’attention de tous. Et pour couronner le tout, une circulaire, signé du Premier ministre, Manuel Valls, et datée du 20 mars 2014 a fixé les conditions précises de mise en oeuvre.

Des griefs adressés à la ministre

Paradoxalement, certaines organisations, dont la notamment la CGT, signataire, prétextent de la non-application de cet accord-cadre pour justifier leur refus de signer le texte proposé sur la qualité de vie au travail. Le 5 février dernier, lors de la dernière réunion du comité de suivi, Cosui dans le jargon, la quatrième du genre (les trois précédentes ont eu lieu en décembre 2013, puis en avril et septembre 2014), le représentant du syndicat a adressé une longue liste de griefs aux employeurs territoriaux. Ils restent en retrait par rapport aux administrations centrales. Les textes réglementaires relatifs aux heures de délégation se font toujours attendre dans les collectivités, de même que ceux concernant la formation des membres de CHSCT.
Le ministère dit vouloir glisser ces dispositions dans la loi en préparation, traitant de la déontologie au sein des services publics. « Peu d’employeurs ont commencé à recueillir et à identifier les problématiques liées aux RPS et à proposer des plans, alors qu’ils disposent de documents de référence de qualité, mis à leur disposition par le ministère», conclut le représentant CGT. Avant d’indiquer à Marylise Lebranchu étonnée: « nous, négociateurs, serions favorables à la signature de l’accord sur la qualité de vie au travail, mais les adhérents constatent un gouffre entre ce qui est écrit dans les accords et la réalité ». Et ce, alors que les agents publics ont vu leur nombre a été réduit pour des raisons d’économies, sans que pour autant leurs charges de travail baissent.

La ministre de tutelle ne renonce pas à convaincre les syndicats réfractaires au projet d’accord. La porte restera ouverte jusqu’à septembre prochain.

L’état des lieux réalisés par la Direction générale de l’administration et de la fonction publique (DGAFP) donne partiellement raison aux contestataires. Les indicateurs, extraits de l’enquête Conditions de travail 2013 et remis en perspective par Emma Davie, confirment que « l’intensification du travail est plus marquée dans la fonction publique que dans le secteur privé». C’est particulièrement vrai pour deux familles de métiers très exposées : les agents des soins et du secteur hospitalier, ainsi que leurs homologues de la sécurité et de la défense. Il en est de même en ce qui concerne les exigences émotionnelles.
Normal, les agressions de la part du public sont plus fréquentes. Ce risque concerne davantage les fonctionnaires en poste dans l’enseignement, dans l’action sociale, dans les services judiciaires, mais aussi la santé et la sécurité. La proportion d’agents concernés atteint 40% dans certaines filières.

Les agents publics sont plus exposés

Plusieurs autres facteurs, pour lesquels l’étude ne fait pas de comparaison avec le privé, continuent d’affecter les commis de l’État et des collectivités, dans l’exercice de leurs missions. L’autonomie au travail, les rapports sociaux, qu’un quart des agents jugent tendus, aussi bien avec la hiérarchie qu’avec les collègues, le manque de reconnaissance, plus nettement ressenti dans l’éducation, la recherche, les soins et l’action sociale, voire les conflits de valeur, cités par 13% des personnels des finances publiques.
Au total, Emma Davie répertorie les fonctionnaires en cinq catégories. Primo, ceux faiblement exposés (36%). Secundo, les effectifs qui supportent des exigences élevées, tout en bénéficiant, en retour, d’une reconnaissance professionnelle (26%). Tertio, les personnes qui servent l’intérêt public dans un environnement dégradé (10%). Quarto, les agents subissant directement les tensions avec le public (14). Enfin, ceux qui cumulent exposition externe et tension avec les collègues (7%).
Les conséquences sur la santé diffèrent selon ces catégories. Sans surprise, « les salariés les plus exposés aux RPS sont également plus nombreux à déclarer que leur travail a une influence négative sur leur santé», apprend- on dans le document. Le projet d’accord sur la qualité de vie au travail ne tient peut-être pas suffisamment compte de ces derniers, reconnaît un haut fonctionnaire. Une retouche du projet n’est pas exclue, au profit de tractations de troisième mi-temps entre la ministre et les syndicats.

Europe

Risques psychosociaux : une nouvelle étude

L’agence européenne pour la santé et la sécurité au travail (EU-OSHA) planche sur la seconde cuvée de son enquête sur les risques émergents en milieu professionnel. Intitulée Esener- 2, elle a été menée au cours des deuxième et troisième trimestres 2014 auprès de 49320 établissements, employant au moins cinq personnes.
L’étude couvre non seulement les 28 États membres de l’UE, mais aussi huit pays limitrophes, dont la Suisse et la Norvège. Les résultats complets seront publiés en 2017, mais l’agence lève un coin de voile sur les premières conclusions. On y apprend que les risques psychosociaux sont considérés comme particulièrement difficiles à anticiper. Les sources les plus couramment citées restent les clients et interlocuteurs irascibles (58%) ainsi que les postes pénibles, y compris pour cause de surcharge (56%). Une entreprise sur deux affirme avoir mis en place des procédures de prévention et de suivi. Cette proportion étant nettement supérieure dans les pays nordiques.
Esener-2 souligne par ailleurs que la réglementation est le premier facteur qui incite les employeurs à se préoccuper de la santé et de la sécurité de leurs collaborateurs. L’influence des instances représentatives du personnel arrive au second rang. Et dans 81% des cas, les entreprises européennes les associent à leurs réflexions, ainsi qu’aux actions déployées. Parmi les secteurs les plus volontaristes dans ce domaine, Esener-2 cite l’enseignement, le médico-social, l’industrie et les administrations publiques. En outre, plus la structure est grosse, plus le rôle des élus du personnel est déterminant. Une bonne moitié des établissements affirment être bien informés sur les risques psychosociaux. Pourtant, notent les experts d’EU-OSHA, le sujet reste tabou dans un bon tiers des sociétés interrogées.
Autre constat : les questions relatives à la santé et à la sécurité au travail sont fréquemment confiées à des médecins du travail (68% des cas), à des experts en accidents du travail, voire à des praticiens généralistes, mais plus rarement à des psychologues : à peine 16% des employeurs ont recours à leurs services.

Accords transnationaux : des clés pour les réussir

Une étude financée par la Commission européenne dresse un panorama des 267 accords d’entreprise transnationaux signés à fin 2013, non compris quelque 1 300 textes relatifs à la mise en place de comités d’entreprise européens (CEE). La moitié ont un périmètre européen, les autres étant mondiaux. Ils concernent plus de 10 millions de salariés. Le document formule des recommandations pour bien les négocier.
D’abord, « les CEE doivent être pleinement impliqués dans ces négociations ». De préférence, la signature devrait relever des fédérations européennes de syndicats, et du représentant légal du siège, représentant l’ensemble des filiales, en ce qui concerne les employeurs.
Ensuite, il importe de définir très les champs d’application, y compris, en annexe, la liste des filiales et pays couverts. Tout en veillant à inclure des clauses de non-régression, les modalités de règlement d’éventuels différends, de même que la période de validité. Les points tels que la validité des mandats et le droit de veto éventuel ne sont pas à négliger.
L’enquête, coordonnée par l’italien Salvo Leonardi, a été menée avec le concours de chercheurs et d’instituts de France, d’Espagne, d’Italie, de Pologne, de Bulgarie et du Royaume-Uni.

Scanner

Airbus Group va généraliser l’assessment center

Les cadres d’Airbus Helicopters découvrent l’assessment center du groupe, destiné à évaluer pendant une journée ou une journée et demie les capacités de leadership des candidats externes et des postulants internes à un poste de management. La méthode, fondée sur des mises en situation et des études de cas, intervient dans la dernière étape de sélection. Elle est bien connue outre-Manche où l’avionneur dispose de deux centres dédiés : Broughton (Pays de Galles) et Filton (Bristol).
À partir de l’année prochaine, avec l’ouverture de l’université du leadership à Blagnac (31), l’assessment center actuellement réservés à des managers de haut niveau, concernera aussi des cadres moyens. Sur les deux premières sessions qui ont déjà eu lieu chez Airbus Helicopters, le taux d’échec, de 50%, en a surpris plus d’un. Certains relativisent en invoquant la nouveauté du dispositif et l’obstacle de la langue puisque les épreuves se déroulent exclusivement en anglais, de même que la préparation, insuffisante dans quelques cas. Les syndicats voient dans ce processus une barrière supplémentaire aux promotions. “La perspective de passer ce test devient une source de stress et d’anxiété. Ceux qui ne réussissent pas deviennent des moutons noirs”, dit un élu de la CGC.
Le syndicat propose de prendre en compte la performance globale des intéressés, de même que leur engagement, et non seulement “ce bachotage de dernière minute”. Il souhaite qu’une seconde chance soit donnée aux candidats qui ont raté le coche.

Chez ManpowerGroup, le plan Envergure passe mal

Lancé en 2013, le projet Envergure se veut ambitieux, porteur de valeur pour l’entreprise, de progrès pour les salariés et de surcroît, créateur d’emplois.
Analysé par le cabinet Secafi après un an d’application, il laisse le comité d’entreprise dubitatif. Selon ce plan, Manpower France doit grignoter 1% de part de marché supplémentaire en trois ans, accroître sa profitabilité de 2%, optimiser son budget grâce à des économies de frais de fonctionnement, dont 13 à 14M€ sur les charges liées aux locaux. Le roi de l’intérim améliorerait aussi son maillage territorial, tout en mutualisant les moyens et en numérisant les procédures. Tout cela était censé être accompagné d’un vaste plan d’adaptation incluant de la formation, mais aussi des mobilités et des promotions.
À l’heure du premier check-up, la situation paraît moins enthousiasmante aux représentants du personnel. Les activités ont frémi dans l’Hexagone (+02%), mais c’est au prix d’une baisse des effectifs permanents (-4,2%), au profit d’un personnel plus précaire (+10%). La profitabilité est au rendez-vous, mais si l’on neutralise l’effet CICE, calcule Secafi, le résultat net serait quasi nul. Les économies attendues sur les charges liées aux bureaux et agences restent pour l’instant deux fois moindres qu’attendu. Le déploiement des agences, en fonction de la taille des agglomérations est bien pensé, mais l’ajustement des critères de rentabilité applicables reste à parfaire.
Un effort appréciable a été consenti en matière de formation, et les intérimaires sont mieux traités, mais le volet promotion interne se fait attendre. À la lecture de ces données, les syndicats relativisent la portée d’Envergure et disent craindre pour la pérennité de tous les emplois. Ils demandent à ManpowerGroup de leur communiquer les prévisions 2015. Ils réclament en outre une expertise sur les conséquences potentielles des déploiements numériques.

Entreprise & Personnel se diversifie

L’association dirigée par Sandra Enlart veut se muer en un groupe de services RH. Elle vient de franchir un premier pas dans cette direction, avec l’acquisition de DS&O, spécialiste de l’organisation et des conditions de travail, de la prévention des risques psychosociaux. Cette société créée en 1980, compte parmi ses clients de grands comptes tels que la RATP, Air France, la SNCF ou encore, l’AFPA. Elle est aussi prestataire de plusieurs municipalités de premier plan. Jean-Pierre Basilien, directeur de projet chez Entreprise & Personnel prend la direction de l’entité dont l’équipe pluridisciplinaire de consultants (ingénieur, sociologue, psychosociologue, économiste, philosophe) reste en place. L’acquéreur se veut rassurant : « les synergies vont jouer différemment selon le type de missions concernées », dit Sandra Enlart.
Dans le traitement de sujets liés aux transformations contemporaines du travail, la posture de DS & O, celle d’un tiers intervenant, souvent sur demandes conjointes de l’entreprise et des représentants des salariés, complétera les diagnostics sociaux d’Entreprise & Personnel. Le nouvel ensemble entend déployer une « large gamme d’accompagnement de ses adhérents » sous la marque E & P Relations sociales.
Fondé il y a 45 ans, Entreprise & Personnel réunit les DRH de 120 grandes entreprises et organisations dont EDF, Renault, Crédit agricole, Orange, la Poste, etc. Implantée à Paris, mais aussi à Lyon, Nantes Genève et Pékin, l’association s’appuie sur un réseau de partenaires internationaux. Le tournant de la diversification est le signe d’une volonté de s’affranchir des cotisations d’adhérents qui constituent encore l’essentiel des ressources.

En Bourgogne, les bons comptes du parrainage

La préfecture de région, la Direccte et l’Agence nationale pour la cohésion sociale (Acsé) lancent jusqu’en mars, un appel à projets visant à renouveler le dispositif du parrainage. Il consiste à faire accompagner individuellement des personnes en recherche d’emploi par des bénévoles disposant d’un réseau professionnel actif. Pour être efficace, le mécanisme doit être couplé à un projet professionnel identifié. Il se décompose en deux phases dont l’une prend la forme d’un coaching et l’autre d’une aide au maintien dans l’emploi. Les initiateurs espèrent prolonger le succès de la première expérimentation qui a eu lieu en 2013. Une quinzaine de structures avaient permis 539 parrainages, dont 36% (soit 195 filleuls issus pour la plupart de milieux défavorisés) ont abouti à un CDI ou à un CDD de plus de six mois.

Confidences

BRIGADES

Dans certains départements, les artisans du bâtiment jouent les indicateurs auprès de l’inspection du travail, afin de lutter contre le travail illégal. Ils créent des sites internet sécurisé par lesquels ils transmettent des observations et mouvements suspects à la Direccte. Le mécanisme paraît judicieux à certains élus, tel le socialiste Jacques Cresta (Pyrénées-Orientales) qui en suggère la généralisation à tout le territoire national.

ENGAGEMENT

Pour la première fois, une étude va s’intéresser au lien entre engagement public ou politique et carrière professionnelle. Commanditée par le Haut conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes (HCEFH), instance consultative rattachée à Matignon, cette enquête sera conduite par la clinique du droit-Euclid de l’Université Paris-Ouest Nanterre. Elle analysera en particulier l’articulation des temps de vie privée et professionnelle des élus. Les résultats nourriront la réflexion en cours sur la modernisation du statut de l’élu.

PARADOXE

Le ministère de la Justice condamnée pour discrimination et entorse à la législation du travail, cela fait désordre. Pourtant, FO Magistrats vient d’obtenir de l’administration de tutelle 58 000 € (dont 30 000 € déjà versés) pour ostracisme à son encontre depuis 2007. Et ce n’est pas le premier camouflet que ce syndicat inflige au ministère. L’année dernière, il l’avait fait condamner pour danger lié à l’absence de repos compensateur des parquetiers, astreints à une permanence pénale.

DISPARITÉ

Selon le député UMP du Rhône Bernard Perrut, le financement de l’apprentissage tend à reproduire les inégalités de PIB par habitant, puisqu’un centre de formation des apprentis reçoit dans la région parisienne en moyenne quatre fois plus de subventions par apprenti qu’un CFA dans les académies de Poitiers ou de Nice.

Acteurs

FRÉDÉRIC SANCHEZ

Jusqu’ici secrétaire général adjoint, il devrait prendre, début mars, les commandes de la Fédération de la métallurgie CGT, une des plus importantes de l’organisation. en lieu et place de Philippe Martinez, propulsé à la tête de la confédération. Ses principaux défis seront de stopper l’érosion de la CGT dans les grandes entreprises du secteur, de l’implanter dans les PME et réseaux de sous-traitance où elle est trop souvent absente. Il aura par ailleurs la difficile tâche d’attirer des ingénieurs, cadres et techniciens qui prennent une part de plus en plus grandissante dans le salariat de la métallurgie.

FRANÇOIS REBSAMEN

Le ministre du Travail joue la carte de l’apaisement face aux syndicats de son ministère qui contestent toujours les conditions de réorganisation de cette administration. Il a tenu à présider lui-même le dernier comité technique ministériel, l’occasion pour lui d’assurer les représentants des fonctionnaires qu’ils seront « pleinement associés » à la réforme territoriale et que l’État gardera bien ses prérogatives dans le domaine l’emploi en préservant le réseau des Direccte. L’hypothèse d’un partage des responsabilités avec les régions avait circulé, rue de Grenelle.

SOFI TURGARD

Directrice des affaires sociales d’Auchan France, elle est appelée en arbitre pour faire tomber la tension qui atteint son comble entre les délégués CGT du groupe et les directeurs de magasin. Selon le syndicat, beaucoup d’entre eux sont harcelés par leur hiérarchie et seraient au bord de l’épuisement moral. Autoritarisme, remontrances dégradantes, surveillance vidéo seraient les signes les plus visibles de la « déstabilisation ». Des cas précis sont cités, comme Grasse, Illkirch, Dardilly, Hirson, Nîmes, Roissy, ou Pôle Europe.

BARRY STERNLICHT

Le big boss de Baccarat SA dont le quartier général se trouve dans le Connecticut, a eu la surprise de recevoir au courrier, une lettre commune des syndicats français de la cristallerie. Tout en reconnaissant l’intérêt des initiatives parisiennes par l’investisseur pour développer la marque via des licences et de nouveaux débouchés, ils lui demandent expressément de stopper la valse des dirigeants surrémunérés, d’alléger l’armée mexicaine qui dirige l’entreprise, de prendre des mesures contre les risques psychosociaux, d’investir dans l’outil de travail et de songer à bâtir une politique de rémunération digne de ce nom.

Coulisses

EXCEPTION

L’assouplissement des règles qui encadrent l’utilisation de machines dangereuses par les apprentis mineurs ne s’applique pas aux administrations publiques. Et pour cause : elles n’entrent pas dans le champ de compétence des inspecteurs du travail, habilités à accorder des dérogations. « Ce vide juridique est particulièrement significatif dans le domaine de l’entretien des espaces verts », observe le député socialiste Jacques Cresta qui demande une transposition du principe d’exception aux services publics, « sans créer des contraintes de gestion trop lourdes ».

RESTRUCTURATION

Insuffisamment attractif, le plan de départs volontaires mis en oeuvre par les chambres de commerce et d’industrie ne fait pas recette. Au niveau national, départements et territoires d’outremer inclus, à peine une centaine de salariés ont adhéré au congé de transition (départ en retraite anticipée). Les cessations d’activité d’un commun accord (appelé CCART dans l’accord de restructuration) ne concernent pour l’instant que 112 téméraires. Le réseau des CCI qui compte environ 26 000 collaborateurs, compte alléger ses effectifs de 20 à 25%, à terme.

RÉMUNÉRATION

Les gentils animateurs des parcs de loisirs (Eurodisney, Aqualand, Grand parc du Puy du Fou, Tour Eiffel, Futuroscope, Parc Astérix, etc.) vont bénéficier d’une amélioration de leur convention collective. Le salaire plancher sera désormais de 1470€ brut par mois au lieu de 1457,52€. Les plus qualifiés seront assurés d’empocher au moins 3 918,83 € mensuels.
En outre, un mécanisme d’avancement automatique fondé sur l’ancienneté est institué. C’est le résultat d’un accord qui vient d’être signé entre les employeurs réunis au sein du Snelac et les syndicats de salariés CFDT, CGT, FO et Unsa.

ACCOMPAGNEMENT

En Ile-de France, l’activité d’Adefim, structure de formation de l’UIMM, connaît une hausse constante. En 2014, ses engagements ont encore augmenté de 6%, à 56,7M€, au profit d’environ 75 900 salariés et de 96 300 stagiaires. Les leviers les plus utilisés restent les périodes de professionnalisation, le plan de formation des entreprises de 50 salariés et plus, et le droit individuel à la formation, DIF.
En outre, les actions financées dans le cadre du chômage partiel augmentent de 54% en terme d’engagement, tandis que le nombre de demandeurs d’emploi pris en charge est en hausse de 3%.

BUG

Olivier Cadic, député (UDI-UC) des Français établis hors de France, constate un bug dans le système des conventions de stage. Il est quasiment impossible pour un étudiant français poursuivant des études hors de l’Hexagone d’effectuer un stage dans une entreprise française. Motif : les conditions juridiques transfrontalières ne sont pas juridiquement bordées. Avec une convention de stage, l’entreprise peut rémunérer un jeune conventionné 400 € par mois, en étant exempté de charges sociales.
Sans le document idoine, le même stagiaire coûte cinq fois plus cher à la société d’accueil.

ASSISTANCE

Dans le cadre de son engagement aux côtés des salariés qui accompagnent un proche malade ou dépendant, le groupe Macif lance une enquête sur les différentes manières de concilier la vie d’aidant avec une activité professionnelle. Une équation difficile à résoudre, car les employeurs redoutent une démotivation des collaborateurs concernés. Ces derniers, doublement investis, risquent l’épuisement. Cela concerne entre 8 et 10 millions de personnes.
L’étude est menée en collaboration avec la Fondation de l’université Paris-Descartes. Les premiers résultats d’ici à la fin de l’année.

SAUVETAGE

La solution alternative échafaudée par la CGT avec le concours du cabinet Secafi en vue de sauvegarder une cinquantaine d’emplois sur le chantier naval STX de Lorient est rejetée par la direction de l’entreprise. Elle juge irréaliste l’hypothèse de commandes militaires caressée par le projet. À moins de trouver un poste correspondant à leur profil sur le site de Saint-Nazaire, les personnes impactées par la fermeture d’une partie du chantier lorientais feront l’objet d’un licenciement économique, avec, pour viatique, un congé de reclassement et une prime extra-conventionnelle variant entre un et quatre mois de salaire.

CONTAGION

Une longue traînée de mouvements sociaux, signe d’inquiétude avant la réforme territoriale, embrase la fonction publique territoriale. Elle a déjà touché Bourges (18), Saint-Étienne (42), la métropole Roubaix-Tourcoing, Mulhouse, Lyon et la Métropole du Grand Lyon, La Rochelle, Strasbourg ainsi qu’Argenteuil, en région parisienne.
Les motifs sont très divers : maintien et création d’emplois, rémunérations, conditions de travail. Et les syndicats impliqués varient d’un conflit à l’autre. La CGT, CFDT, CGC, CFTC, Unsa, FAFPT et SUD s’impliquent selon les cas.

Eurobrèves

UE

Les partenaires sociaux du secteur des assurances ont signé le 10 février une déclaration d’application volontaire par laquelle ils s’engagent à favoriser le télétravail. Ils disent reconnaître ce mode d’exercice professionnel comme bénéfique à la motivation des salariés comme à la productivité des entreprises. À condition que des règles précises détaillées dans la déclaration soient remplies : équipement, protection des données, formation, réversibilité, etc. Employeurs et organisations syndicales s’engagent à en faire la promotion au sein de leurs structures respectives et à agir en faveur d’accords et conventions d’entreprise sur ce thème.

BELGIQUE

À en croire les données compilées par le cabinet de conseil en ressources humaines SD-Worx, 2014 est une nouvelle année record en matière d’absentéisme. En augmentation constante depuis plus de dix ans, il franchit pour la première fois la barre des 5%, à) 5,12%, contre seulement 3,6% en 2004. Le secteur le plus impacté est le médico-social. On y note un taux de 2,79% pour les maladies d’un mois maximum. S’y ajoutent 3,25% pour l’absentéisme de longue durée.
Selon SD-Worx, les raisons de la persistance du phénomène sont : « de gros problèmes de motivation, le stress, l’épuisement professionnel et les affections physiques ».

SUÈDE

Le gouvernement veut accélérer l’entrée en apprentissage des jeunes issus de l’enseignement secondaire. Un service spécifique, doté d’un budget autonome a été créé pour accroître l’attractivité de la filière. Des subventions sont accordées aux employeurs qui accueillent des jeunes en alternance, des forums locaux sont organisés, tuteurs et enseignants bénéficient de soutiens.
Un plan de développement de l’apprentissage existe depuis 2011, mais ses résultats sont jugés trop lents. Au dernier trimestre 2014, on comptait 7 300 apprentis de cette catégorie, contre 6 000 à la même période de l’année précédente.

IRLANDE

Le ton monte entre le syndicat interprofessionnel SITPU (200 000 adhérents) et l’organisation patronale Ibec. Le premier réclame 5% d’augmentation générale pour 2015, en tenant compte du gel des rémunérations observé ces dernières années pour cause de risque. « Cette demande est infondée, déconnectée de la réalité et tout simplement stupide », rétorque l’Ibec par la voix de son président Danny McCoy.

Décideurs

VIANNEY BASSE et JEAN-MICHEL RIOU rejoignent le cabinet de recrutement de dirigeants par approche directe Éric Salmon & Partners. Le premier, ex-director corporate finance chez BNP Paribas, suivre les secteurs de l’industrie et des services financiers. Le second qui était directeur de Coface France, se concentrera aussi sur l’industrie, mais aussi sur les activités B to B.

JEAN-PIERRE BIENAIMÉ déjà président de l’UMTS Forum, est élu président de l’Institut de recherches économiques et sociales sur les télécommunications (Irest).

CHRISTOPHE COUDROY est nommé directeur général délégué aux ressources du CNRS, et entre à ce titre au directoire. Il aura en charge, notamment, les ressources humaines et les questions financières. Il était depuis octobre 2011, DRH de l’organisme public. Il avait occupé, précédemment, le poste de secrétaire général de l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (INPES).

MÉLANIE GRELLIER-DRAPEAU, avocate associée, est nommée directrice du bureau Fidal de la Roche-sur-Yon (85). Spécialiste de l’accompagnement des restructurations, de la mobilité salariale et de la sécurité au travail, elle officie au sein du cabinet depuis 2001, successivement à Orléans et Nantes, avant de rallier la structure vendéenne.

ANNE DU MANOIR est nommée directrice adjointe des ressources humaines de BNP Paribas Real Estate, tout en conservant la responsabilité des RH France. Elle sera secondée dans cette dernière attribution par BERTRAND SANNIER, promu DRH adjoint pour la France. Il était jusque-là gestionnaire ressources humaines. Ces mouvements visent à renforcer la fonction, compte tenu du développement international de l’entreprise.

BERTRAND MAZEAU issu de FO, est élu président de l’Association nationale pour la formation automobile (Anfa). Jacques Bruneel représentant les concessionnaires, devient premier vice-président.

OLIVIER MÉRIAUX est le nouveau directeur technique et scientifique de l’Anact. Il devient membre de la direction générale et du comité stratégique du réseau. Jusquelà chargé de recherche à Science Po Grenoble, il a été directeur associé du groupe Amnyos. Il succède à PASCALE LEVET.

JÉRÔME SERVIÈRES DG de Yeo frais, rend la présidence du Syndicat national des fabricants de produits laitiers frais.

JÉRÔME VOLLE (FNSEA) est nommé membre du Haut conseil du dialogue social, en tant que représentant des employeurs. Il remplace CLAUDE COCHONNEAU.

Agenda

« ACTION COLLECTIVE DE PRÉVENTION DES RISQUES PSYCHOSOCIAUX »

Séminaire d’une demi-journée organisée par l’Uriopss Rhône-Alpes, afin de restituer les résultats de l’action collective menée de 2011 à 2014 par plusieurs organismes régionaux (Aravis, Direccte, Carsat, etc.). Projections et interventions de plusieurs experts et consultants.

Le 5 mars, à Lyon

« PERFORMANCE PRODUCTIVE, SÉCURITÉ, QUALITÉ DE VIE AU TRAVAIL : FAUT-IL CHOISIR ? »

Colloque proposé par le master GRISSE de l’université de Nantes. La journée s’organisera autour de 6 conférences pour illustrer la complexité de l’équilibre. Avec le concours de syndicalistes, chefs d’entreprise, médecins experts.

Le 13 mars, à Nantes

« CHÈQUES ET TITRES EMPLOIS SIMPLIFIÉS DE TRAVAIL »

Dans le cadre des forums de l’Institut du travail de Bordeaux.

Le 3 avril, à Bordeaux
valerie.cavillan@u-bordeaux.fr