La lettre du 27 juin 2019
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Focus

Gilets jaunes : syndicats et DRH à l’heure du bilan

L’Institut supérieur du Travail (IST) de Paris propose aux syndicalistes et aux DRH une séance collective d’analyse de l’incursion des Gilets jaunes dans le paysage social. Le directeur de l’institut, Bernard Vivier, issu de la CFTC, l’ancien secrétaire général de l’Unsa, Luc Bérille, épaulés par Cyril Lage, patron de la start-up Civic Tech Cap Collectif, spécialiste de la démocratie participative et par Jean-Pierre Basilien, consultant au long cours , ex-Entreprise & Personnel, animeront le 2 juillet cette matinée de réflexion.

Elle vise à tirer les leçons du feuilleton inédit dont les épisodes s’égrènent depuis 32 semaines. Les intervenants poseront la question d’une possible réplique de l’agitation radicale au sein des entreprises.
Le risque existe. Une enquête du Crédoc conduite par Sandra Hoibian, directrice du pôle évaluation et société, constate que “65 % des personnes déclarant être Gilets jaunes sont des actifs occupés, contre 53 % en moyenne dans la population”. En outre, les adhérents à ces manifestations hors-norme se recrutent dans le vivier des syndicats, en particulier parmi des catégories habituellement acquises à la CGT.

“Au sein des actifs, les ouvriers, les employés, non-diplômés, bas revenus, déclarent plus souvent qu’en moyenne s’être engagés personnellement dans le mouvement ou le soutenir activement ”, confirme le Crédoc. Ce n’ est pas un hasard si le soutien aux manifestations du samedi a fait débat au QG de Montreuil, plus que dans toute autre confédération.

Les sources de mécontentement susceptibles de rallumer la mèche en entreprise sont légion. L’IST invoque “les résultats des derniers baromètres sociaux, les taux d’absentéisme qui augmentent, les risques psychosociaux”. Il note aussi que les managers sont aux abonnés absents : “Dans les diagnostics sociaux réalisés en entreprise, les experts de l’IST rencontrent des salariés qui disent se sentir souvent seuls, les managers étant occupés à la gestion des tableaux de gestion ou en réunion”.

Les syndicats pourraient également payer leur dilettantisme. “Nombreux sont les salariés qui posent la question de la pertinence de l’action syndicale au quotidien. Où sont les élus, où sont les délégués syndicaux” ? Il est vrai que la récente réforme des instances du dialogue social complique la tâche des représentants du personnel. Ils sont trop peu nombreux, appelés à devenir généralistes, voire contraints de se disperser.
L’institut voit poindre “les risques d’éloignement des membres du CSE des salariés, et la tentation de l’entre soi DRH-délégués syndicaux centraux”.

Ce sont autant de “points de vigilance” que la séance du 2 juillet est censée étudier, en même temps que les nouvelles expressions de la démocratie sociale. Du référendum à la coordination spontanée.

Entreprises

GRdF: les dessous du projet d’entreprise

Les syndicats de GRDF doivent se faire une raison. La lente érosion des effectifs va se poursuivre, au moins jusqu’en 2023. Le cabinet d’expertise 3E Consultants qu’ils ont eux-mêmes sollicité pour les aider à évaluer l’impact de la stratégie du groupe le confirme. Selon Le rapport qu’il vient de rendre au CCE, l’effectif quasi stable l’an dernier à 11 474 têtes, va décliner. Lentement mais sûrement, tombant à 11000 postes en 2023, soit un recul de 5 % en cinq ans.

La tendance étroitement liée à la transition énergétique, mais aussi aux objectifs du groupe, déclinés en 15 axes. Ils comprennent le renforcement de la sécurité industrielle, la montée en puissance du gaz renouvelable, l’adaptation des systèmes d’information, l’inversion de la tendance défavorable en matière de santé et sécurité au travail, ou encore une ambition forte en matière de R & D.
Les services clients et les partenariats territoriaux figurent aussi parmi les priorités.

Dans cette logique, il y aura des métiers perdants et des jobs gagnants. Dans la première catégorie se trouvent notamment les opérateurs de comptage, appelés à se reconvertir. Les spécialistes de la logistique seront 5 % moins nombreux d’ici trois ans, avant une nouvelle décrue de 5 %.
Les experts de 3E Consultants ne voient pas de PSE violent à l’horizon, le choc sera amorti par les départs en retraite. Mais tous les seniors sortants ne seront pas remplacés.
En outre, les besoins de compétences nouvelles généreront des embauches: planification, ingénierie, patrimoine, etc.

Face à ces tendances, le principal levier reste la formation. Les consultants invitent les gaziers à s’emparer du plan de développement des compétences mitonné par l’employeur. Il table notamment sur l’Académie des gaz verts qui sera opérationnelle dès septembre prochain. Il met également au point des parcours qualifiants permettant de changer de catégorie professionnelle. De même que des modules dédiés à la digitalisation.

elsan fait une réorganisation à la tronçonneuse

Un groupe multisites qui emploie 23 000 collaborateurs peut-il faire une réorganisation impliquant 500 salariés de différents établissements sans consultation centralisée ? Elsan, deuxième opérateur de santé privé (derrière Ramsay Générale de santé) le fait, sans tenir aucun compte des protestations de la CGT, de FO, de la CFE-CGC et de SUD. L’entreprise crée un centre de services partagés implanté à Lille (59) et à Perpignan (66). Dédié à la comptabilité, il sera géré par Grant Thornton. Autrement dit, c’est sous-traité.

Aux représentants du personnel qui réclament la mise en place d’un PSE à l’échelle du groupe assorti de mesures d’accompagnement, la direction répond que les négociations auront lieu au cas par cas, dans les établissements impactés. Sachant qu’Elsan est composé d’une myriade de 120 entités.
Elle fait valoir que son prestataire crée des postes accessibles aux personnes concernées.

Ses interlocuteurs syndicaux ne dénombrent que 60 opportunités. Ils s’interrogent sur les conditions de mobilité géographique et de transfert des contrats de travail. Selon eux, cette externalisation laisse présager une seconde vague qui pourrait concerner la paie et les RH. “la direction a une stratégie purement financière, sans grand égard pour le personnel, malgré son discours sur la culture d’entreprise et la qualité de vie au travail”, se désole la CGT.

la poste remanie les services de santé au travail

Le groupe postal s’apprête à réorganiser les services de santé au travail (SST) pour les rendre plus efficients à moyens équivalents. Il s’agit de faire bénéficier tous les postiers “d’un suivi de qualité, y compris lorsque le médecin du travail est momentanément absent”. Tout en renforçant la prévention primaire.

Pour y parvenir, La Poste va accélérer la mutualisation des équipes médicales qui sont encore, majoritairement, organisées par activité. Sur les 127 médecins en poste dans le groupe, moins d’une vingtaine intervient indifféremment dans les trois branches (services courriers colis, réseau et services financiers, siège et directions).
Si le projet aboutit, la totalité des ressources sera mutualisée à partir de janvier 2020. Des médecins référents régionaux seront désignés pour coordonner le fonctionnement au niveau territorial. Le nombre de salariés suivis par praticien devrait augmenter pour se situer dans la fourchette de 3000 à 3500 personnes, selon les régions, “mais toujours dans le respect des seuils fixés par la Direccte”, tient à préciser la direction.

En retour, le contenu de l’accompagnement sera qualitativement renforcé : prévention primaire, visites régulières des sites, etc. En outre, l’employeur instituera un plan de continuité d’activité des SST, en misant sur la pluridisciplinarité dans l’air du temps et sur la formation des intervenants : médecins, assistants et infirmiers passeront par une session RH sur mesure à l’université d’entreprise.

La Poste veut aussi que les SST participent à l’élaboration des projets d’envergure. Et ce, “afin de favoriser, le cas échéant, la mise en place de mesures de prévention adaptées lors du déploiement, en s’appuyant sur les études d’impact”. Celles-ci seront systématiques et associeront les membres du CNSST. Tout cela suppose une collaboration étroite entre les services de santé au travail et les équipes de la DRH au plan national comme dans les structures de proximité.
Pour commencer, ce projet de réorganisation sera mené par un comité de pilotage incluant des représentants des deux fonctions.

Gefco: rupture conventionnelle collective recalée

Les informaticiens du groupe de logistique automobile Gefco reçoivent ces jours-ci un mail de leur DRH leur expliquant le bien-fondé d’un projet de rupture conventionnelle dont on ne sait plus trop si elle est collective. Officiellement, elle l’est, puisque la direction a engagé des négociations le 5 juin dernier avec les représentants du personnel. Elle entend remercier 43 collaborateurs de la direction des systèmes d’information qui en compte 119. Sans passer par la case PSE.

Les tractations sont au point mort depuis une semaine. Les négociateurs salariés jugent les primes de départ insuffisantes. En guise de viatique, l’employeur propose une indemnité supra légale de quatre mois de salaire pour un quinqua, contre deux mois pour un quadra. Il glisse aussi dans le baluchon une aide à la formation (ou à la création d’entreprise) de 4 000 € et un outplacement de neuf à six mois, selon l’âge du bénéficiaire.

Les représentants du personnel réclament le double. Ils sont confortés par un sondage de la CFE-CGC auprès des collaborateurs éligibles. Ceux-ci rejettent majoritairement l’offre de Gefco. Certains se disent “atterrés” par le manque de considération de la direction. L’aval du personnel et de ses élus étant indispensable, on se demande si l’entreprise se laisse tenter par des ruptures individuelles.

Institutions

Syndicats : les exigences de la jeune génération

Comme les entreprises, les syndicats sont confrontés au problème du renouvellement de génération. Les quinquas sont légion dans leurs rangs, tandis que les moins 25 ans comptent seulement pour 2 %, des adhérents, à la CGT comme à la CFDT. À la différence des employeurs, les organisations de salariés disposent de moyens de recrutement et d’arguments d’attractivité limités. L’appétence des jeunes à s’engager dans le syndicalisme reste faible. Selon la Dares, à peine 5 % des Français de 35 ans ou moins ont une carte en poche, contre une moyenne de 11 %, toutes générations confondues.

À la demande de la CGT, un quintet de chercheurs (Marcus Kahman, Camille Dupuy, Karel Yon, Sophie Béroud et Fanny Chartier) s’est penché sur l’engagement des jeunes. Les résultats, présentés lors des derniers Entretiens de l’Ires, donne la mesure des efforts que les organisations devront déployer pour assurer la relève.
Primo, leur taux de sympathie auprès de cette tranche d’âge au sein de laquelle la précarité fait rage, n’excède pas 4 %. Toutefois, modère l’étude, la tendance à adhérer augmente avec la stabilité de l’emploi occupé et l’ancienneté dans l’entreprise.
Secundo, le syndicalisme est mis en concurrence avec d’autres formes d’engagement jugées “plus souples” : association, collectif, réseau, etc. L’univers du travail n’est pas exclusif, d’autres causes telles que l’environnement, et l’altermondialisme retiennent l’attention.
Tertio, les profils et les motivations des jeunes militants sont de plus en plus diversifiés. L’enquête distingue les “conquis d’avance” qui ont généralement un héritage familial en la matière ; les “défenseurs” attirés par le contre-pouvoir à celui de l’entreprise ; les “réformateurs”, souvent diplômés, qui ont soif de changement.

Quarto, il y a dans cette génération de néosyndicalistes une envie de “faire autrement”, quitte à bousculer les méthodes établies, la pratique démocratique à l’intérieur des organisations, et même la hiérarchie syndicale.
Pour couronner le tout, ces familiers du zapping ne se sentent pas liés à vie au syndicalisme parce qu’ils y ont adhéré. Il faut donc non seulement les séduire les faire adhérer, mais aussi les fidéliser en leur confiant des responsabilités et en leur laissant une marge de manoeuvre.

transports urbains : l’emploi repart à la hausse

La vague de départs massifs à la retraite crée un appel d’air favorable aux embauches dans les transports urbains. Plus de 43 % des salariés en poste ont raccroché en 2017. Pour les remplacer, les entreprises ont recruté à tour de bras. Les effectifs qui avaient diminué l’année précédente, ont au contraire augmenté en 2018.
Sans égaler les records de 2009 et 2011, la modeste progression de 1,1 % représente néanmoins 522 emplois nets, portant l’emploi total à près de 48000 postes permanents.
Les entreprises ont même peiné à pourvoir les postes, bien que la branche recrute presque exclusivement en CDI (94 % des contrats), à temps complet, et pour une durée de travail hebdomadaire inférieure à 35 heures.

Ce renouvellement d’ampleur se traduit par un renforcement des dépenses de formation : 57 M€ investis en 2018 pour proposer un stage à six ou sept salariés sur dix. L’Union des transports publics (UTP) se félicite de cette tendance et de la féminisation qui progresse par paliers (+0,7 %) en 2018. En revanche, elle se désole de la persistance de l’absentéisme. Laquelle franchit un nouveau cap, à 7,7 %.

Document

Dialogue social en entreprise : il est urgent de former et d’impliquer le management

Deux enquêtes différentes parues ces derniers jours soulignent la nécessité pour les entreprises de former et d’impliquer les managers dans le dialogue social. La première évalue la perception qu’ont les managers de demain des rapports entre directions et représentants du personnel. La seconde fait le point sur les relations humaines et organisationnelles dans l’entreprise, vues par les managers.

Ces enquêtes menées dans des cadres différents parviennent à des conclusions concordantes. Il est urgent pour les entreprises de former et d’impliquer les managers dans le dialogue social.
Le premier sondage que l’on doit à l’association Réalités du dialogue social (RDS) a été mené de février à avril dernier auprès d’un petit échantillon d’étudiants de différentes filières de grandes écoles et universités. Il s’agissait pour l’organisation présidée par Patrick Bézier (Audiens Care) d’évaluer la perception du dialogue social par les managers de demain.

La seconde enquête, conduite en mai par BVA pour le compte BPI Group, fait le point sur les relations dans l’entreprise, vues par les managers, avec un focus sur les échanges entre directions et représentants du personnel.

La Suède et l’Allemagne pour modèles

Les futurs managers ont une piètre opinion du dialogue social à la française. Pour plus de 85 % d’entre eux, il fonctionne mal. Les 20 % les plus critiques jugent même qu’il va “très mal”. Ceux-là prennent le fait de grève comme symbole du refus de négocier. Sans que les torts reviennent aux seuls élus du personnel. La défense des acquis sociaux est un facteur bloquant, autant que leur remise en cause par les employeurs. “Cette image de la confrontation reste ancrée, forgée par notre histoire syndicale et perpétuée par les programmes scolaires qui abordent ce sujet sous l’angle du conflit social”, souligne le document de RDS. La jeune génération suggère de s’inspirer des pratiques en vigueur en Suède et en Allemagne.

L’admiration pour les modèles d’Europe du Nord va de pair avec une sévère critique de conduite des relations sociales à la française. Les apprentis managers les trouvent trop « hiérarchiques, basés sur un modèle top-down, apanage de la direction ». Les étudiants de la filière ressources humaines jugent à 90 % que le pilote dans ce domaine reste le DRH. Ce taux tombe toutefois à 49 % dans les autres spécialisations.

Dans un registre voisin, l’enquête BVA-BPI Group confirme le peu d’implication des encadrants dans la construction et la gestion des relations sociales au sein de leur entreprise. Seuls 36 % y prennent une part active. Et cela alors qu’ils sont appelés à intervenir sur des thématiques de ce genre dans le cadre de leurs fonctions, quitte à s’appuyer sur le DRH: évolutions des métiers, formation tout au long de la vie, dispositifs de qualité de vie au travail, gestion du télétravail, prise en compte de la concordance des temps de vie dans le management des équipes, impact des aménagements de locaux, etc.

les futurs managers reconnaissent la légitimité et l’utilité des syndicats dans l’entreprise. seuls 9 % considèrent que dans une société où le climat social est serein, il n’y a aucun besoin de représentant du personnel.

Une occasion manquée, avec les CSE

La mise en place des nouvelles instances de représentation du personnel aurait pu être l’occasion de changer la donne, mais cela ne semble pas être le cas. “À l’heure de la coconstruction, de la codécision et du leadership partagé, les DG et DRH ont encore beaucoup de progrès à réaliser pour impliquer le management”, analyse Olivier Lajous, président du directoire de BPI Group.

Une forte demande de formation

À en juger par les juniors interrogés par RDS, cela pourrait changer avec la nouvelle génération. Les futurs encadrants affichent leur ferme intention d’investir ce champ. Toutes filières confondues, 99 % d’entre eux disent attacher de l’importance à la qualité des relations sociales dans l’entreprise et 96 % envisagent d’y prendre part. Mais un problème demeure: l’aptitude des intéressés à remplir cette mission. Près de 45 % d’entre eux le reconnaissent, ils ne sont pas préparés à cela. Même ceux de la filière RH ne se sentent pas mieux armés.
Bref, 62 % des répondants expriment le besoin de bénéficier d’une formation spécifique. Qu’elle passe par des modules formels de relations sociales et d’histoire syndicale, par des parcours d’intégration en entreprise, de l’e-learning ou des interventions d’experts extérieurs.

L’étude BVA-BPI Group le confirme, les organisations sous-estiment la formation au management en général, aux relations sociales en particulier. À la question: Pour vous aider à occuper votre poste de manager et vos responsabilités d’encadrement, avez-vous suivi une formation au management ou un parcours d’intégration dans votre poste, un encadrant sur deux répond par la négative. “la demande d’un management participatif étant de plus en plus forte, il apparaît nécessaire de former les managers”, recommande Olivier Lajous. “les dirigeants doivent créer des moments d’échanges sans doute plus informels sur les objectifs et moyens”, poursuit le patron de la société de conseil.

Bâtir des relations sociales sur les négociations formelles, oui. Mais cela ne marchera pas sans liant entre le management, les équipes et les représentants du personnel. On le savait, mais quand ce sont les managers en place et leurs cadets en formation qui le réclament, cela prouve qu’il est urgent d’agir dans ce domaine.

 

Europe

UE : troisième révision de la directive cancers

Le journal officiel de l’Union européenne a publié le 20 juin le texte de la troisième révision de la directive sur l’exposition des travailleurs à des agents cancérogènes. Les États sont donc tenus de transposer les mesures dans leur législation, au plus tard le 11 juillet 2021.

L’évolution des normes introduit quatre nouvelles valeurs limites d’exposition professionnelle (VLEP) pour le cadmium, le béryllium, le MOCA et le formaldéhyde. Les rehaussements de seuils seront applicables à l’issue d’une période transitoire plus ou moins longue.

Dans le cas du cadmium, la phase tampon courra jusqu’en juillet 2027. La substance la plus répandue est le formaldéhyde. On la trouve principalement dans les produits de construction, d’ameublement, et dans les détergents. Quelque 2,2 millions de personnes y sont exposées dans le cadre professionnel.

Le cadmium et ses composés sont présents dans le cadre d’activité d’environ 300 000 salariés. Ceux-ci oeuvrent principalement dans les industries de la métallurgie, de la production de pigments, de la fabrication d’accumulateurs et du décapage de peintures.

Le béryllium et le MOCA menacent moins de professionnels. Potentiellement, ils font planer des risques sur 75 000 et 350 travailleurs, respectivement.

Outre le relèvement des seuils limites, la troisième révision de la directive formule des propositions en matière de protection du personnel. Elle préconise aussi de mieux informer sur les précautions qui s’imposent lors de la manipulation des médicaments contenant des substances toxiques, utilisés notamment dans les chimiothérapies. On estime que 12,7 millions de professionnels de santé sont concernés par ce dernier aspect. Ce sont principalement des infirmières.
Il reste à voir si le texte sera correctement appliqué. Le processus de révision avait été bloqué pendant 10 ans, sous la présidence de Manuel Barroso. Il a repris en 2016, sous la pression du gouvernement néerlandais et l’insistance des syndicats.

Allemagne : l’emploi faiblit, la pénurie persiste

Le coup de mou qu’accuse le marché de l’emploi depuis mai dernier ne change rien à la pénurie de main-d’oeuvre qualifiée dans le secteur appelé MINT (mathématiques, informatique nature, technologies). Le BDA (patronat) évalue à 311000 le nombre postes non pourvus dans cette sphère. Ce n’est pas faute d’investir en formation.

Thomas Sattttelberger, président de l’initiative Creating the MINT future, est catégorique : “l’engagement des entreprises dans ce domaine est incontestable. les nouveaux contrats de formation ont atteint un record l’année dernière, avec 151 800 places, soit 5 % de plus qu’en 2017 et 15 % de plus qu’en 2010”.
Pour les employeurs, le récent infléchissement de la politique d’immigration ne doit pas concerner les métiers qualifiés du secteur high-tech qui dépense 100Mds€ par an pour innover. Il faut, selon les entreprises, laisser la porte ouverte aux travailleurs étrangers. Sans leur apport, le total des postes sans candidats aurait augmenté de près de 210000 unités supplémentaires.
On compte déjà 1,9 million d’ingénieurs, cadres et techniciens étrangers occupant un poste dans les activités de haute technologie. Cela représente 186Mds€ de valeur ajoutée par an, évalue l’économiste Axel Plünnecke, responsable du centre de compétences éducation immigration et innovation de l’Institut de recherche économique de Cologne.

Scanner

Afpa : le calendrier des départs volontaires est arrêté

Les 5690 salariés de l’Afpa recevront bientôt un courrier officiel les informant du déroulement du plan de restructuration. Son calendrier est fixé, après consultation des instances représentatives du personnel. La transformation reste douloureuse, mais un peu moins violente que prévu: 1423 postes seront supprimés, au lieu de 1541. En outre, 34 centres fermeront leurs portes et non 38 comme prévu. La DG, Pascale d’Artois a trouvé des solutions alternatives pour les établissements de Gap (05), Thionville (57), Le Puy-en-Velay (43) et Nevers (58). Ces sites seront exploités en collaboration avec d’autres acteurs de l’insertion par la formation professionnelle, avec le concours des collectivités territoriales, permettant ainsi de réduire les coûts.

Une École de la deuxième chance verra le jour à Gap. À Thionville, l’Afpa fera ménage avec la mission locale, tandis que l’implantation du Puy-en- Velay devrait se muer en tiers lieu, c’est-à-dire “un espace polyvalent qui favorise l’activité économique, la créativité et la convivialité, dans des domaines d’intervention variés : la formation, le travail, l’accès aux droits, l’éducation, la culture, l’action sociale, etc.” Les fermetures maintenues engendreront néanmoins 341 suppressions de postes. Dans le même temps, l’établissement public créera plus de nouveaux emplois que prévu dans le cadre de sa mutation: 629 au total, soit 26 de plus qu’annoncé.

L’organisme table principalement sur les départs volontaires. Ce premier levier sera actionné le mois prochain. Les partants, aidés au besoin par les espaces information et conseil (EIC) qu’anime la DRH, seront avisés début août de la validation ou du rejet de leur projet (retraite, reconversion, création d’entreprise). Les premières ruptures de contrat de travail pourraient avoir lieu à partir de fin septembre et s’étaleraient jusqu’à fin mars 2020.

La seconde phase du plan est à base de mobilité interne. Elle vise à pourvoir les 629 postes générés par les activités nouvelles. Là aussi, Pascale d’Artois et le DRH, Christian Mettot, veulent aller vite. Les transfuges seraient susceptibles de prendre leur nouveau poste dès septembre. Ils bénéficieront toutefois d’une période d’adaptation de trois mois. Les licenciements interviendront en dernier recours.

La direction et les syndicats veulent croire que les deux premiers dispositifs attireront un maximum de candidats. La volonté d’en finir avec ce plan social annoncé depuis octobre 2018 est partagée. Mais seule la CFE-CGC approuve intégralement les mesures et le calendrier. La CFDT et FO s’abstiennent sur la plupart des points sans s’y opposer. La CGT et SUD restent hostiles à tout le dispositif, estimant que “les suppressions de postes n’obéissent à aucune stratégie économique”. Ces deux syndicats viennent de saisir la Direccte au sujet des “conditions manifestement irrégulières de la consultation”.

Dassault Aviation: participation à l’identique

Les nouveaux accords d’intéressement et de participation qui s’appliqueront d’ici à 2022 au sein de Dassault Aviation ressemblent furieusement aux précédents, appliqués de 2016 à 2018. Ce sont les mêmes, reconduits à la virgule près. Les négociateurs salariés avaient le choix entre la sage continuité des critères et conditions existants ou la renégociation d’un mécanisme complet. Dans la dernière hypothèse, l’employeur a prévenu que le déplafonnement qui prévaut jusqu’ici pourrait être annulé. Le rêve de primes allouées sur une base égalitaire, caressé par la CFDT et la CGT, s’est également évanoui, face au veto de la CFE-CGC. Deux séances de discussions ont suffi pour convaincre tous les syndicats du bon choix.

Les collaborateurs de l’avionneur bénéficient d’un dispositif parmi les plus dotés de France. Le groupe réserve 27,5 %, de son bénéfice net comptable, hors crédit d’impôt à la participation. Celle-ci est répartie proportionnellement aux salaires, dans la limite légale de quatre fois le plafond de la sécurité sociale. L’intéressement équivaut à 7 % du résultat courant avant impôt, plafonné à 20 M€. Tout cela est amélioré depuis janvier 2018 par le forfait social réduit (16 % au lieu de 20 %).

L’an dernier, les salariés ont empoché collectivement quelque 130,83 M€ au titre de l’intéressement. Ils se sont aussi partagé 26,24 M€ de prime d’intéressement. Les perspectives économiques laissent présager une distribution du même niveau pour cette année. Il semblait difficile d’obtenir davantage.

Total fait un effort pour la parentalité

Deux accords fraîchement signés par la direction et les syndicats du groupe Total visent à faciliter la concordance des temps de vie, notamment pour les parents de jeunes enfants. Le premier porte sur l’égalité professionnelle.
En discussion depuis décembre 2018, il améliore le dispositif institué en mai 2010 et périodiquement révisé. Parmi les avancées figure une nouvelle garantie pour le personnel féminin revenant d’un congé de maternité ou d’adoption. Il bénéficiera du taux d’augmentation le plus favorable dans sa fonction et dans sa catégorie. En outre, les salariées concernées pourront profiter d’une formation de remise en train. L’employeur porte la durée du congé de paternité et d’accueil de l’enfant à 12 jours ouvrés, au lieu de 11 jours calendaires.
Dans le même registre, le parent qui opte pour un congé de présence parentale empochera l’intégralité de son salaire pendant 100 jours calendaires, au lieu de 60 jours dans l’accord initial.
De fait, total abondera sur cette période l’allocation journalière de présence parentale (AJPP) versée par les caisses d’allocations familiales. Autre amélioration: Total accordera une autorisation d’absence (rémunérée) pendant quatre demi-journées, en cas d’hospitalisation d’un enfant.

Le deuxième accord est un avenant au dispositif de télétravail en place depuis 2013, pour une durée indéterminée. Il est pérennisé et les conditions d’accès sont assouplies, intégrant de nouvelles catégories de salariés. Par ailleurs, le groupe Total qui avait écarté toute prestation en télétravail à partir d’un tiers lieu, accepte le principe d’une expérimentation.

Confidences

SUICIDES

Il faut agir au-delà du procès France Télécom, considère le député LR Bernard Perrut. Il demande à la ministre du travail de “mettre en place une évaluation statistique du suicide en milieu professionnel, permettant d’étudier l’impact des plans de prévention et d’accompagnement personnalisé des travailleurs”.

L’élu du Rhône déplore que la présomption d’imputabilité s’applique seulement lorsque l’acte fatal intervient sur le lieu de travail et pendant les heures de vacation. À défaut, la preuve du lien avec les conditions de travail doit être apportée par la famille, déjà éprouvée. “Généralement, c’est la fragilité du travailleur est mise en avant”.

MÉDIATION

L’Ucanss, fédération des employeurs du régime général de la sécurité sociale, met en place un dispositif de médiation afin de résoudre les situations de conflits interpersonnels d’ordre professionnel entre les cadres de direction. L’organisme a confié aux cabinets Efficience et Humanisme et Cohésion Performance le soin de concevoir et de mettre en oeuvre la procédure idoine. Il est stipulé que le médiateur pourra intervenir dans le cadre d’une situation dégradée ou de manière préventive. En cas d’échec de l’arbitrage, il ne lui appartient pas d’en gérer les conséquences. Le marché est conclu avec les deux prestataires pour quatre ans.

ASSOUPLISSEMENT

Une proposition de loi déposée par Thibault Bazin, député LR de Meurthe-et-Moselle, soutenu par une escouade d’élus de sa famille politique, vise à améliorer la récupération des paiements indus par les caisses d’allocations familiales auprès des familles. Le remboursement pouvant impliquer la suppression totale des prestations mensuelles, il n’est pas rare que les foyers se tournent vers les centres communaux d’action sociale (CCAS) déjà très sollicités. Le texte préconise un échelonnement adapté, après concertation.

Acteurs

DAVID MAHÉ

Le président de Stimulus renforce l’assise internationale de sa société spécialisée dans la santé psychologique au travail. Il vient de reprendre les structures du concurrent Psya en Espagne et en Italie, avec le concours de BPI France et des fonds d’investissement Geneo Capital Entrepreneur et NCI.
Une quinzaine d’experts basés à Madrid et à Milan rejoignent Stimulus qui avait déjà un pied en Espagne avant cette acquisition.

Le cabinet compte 90 consultants en France, au service d’environ 3 millions de salariés bénéficiaires de ses prestations dans un peu plus de 400 entreprises.

ÉLIZABETH BATTAREL

La directrice des ressources humaines de NTN-SNR Roulements va transformer en douceur le régime des 35 heures en vigueur dans l’entreprise depuis 1 999. Un accord de méthode qui vient d’être signé avec les syndicats dresse la liste des thèmes de la négociation. Elle concerne toutes les catégories, à l’exception des mandataires sociaux et porte sur différents aspects de l’aménagement. De la durée maximale des vacations aux astreintes, en passant par le compte épargne temps.

La méthode et le calendrier sont fixés : des réunions hebdomadaires permettront d’avancer chapitre par chapitre. Seule la CGT rejette la démarche.

CHRISTOPHE JERRETIE

Neuf mois après l’adoption de la loi du 5 septembre 2018 pour la liberté de choisir son avenir professionnel, le député LREM de Corrèze presse le gouvernement d’indiquer la date de publication du décret relatif à l’accès des salariés démissionnaires à l’assurance chômage (article 50). Il croit savoir que de nombreux salariés ont d’ores et déjà rompu leur contrat de travail, pensant pouvoir bénéficier de l’aide au retour à l’emploi (ARE). “La confusion règne autour de cette promesse de campagne du Président de la République”, dit-il.

MATHIEU DETCHESSAHAR

Professeur à l’université de Nantes, il animera à partir de fin septembre un groupe de travail du think tank Anvie sur les liens entre la qualité de vie au travail et la performance de l’entreprise. Il sera entouré de collègues issus de Grenoble École de Management, de l’IAE Aix Marseille et de l’Université Paris Est Créteil. Des dirigeants et cadres des groupes Engie Digital, Covéa, Orano et Rakuten-Price Minister lui apporteront aussi leurs témoignages. Les conclusions devraient être connues fin 2019 ou début 2020.

Coulisses

SANTÉ AU TRAVAIL

Pour la première fois depuis des lustres, le nombre d’accidents du travail a diminué à Air France où l’on a déploré 2 079 sinistres en 2018. Les taux de fréquence et de gravité ont également baissé. Le personnel navigant commercial reste le plus exposé.
Le CHSCT et la direction s’en félicitent, mais les mauvaises langues font observer que ce résultat est dû en partie à la sous-traitance des travaux les plus pénibles, ce qui a pour effet d’externaliser certains risques.

REPRISE

La direction et les syndicats d’AG2R Réunica vont devoir s’atteler au nouveau dispositif de GPEC et en accélérer la mise au point. Le précédent accord a expiré depuis fin décembre dernier. Il a été prolongé jusqu’au 31 mars. Les négociations ayant pris du retard, un nouvel avenant a rallongé le sursis jusqu’au 30 juin. On y est.

Le dossier est sensible : l’effectif du groupe s’érode (-5 %), les métiers liés à la retraite et à la protection santé se transforment, la distribution prend à toute allure le virage du numérique. Pour les prochaines années, la direction veut une organisation agile, ses interlocuteurs lui réclament davantage de moyens pour accompagner la transformation et la mobilité.

NOCES

En chantier depuis près d’un an, la réunification du courtage d’assurance et de réassurance est effective. La Chambre syndicale des courtiers d’assurance (CSCA) et Planète Courtier ne forment plus qu’un seul et même syndicat, elliptiquement dénommé Planète CSCA. Fort de 2000 adhérents, il compte de multiples collèges catégoriels incluant les grossistes, les mandataires d’intermédiaires, les spécialistes du maritime et des transports, de la gestion du patrimoine, etc.
La fusion ouvre une période électorale qui courra jusqu’à mi-septembre, en vue d’une nouvelle gouvernance : comités directeurs, conseil national, présidence.

ÉGALITÉ

Fruit de groupes de travail paritaires, le plan 2019-2021 pour l’égalité professionnelle au ministère des Finances est fin prêt. Le dernier tour de piste a eu lieu mi-juin.
Le projet, fondé sur l’accord transversal de la fonction publique, est convenu. Il comporte cinq axes, déclinés en 25 mesures : articulation des temps de vie ; lutte contre les stéréotypes de genre et mixité des métiers ; égalité salariale et accès équitable aux parcours professionnels ; lutte contre les violences sexistes et sexuelles ; amélioration de la gouvernance.

RÉORGANISATION

Le volet social de la réorganisation d’Auto Châssis International (ACI), filiale à 100 % de Renault basée à Villeurbanne (69), se complique. Spécialisée dans les trains avant et arrière, bras de suspension, moyeux et porte fusées, l’usine regroupe ses lignes de production.
La direction compte en profiter pour réduire l’effectif qui s’élève à 755 salariés, sans licenciement. Elle table sur une rupture conventionnelle collective associée à des départs en retraite anticipés de trois ans.

Après quatre rounds les négociateurs salariés, tenaces, réclament un quota d’embauches en compensation des départs. À raison de 10 entrées pour 50 sorties, escompte la CFDT. Les syndicats demandent aussi de porter la période tampon entre le départ de l’entreprise et la retraite effective à quatre ans au lieu de trois, et de laisser aux intéressés la faculté de racheter des trimestres de cotisation, en bénéficiant d’une aide l’entreprise.

DIFFÉRÉ

Les collaborateurs de la RATP sont appelés à élire leurs représentants au conseil d’administration du 5 juillet au 12 juillet. Le scrutin, qui se déroule par voie électronique était programmé du 22 au 28 mai. Il a été reporté in extremis par une décision de justice.
Motif : certaines listes de candidatures sont entachées d’irrégularité, notamment pour cause de non-parité.

L’enjeu est plus important ici que dans d’autres grandes entreprises. Le conseil d’administration de la régie compte 27 membres. Il est composé à parts égales de représentants de l’État, du personnel et de personnalités qualifiées issues des milieux socioéconomiques, dont des clients et des élus de communes concernées par l’activité.

CONCERTATION

Le patron de Michelin, Florent Ménégaux, engage une démarche inédite avec les représentants du personnel. À la demande ces derniers, il va ouvrir une concertation sur l’avenir des sites du groupe en France, usines et tertiaire compris.
Les syndicats qui ont formulé leur demande conjointe par écrit, disent ne pas suivre tous les méandres des transformations en cours. Ils tremblent surtout pour la pérennité de certains sites, dont celui de La Roche-sur-Yon (85) et s’interrogent sur l’érosion continue des effectifs.

Le big boss pose toutefois une condition : chaque délégation syndicale composée de deux membres, devra signer préalablement une clause de stricte confidentialité concernant les informations données au cours de ces réunions dont les dates restent à fixer.

Eurobrèves

ESPAGNE

Le secrétaire général de la confédération CCOO publie un livre qui fait réagir dans le microcosme. Son titre : un avenir sans syndicat ? est faussement interrogatif. Unai Sordo y déroule un plaidoyer pour les organisations syndicales et leur rôle dans la défense des salariés et la conquête de nouveaux droits. “Des millions de personnes ont une convention collective et ne savent même pas qu’un syndicat l’a négociée”, constate l’auteur. Il met aussi en cause la campagne de dénigrement des organisations représentatives et l’incapacité de celles-ci à défendre leur image. “Nous devons améliorer notre taux de pénétration et être plus proches des gens”, conclut l’ouvrage, en forme d’exhortation.

UK

L’organisation patronale CBI réclame un CICE à la britannique. Elle demande au gouvernement de mettre en place un “crédit d’impôt compétitif” et de créer un hub numérique décrivant clairement toutes les aides accessibles. “Le sous-investissement de la R & D menace de freiner la croissance des entreprises à un moment où le potentiel pour le Royaume-Uni est immense”, explique le CBI dans un argumentaire détaillé et chiffré, transmis au gouvernement.

L’objectif de ce dernier est d’atteindre progressivement un taux d’investissement de 2,4 % du PIB en R & D. “Au train actuel, ce sera chose faite en 2 053. Les entreprises ne peuvent pas attendre ce délai. Il faut agir plus vite”, presse le patronat.

UE

L’Autorité européenne du travail située à Bratislavia (Slovaquie), sera à pied d’oeuvre dès octobre prochain. Elle est nantie d’un budget de 50 M€, d’un effectif de 140 personnes dont certaines, détachées par les État membres, feront office d’agents de liaison. L’institution mise sur les rails en 2017 atteindra sa pleine capacité d’ici à 2024.
Sa mission sera de veiller à ce que les règles de l’UE en matière de mobilité de la main-d’oeuvre soient “appliquées de manière juste, simple et efficace”. Elle assurera également des missions de médiation et facilitera la résolution des litiges transfrontaliers.

BELGIQUE

La confédération CSC s’alarme de la flambée des litiges opposant des travailleurs intérimaires à leurs employeurs. Sur dix ans, la hausse est de 142 %, soit 1 926 cas, en 2018. La CSC ne prend en compte que les différends non résolus dans le cadre de l’entreprise. Premiers motifs : le salaire et le décompte des heures de travail.

Décideurs

STÉPHANIE ARIDON a pris le poste de directrice des ressources humaines de Mediaperformances (marketing grande consommation). Elle était précédemment responsable RH chez le chocolatier Lindt & Sprüngli France, après avoir exercé des fonctions similaires chez l’opérateur Transatel, chez EB Trans (transport et logistique) et chez Ineo.

DELPHINE BERTHELOT est nommée DRH de Czech Media Invest France, éditeur de presse. Elle était DRH d’Euronet France. Antérieurement, elle a été manager RH et marketing chez Ataway, après être passée par Business at Work et 3d Harmony.

CHRISTINE BESSEYRE issue de La Poste, est élue secrétaire générale de la Fédération FOCom. Elle remplace PHILIPPE CHARRY qui a renoncé à briguer un second mandat.

STÉPHANE BLANCHON est le nouveau secrétaire général de l’Unsa Santé et Cohésion sociale. Il succède à JEAN-NOEL GAY.

FRANÇOISE DESCAMPS-CROSNIER, cheffe de cabinet au CNFPT siégeant dans le collège des employeurs, est élue présidente du FIPHFP. Elle sera épaulée par CHRISTOPHE ROTH, issu de la CFE-CGC et JACQUES ZEITOUN (APF), vice-présidents.

YVON GROSSO, patron de la société de conseil en recrutement Agyca Group, excadre d’Adecco, prend la présidence du Medef Sud, en remplacement de JEAN-LUC MONTEIL. Il avait présidé l’Union pour l’entreprise des Alpes-Maritimes (UPE06).

AURÉLIE GUILLEMETTE rejoint Valtus (management de transition) en tant que directrice associée. Passée par Eurogroup et PMGI, elle a fait l’essentiel de sa carrière chez Accenture où elle a été notamment directrice de cabinet du président, après avoir piloté des projets d’intégration dans le secteur bancaire. Elle était dernièrement managing director en stratégie.

FABIEN LAPLAGNE est nommé DRH de la Banque Rhône-Alpes, filiale du Crédit du Nord. Il exerçait jusque-là des fonctions identiques à la Banque Tarneaud qui relève du même groupe.

FLORENCE LUSTMAN, directrice financière de La banque Postale, prendra la présidence de la Fédération française de l’assurance (FFA) à partir du 1er octobre. Elle remplacera BERNARD SPITZ.

GILLES MIRA, délégué syndical national de LCL, est élu président du Syndicat national de la banque (SNB) de la CFE-CGC. Il succède à RÉGIS DOS SANTOS qui a dirigé la fédération pendant 12 ans.

Agenda

« PROTECTION SOCIALE : UNE AFFAIRE DE SOLIDARITÉ »

Colloque orchestré par la Fédération CFDT protection sociale travail emploi (PSTE). Au programme : grands sujets de l’actualité de la protection sociale ; nouvelles formes de travail indépendant et défis pour la protection sociale ; droits sociaux et soutenabilité financière.

Le 4 juillet, à Paris.

« ÉCONOMIE SOCIALE ET GOUVERNEMENT »

Thème des 39es journées de l’Association d’économie sociale. Au sommaire : entrepreneuriat social ; nouvelles formes de finance ; instruments de gouvernement, etc.

Du 4 au 6 septembre, à Amiens.

« LE COMITÉ SOCIAL ET ÉCONOMIQUE ET LES ENJEUX DE LA SANTÉ SÉCURITÉ AU TRAVAIL »

Journée d’étude à l’initiative de la direccte PACA et de l’institut régional du travail (IRT) d’Aix-Marseille. Présentation des enjeux, expériences de terrain, échanges avec les participants.

Le 26 septembre, à Marseille.
irt-contact@univ-amu.fr