La lettre du 7 mai 2015
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Focus

PSE : les entreprises sont inégalement traitées

Au ralenti depuis plusieurs mois, la machine à détruire des emplois accélère brutalement. En attendant qu’Areva détaille ses projets, environ 4 000 postes sont menacés chez ITM, 1 599 dans les entités du groupe Vivarte, 600 chez Vallourec, 591 au sein de Renault Trucks, 500 dans une quarantaine d’agences du logisticien Gefco et 400 dans les sites de Dim. Sans parler du groupe minier Eramet ni des Galeries Lafayette qui entament des procédures similaires.
Parmi ces entreprises frappées par un plan de sauvegarde de l’emploi, une fracture apparaît. Dans celles qui parviennent à attirer l’attention du ministre de l’Économie Emmanuel Macron, ou même de Manuel Valls à Matignon, les personnes licenciées peuvent espérer un traitement social amélioré.
C’est le cas de Mory Ducros. Après que l’exécutif a promis de ne pas laisser seuls les ex-employés du transporteur, la France a sollicité l’intervention du Fonds européen d’ajustement à la mondialisation (FEM). Le dossier a été mis entre les mains expertes du secrétaire d’État chargé des transports, Alain Vidalies, avocat spécialisé en droit du travail de profession. Bruxelles s’apprête à verser 6M€ pour aider au reclassement de 2 513 anciens collaborateurs des 84 sites répartis dans l’Hexagone. Une enveloppe que l’État abondera à hauteur de 4M€, en sus des sommes attribuées par l’administrateur chargé des licenciements, Philippe Blériot.
Rien de tel n’est promis, pour l’instant, au personnel du groupe Vivarte, victime d’un plan social violent entrainant la fermeture de 244 magasins. L’indignation que manifestent les intéressés à l’annonce du parachute doré accordé à l’ex-PDG, Marc Lelandais, parti lesté de plus de 3M€, ne change rien à la donne. Faire le siège des administrations de tutelle et bombarder les ministères de courriers et pétitions ne suffit pas, comme a pu le constater le syndicat FGTA-FO à propos d’ITM (enseigne Intermarché). L’hécatombe annoncée ne provoque pas le branle-bas espéré par l’organisation dirigée par Dejan Terglav. À la différence du plan social de Gad de moindre ampleur, concernant 760 travailleurs, l’an dernier. Le gouvernement s’en est mêlé, réussissant à décrocher un appui d’un peu moins de 1M€ de la Commission européenne. FO attend encore la réponse aux sollicitations adressées à Bercy et aux services de François Rebsamen afin de les alerter de « l’urgence de la situation».
Cette technique d’agitation, appréciée en son temps par Arnaud Montebourg, alors ministre du Redressement productif, couronnée de succès inégaux, ne semble plus de mise. Les syndicats de Dim, convoqués le 19 mai prochain pour la première séance de négociation, ne se font pas d’illusion. Ils se concentrent sur des concessions internes.

Entreprises

AG2R La Mondiale et Réunica changent de braquet

Fini, la course à la taille critique. Le plan d’entreprise 2015-2017 du groupe AG2R La Mondiale met l’accent sur la rentabilité, l’agilité des structures opérationnelles et la réduction des coûts d’exploitation. Le mastodonte doit réaliser 38M€ d’économies en trois ans en matière de protection sociale. Sur la même période, l’activité retraite complémentaire fera fondre ses coûts de 75M€. Le serrage de boulons s’appliquera aussi à l’assurance de personnes, dont les charges d’exploitation devraient diminuer de 5%, soit 20M€ de dépenses en moins.

Le projet fait l’objet d’une concertation avec les instances représentatives du personnel, dans un climat d’autant plus serein que la direction s’est engagée, d’entrée, à maintenir l’emploi. Toutefois, des interrogations demeurent concernant le périmètre et l’ossature du groupe, qui n’en finissent pas d’évoluer au rythme des fusions d’activités et de structures, tandis que certaines alliances sont dénouées. Ainsi, AG2R La Mondiale a entrepris de regrouper sa dizaine de mutuelles sous la marque ViaSanté et laisse la porte ouverte à de futures adhésions. Le but visé reste de mutualiser les ressources afin de rester compétitif sur ce marché très concurrentiel, strictement réglementé.
Une autre opération de fusion est entamée dans le domaine de la prévoyance. Dans la foulée du rapprochement de leurs maisons mères, AG2R Prévoyance et Réunica Prévoyance ne constituent plus qu’une seule et même entité, baptisée AG2R-Réunica Prévoyance. À l’inverse, le partenariat entre le groupe et la Macif au sein d’une coentreprise spécialisée, dénommée AG2R Macif, est définitivement condamné. Le personnel concerné sera reclassé en interne. La direction promet d’accompagner ces transformations d’un dispositif de GPEC à la hauteur, et d’investir en formation.

Axa France rabote son effectif sans conflit

Progressivement, mais avec constance, l’assureur réduit sa masse salariale, sans licenciements collectifs, tout en maintenant un flux régulier d’embauches. Cette méthode politiquement correcte a néanmoins entraîné la destruction de 1 270 emplois en cinq ans, sur un effectif actuel de 8 824 personnes. Soit un recul de 15%.
Côté jardin, Axa France recrute. Dans le cadre du contrat de génération et de l’accord de GPEC signé par la CFDT et la CGC, quelque 1 320 nouveaux collaborateurs rejoindront l’entreprise au cours des trois prochaines années.
Côté cour, la direction profite du turn-over et de la pyramide des âges pour appliquer une règle implacable : une seule arrivée pour deux départs. 2 160 retraites sont prévues d’ici à 2017, dont 700 dès 2015. Dans le même temps, des sites sont regroupés. Le recalibrage concerne notamment Dijon, Nancy, Châteauroux, et Nîmes. Les fonctions RH, administration, logistique, comptabilité et règlement IARD sont particulièrement touchées. Une cartographie des métiers dans une main, l’accord de GPEC dans l’autre, le DG, Nicolas Moreau, assure que « chaque salarié a l’information nécessaire pour se projeter à moyen terme ».
L’autre levier qu’actionne judicieusement Axa France est la négociation salariale. L’époque fastueuse où deux vagues d’augmentations individuelles pouvaient se succéder au cours d’une seule et même année est révolue. Mas il est vrai que la grille de rémunération est plutôt avantageuse : de 31 600 € à 65 500 € pour un cadre, 28 800 € à 40800€ pour un employé.

Casino pris en défaut sur le social, son point fort

L’assemblée générale des actionnaires du groupe Casino, organisée le 12 mai, à la Maison de la chimie de Paris, sera chahutée. La CGT prépare un comité d’accueil des actionnaires et surtout du PDG, Jean-Charles Naouri. Elle veut directement porter à leur connaissance ce qu’elle considère comme une « dérive du dialogue social ». Et si la CFDT ne s’associe pas à cette opération spectaculaire, un sondage interne mené par ses représentants et dévoilé ces jours-ci indique qu’un tiers des collaborateurs sont « prêts à aller manifester au siège, hors temps de travail ».
72% estiment que leurs conditions de travail se sont détériorées. Un comble pour une entreprise de 70 000 salariés (en France), qui fait de ce thème sa marque de fabrique. Dans ses différentes filiales, Casino entretient une concertation permanente avec 1 000 instances représentatives du personnel (5 500 élus). Ces échanges s’appuient sur un accord de dialogue social valable jusqu’en 2016.
Les griefs portés par la CGT sont résumés dans le courrier adressé au DRH, Yves Desjacques, par le coordinateur, Michel Calicat : augmentations salariales en berne, baisse relative de la contribution patronale à la couverture sociale, tensions persistantes. De son côté, la CGC insiste les conséquences désastreuses des 1 659 suppressions de postes faites en 2013 et 2014. « elles nuisent gravement aux conditions de travail et amenuisent les résultats de l’entreprise », considère l’encadrement. Et cela malgré le dévouement du personnel qui aurait fait le sacrifice de 1,7 million d’heures travaillées. « la politique de la direction est suicidaire et démotivante », répète la CGC.
Sa petite musique est entendue par le DRH. Il vient de décider un plan de recrutement d’urgence portant sur 150 emplois. «c’est notoirement insuffisant par rapport à la situation», lui réplique le syndicat. L’Unsa abonde, réclamant des embauches, un meilleur accompagnement de la mobilité, la généralisation de la cellule d’appui psychologique. De son côté, le groupe invoque les performances médiocres enregistrées l’an dernier en France où le résultat d’exploitation a diminué de 2,5%.

Sopra Steria : couac judiciaire post-fusion

Le rapprochement de Sopra et Steria vient de connaître un premier épisode judiciaire lié au statut social. Ce ne sera sans doute pas le dernier. Le tribunal de grande instance de Nanterre (92) a condamné, le 29 avril, le nouvel ensemble de 37 000 salariés piloté par Vincent Paris à dédommager le comité central d’entreprise de l’UES Steria et le syndicat Solidaires Informatique. Avec la Fédération des employés et cadres FO, défendus par l’avocat Roger Koskas, ils avaient saisi la justice pour s’opposer à la dénonciation unilatérale d’une série d’usages et avantages à compter de fin mars.
Cela concerne les frais de déplacement, primes d’astreintes, règles d’évaluation du temps de travail et jours de congé RTT. Les représentants du personnel exigeaient une consultation préalable du CHSCT de l’UES, mais aussi des différents CHSCT d’établissement. D’interminables formalités que la DRH a souhaité abréger. À tort, estiment les juges. Ils considèrent que la décision est entachée d’irrégularité, sans pour autant dénier au groupe informatique le droit de revenir sur la question. « il appartiendra à la société sopra steria group de mettre en oeuvre une nouvelle procédure », ont-ils tranché. Le CCE se prépare déjà à une nouvelle manche en appel.

IBM: un accord GPEC défensif chasse l’autre

L’Unsa, première organisation syndicale chez IBM France, la CFDT, la CGC et la CFTC sont signataires du nouvel accord de GPEC qui s’appliquera jusqu’en 2017. Le texte reste défensif, dans la mesure où les effectifs de Big Blue dans l’Hexagone s’érodent inexorablement. Ils ont plongé de 37% en 15 ans, et pour la première fois l’an dernier sont passés en dessous du seuil de 8 000 personnes. La société a encore enregistré 1 400 ruptures, dont 179 démissions, en 2014 et la tendance va perdurer.
La mesure phare du dispositif reste la gestion des départs volontaires, des congés de fin de carrière et des congés de mobilité. Des alternatives aux licenciements collectifs, dont IBM s’est fait une spécialité. Le dernier recours à ce palliatif date seulement de quelques mois. 689 postes étaient visés. Le nouvel accord prévoit une embauche pour deux départs. Compte tenu de la pyramide des âges, les signataires estiment avoir préservé un volume d’emplois minimum.

Un autre point clé concerne la formation aux nouveaux métiers. La direction ne jure que par le CAMSS (Cloud, Analytics, Mobile, Security and Social). Autrement dit, les spécialités tournant autour de la mobilité, de la sécurité et des réseaux sociaux pour lesquelles les compétences restent volatiles. Aucun engagement chiffré n’a été pris concernant le volume d’heures de formation, comme le réclamait l’Unsa. Ces dernières années, elles ont dégringolé à deux jours et demi en moyenne par employé, contre deux semaines au début des années 2000. « il existe aujourd’hui d’autres façons de transmettre le savoir-faire et d’apprendre », argumente la direction.
La nouvelle GPEC prévoit, au niveau des business units, des groupes de travail paritaires comprenant des représentants de la direction et des syndicats signataires afin de quantifier et préciser les engagements. De même, la revendication de l’Unsa demandant que les futures appréciations tiennent compte du relais générationnel dans les notations est restée lettre morte.
Les représentants du personnel ne se font pas d’illusion, la politique RH est mondialisée. Vue d’Armonk, siège américain de la corp, la GPEC à la française est anecdotique. « la marge de manœuvre laissée à notre direction est limitée », admet la CFDT.

Institutions

L’Unédic peu soulagée par la baisse des faillites

Appelée en pompier pour se substituer aux employeurs défaillants, l’AGS, organisme spécialisé de l’Unédic, débourse en moyenne 8 000€ par salarié laissé sur le carreau, soit une hausse de 6,2% en douze mois. Il y a quatre ans, le ratio était de 7 000€ par tête.
Depuis 2012, les salaires impayés ne représentent plus qu’une part minoritaire des débours. Ils sont supplantés par les indemnités de licenciement, de plus en plus lourdes, de même que les dommages-intérêts qui ont flambé de plus de 18% en cinq ans. Nombre d’entreprises en difficulté laissent pourrir les situations lorsqu’elles sont traînées en justice par des collaborateurs. Résultat : le nombre de salariés couverts par la garantie AGS diminue (–5,7% en mars, sur 12 mois glissants, à 270 870). Le nombre de licenciements aussi (–8,1% à 123 110). Les sommes avancées sur la période reculent nettement moins : 2, 15Mds€, soit un reflux de moins de 3%.

Document

Projet de loi sur le dialogue social : les outsiders du patronat espèrent être écoutés

A la veille du débat parlementaire sur le projet de loi relatif au dialogue social, les organisations patronales périphériques Asmep-ETI, CJD et Udes veulent se faire entendre lors du débat parlementaire. Au même titre que le Medef, la CGPME et l’UPA qui n’ont pas dit leur dernier mot.

Le Premier ministre, Manuel Valls, sera, le 11 mai prochain, la guest star du jamboree qu’organise le syndicat des entreprises de taille intermédiaire, Asmep-ETI au Palais de la découverte de Paris. Pour ses 20 ans, l’organisation créée en 1995 par Yvon Gattaz se dotera d’une nouvelle identité et fera plancher ses quelque 600 adhérents. Les thèmes retenus reprennent les habituels dadas de l’organisation : « L’investissement de long terme», « Un nouvel élan pour l’économie » et « La nouvelle donne ».
À la veille du débat parlementaire sur le projet de loi de modernisation du dialogue social préparé par François Rebsamen, le locataire de Matignon devra sans doute répondre à des sollicitations sur ce sujet. Les positions de l’Asmep sont connues, l’organisation ayant formulé ses préconisations en la matière avant la conférence sociale de juillet 2014.

Des propositions tournées vers le coût

Elles restent axées sur le coût des consultations, en temps et en argent. « le dialogue social est chronophage et coûteux, sa complexité engendre parfois l’inverse du résultat recherché », affirment Charles Robinet Duffo, PDG du groupe Henner, et Jean Wemaëre, président de Demos, copilotes de la commission sociale. Et ils font assaut de chiffres. Dans une entreprise intermédiaire de 3000 salariés ayant plusieurs établissements, le dialogue social susciterait 39000 heures de délégation au profit de 430 mandats de représentation du personnel, soit 14% de l’effectif total.
Certaines des dix propositions avancées par le cercle patronal ont été prises en compte dans le projet de loi, comme la simplification des consultations internes. Au lieu de 17 obligations dans ce domaine, il n’en subsistera plus que trois limitées aux orientations stratégiques, à la situation économique et à la politique sociale. Il en est de même du regroupement des mandats et de la « rationalisation du recours aux expertises » réclamée par le syndicat d’Yvon Gattaz. « Une charge financière préoccupante», car « le budget annuel consacré par une eti de 1000 salariés aux expertises peut facilement atteindre 200000€. » Soit un gisement d’économies de 1,5Md€ pour l’ensemble des structures de cette catégorie.
L’Asmep veut encore se faire entendre sur la durée des réunions paritaires, la limitation du cumul des mandats de représentation, les règles de gestion des heures de délégation, ainsi que les principes régissant les élections professionnelles. Car, pour elle, la notion de «communauté de travail qui englobe intérimaires et sous-traitants n’est pas de nature à favoriser la mobilisation des salariés » lors des consultations.

Les entreprises intermédiaires, les employeurs de l’économie sociale et le Centre des jeunes dirigeants totalisent plus de 4,5 millions d’emplois. Difficile de les ignorer. 

Des critiques de l’économie sociale

Associée à la préparation du projet de loi, l’Union des employeurs de l’économie sociale et solidaire (Udes) garde aussi des suggestions sous le coude. Les mêmes que ses représentants ont défendues devant la commission des Affaires sociales de l’Assemblée nationale qui les a auditionnés, le 16 avril dernier. Cet agrégat de 29 groupements et syndicats d’employeurs de 14 branches professionnelles (un million de salariés, 70 000 sociétés) « accueille favorablement les dispositions qui concourent à la simplification de l’exercice du dialogue social ». Mais il « regrette la mise en place de commissions paritaires territoriales qui, par manque de moyens, risquent d’augmenter les contentieux en matière de droit du travail ». Le projet de loi prévoit d’affecter une partie des ressources du Fonds paritaire au financement de ces commissions. « Cette décision est préoccupante », selon le président de l’Udes, Alain Cordesse. « Clle pourrait diminuer les moyens initialement dédiés au financement des organisations patronales et syndicales. Par ailleurs, l’indemnisation et la formation des employeurs participant à ces commissions doivent être inscrites dans la loi. »
Concernant les parcours des représentants syndicaux, les employeurs de l’économie sociale et solidaire demandent à l’exécutif et aux législateurs de clarifier les modalités de mise en oeuvre de cette garantie salariale. «elle doit s’appliquer uniquement sur le temps passé par le salarié dans le cadre de l’exercice de son mandat », estime l’Udes. Elle souhaite par ailleurs la limitation du nombre de titulaires et suppléants au sein des futures délégations uniques du personnel (DUP).

Le concours d’idées continue

Dans ce qui s’apparente de plus en plus à un concours d’idées, le Centre des jeunes dirigeants apporte son lot de recommandations. Son président, Richard Thiriet, est catégorique : « On fait évoluer un système au lieu de le réformer. C’est au niveau de chaque entreprise que l’on doit instaurer un dialogue sur mesure, proche des acteurs et des territoires qui en bénéficient au quotidien. » La commission régionale paritaire ne trouve pas grâce à ses yeux. Selon le CJD qui revendique 4500 adhérents issus d’industries et services employant 500000 personnes, il serait plus judicieux d’instituer partout un conseil d’entreprise, réunissant les attributions des institutions actuelles de représentation du personnel. «ce sera simple, efficace et adapté à la réalité », estime le CJD.

Europe

Luxembourg : le congé parental sera plus flexible

Après en avoir discuté avec les partenaires sociaux et les associations familiales, la ministre de la Famille et de l’Intégration, Corinne Cahen, s’apprête à réformer le dispositif de congé parental, afin de le rendre plus souple. Pour le premier et le deuxième enfant, le parent aura le choix entre un break de six mois à temps plein et un congé de 12 mois à mi-temps, comme c’est le cas actuellement. Il pourra en outre opter pour une première interruption d’activité de quatre mois à temps plein, suivie d’une période de huit mois à mi-temps. Cette reprise progressive est censée amortir le choc du retour.
Des facilités supplémentaires s’appliquent à ceux qui bénéficient pour la seconde fois d’un congé parental. Ils auront la possibilité de réduire leur durée hebdomadaire de travail, en accord avec l’employeur, pendant 20 mois. Ce part time sera proratisé pour les personnes qui n’ont pas un contrat full time. À la condition expresse qu’elles restent actives pendant la moitié au moins de leur rythme hebdomadaire antérieur.
Le projet laisse la place à la concertation entre salarié et employeur. Ce dernier est obligé d’accepter toute demande de congé parental à plein temps. En revanche, il peut refuser le mi-temps et le fractionnement, quitte à proposer une alternative. La réforme prévoit une augmentation de l’allocation forfaitaire, actuellement fixée à 1 778€ par mois. À l’avenir, elle sera calculée sur le revenu, avec une limite inférieure de 1 922,96€ et une limite supérieure de 3 200€ par mois. Le droit au congé parental se maintient jusqu’à ce que l’enfant concerné atteigne l’âge de six ans. Le mécanisme s’appliquera à toute personne qui officie au moins dix heures par semaine, contre 20 heures actuellement. Le bénéficiaire restera libre de changer d’entreprise durant son repos parental, sans devoir restituer l’indemnité perçue. Last but not least, le couple pourra prétendre à cet avantage simultanément, s’il le souhaite.

La démarche de l’exécutif a été engagée à la suite d’un sondage effectué début 2015 à sa demande. Il en ressortait que 42% des personnes interrogées regrettent de ne pas avoir pris un congé parental. Parmi les principaux motifs cités figurent la crainte de difficultés financières liées au montant de l’allocation forfaitaire, la peur d’entraver sa carrière et l’impossibilité pour les deux membres d’un couple de profiter en même temps du dispositif.

Belgique : le marché de l’emploi se fluidifie

L’étude annuelle du cabinet de conseil RH Securex l’affirme : pour la première fois depuis 2011, le nombre de mouvements sur le marché du travail est à la hausse. Le taux global de turnover, toutes causes confondues, a atteint 20,73% en 2014, contre 19,38% l’année précédente. Toutefois, la grande majorité des ruptures de contrat de travail est due à l’employeur, qu’il s’agisse de licenciement individuel et de contrats temporaires arrivés à échéance. Ce dernier cas concerne une mobilité sur trois, alors que moins de 12% des Belges sont titulaires d’un CDD.
Le réveil apparent du marché s’accompagnerait donc d’une forte croissance des emplois à durée limitée. Ils ont augmenté de moitié en un an. La reprise économique demeurant fragile, le patronat se montre prudent en matière d’embauche. Et comme depuis janvier 2014, la législation a supprimé la période d’essai, les entreprises utilisent en réaction les CDD et l’intérim pour échapper à cette lourde contrainte.

Scanner

INA : les choses sérieuses vont commencer

Nommé PDG par intérim, Jean-Marc Auvray, précédemment secrétaire général de l’INA, n’aura pas droit à l’état de grâce. Cet ancien élève de l’ENA, pur produit du ministère de la Culture, arrivé dans l’entreprise en septembre dernier, doit s’atteler au contrat d’objectifs et de moyens 2015-2019 avec l’État. Les pouvoirs publics procurent 69% du budget de la société. La précédente convention, alias Com3, a été difficilement bouclée. Les contributions publiques, d’environ 90M€, diminuent.
L’organisme ne parvient pas à compenser le manque à gagner en accroissant ses ressources propres. Au contraire, elles régressent à moins de 40M€. Résultat : la direction serre les boulons, en commençant par la masse salariale. Les effectifs sont en diminution (934 emplois équivalents temps plein, contre 952 en 2012). Les CDD sont renouvelés avec parcimonie, et presque plus au-delà de 18 mois. L’INA souhaite aussi redéployer ses effectifs pour les adapter à la part contributive de ses différents pôles que sont les contenus, les collections d’images et la formation. Dans le même temps, l’organisme veut simplifier les lignes hiérarchiques, au détriment des petits chefs, trop nombreux au goût de la direction. Des sujets délicats à traiter avec des syndicats très offensifs, qui se disent «vigilants » face aux soubresauts au sein de la gouvernance. Ils ne sont peut-être pas terminés. Jean Marc Auvray peut être l’homme de la situation, mais le ministère de tutelle garde le dernier mot.

Guérilla syndicale dans les Direccte

Une commission d’enquête va se pencher sur le mal-être au sein de la Direccte Aquitaine, dans l’unité territoriale de Gironde, que pilote Hachmi Hamdaoui. La hiérarchie a dû s’y résoudre, acculée par les alertes insistantes du CHSCT local.
L’équipe d’investigation composée du secrétaire du CHSCT, de deux représentants du personnel, d’un conseiller de prévention et du médecin du travail, planchera pendant deux mois. Elle devrait interviewer une trentaine d’agents pour un état des lieux pouvant déboucher sur un plan d’action. SUD et la CGT auraient préféré une expertise en bonne et due forme, compte tenu du nombre anormalement élevé d’agents en arrêt maladie en raison des « conditions de travail dégradées, comme en atteste le cahier des incidents », minutieusement tenu à jour. Cet embarrassant dossier est pris en main par la nouvelle directrice régionale, Isabelle Notter, nommée en mars dernier.
À défaut d’obtenir le retrait de la réforme de l’inspection du travail initiée par Michel Sapin, SUD, la FSU, FO, et la CGT s’attaquent, à l’échelle régionale, à ses conséquences présumées. En fonction des contextes, ils sont ponctuellement suivis par d’autres organisations syndicales. Les protestataires déplorent l’insuffisance des effectifs pour faire face à des services et des contrôles accrus. « Dans plusieurs départements, la réforme a généré un grand nombre d’intérims et de suppléances », affirment leurs représentants. Ils croient savoir que des dizaines de postes d’inspecteurs du travail déclarés vacants par le ministère ne sont pas pourvus, pour des raisons budgétaires.
Les Direccte incriminées proposent d’alléger des missions, telles que les permanences systématiques et les contrôles d’initiative en entreprise. Les intéressés, eux, tiennent à «remplir toutes leurs missions ». Fin 2014, dans le Nord-Pas-de-Calais, des agents ont collectivement refusé d’accomplir une partie de leurs missions, pour cause de surcharge. Le patron de l’administration, Jean-François Bénévise, a entamé une procédure disciplinaire à leur encontre, le mois dernier.

Médecine du travail : un congrès très couru

Le gratin de la profession se pressera, du 21 au 24 juin prochain, au Congrès national de médecine et santé au travail. Praticiens et infirmiers spécialisés, mais aussi techniciens et ingénieurs HSE, ergonomes, psychologues, assistants sociaux, consultants, médecins inspecteurs du travail, chercheurs, intervenants auprès des CHSCT, préventeurs, représentants syndicaux sont attendus au Palais des congrès de Paris pour des rencontres auxquelles les maîtres de cérémonie, Marie-Françoise Bourrillon et Jean- Claude Pairon, mettent la dernière main. Les travaux s’inscrivent dans une optique scientifique et opérationnelle. Mais les organisateurs que sont la Société française de médecine du travail et les sociétés professionnelles franciliennes Metranep, SMTE et SMTOIF pourront difficilement les épurer de toute scorie politique. Ils admettent que la manifestation « se construit dans un contexte d’interrogation des pouvoirs publics, notamment sur la notion d’aptitude médicale et sur les priorités en matière de santé au travail, en regard des moyens ».
Certains des thèmes relèvent de problématiques purement techniques, comme l’actualité des pathologies professionnelles, la bonne utilisation de la surveillance biologique des expositions professionnelles, ou le traitement des urgences. D’autres laisseront place à des confrontations. Ce sera le cas de la session consacrée au maintien dans l’emploi des travailleurs vieillissants, en lien avec la pénibilité, les maladies chroniques, le handicap et la prévention de la désinsertion. Gérard Lasfargues, Yves Roquelaure et Jean-Michel Domergue, qui orchestreront cette séquence, se veulent positifs, en orientant les échanges vers des expériences réussies en France et à l’étranger, et les synergies au sein des équipes pluridisciplinaires. Pour autant, ils n’éluderont pas le déploiement du compte personnel de pénibilité qui fait l’objet de moult ajustements.
On peut aussi s’attendre à des débats teintés de politique autour des «Missions des services de santé au travail, de la législation à la mise en oeuvre». En filigrane, se posera le problème de la pénurie de praticiens (à peine 5600 d’entre eux sont en activité et la spécialité sera malmenée d’ici à 2030). Des analyses divergentes sont aussi prévisibles à propos des moyens alloués aux centres de santé et leur coût. Sans parler des difficultés de mise en œuvre des CHSCT dans les services publics.

Confidences

EXCOMMUNIONS

Les rangs clairsemés de la CGT, lors du défilé du 1er mai, s’expliquent en partie par le boycott de l’aile radicale de la confédération, active au sein de la Fonction publique hospitalière. Ces contestataires n’ont « pas validé une manifestation placée sous l’égide de la Confédération européenne des syndicats », une organisation qu’ils honnissent, car « elle regroupe en son sein des syndicats manifestement engagés dans la collaboration avec le patronat et la finance ».

PLAIDOIRIE

Impatiente devant la lenteur de mise en œuvre du plan autoroutier (3Mds€ d’investissement), la Fédération nationale des travaux publics (FNTP) a un avocat de luxe auprès de Matignon. L’ex-ministre Frédéric Cuvillier, député maire de Boulogne-sur-Mer et tout nouveau président de la Fédération des agences de développement, presse l’exécutif d’agir. Il utilise un imparable argument : le secteur emploie 1,5 million de personnes.

SANTÉ

La visite médicale d’embauche n’est réalisée que dans 15% des cas, et celles périodiques deviennent aléatoires et insuffisamment ciblées, croit savoir le député socialiste de Meurthe-et-Moselle Hervé Féron, porte-drapeau des sceptiques à l’égard des mesures de simplification de la médecine du travail dévoilées en novembre dernier. Leur doute est partagé par des personnalités de l’opposition. Ils reprennent la critique bien connue du coût des services de santé au travail, excessif selon eux.

SECRETS

Agacés par la chape de plomb qui recouvre certains avis et décisions du Conseil d’État et les rapports de l’inspection générale des affaires sociales classés confidentiels, les parlementaires réclament un accès facilité à leur consultation. François Hollande avait promis en janvier dernier de diffuser les analyses de la haute juridiction administrative, afin qu’ils « éclairent les débats parlementaires ».

Acteurs

THIERRY POULAIN-REHM

Professeur à l’IAE de La Rochelle, il dirigera une thèse de doctorat en science de gestion : « Participation des salariés, gouvernance d’entreprise et création de valeur ». Un sujet d’actualité pour lequel la business school vient de lancer un appel à candidature afin de trouver le jeune chercheur idoine. Il bénéficiera d’un contrat de trois ans, rémunéré 1 684 € bruts mensuels.

BENJAMIN REVCOLEVSCHI

Nommé directeur général de Fujitsu France, ce transfuge de SFR débarque sur un champ de bataille. Le dialogue social est au point mort, les ruptures conventionnelles se succèdent, les cas de burn-out sont nombreux, les collaborateurs ont soif de reconnaissance et entendent le faire savoir sans tarder à leur nouveau patron qui prend ses fonctions au beau milieu des négociations annuelles obligatoires.

OLIVIER WIGNIOLLE

Le nouveau directeur général d’Icade, ex-président d’Allianz Real Estate France, se voit proposer un parachute teinté d’éthique. Il bénéficiera d’un golden goodbye équivalant à 12 mois de rémunération brute, variable inclus. Mais le viatique est assorti de nombreuses conditions. Il sera payé en cas de départ forcé, pour désaccord stratégique ou changement de contrôle de la société. En outre, le versement sera subordonné au respect d’une règle de performance prédéfinie.

MARIE-CHRISTINE THÉRON

L’ex-DG ressources humaines de SFR affiche un optimiste à tous crins, en se lançant dans l’outplacement en pleine déprime du marché de l’emploi. Alors que le secteur accuse une chute à deux chiffres, elle fait décoller, avec Denis Boutte (ex-Publicis), la société Avenir Consultants, dédiée aux cadres dirigeants. Son passage dans les cabinets ministériels et chez Boston Consulting Group y aide.

RENÉ SOUCHON

Le conseil régional d’Auvergne, qu’il préside, met les bouchées doubles pour développer l’apprentissage. D’ici à juin prochain, plus de 2 000 PME de moins de 250 salariés devraient bénéficier du bonus de 1 000 € versé pour chaque jeune recruté, en sus de la prime d’apprentissage.
Pour la rentrée 2015, l’Auvergne ouvre une vingtaine de formations par l’apprentissage, dans une dizaine de filières, de l’agriculture au BTP, en passant par l’hôtellerie-restauration, le paramédical et le textile. Les niveaux visés varient du CAP à la licence.

Coulisses

TRAVAIL À DISTANCE

Après huit ans de mise en œuvre, le télétravail ne concerne encore que 384 collaborateurs d’Axa France L’accord signé en 2007 limitait à 500 le nombre de travailleurs à distance, recrutés dans un nombre restreint de fonctions, notamment en raison de contraintes liées à la confidentialité des données. Même en tenant compte de la limite prédéfinie, 116 autorisations ne sont pas attribuées. Les candidats ne se bousculent pas : en 2014, les managers en ont recalé moins de dix.

SURVEILLANCE

Un logiciel intrusif installé sur tous les postes de travail sans consultation préalable des instances représentatives du personnel fait tiquer les collaborateurs de HP. Tanium est censé faciliter la surveillance des données stratégiques de l’entreprise par les services de sécurité informatique. En Allemagne, les employés de la multinationale d’origine américaine ont demandé et obtenu l’arrêt du déploiement. Ils prêtent à l’application des capacités de furetage dans leurs activités. En France, les syndicats n’ont encore engagé aucune démarche, mais restent sur le qui-vive.

INTERMÉDIATION

Le développement du prêt de main-d’œuvre à titre gracieux donne des idées aux cabinets de conseil RH. Ils y voient un potentiel marché d’intermédiation entre entreprises. Toutefois, la loi du 28 juillet 2011 qui régit le dispositif est stricte. L’opération ne doit pas donner lieu à facturation. Impossible de proposer des offres sans l’assurance formelle de la direction générale du travail.

SONDAGE

Le top management d’IBM France reste très discret sur les résultats du dernier baromètre interne de motivation, appelé Engagement Survey. Seuls les cadres supérieurs semblent encore avoir le feu sacré. La défiance est telle qu’une partie des IBMers ne recommanderaient même pas l’entreprise à un ami ou à un proche. La direction relativise, considérant que la motivation s’émousse avec l’ancienneté qui atteint onze ans.

PRÉCARITÉ

Alors que Sanofi réduit ses effectifs, la CFDT note l’irrésistible montée de la précarité au sein du groupe. 10% des emplois sont des CDD et les intérimaires représentent 6% des troupes. Sur certains sites, les contrats temporaires comptent pour 40%. Plusieurs de ces situations ont été récemment requalifiées en CDI, à la suite de procédures devant les prud’hommes.

PARTICIPATION

Les syndicats de la Caisse des dépôts piaffent d’impatience, attendant de se voir octroyer des sièges au conseil de surveillance du groupe. La suggestion a été faite en octobre dernier devant la commission des Finances de l’Assemblée nationale par le député socialiste des Landes, Henri Emmanuelli. Le Comité mixte d’information et de concertation (CMIC), composé de représentants Unsa, CGT, CFDT, FO et CGC, vient de confier une étude préliminaire au cabinet d’avocat Lyon-Caen.

ARRIÉRÉS

Les collaborateurs d’Amadeus vont pouvoir empocher en moyenne 4 500 € chacun, au titre des indemnités de congé payé pour les années 2007 à 2012. C’est l’issue d’une procédure engagée par la CFDT devant le conseil de prud’hommes. Le syndicat contestait l’assiette de calcul retenue par la direction. Elle excluait des éléments de rémunération variable, tels que les astreintes et le bonus annuel. Outre ces arriérés, l’employeur va réviser son enveloppe à la hausse, à partir de cette année. Il lui en coûtera à peu près 500 € par tête. Un jugement du même genre a été récemment rendu, concernant Orange.

TRACTATIONS

ExxonMobil entend profiter de la renégociation des accords d’entreprise relatifs à la retraite maison pour réduire son engagement financier dans ce domaine. Elle envisage notamment de repousser de deux à cinq ans l’âge à partir duquel les seniors pourront bénéficier du congé de fin carrière (62 ans et demi actuellement). Elle prévoit aussi de revenir à la rémunération garantie durant le congé : 70% du salaire brut moyen des 12 derniers mois.

APPRÉCIATION

À la demande de la commission paritaire de suivi chargée d’en évaluer la mise en œuvre, la DRH de la Société générale songe à améliorer l’entretien d’évaluation. Il se limitera à un strict face-à-face entre le collaborateur et son supérieur hiérarchique, à l’exclusion de tierces personnes, comme actuellement toléré. La liste des objectifs sera limitée à six et, en cas de contestation, le recours sera facilité.

EXTRAPOLATION

Le crash de l’A320 de Germanwings pourrait créer des emplois à la SNCF. Du moins si la ministre de tutelle, Ségolène Royal, suit la proposition que lui fait le député UMP de Paris, Philippe Goujon. Ce dernier recommande la présence obligatoire de deux pilotes à bord des trains à grande vitesse, par mesure de sécurité.

Eurobrèves

UE

Une nouvelle étude d’Eurostat, publiée le 27 avril, constate la persistance du sous-emploi. Parmi les 44,1 millions de salariés à temps partiel que compte l’UE, 9,8 millions souhaitent accroître leur temps de travail et sont disponibles pour œuvrer davantage. Cela représente 22,2% du part time et 4,5% des effectifs totaux. Sans surprise, le phénomène frappe majoritairement les femmes. Elles comptent pour deux tiers des personnes pénalisées, voire les trois quarts dans certains pays comme la France et l’Autriche.

BELGIQUE

Le ministre fédéral de l’Emploi, Kris Peeters, a annoncé qu’il prendra les initiatives législatives visant à instituer des appels mystères pour lutter contre les discriminations sur le marché de l’emploi. Ces mystery calls seraient organisés par un inspecteur social chaque fois qu’une plainte aura été déposée contre une entreprise. Les syndicats approuvent, mais réclament un dispositif élargi, incluant « des mesures positives pour favoriser l’accès et le maintien à l’emploi des groupes les plus défavorisés ».
De son côté, la Fédération des entreprises de Belgique (FEB) « ne croit pas à un traitement unilatéral des symptômes, mais préconise une approche large, en concertation avec l’ensemble des parties concernées et les partenaires sociaux ».

ALLEMAGNE

L’Institut de recherche sur le marché du travail (IAB) estime que les formations inférieures à trois mois, faites au sein d’une entreprise, sont les plus profitables aux demandeurs d’emploi et aux personnes en insertion. Au bout d’un an, les bénéficiaires travaillent 41 jours de plus que les chômeurs n’ayant suivi aucun cursus. Les stages plus longs sont aussi efficaces, mais la reprise d’une activité rémunérée est différée d’autant. L’IAB souligne par ailleurs que les sessions proposées par les organismes indépendants ont « un faible impact sur le retour à l’emploi ».

UK

Le syndicat Usdaw s’alarme de l’augmentation ininterrompue des incivilités et attaques que subissent les salariés du secteur de la distribution sur leur lieu de travail. On compte en moyenne 241 agressions verbales et physiques par jour dans les points de vente du royaume. Le secrétaire général de l’organisation, John Hannett, réclame des sanctions plus lourdes contre les agresseurs. « Certains d’entre eux ne sont même pas traduits en justice et les cas de récidive sont nombreux », assure-t-il.

Décideurs

CAROLINE ARQUIÉ est nommée DRH d’un pôle chez SGS France regroupant cinq filiales. Elle était précédemment responsable RH chez Merck Pharmaceuticals, après avoir occupé des fonctions similaires chez IBM France et Ilog.

FABIEN CHAUVE entre au directoire de la Caisse d’épargne de Franche-Comté et prend en charge le pôle ressources humaines de la banque. Il était auparavant pilote de l’accompagnement des projets de transformation, du développement du management et de l’engagement des salariés, au sein du pôle stratégie de développement social, une entité de la DRH de BPCE.

MARIE-GUITE DUFAY, présidente du conseil régional de Franche-Comté, est nommée préfiguratrice de l’Agence nationale de développement économique. ABDERZAK SIFER, directeur associé de la société Impact Partenaires, et JULIEN RENCKI, issu du secrétariat général pour la modernisation de l’action publique, sont également désignés au même titre.

WILHELM LALIGANT, DG de HR Consultancy Partners, est élu président de Syntec Conseil en recrutement, en remplacement de JEAN-PAUL BRETTE.

CAROLE MESSALATI devient directrice de la formation de MeteoJob.

Agenda

« COMMENT LE TRAVAIL SE NÉGOCIE-T-IL ? »

Colloque organisé par l’Association française de sociologie (AFS) et le Laboratoire d’économie et de sociologie du travail (Lest). Les travaux porteront sur les confrontations et négociations dans le cadre professionnel, ainsi que leurs conséquences sur les organisations, les conditions d’exercice et les relations interpersonnelles.

Les 28 et 29 mai, à Aix-en-Provence
jocelyne.martiniere-tesson@univ-amu.fr

« DIVERSIFICATION DE LA FORMATION PROFESSIONNELLE »

Colloque proposé par Académie Labs. Échanges sur les stratégies de transitions possibles pour les professionnels de la formation, face à la diversification des pratiques, des contextes et des intervenants.

Le 12 juin, à Paris.
e.armao@icademie.com

« QUAND L’INNOVATION FAIT LA RÉVOLUTION »

Dans le cadre du colloque annuel du groupe Agrica, avec le concours de consultants et chercheurs.

Le 18 juin, à Paris.

« REPORTING RSE : FIABILISEZ VOS INDICATEURS »

Atelier découverte sous l’égide d’Afnor, destiné aux organisations engagées en matière de RSE et qui souhaitent construire leur rapport de développement durable de façon crédible.

Le 25 juin, à Lyon.
delegation.lyon@afnor.org

« QUATRIÈMES RENCONTRES ENTREPRISES DE LA FILIÈRE AUTOMOBILE »

Organisées par les départements de l’Allier, du Cher, de la Nièvre et de la Creuse qui comptent 11 000 emplois et 150 entreprises dans cette activité. Les thèmes centraux en seront les ressources humaines, l’innovation et les systèmes productifs.

Le 2 juillet, à Vichy.
dacostajl@ceea-allier.com

« NOUVEAUX MODÈLES DE CROISSANCE : LA PLACE DES EMPLOYEURS DE L’ÉCONOMIE SOCIALE »

Rencontre organisée en marge de la Convention nationale de l’Union des employeurs de l’économie sociale et solidaire (Udes).

Le 1er octobre, à Paris.