La lettre du 3 mars 2016
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Focus

Loi sur le travail : le gouvernement dos au mur

L’intersyndicale se réunit ce jeudi matin dans les locaux de l’Unsa à Bagonlet (93). Elle est loin d’avoir désarmé. “Il faut accroître la pression”, exhorte Jean-Claude Mailly, secrétaire général de FO. Même si le Premier ministre, Manuel Valls a décidé de reporter de quinze jours de la présentation du projet de loi sur le travail, rebaptisé en catastrophe “loi sur les nouvelles protections pour les entreprises et les salariés”.
Reçu le 29 janvier par la ministre du Travail, Myriam El Khomri, le secrétaire général de l’Unsa, Luc Berille a rappelé les deux points les plus litigieux de ce projet : les dispositions sur le licenciement économique et le barème des indemnités prud’homales. Invités dès la semaine prochaine à Matignon en même temps que les organisations patronales pour une nouvelle phase de concertation associant les ministres de l’Économie et du Travail, les syndicats attendent des aménagements de fond. À la CGT, Philippe Martinez exige le retrait pur et simple du texte. Le blocage était prévisible. La direction générale du travail a pris la mesure de la cristallisation dès le 23 février, à l’occasion de la réunion du Conseil supérieur de la prud’homie (CSP).
Alors qu’il s’en était bien gardé à lors du débat sur la loi Macron, le gouvernement a jugé utile de consulter cette instance sur le plafonnement des indemnités de rupture en cas de licenciement sans cause réelle et sérieuse. Le barème, censé dissiper la peur de recruter, est repris dans le projet de loi porté par la ministre du Travail et durci dans un sens plus favorable aux employeurs. Le dédommagement plancher disparaît. Le viatique minimum accordé à des publics spécifiques tels que les victimes d’accidents du travail, ou les salariés touchés par un licenciement économique injustement remerciés, est réduit de moitié. Il n’existera plus de réparation minimum pour les salariés dont la priorité de réembauchage sera bafouée.
Si les représentants patronaux au sein du CSP approuvent la liberté de licencier, le camp syndical s’en étrangle. Même la CFDT qui avait approuvé le principe d’un barème prud’homal ne s’y retrouve plus. “Le référentiel indicatif devait tenir compte de l’âge et de l’employabilité et de l’ancienneté du salarié. Seul le dernier critère semble avoir été retenu”, dit en substance l’organisation de Laurent Berger. Le Conseil constitutionnel ayant retoqué le mode de détermination initialement fixé par la loi Macron, le gouvernement a choisi de retirer tout simplement toute référence à la taille de l’entreprise, comme l’ont exigé les Sages. Résultat, un senior viré à tort ne pourra pas prétendre à plus de 15 mois de salaire, en guide de réparation. Engager une procédure risque de coûter plus cher au plaignant que le pécule espéré, même en cas de victoire.

Entreprises

Total Amont s’attaque aux risques psychosociaux

Un nouvel accord sur la prévention des risques psychosociaux (RPS) s’applique à partir de cette année au sein de l’UES Total Amont (environ 5000 salariés). Le texte, signé le 20 janvier dernier et jugé “excellent” par la CFDT, renforce l’arsenal dont le groupe pétrolier s’était précédemment doté. Les référents RPS vont bénéficier de moyens accrus, en temps, mais aussi en équipement avec la possibilité d’utiliser la visioconférence pour intervenir à distance.
Le dispositif 2016 permet le repérage des foyers de risque à partir d’un questionnaire anonyme rempli par les collaborateurs à l’occasion de la visite médicale. Les cas individuels identifiés peuvent être signalés, “sans aucun impact sur la carrière” des intéressés, ni sur celles des lanceurs d’alerte. Une cellule de traitement est instituée pour analyser les situations tendues dont un bilan annuel sera présenté en CHSCT. Des droits individuels sont également explicités : liberté de déconnexion en dehors des heures de travail, possibilité de rendez-vous spontané avec le médecin du travail, etc.
La révision de l’accord antérieur s’est imposée après le suicide d’un collaborateur sur son lieu de travail, à Pau, en juin dernier. Les syndicats dans un courrier au DG, Patrick Pouyanné, la CGT avait invoqué le malaise ambiant, lié selon elle, aux réorganisations incessantes, à la pression en vue d’un résultat toujours accru et la sous-traitance à outrance. Le destinataire avait fait valoir que les moyens de détection des problèmes individuels avaient bien fonctionné, puisque le salarié désespéré était en contact avec un référent. Néanmoins, avait-il admis, “nous devons aller plus loin pour éviter autant que possible que de tels drames puissent se reproduire”. Un mois plus tard, un groupe de travail était réuni pour plancher sur un nouvel accord. Total a maintenant l’intention de l’étendre à l’UE. Emmené par sa secrétaire générale Christine Renaud (CFDT), le comité européen a déjà déblayé le terrain.

L’action sociale des IEG est à bout de souffle

Une table ronde tripartite sur le sujet explosif du financement des oeuvres sociales des industries électriques et gazières avait lieu le 17 février au ministère de l’Écologie. Elle était censée tracer des pistes pour renflouer un système à bout de souffle. Les fédérations syndicales en sont sorties déçues. Le mécanisme actuel, théoriquement fondé sur un prélèvement de 1 % de la masse salariale, doit être réformé, car tous les opérateurs ne contribuent pas à la même hauteur. Notamment, les nouveaux acteurs traîneraient les pieds, et se montreraient plus parcimonieux. L’enveloppe globale ne cesse de s’éroder. Elle était de 431 M€ en 2015, soit 70 M€ de moins qu’en 2013. La contraction s’explique aussi par la dégradation de la situation financière des entreprises du secteur, moins enclines à la générosité.
La CGT revendique un moratoire fixant le montant global de l’action sociale à 500 M€ par an, en attendant la conclusion des éventuelles négociations. Les industriels ne veulent pas en entendre parler. Le syndicat suggère aussi d’asseoir le 1 % social sur trois paramètres. En premier lieu, la production et le stockage, ensuite la taille des réseaux de distribution et enfin la consommation d’énergie. Cette équation aboutirait à un résultat de 500M€, un montant qui fluctuerait peu. Les experts du ministère facilitateurs sans pouvoir de décision, proposent aux parties d’engager des discussions officielles dès ce mois de mars.

Atos parvient à encadrer le travail atypique

Les conditions de recours et la rémunération du travail posté, de nuit, du week-end, ainsi que le régime des astreintes, sont désormais harmonisées pour toutes les filiales du groupe Atos. Direction et syndicats ont bouclé le 26 février, un accord à durée indéterminé sur les vacations atypiques. Le texte se substitue à une trentaine de conventions et avenants, sans parler des 32 accords, engagements unilatéraux et usages de Bull, précédemment dénoncés.
Afin de favoriser la concordance entre vies privée et professionnelle, l’employeur fournira un planning étalé sur quatre à douze semaines. Si des changements interviennent, seul le volontariat sera de mise. En sus du repos compensateur, tout travailleur posté empochera une prime de 60€ mensuels. Son plan de charge tiendra compte d’éventuelles périodes de formation et une attention particulière sera portée à sa carrière.
Pour le travail de nuit, l’accord reprend essentiellement les dispositions légales. Le groupe y ajoute des “mesures destinées à améliorer les conditions de travail”. Lesquelles portent sur les moyens de transport entre le domicile et le lieu de travail. Par ailleurs, un entretien individuel spécifique au travail de nuit sera organisé tous les ans afin de vérifier la bonne conciliation des temps de vie. A propos du travail du dimanche et des jours fériés, Atos majore les rémunérations correspondantes de 100%, voire 200% pour le sacro-saint 1er mai. Au chapitre de l’astreinte, il est indiqué que la fréquence sera, au plus, d’une semaine sur trois, sauf circonstances exceptionnelles autorisant une rotation d’une semaine sur deux, mais sur la base du volontariat. Comme pour le travail posté, un planning est établi, assorti d’un délai de prévenance. Les interventions à distance restent possibles. Ces permanences seront rémunérés entre 38€ et 45€ par module d’intervention, en plus du salaire habituel. Magnanime, Atos accepté de compenser le manque à gagner des personnes dont la paie serait amoindrie par le nouveau texte.

Carrefour : les ressources cachées de la NAO

Le groupe fait partie de ces entreprises où les négociations annuelles obligatoires ne s’arrêtent à la seule question des rémunérations, primes, titres restaurant, Cesu et autres et avantages. La cuvée 2016 de la branche hypermarchés draine son lot d’engagements nouveaux.
Dans l’accord proposé aux syndicats par Agnès Berkourian, directrice des relations sociales, il est acté que l’entreprise investira 2M€ cette année pour renouveler le matériel de travail, dans le cadre de sa politique de santé, compte non tenu des équipements de protection individuelle. L’utilisation de cette enveloppe fera l’objet d’une concertation, avec un bilan au premier semestre 2017. Le don de jours en vigueur depuis novembre 2014, mais limité aux congé légal, sera étendu aux repos compensateurs, aux congé pour ancienneté et même au supplément acquis pour fractionnement.
Les NAO ont aussi abouti à l’expérimentation prochaine d’un dispositif dit de “repos choisi” dont le but est d’améliorer la concordance des temps de vie. Pour la première fois, les cadres de plus de 58 ans auront la possibilité de s’exonérer des astreintes, réputés éprouvantes. Les hypermarchés Carrefour s’engagent sur un calendrier social. D’ici à la fin de l’année, direction et représentants du personnel plancheront, sur la classification des nouveaux métiers, et sur les conditions de travail des hôtesses de caisse.

Henkel : expertise sur la nouvelle filiale logistique

Le comité central d’entreprise de Henkel France tente de retarder le jeu de construction qu’échafaude la multinationale, spécialiste de la colle à haute performance et des produits d’entretien domestique. Il vient de voter une expertise visant à “comprendre la stratégie du groupe et ses éventuels impacts sur les emplois et les conditions de travail en France”.
Les élus réagissent à la filialisation des activités logistiques. Lesquelles sont transférées à une société récemment créée. Détenue à cent pour cent et baptisée One global Supply Chain, elle est basée à Amsterdam. Animée par un staff d’environ 200 personnes venant de différents pays, elle aura des ramifications nationales et facturera ses prestations à la maison mère. Environ 150 personnes aujourd’hui directement rattachées au groupe vont être transférées à l’émanation française de cette nouvelle structure. La direction assure que ce mercato interne n’aura aucune incidence sur le nombre d’emplois.
Le CCE veut avoir la garantie formelle que le statut social du personnel sera préservé et que la migration n’est pas une simple étape sur la voie de l’externalisation. L’objectif officiel de Henkel est d’accélérer les processus en les mettant à l’heure du progiciel SAP, le progiciel qui supprime les petits chefs, tout en optimisant les coûts. Avant la généralisation le projet a été testé dans les entités néerlandaise, luxembourgeoise et belge. Chez Henkel (connu pour ses marques Mir, Le Chat, Super Croix, etc.), nul ne doute de l’intérêt de One Global Supply Chain. En revanche, tout le monde s’interroge sur ses conséquences. Le luxe déployé pour recruter les managers et les inciter à rejoindre Amsterdam en dit long sur les synergies attendues.

Institutions

Recouvrement Urssaf : petit mercato entre amis

Les Urssaf s’apprêtent à intégrer les 156 salariés d’Apria RSA qui gèrent actuellement le recouvrement de la cotisation maladie des professions libérales, effectifs médicaux non compris. L’opération s’inscrit dans le cadre du transfert de cette activité sous-traitée depuis 2008 par le Régime social des indépendants (RSI).
La loi de financement de la Sécurité sociale de 2016 prévoit que le shift se fera au 1er janvier 2018. Les intéressés, répartis entre Le Mans (72) et Bourges (18), ont anticipé une possible réduction d’effectif de leur actuel employeur. Dans la mesure où la perte de la prestation impliquera la disparition des recettes provenant de cette activité spécifique. Le personnel est allé frapper à la porte de la branche recouvrement de la Sécu, épaulé par la Fédération CGT des organismes sociaux. Cette dernière a fait valoir la nécessité de recruter pour faire face à l’accroissement prévisible de la charge de travail.
Traiter les dossiers de 1,3 million d’assurés n’est pas une sinécure, admettent Jean-Louis Rey, DG du réseau et son homologue d’Apria RSA, Jean-Marie Paulot. Ils viennent de cosigner un courrier commun officialisant le transfert, via l’article L 1224.1 du Code du travail. Les intéressés sont assurés de ne pas subir de mobilité forcée. Ils rejoindront les Urssaf de leurs départements respectifs. Toutefois, le sort de la vingtaine d’employés de la plateforme téléphonique reste incertain. Les tractations se poursuivent en vue de leur reclassement interne.

Document

Restructurations : les dispositifs de revitalisation industrielle manquent d’efficacité

Les usines continuent à réduire la voilure ou pire, à fermer. Afin de réduire l’effet de ces annonces, les pouvoirs sont prêts à épauler les entrepreneurs capables de transformer les sites délaissés, de les reconvertir ou de les relancer. Ils misent gros, pour des résultats encore insuffisants. Une réforme du dispositif est attendue. Elle est recommandée par la Cour des comptes.

Les services du ministre des Finances, Michel Sapin, et ceux de son homologue de l’Économie, Emanuel Macron, viennent d’annoncer conjointement la prolongation du dispositif d’aide à la réindustrialisation (ARI) jusqu’à fin 2016. Une dotation de 30 M€ est affectée au soutien de nouveaux projets. Les plus ambitieux doivent impliquer au moins 5 M€ d’investissement pour 25 créations d’emploi. Les plus modiques ne sont éligibles qu’à partir de 2 M€ d’engagement, à condition de générer 10 recrutements directs.
Créé en 2010 et plusieurs fois rénovée, ce dispositif a déjà permis d’accompagner 95 projets. « Une dizaine de projets achevés totalisent 163 M€ d’investissements. ils ont permis la création de 752 emplois dans de nombreux secteurs industriels comme la mécanique, l’aéronautique ou le luxe » se félicite Bercy.

Les usines continuent de fermer

C’est une maigre consolation face à la vague de fermetures d’usines annoncées par les grands groupes. Qu’elles soient provoquées par des difficultés d’exploitation, des fusions acquisitions ou des réorganisations internes. Parmi les dernières annonces figurent celles de Bonduelle qui condamne son site Russy-Bémont (60). De son côté, l’équipementier Plastic Omnium ferme son usine de Laval (53), tandis que le belge Recticiel met fin à la fabrication de mousses à Noyen-sur-Sarthe (72). Selon l’observatoire Trendeo, elles sont 612 à avoir fermé depuis 2009. Et selon la dernière enquête de France Industrie & emploi (FIE) publiée en mai dernier, 33336 emplois ont été perdus dans l’industrie tricolore en 2014, soit une hausse de 3 % en un an. “Bien que la hausse soit minime, les destructions d’emplois se poursuivent, notamment dans des secteurs clés comme l’automobile, équipementiers compris, la pharmacie et les machines industrielles”, souligne Michel Ghetti, président de FIE.

Des conventions pour revitaliser

Il est vrai que l’ARI ne représente qu’une partie de la parade aux licenciements collectifs dans l’industrie. L’arme lourde dans ce domaine reste la convention de revitalisation. Fondée sur le principe du licencieur-payeur, elle prend la forme d’une obligation pour les entreprises de plus de 1000 personnes procédant à des restructurations. La loi de modernisation sociale de 2002 et celle dite de cohésion sociale datant de 2005 les contraignent à financer la création d’activités de substitution sur les territoires fragilisés par leurs baisses d’effectifs. De 2002 à 2014, apprend-on dans un rapport de la Cour des comptes, 1402 conventions de revitalisation ont été signées, représentant un total de 717 M€ de contributions d’entreprises. En moyenne, 100 à 120 conventions sont signées chaque année, pour une contribution d’environ 50 M€ et un objectif de création d’emplois se situant entre 10000 et 12000 emplois par an. Le plus souvent, les pouvoirs ont abondé la mise de départ. L’année dernière, ils ont déboursé entre 387 M€ et 400 M€ pour ce faire.

Des parlementaires de la majorité reprennent à leur compte les préconisations de la Cour des comptes. Ils réclament un suivi plus rigoureux des sommes investies dans les conventions de revitalisation.

Les résultats restent insuffisants

Tout cela pour un résultat que les magistrats de la rue Cambon jugent notoirement insatisfaisant en matière de réindustrialisation, dans un rapport publié en décembre dernier.
En principe, « l’exécution des conventions doit faire l’objet d’un suivi et d’une évaluation, sous le contrôle de l’autorité administrative ». une mission confiée à la DGEFP, en lien avec les services décentralisés de l’État et les collectivités territoriales. Les critères de mesure du retour sur investissement sont clairs: emplois nouveaux à la date de la clôture de la convention; postes maintenus ou consolidés ; jobs devant être créés à moyen terme grâce au financement. Pourtant, note le rapport, le suivi sur le terrain reste hétérogène. La DGEFP promet, à partir de cette année, d’améliorer le suivi et d’approfondir le bilan annuel des opérations

Le cas Cenntro, un cuisant fiasco

Plusieurs échecs retentissants incitent en effet à resserrer la grille d’analyse et à anticiper tout crash, une fois les fonds des entreprises partantes engagées et les subventions publiques injectés. L’un des derniers cas de figure est celui de la reprise ratée de l’usine Fagor Brandt de Gerland (69). Partie pour être transformée en site de production de voitures électriques, elle a été successivement reprise par la société SITL de Pierre Millet, avant de tomber dans l’escarcelle de la société Cenntro, propriété du sino-américain Peter Wang. Bilan de ces péripéties : des fonds publics partis en fumée et 382 salariés sur le carreau après dixhuit mois d’incertitudes et de chômage partiel. Même dans les cas de reconversion réussie, comme celle de l’ancienne raffinerie Petroplus, à Reichstett (67), fermée en 2011, devenue un centre de stockage de produits pétroliers sous l’égide du groupe Rubis, génèrent relativement peu d’emplois.

Europe

Finlande : priorité aux accords d’entreprise

Le gouvernement du centriste Juha Sipilä s’apprête à introduire un projet de loi visant à privilégier les accords d’entreprise au détriment des négociations sectorielles et nationales. Du moins en ce qui concerne l’organisation et le temps de travail, ainsi que les salaires. Cette orientation figurait dans son programme électoral. De fait, la plupart des conventions collectives autorisent déjà des dérogations par lesquelles syndicats et employeurs peuvent convenir de dispositifs particuliers. Mais elles restent peu utilisées. Les syndicats auraient voulu utiliser ce levier pour améliorer les conditions de travail. De leur côté, les employeurs ont tenté d’obtenir par ce biais des exceptions à la règle de rupture de contrat de travail, notamment en cas de difficulté. Sans y parvenir.
Avant de légiférer, les pouvoirs publics laissent trois mois aux partenaires sociaux pour s’accorder sur le cadre général des futures tractations locales. Ils ont fixé des balises. Primo, les grandes entreprises dotées de syndicats et les PME qui en sont dépourvues doivent être sur un pied d’égalité. Secundo, la cohérence s’imposera à l’intérieur des branches et des bassins d’emploi. Tertio, des clauses d’exception anticiperont les difficultés conjoncturelles, afin que les employeurs ne soient pas prisonniers des textes signés. Quarto, le droit d’expression des salariés et leur accès à l’information seront sanctuarisés.
Les employeurs apprécient le projet. Les responsables syndicaux sont partagés. Certains, à l’image de Sture Fjäder, leader d’Akava (cadres) jugent la démarche positive, dans la mesure où elle est fondée sur la confiance et la responsabilité. D’autres décèlent un risque d’affaiblissement des conventions collectives qui couvrent plus des trois quarts de la main-d’oeuvre. Ils y voient aussi une possible érosion de l’influence des syndicats. C’est le cas de Lauri Lyly, patron de la confédération SAK.

UK : compenser le salaire minimum de décence

Pour réduire le nombre de working poors, à défaut d’éradiquer le phénomène, le gouvernement de David Cameron va instituer un salaire minimum de décence à compter d’avril prochain. Obligatoire, le national living wage (NLW) sera égal à 60 % du salaire médian national, et représentera donc 7,20 £ de l’heure (9,13 €) cette année, pour un salarié âgé de 25 et plus. Ce plancher s’élèvera à 9,35 £, soit 11,41 € d’ici à 2020 selon les projections.
Selon une enquête de l’organisation de professionnels des ressources humaines CIPD, 54 % des salariés estiment qu’ils seront directement concernés. Sans surprise, le ratio est plus élevé dans les secteurs à forte intensité de main-d’oeuvre, où les salaires sont habituellement bas, comme la grande distribution, l’hôtellerie-restauration et des services à la personne. Les employeurs font des simulations sur l’impact de la mesure sur la masse salariale. Les branches ne sont pas logées à la même enseigne, mais toutes cherchent à neutraliser l’effet de la nouvelle donne. Une entreprise sur trois mise sur l’accroissement de sa productivité. Soit en en allongeant les horaires, soit en intensifiant le travail. Une autre solution qui a la faveur des PME consisterait à rogner les marges. Le NLW pourrait aussi entraîner dans certaines structures la réduction des budgets d’augmentation salariale ou le rabotage des primes et bonus. Pire, une proportion non négligeable d’employeurs, surtout des petits patrons, envisage de réduire leur personnel.

Scanner

Macif : les exigences de Macifutur à l’épreuve

Adopté en juin dernier et dévoilé fin janvier, le plan stratégique 2016-2020 de l’assureur mutualiste a failli connaître un faux départ. Baptisé Macifutur il hérisse les membres CGT et FO du comité d’entreprise, déterminés à obtenir une expertise afin de mesurer son impact sur l’emploi et les conditions de travail. Ils ont été contrecarrés par les élus CGC et CFDT, convaincus de la viabilité du projet quinquennal que leur a détaillé le DG, Jean-Marc Raby. «Macifutur s’appuie sur des fondamentaux économiques sains, prévoit des investissements importants » vante ce dernier. Le président du groupe abonde : « nous avons collectivement fait le choix audacieux d’anticiper et d’accompagner les transformations qui s’opèrent chaque jour un peu plus au sein de la société. nous entendons construire une Macif résolument tournée vers l’avenir, qui change mais ne se renie pas » ?
Le tandem insiste sur le volet social et ressources humaines de la démarche. Pour la première fois, toutes les actions de formation du groupe mutualiste, mené séparément dans les entités de l’unité économique et sociale vont être gérées et suivies par une direction du développement des compétences unique. Le poste a été créé l’année dernière en prévision de l’accord de GPEC récemment signé et dont le déploiement commence. Le DRH, Benoît Serre, veut disposer d’un tableau de bord permettant de suivre l’évolution des métiers et des bassins d’emploi.
Les syndicats contestataires en prennent acte, mais insistent sur le niveau d’exigence, irréaliste selon eux et susceptible d’entraîner des dérapages. Ce serait le cas du résultat net de 130 M€ par an désormais exigé, de la production nette de 125 000 contrats supplémentaires espérés d’ici à 2020 et des 250000 comptes bancaires à vue que la Macif rêve d’accueillir dans un délai de cinq ans.
Selon la CGT, le niveau de résultat indiqué a été rarement atteint. Et quand il l’a été, c’était en raison d’éléments exceptionnels. Pour les contrats automobiles, la Macif a perdu 13000 polices l’an dernier. De même le challenge consistant à engranger 50000 souscriptions bancaires par an alors que le groupe a vu partir 6 000 comptes l’an dernier, laisse les trublions perplexes.
Le volet social les rassure à moitié. Si la GPEC été bien ficelée, adossée à un modèle managérial adapté, la transformation des métiers induite par la GPEC (notamment le panachage de fonctions commerciales et de gestion, ainsi que le management des centres de relation client par la performance) font naître des inquiétudes, malgré les assurances données par Benoît Serre.
Last but not least, la politique salariale bouscule les habitudes. Les dernières négociations annuelles obligatoires se sont soldées par l’absence totale d’augmentation générale. Seules les distinctions individuelles ont été attribuées, à hauteur de 1,5 % de la masse salariale. Le groupe a néanmoins consenti une prime de 500 € dont tout le monde ne se satisfait pas.

Euro Cargo Rail : dialogue sur fond de méfiance

Après les arrêts de travail à l’appel de la CFDT qui ont secoué le premier opérateur privé de fret le mois dernier, le DRH d’Euro Cargo Rail (ECR), Patrick Célaudoux et le directeur des opérations, Christophe de Korver, tentent de renouer les fils du dialogue. Ils viennent de programmer des “réunions de concertations” avec les organisations syndicales afin d’aplanir les différends qui portent sur les conditions de travail, l’emploi et les rémunération?. Une gageure quand les dirigeants de cette société de 1200 personnes, filiale du groupe allemand DB Shenker sont accusés d’avoir joué les briseurs de grève. Ils n’ont pas hésité à former en express des conducteurs de train pour remplacer les absents et à accroître les heures supplémentaires des non-grévistes. Si Euro cargo Rail ne prend pas des engagements précis, la CFDT menace de réitérer les perturbations “en boucle aussi longtemps qu’il le faudra”. et cette fois elle agira avec la participation des autres syndicats. Le climat s’était détérioré avec la mise en oeuvre du lean management “sans concertation avec les instances représentatives du personnel, et sans prendre le temps de mesurer les risques psychosociaux” dit le syndicat. Mis sous pression par la concurrence, le groupe a lancé un Nouveau plan opérationnel alias NPO. Son objectif est d’économier 16M€ par an, dont 2,5M€ sur les frais de fonctionnement. Le tout est accompagné d’un vaste plan de mobilité interne et externe, assorties de primes.

Faurecia University : le campus Europe officialisé

Les premières sessions ont démarré sur le tout nouveau campus de Faurecia University, à Nanterre (92). C’est la troisième implantation de cette école interne pilotée par David Degrange, directeur de la formation du groupe. Deux autres entités tournent déjà à plein régime à Auburn Hills aux États-Unis et à Shanghai, en Chine. Elles ont accueilli 4 900 participants l’an dernier. Nanterre proposera aux 50 000 collaborateurs d’Europe une centaine de formations (top management de niveau mondial et sessions corporate axées sur les compétences fonctionnelles et managériales). David Degrange met l’accent sur la préparation des leaders potentiels à la prise de postes clés comme ceux de directeurs d’usine, de managers de projet ou de responsables d’équipes de recherche et développement. Les contenus des sessions sont élaborés en collaboration avec de grandes écoles dont l’Insead, mais sans exclusive.
Les dirigeants de haut niveau et les experts métiers sont invités à contribuer aux parcours, voire à mentorer des jeunes talents prometteurs dans le cadre de Faurecia Alumni, réseau des stagiaires passés par l’un ou l’autre des trois campus. L’équipementier n’exclut pas d’ouvrir le campus à des entreprises tierces. Des tractations sont en cours dans ce sens avec la Fédération des industries des équipements pour véhicules automobiles (Fiev). Sans doute pour mutualiser le coût de la structure qui devrait osciller entre 8 M€ et 10 M€ par an, selon nos informations.

Confidences

RISQUE

Le ministère de l’Agriculture répond par la fermeté à l’attaque mortelle d’une fonctionnaire le 17 février dernier. Une directive adressée aux préfets insiste pour que les contrôles soient poursuivis. Et toutes les agressions physiques feront l’objet de poursuites judiciaires. Depuis 2011, on en a recensé 21. Aux chefs de service qui auraient tendance à les passer sous silence, une circulaire viendra rappeler l’obligation de faire remonter tous les incidents, y compris les incivilités non corporelles.

REDISTRIBUTION

Le groupe LR au Sénat dépose une proposition de loi visant à flécher l’usage que les bénéficiaires de prestations sociales font des sommes reçues. Cela concerne notamment l’allocation de rentrée scolaire et la prestation d’accueil du jeune enfant qui totalisent 2,52 Mds€. Il s’agit d’empêcher que ces subsides soient utilisés à d’autres fins par des familles fragilisées. L’idée serait d’instituer des titres de paiement spécialisés, sur le modèle de ce qui existe déjà au niveau local pour les achats de produits alimentaires, de fournitures scolaires ou pour l’aide au logement.

EFFICACITÉ

Le nouveau directeur de la branche maladie de la sécurité sociale, Nicolas Revel, va lancer un grand chantier de rationalisation. Cela touche aussi bien les fonctions en lien direct avec les usagers que celles du back-office. La ligne directrice sera la mutualisation, appuyée sur des centres d’expertise d’envergure régionale ou nationale. Nicolas Revel souhaite créer un cadre national, tout en laissant de la marge aux équipes locales. Le projet impactera un collaborateur sur huit. Il impliquera des formations et des mobilités.

ORGANISATION

La décision n’est pas prise, mais Total envisage de filialiser tout ou partie de sa comptabilité. Un pan de l’informatique a récemment été transféré dans une entité ad hoc, Total Global Services (TGS).

Acteurs

DOINA PALICI-CHEHAB

Actuelle DG d’Axa insurance Singapore, elle est bien placée pour garder sa place de représentante des salariés au conseil d’administration du groupe. Son mandat devrait être renouvelé lors de l’assemblée générale du 26 avril prochain. Parmi les trois candidats à ce siège, le conseil a décidé de la soutenir, “afin de pouvoir continuer à bénéficier de sa connaissance du groupe et du secteur de l’assurance, ainsi que de son profil international”.
Avant de prendre les rênes à Singapour, elle avait officié en Allemagne et dirigé la division Business Services en Inde. Les salariés détiennent 6,66 % du capital.

VINCENT GASSMANN

Le président de la Société de médecine et de santé au travail de Strasbourg réunira le 11 mars prochain un aréopage de praticiens spécialisés, psychologues, ergonomes et enseignants-chercheurs pour réfléchir sur l’émergence du “salarié connecté”. Un thème générique qui recouvre les ressources et les contraints des technologies dans le travail, la surveillance des salariés, la multiplication des flux d’information, l’éthique et même l’ubérisation des relations. Les débats seront précédés de visites d’entreprises dont Chronopost et l’Hôpital universitaire.

CATHERINE GUICHARDAN

Le réseau syndicaliste CFDT’elles qu’elle a cofondée avec Cartherine Pibarot et Aurore Martin décolle doucement. En six mois, il a recruté un peu plus de 70 membres, dont une quinzaine d’hommes. L’objectif est de partager des contacts, des informations et des bonnes pratiques sur des thèmes variés. La conciliation des temps de vie, l’allaitement au travail, l’égalité professionnelle et l’aide familiale en font partie. Tout cela pouvant servir lors de négociations en entreprise. Selon la confédération, les femmes représentent 47 % de ses adhérents.

PATRICK LENANCKER

Le patron de Confédération générale des scop attend 1 300 personnes au congrès du mouvement prévu les 20 et 21 octobre à Strasbourg. Offensives, les sociétés coopératives dépoussiérant leur image. Elles sont maintenant dotées d’outils financiers spécifiques (Socodev, Sofiscop, Scopinvest). Elles se mettent même au crowdfunding avec le récent lancement de la plateforme jefinancemonprojetcooperatif. com. Un coup de jeune inité par la jeune garde : 15 % des sociétés sont dirigées par des personnes de moins de 35 ans.

Coulisses

DÉMOGRAPHIE

Les organismes de sécurité sociale rament à contre-courant. Alors qu’ils font face au vieillissement accéléré de leur effectif, ils accusent du retard dans la réalisation du contrat de génération. Ce texte prévoit l’embauche de 25 % de nouveaux collaborateurs âgés de moins de 26 ans, chaque année. Le flux réel se limite encore à 19,5 %. À l’inverse, l’objectif de recrutement et de maintien des quinquas dans l’emploi est dépassé : 6,8 % au lieu de 4 %. Dans les dix prochaines années, un employé de la sécu sur six prendra sa retraite.

E ADMINISTRATION

Le rétro planning du bulletin et du coffre-fort électroniques personnalisés dans la fonction publique de l’État se précise. Il se confirme que le dispositif sera expérimenté d’ici à fin 2016 et pendant deux ans, dans quelques administrations pilotes, dont Bercy et le ministère de la Défense. En 2020, tous les ministères basculeront dans le tout numérique, les éditions papier disparaîtront. Chaque fonctionnaire disposera de son espace de consultation et de stockage, sécurisé. La durée de conservation s’étendra jusqu’à cinq ans après son départ en retraite. L’État employeur édite 30 millions de bulletins papier par an.

TÉLÉTRAVAIL

Direction et syndicats de RTE (8 500 salariés) finalisent un accord sur le télétravail. L’entreprise insiste sur le coût du dispositif qui devra être nul. L’indemnisation est exclue, alors que les conventions signées chez EDF SA et ERDF prévoient une enveloppe annuelle de 100 €. Un plafond de 20 % de télétravailleurs est fixé au sein de chaque équipe. Les intéressés devront être présents au moins trois jours par semaine sur leur lieu de travail habituel. Et pas question d’officier depuis un bureau de proximité. Aucun métier n’est exclu, les demandes seront étudiées au cas par cas. Les travailleurs à distance ainsi que leurs managers seront préalablement formés par un cabinet spécialisé.

STRESS

À en croire FO qui s’appuie sur un sondage artisanal qu’il a effectué, les agents du ministère de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt sont au bord de la crise de nerfs. 84 % disent connaître des collègues qui souffrent d’une overdose de stress et frôlent le burn-out. 75 % ont peur pour leur santé mise à mal par les conditions de travail. Pour couronner le tout, 80 % des personnes interrogées ne se sentent pas reconnues, en dépit de leur investissement. Le syndicat réclame des mesures d’urgence.

SANTÉ AU TRAVAIL

Le think tank Anvie va lancer début avril un groupe de travail sur la promotion de la santé globale des collaborateurs. Ce concept plus évolué que la classique prévention des risques professionnels répond à l’évolution du management et de la législation. Le chantier qui devrait durer jusqu’à l’été sera animé par Thierry Rochefort, professeur associé à l’IAE de Lyon.
Dans la task force scientifique figureront aussi Emmanuel Abord de Chatillon (IAE Grenoble), et Marc Loriol, sociologue au CNRS. Ils recevront les renforts et témoignages de DRH et médecins du travail de Safran, Botanic, Sanofi et Total.

FAUX DÉPART

L’accouchement de l’Agence française de la biodiversité (AFB), se fait dans la douleur. L’entité, fierté de Ségolène Royal, ministre de l’Écologie, est censée regrouper l’Office national de l’eau et des milieux aquatiques, l’Atelier technique des espaces naturels, l’Agence des aires marines protégées et l’établissement des Parcs nationaux de France. Soit 1 200 agents pour un budget de 226 M€. Problème : sa mise en route traîne en longueur, le calibrage de son effectif relève du casse-tête, tout comme la mise en cohérence des statuts. Chargé de la préfiguration, Olivier Laroussinie vient d’être brutalement remercié.

DEAL

La direction d’Altérant a trouvé avec la CFDT (plus de 30 % des voix) un accord le temps de travail des collaborateurs au forfait jours, sans avoir la rémunération correspondant au statut de cadre autonome. Une anomalie concernant 8 500 salariés dont 4 500 sont payés en dessous du plafond de la sécurité sociale (PASS). Cela avait valu à l’employeur des tribulations judiciaires et une condamnation à payer des arriérés d’heures supplémentaires.
Altran se met en conformité en proposant aux premiers niveaux de salaire un régime de 158 heures mensuelles (36 h 30 en moyenne) assorti de 10 jours de RTT. Les autres restent au forfait annuel, mais sont assurés de bénéficier de 10 jours non travaillés. En outre le groupe mettra en place un compte épargne temps.

COMPÉTENCES

Même en période d’économies budgétaires, l’État employeur maintient son effort de formation en faveur des fonctionnaires. Selon le dernier relevé de la DGAFP, le training professionnel par agent et par an dans les ministères reste stable à 3,1 jours. Les stages statutaires augmentent légèrement, atteignant 4,4 jours. Le tout au profit de 1,55 million de personnes.

Eurobrèves

BELGIQUE

Les confédérations syndicales CSC, FGTB et CGSLB ont introduit, le 22 février, un recours devant la Cour constitutionnelle contre le relèvement de l’âge légal de la retraite qui passera progressivement de 65 à 67 ans. Elles estiment que cette solution « porte gravement atteinte au droit à la sécurité sociale tel qu’il est garanti par la constitution. » En outre, cette décision a été prise « sous prétexte d’assurer la survie financière du système.
Or aucune étude n’a été réalisée sur les conséquences de cette solution purement idéologique. Les pistes proposées par la commission d’experts, comme la recherche d’autres sources de financement, n’ont pas été explorées ».

UE

Parmi tous les 12,9 millions de personnes qui étaient au chômage dans l’Union européenne au deuxième trimestre 2015, 62,7 % (12,9 millions) étaient toujours à la recherche d’un emploi trois mois plus tard. Moins de 18 % ont trouvé une solution tandis que 19,4 % (4 millions de salariés) avaient évolué vers ce que les économistes d’Eurostat appellent pudiquement « l’inactivité économique ». Autrement dit, le décrochage définitif, retraite comprise. Parmi ceux qui persévèrent, une forte proportion bascule dans le chômage de longue durée.

IRLANDE

À en croire Danny McCoy, DG de l’organisation patronale Ibec, les entreprises pourraient créer 60 000 nouveaux emplois cette année après en avoir généré 50 000 en 2015. Les derniers chiffres de l’OSC, équivalent de notre Insee laissent présager une nouvelle baisse du chômage dans les prochains mois. Toutefois, l’Ibec met en garde contre un risque de freinage si la période post-électorale s’avère politiquement incertaine. « Les plans d’embauche pourraient être remis en cause si un gouvernement instable ou anti-entreprise prend les rênes du pays », prévient-il.

UK

En 2015, les salariés britanniques ont fait don de 31,5 Mds £ (39,95 Mds €) à leurs employeurs. La somme, évaluée dans une étude diligentée par la confédération syndicale TUC, correspond aux 7,7 millions d’heures supplémentaires effectuées par 5,5 millions de salariés. Un travailleur sur cinq (19,2 %) abandonne ses droits. Les quadras étant surreprésentés dans cette catégorie. La moyenne des extra-non réclamés est de 8,5 heures par semaine pour les hommes contre 7,1 heures hebdomadaires pour les femmes, plus nombreuses à oeuvrer à temps partiel.

Décideurs

HERVÉ BORENSZTEJN rejoint Heidrick & Struggles en tant que partner au sein de l’activité leadership consulting du bureau de Paris. Il était directeur associé chargé du pôle RH de Karistem Corporate Consulting. Auparavant, il a occupé le poste de vice-président RH de Converteam-General Electric Power Conversion.

GÉRARD DOREY qui a été directeur exécutif des enseignes de proximité du groupe Carrefour est élu président de la Fédération de l’épicerie et du commerce (FECP).

MARY-DAPHNÉ FISHELSON ex-associée au sein des cabinets Lefèvre Pelletier et La Garanterie et Associés, arrive chez August & Debouzy en qualité de senior counsel dans le département droit social.

GRÉGOIRE LECLERCQ est reconduit à la tête de la Fédération des autoentrepreneurs (Fedae). Directeur de la relation client de l’éditeur informatique EBP, il est par ailleurs président de l’Observatoire de l’ubérisation.

CÉLINE LEMERCIER est nommée viceprésidente ressources humaines de Louvre Hôtels Group. Elle exerçait des fonctions similaires au sein de la Compagnie des Alpes, après avoir officié dans plusieurs grandes entreprises dont Rexam, JF Hillebrand, Valeo et Eridania Beghin-Say.

CAROLE LE MEUR prendra le poste de DRH de Barry Callebaut (produits à base de cacao) à compter du 1er avril. Elle occupait chez Baxter, le poste de vice-présidente en charge des RH pour la région Asie-Pacifique. Elle avait des responsabilités comparables au sein d’Aventis, devenu Sanofi Pasteur.

THIERRY MONTERO, DRH de l’Institut national de la propriété industrielle (INPI) depuis 2012, élargit le champ de ses responsabilités au développement social. Il a été, précédemment, adjoint RH des directeurs de la stratégie au sein de la Direction générale pour l’armement (DGA) où il a fait une bonne partie de sa carrière.

CÉDRIC RAMAT, jusque-là DRH de Pernord Ricard Americas est promu directeur des ressources humaines et de la responsabilité sociétale du groupe Pernod Ricard. Transfuge de Microsoft, il a dirigé les RH d’Orangina France et de Ricard SA.

SAMUEL SCHERMAN qui était counsel chez Hogan Lovells, est coopté associé au sein de l’équipe procédures collectives et contentieux de Lantourne & Associés.

GUILLAUME SEYNES, vice-président du Comité Colbert qui fédère des entreprise du luxe, prend la présidence de l’Alliance européenne des industries culturelles et créatives (ECCIA).

Agenda

« LA MIXITÉ EN ENTREPRISE. »

Matinée d’échanges proposée par la Direccte Ile-de-France et la Fondation Face. Au programme : panorama du nouveau cadre légal en matière d’égalité professionnelle, restitution d’une étude Face-Sociovision sur le genre dans le discours sur les métiers. Le tout suivi d’une table ronde.

Le 10 mars, à Aubervilliers.

« L’ÉGALITÉ PROFESSIONNELLE, UN ENJEU DE PERFORMANCE ET DE BIEN ÊTRE AU TRAVAIL »

Matinale organisée par l’Aract Nord-Pas-de-Calais et le ministère du Travail. Enjeu juridique de l’égalité professionnelle. L’égalité comme levier d’optimisation et d’amélioration du bien-être des salariés.

Le 10 mars, à Arras.
d.durieux@anact.fr

« FORUM DE L’ENGAGEMENT »

A l’initiative de l’Observatoire de l’engagement et de l’université Paris Dauphine. Restitution d’une étude auprès de 20 grandes entreprises, témoignages, table ronde sur les tendances et perspectives.

Le 11 mars à Paris.
forum@observatoire-engagement.org