La lettre du 9 novembre 2017
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Focus

Budget 2018 : délicat exercice d’après-vente

Les ministres peinent à assurer sur le plan social, l’après-vente du budget 2018 au sein de leur administration. Pourtant, ils sont eux-mêmes à l’origine des mesures restrictives. En septembre dernier, le Premier ministre, Édouard Philippe, les avait appelés à identifier des sources d’économies et à émettre des idées d’amélioration des services placés sous leur tutelle.
Résultat : au ministère de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot doit assumer 1 345 suppressions de postes, dont 61 % dans les services et le solde dans les établissements publics placés sous son aile. À l’Agriculture, Stéphane Travert fait illusion en se flattant d’avoir décroché un budget en hausse de 1,6 % par rapport à la loi de finances de 2017. Néanmoins, le plafond d’emploi sera de 30 362 équivalents temps pleins en 2018, au lieu de 30 530 unités précédemment.

Le ministère du Travail ne fait pas exception. Malgré la forte pression des représentants des fonctionnaires sur le cabinet de Muriel Pénicaud (grèves, occupation de la direccte Ile-de-France, lettres ouvertes à la ministre, etc.), “la seule réponse est la suppression de 239 postes équivalents temps plein”, déplore la CFDT. De son côté, SUD croit distinguer un “plan social déguisé”. Le syndicat calcule qu’entre 20 09 et 2016, les services avaient déjà perdu 1 843 postes, soit une chute de près de 20 %.

Même au ministère de la Justice, pourtant prioritaire, où les moyens humains seront sensiblement accrus l’an prochain, l’Union syndicale des magistrats (USM) râle. Motif : “le nombre d’emplois créés est réduit de plus de la moitié, passant de 2 100 en 2017 à 1 000 pour 2018”. Sous-entendu, c’est insuffisant face à la situation critique de certains tribunaux, comme celui de Bobigny (93) où une grève a éclaté le mois dernier.

Plus que la simple arithmétique des effectifs, les fonctionnaires insistent sur les conséquences du serrage de boulons. Quelle que soit l’administration concernée, l’ambiance est irrespirable dans les CHSCT ministériels. Les agents invoquent inlassablement les risques psychosociaux. L’enquête de la CFDT au près des agents du ministère du Travail est révélatrice : 44 % disent ressentir des douleurs physiques auxquelles les préoccupations professionnelles ne sont pas étrangères. Un sur trois a des troubles du sommeil qu’il lie à la même cause. Plusieurs expertises, dont une enquête de l’Igas dans la région Centre Val de Loire n’y changent rien.

À l’agriculture, la FSU et FO réclament avec insistance la présence du ministre himself aux réunions du CHSCTM, afin de prendre connaissance de l’alarmante situation, aggravée par la multiplication des menaces proférées par des exploitants agricoles furieux du retard de versement des aides. Les ministres laissent courir. Jusqu’à quand ?

Entreprises

GBS Services : Engie parachève le volet social

Près d’un an après la mise en route de Global Business Services, alias GBS Services, filiale regroupant les centres de services partagés B to B du groupe Engie, l’harmonisation du statut social n’est pas achevée. Pas facile de faire converger les dispositions en vigueur au sein des sociétés Cofely, Axima, Endel et Ineo dont sont issus les quelque 1800 administratifs transférés dans la nouvelle entité, et exerçant des fonctions RH, juridique, informatique, finance, immobilier, achats, services généraux, etc. D’autant plus que GBS Services démarre lesté d’un objectif ambitieux. Il doit permettre de réduire les frais de fonctionnement de 38,60 M€ par an, par rapport à la structure antérieure.

Le groupe de travail paritaire qui planche sur le rapprochement des différents statuts, accords et usages, a posé plusieurs jalons ces dernières semaines. Ils concernent le temps de travail qui restera souple, l’intéressement, défini sur une base égalitaire et qui sera complété ultérieurement par une prime spécifique sur objectif (PSO) qui existait par endroits, et dont les nouvelles règles seront négociées. Un nouveau régime de protection sociale est également établi.

La CGT aurait préféré l’alignement par le haut des conventions en vigueur, Cofely étant globalement la société la mieux dotée. Pour ce syndicat, la démarche d’Engie fait de GBS Services “une société low cost qui tire les garanties sociales vers le bas”. Notamment, les indemnités de retraite et de licenciement seront divisées par deux pour les ex-collaborateurs de Cofely. Ils verront aussi leur intéressement abaissé de moitié et les moyens du dialogue social seront rognés.
La direction estime avoir fait de considérables concessions, au point d’avoir fait déraper le budget dès cette première année, à 44,50 M€ au lieu de 39,80 M€. Il reste encore à traiter les classifications, la GPEC, l’égalité professionnelle, l’épargne temps, le handicap.

Danone innove en instituant des comités santé

À l’heure où les centrales syndicales déplorent la disparition programmée des CHSCT, des comités santé verront le jour dans toutes les entités du groupe Danone en France. Au siège comme dans les usines et bases logistiques. Le principe est acté par la direction et les syndicats.

Cette structure, qui se veut “un lieu d’analyse et de compréhension, d’échanges et d’informations”, n’a pas les prérogatives d’un CHSCT. Elle permettra de remonter les situations de risques psychosociaux potentiels ou avérés, facilitant ainsi leur prise en charge. Le comité santé pourra aussi accompagner les services RH et les managers dans le règlement de situations individuelles ou collectives tendues. Y siégeront : le service de santé au travail, le secrétaire du CHSCT, le responsable RH du site. Occasionnellement, un représentant du management pourrait y prendre place, afin d’apporter le regard de l’encadrement de terrain.

Sur ce plan, rien n’est figé, “le comité peut adapter sa composition et s’adjoindre, sous réserve d’unanimité de ses membres, toute personne dont il considérera la présence comme utile et pertinente”. De même, le rythme des réunions reste à la libre appréciation de l’instance. Les comités pourront s’appuyer sur des “capteurs santé”, qui sont des groupes de salariés volontaires, “capables d’aider à détecter les personnes en difficulté”, sans pour autant être investis d’un rôle d’accompagnement. Tous les membres de comités auront préalablement bénéficié d’une formation dispensée par un cabinet extérieur.

Crédit Agricole AS peaufine son socle social

D’ici à fin novembre, Crédit Agricole Assurances Solutions, la société qui fédère les filiales CAA, CACI, CAAGIS et Prédica depuis le 1er avril, sous la direction de Frédéric Thomas, sera dotée d’un socle social. Les négociations entamées depuis un an touchent à leur fin. Les parties se sont accordées sur la plupart des dispositifs. Les classifications sont reprises, à quelques particularités près, avec les rémunérations correspondantes, sur la base de 13,5 mois de salaire par an.

Pas de problème pour la durée du travail, encadrée par la convention collective nationale des sociétés d’assurances, et fixée à 39 heures ou 1 606 heures (forfait de 206 jours pour les cadres). À la marge, la rétribution des astreintes a été favorablement marchandée à hauteur de 150 % ou 200 % du traitement de référence, selon les situations.
L’épargne salariale, incluant la participation, l’intéressement, le plan d’épargne d’entreprise, le Perco et les abondements est redéfinie. Le budget des oeuvres sociales est fixé à 2 % de la masse salariale dont 0,2 % pour le fonctionnement. Les indemnités de départ en retraite sont déterminées.
Un accord est en cours de finalisation sur le télétravail, à raison d’un jour par semaine ou de dix jours flottants par an. Quelques dossiers restent à boucler, dont la protection sociale.

Conseillés par le cabinet Actuarielles, les négociateurs salariés réclament une surcomplémentaire santé. Les conditions d’alimentation du compte épargne temps demeurent aussi en suspens, en attendant la réponse de la direction à la demande d’un régime bonifié au profit des seniors.
Autres discussions inachevées : le droit syndical, impacté par les récentes ordonnances, et les indemnités de rupture. Cette transformation sociale fait partie du projet Assurance 2 020 qui vise à renforcer la première place de Crédit Agricole Assurances Solutions et à diversifier les activités, en optimisant les coûts.

Generali France: un nouvel accord de GPEC

La DRH de Generali France, Sylvie Peretti, a signé, le 27 octobre avec les syndicats Unsa, CFE-CFC et CFDT, un nouvel accordcadre de GPEC. Hormis l’habituelle définition des métiers sensibles, à risque et en tension, ainsi que l’hymne à la formation (entreprise apprenante, VAE, CPF etc.), le texte comporte plusieurs mesures qui sortent de l’ordinaire. Generali mettra en place du coaching et du mentorat sur la base du volontariat, en complément des rôles de tuteur et de formateur. Tous ces acteurs du transfert des savoirs seront professionnalisés, reconnus et valorisés.

L’accord comprend aussi des dispositions originales de mobilité. En interne, le dispositif Boost permettra à des collaborateurs volontaires d’être temporairement détachés sur un projet, en concertation avec la DRH et le manager. En outre, un mécanisme baptisé Mouv’ instituera une brigade d’intérim interne, à l’usage des administratifs. Selon les besoins, et si les intéressés le souhaitent, ils iront prêter main-forte à des équipes tierces confrontées à un pic d’activité.

Dans le registre de la mobilité externe, il sera possible à des collaborateurs tentés par un job en dehors du groupe de tenter l’aventure pendant six mois, sans risque. Durant cette période, leur contrat sera suspendu. En cas d’échec, ils retrouveront leur poste. L’arsenal paraît léger aux yeux de FO et de la CGT. Un article prévoyant explicitement des transferts de personnel “en cas de cession d’activité” les fait tiquer. C’est la porte ouverte à des PSE, estiment-elles.

Institutions

Météo France : cure d’amaigrissement sans fin

Venus réclamer des moyens supplémentaires au ministère de la Transition écologique et Solidaire il y a quelques jours, les syndicats de Météo France en sont repartis défaits. Leur interlocuteur, Thomas Lesueur, directeur adjoint du cabinet, en charge du budget, des finances, des relations sociales et de l’économie sociale, leur a fait part d’une nouvelle baisse des effectifs de l’ordre de 15 %, soit 450 à 500 suppressions de postes d’ici à 2022, sur un total d’environ 3000, dont 95 dès 2018.
La tendance engagée depuis dix ans ne s’inversera pas. Sur cette période, l’établissement public a perdu 700 emplois et fermé plusieurs centres.

Maintes fois désigné par la Cour des comptes pour sa mauvaise gestion, l’organisme fait l’objet de sévères restructurations, tout en étant chargé de porter haut l’ambition française en matière de lutte contre le changement climatique. Le contrat d’objectif et de performance (COP) 2017-2021 résume les exigences. Il est demandé au PDG, Jean-Marc Lacave, “d’adaptateur les horaires, de faire évoluer les métiers, de se doter d’une organisation permettant d’adapter les ressources aux enjeux”.
Il n’est pas surprenant que les restrictions portent principalement sur la masse salariale qui représente plus des deux tiers du budget d’environ 380 M€, provenant pour moitié de subventions directes de l’État, contre moins de 9 % de recettes commerciales.

Les syndicats qui ne l’entendent pas de cette oreille invoquent le vieillissement de la pyramide des âges, faute de recrutement de jeunes, ainsi que “l’impact des réorganisations sur la santé des agents”. Une expertise confiée à un cabinet indépendant est en cours.
Sans attendre en attendre les conclusions, FO s’alarme de “la dégradation des activités, le désengagement des métiers de prévision thématique concernant la montagne, la marine, l’aéronautique. L’automatisation de la prévision gagne du terrain, au détriment de l’observation professionnelle”.

La direction se concentre sur l’anticipation des risques climatiques, l’investissement dans les infrastructures et l’efficience.

SNCF: l’imbroglio de l’aptitude psychologique

Direction et syndicats de la SNCF interprètent différemment la réglementation sur l’aptitude professionnelle des conducteurs de train. À partir du 1er juin 2018, ils doivent détenir une licence délivrée sur la base de connaissances techniques, mais aussi de facultés psychologiques. Un certificat doit attester que leur mémoire, leur coordination cognitive et leur réactivité sont intactes.
L’employeur est formel : les quelque 8500 conducteurs qui avaient passé ces tests avec succès avant 2003 doivent de nouveau s’y soumettre, en vertu d’un arrêté de 2015 qui en modifie les conditions. Les 5 000 autres, certifiés après cette date sont dispensés.

Le distinguo est contesté par les cheminots. “Comment comprendre que des agents qui conduisent des trains depuis 14 ans deviennent subitement inaptes ?” interroge la CGT. Après s’être heurtée à l’intransigeance du DRH Jean-Marc Ambrosini et du directeur de la traction, Nicolas Ligner, elle a sollicité l’arbitrage du ministère de tutelle. Lequel appuie la position de la SNCF.
Certains syndicats appellent à boycotter les visites d’aptitudes. La CGT, elle, “ne souhaite pas exposer inutilement les agents de conduite”. L’Unsa note que c’est un problème franco-français, mais conseille de se plier à l’exercice, la visite durant en tout et pour tout 45 minutes chrono.

Document

Mécénat : le nouvel âge d’or des fondations d’entreprise

L’implication volontaire des grands groupes et des entreprises de taille intermédiaire dans l’insertion, la formation et le bien vivre ensemble ne se dément pas. Elle peut se mesurer à la croissance du nombre de fondations. Celles-ci se modernisent, en associant davantage les salariés. Des voix s’élèvent pour demander l’aménagement de leur régime juridique et fiscal.

La Fondation d’entreprise de la Française des Jeux (FDJ) change son fusil d’épaule. À partir de 2018, elle aura vocation à soutenir l’égalité des chances. Son programme officiel qui sera dévoilé le 21 novembre devrait inclure la diversité et l’insertion. Depuis 1993, cette structure dotée d’une cagnotte de 18 M€ pour la période 2013- 2017 soutient le sport de haut niveau, les initiatives handisport et le sport solidaire. Pour bien marquer le virage, la PDG, Stéphane Pallez, et le DG délégué, Charles Lantieri, la rebaptisent Nouvelle fondation FDJ.

La reprise en main des outils de mécénat est une tendance de fond. Les entreprises ne se contentent plus de danseuses utiles à leur image de marque. Ils entendent aussi en optimiser l’utilité sociale, sans pour autant en faire un levier de business. C’est le sens du repositionnement dont la fondation du groupe UP vient de faire l’objet. Après 18 ans d’existence sous l’égide de la Fondation de France, elle s’en affranchit. Désormais autonome, elle devient internationale et active dans les 17 pays où la société implantée. Son champ d’action s’élargit, tout en étant proche des thématiques propres à l’ex-Chèque Déjeuner. Il s’agit de “favoriser le partage et le vivre ensemble”, en matière d’alimentation, de santé, de logement et de culture.

Suivi des projets à moyen terme

Fini, la logique du financement au coup par coup. Chaque projet parrainé sera accompagné pendant trois à cinq ans, en s’appuyant localement sur les acteurs de l’intérêt général : associations, coopératives, etc. “Notre politique de mécénat a vocation, dans l’exercice même de nos métiers, partout où nous sommes implantés, à promouvoir un modèle de développement économique, social et solidaire”, assure la PDG, Catherine Coupet, même si la dotation financière semble modeste par rapport aux intentions affichées : 1,25 M€ sur cinq ans.

Le maintien d’un lien thématique avec l’activité de l’entreprise est partagé par le groupe immobilier Nexity qui a lancé sa fondation d’entreprise en mai dernier, avec pour axes d’intervention le logement, l’emploi, la formation et l’éducation. Le PDG, Alain Dinin, rêve d’une ville plus inclusive où “chaque personne fragilisée trouvera sa place, des perspectives d’avenir, la capacité d’agir et le moyen de s’accomplir”. Là aussi, la structure présidée par Hervé Denize, ex- DG du groupe, compte s’appuyer sur des intervenants tiers, notamment les collectivités territoriales.

Au début de cette année, il existait 374 fondations d’entreprise, selon le décompte du Centre français des fonds et fondations. Leur nombre augmente lentement, mais régulièrement, depuis cinq ans.

Les collaborateurs, premiers soutiens

Mais les premiers soutiens des fondations d’entreprise restent les collaborateurs. L’une des premières initiatives d’Hervé Denize a été d’organiser fin septembre, une grande journée de mécénat de compétences avec les salariés. Ce n’est pas sans rappeler celui institué depuis plusieurs années à la RATP. Résultats : une bourse aux compétences est mise en place afin de disposer d’un volant de volontaires prêts à s’investir dans des programmes tout au long de l’année. En outre, un appel à projets a été lancé auprès du personnel, sur le mieux vivre ensemble, l’insertion par le logement, l’emploi et la formation.

De même, le groupe Up a pris soin, dès la conception de la “nouvelle” fondation, d’associer le personnel dans le cadre d’un “travail participatif et collaboratif”, selon l’expression du délégué général, Thomas Delpech, issu de la fonction communication. Associer symboliquement le directeur des ressources humaines ne suffit plus. À la RATP, le personnel de la régie intervient à tous les niveaux, y compris au conseil d’administration où il compte des représentants. De même, les employés siègent au sein des comités des projets décentralisés qui auditionnent et valident les partenariats. Appliquée depuis plusieurs années dans d’autres fondations pionnières comme celles de la SNCF, ou d’EDF, l’implication des salariés est un facteur de réussite de mieux en mieux pris en compte.

L’État peut aider à amplifier la tendance

La forte implication des entreprises mériterait un encouragement des pouvoirs publics, estime l’avocat Stéphane Couchoux, directeur associé et responsable du secteur fondations, mécénat et entreprises chez Fidal. Dans ce sens, le cabinet formule plusieurs recommandations dont certaines concernent la fiscalité. Fidal suggère d’accorder une réduction d’impôt aux dons des dirigeants, mandataires et associés de l’entreprise dont relève la fondation. Il recommande aussi d’autoriser les fondations à recevoir des versements d’un fonds de dotation distributeur. Et pour moderniser le fonctionnement de ces structures, le cabinet propose que l’on donne aux fondations la possibilité de détenir des titres des entreprises fondatrices, afin de développer leurs propres ressources.
En clair, la fondation Francis Bouygues pourrait entrer au capital du groupe Bouygues, profiter des dividendes pour augmenter sa cagnotte, mais sans s’immiscer dans la gestion du groupe.

Europe

Belgique: le revenu complémentaire ne passe pas

À partir du 1er janvier 2018, les salariés, les indépendants et les retraités qui rendent des services occasionnels à des particuliers pourront empocher ce revenu complémentaire sans payer aucun impôt, à concurrence de 500 € par mois (6000 € par an). L’exonération vaudra également pour le travail associatif.
La ministre des Affaires sociales, Maggie De Block explique que “les petits travaux associatifs ou de proximité mettent les citoyens en contact les uns avec les autres et renforcent les liens sociaux. S’ils sont rémunérés, les revenus concernés sont jusqu’ici très taxés, et cela implique des formalités administratives. Nous résolvons ce problème”.

Sauf que la mesure, proposée par Gwendolyn Rutten, présidente du parti libéral flamand Open vold, ne fait pas l’unanimité. Certains syndicats s’y opposent, à l’instar de la FGTB. “Le gouvernement organise la concurrence avec les emplois réguliers et qualifiés, par exemple dans le secteur des soins et des services à la personne”, argumente un porte-parole.
Pour le syndicat libéral CGSLB, “cela revient à légaliser le travail au noir”.

Le ministre de l’Emploi, de l’Économie et des Consommateurs, chargé du Commerce extérieur, Kris Peeters, prend soin de préciser qu’une liste des activités concernées sera publiée sous peu. En attendant, une certaine confusion règne. On sait que les transports, la maintenance des habitations, l’informatique et la garde d’enfants en font partie. Un membre du gouvernement laisse entendre que les chômeurs pourraient aussi bénéficier de cette exemption fiscale. Dans ce contexte, le Syndicat des travailleurs indépendants (SI) réclame davantage de précisions.

UK: croissance sans précédent du travail de nuit

Le travail de nuit n’a jamais été aussi répandu au Royaume-Uni, constate une enquête de la confédération syndicale TUC, publiée le 27 octobre. Environ 12 % des travailleurs sont concernés, soit 3,2 millions de personnes. Sur cinq ans, la hausse est évaluée à 9 %. Autrement, on compte aujourd’hui 260000 travailleurs de nuit de plus qu’en 2012.
Ces horaires tardifs s’appliquent majoritairement à des hommes (62 %), mais la proportion de femmes, estimée à 38 %, tend à augmenter.

Ces indications cachent des disparités régionales et des différences entre groupes socioprofessionnels et ethniques. Les zones industrielles, telles que le North West et le Yorkshire sont les plus impactées avec un ratio de 13 % à 12,7 %, de même que l’Écosse et le Pays de Galles. Londres et sa périphérie restent en retrait avec seulement un travailleur nocturne sur dix salariés.
L’étude note aussi que les groupes les plus fragiles (immigrés, minorités visibles, personnes à faible qualification) sont plus fréquemment astreints au travail de nuit.

Tout en soulignant les effets néfastes des horaires décalés sur la vie familiale des intéressés et sur leur santé, l’organisation syndicale formule des préconisations à l’attention des employeurs. Primo, les entreprises devraient limiter les vacations tardives au minimum. Secundo, ils sont appelés à organiser des systèmes de rotation, en accord avec les représentants du personnel afin de ne pas exposer les mêmes personnes.
Tertio, il est souhaitable que les salariés soient avertis suffisamment à l’avance de leur planning. Quarto, les entreprises ne doivent pas ignorer le coût supplémentaire du travail nocturne pour les ménages: garde d’enfant, transport, etc. Sous-entendu, ce genre de vacations doit être rémunéré en conséquence.

Scanner

À Buchelay, Safran allonge le temps de travail

Avec doigté, la direction de l’usine Safran Helicopters Engines de Buchelay (78) a fait avaliser par les syndicats un accord qui institue une équipe supplémentaire le week-end. La mesure applicable dès ce mois-ci, est rendue nécessaire par d’importants retards dans le plan de charge. Elle a été délicate à négocier, dans cette entreprise où les syndicats restent attachés à l’organisation du temps de travail fixée en 2014 sur la base de 35 heures hebdomadaires, la CGT réclamant même une évolution vers les 32 heures par semaine.

Les vacations du samedi et du dimanche, y compris pour les jours fériés qui tomberont sur un week-end, seront de 12 heures consécutives, et relèvent du volontariat. Les salariés intéressés s’engagent pour une durée initiale de six mois, renouvelable une fois. Liés par un avenant à leur contrat de travail, les collaborateurs concernés empochent une gratification unique de 350 €. Ils sont prévenus que les autorisations d’absence ne seront accordées qu’à titre exceptionnel. Ces brigades du week-end ne seront pas surrémunérées. En revanche, le repos compensatoire sera bonifié et les frais de trajet pris en charge.

En outre, une “prime de sujétion” forfaitaire de 800 € annuels est instituée, ainsi qu’une “prime de travail de week-end”, de 170 € par mois. Après avoir vainement réclamé des compensations plus importantes, les syndicats ont transigé.

Handicap : les contradictions de l’État employeur

Tous les ministres doivent avoir désigné au plus tard ce vendredi 10 novembre, un “haut fonctionnaire en charge du handicap et l’inclusion”. Le Premier ministre, Édouard Philippe le leur a demandé fin octobre. Le job ne sera pas de tout repos. Outre l’indispensable état des lieux au sein de son ministère, l’heureux élu garantira que la question du handicap est prise en compte en amont de tout texte législatif et réglementaire, ainsi que dans les indicateurs de performance des différents programmes. Le suivi des décisions interministérielles entre aussi dans son champ de compétence. Tout comme l’animation du réseau de référents. Tout cela en lien la Secrétaire d’État chargée des personnes handicapées, Sophie Cluzel.

Ce dispositif est un préalable aux plans d’action ministériels censés voir le jour d’ici à fin janvier 2018. Ils seront mis en cohérence au sein d’un comité interministériel du handicap (CIH). Le handicap étant décrété priorité du quinquennat, l’État veut donner l’impulsion et faire preuve d’exemplarité. En tant qu’employeur, il a du chemin à faire.

Non seulement le taux d’insertion reste inférieur au seuil légal, à 5,32 %, mais les employeurs publics traînent les pieds pour verser leur contribution au Fonds pour l’insertion des personnes handicapées dans la fonction publique (FIPHFP). Les arriérés sont évalués à 27,66 M€. L’an dernier, le fonds a puisé dans ses réserves pour financer la totalité de ses interventions dont le montant excédait les recettes. La CGT appelle à la vigilance, FO “refuse que les agents de la Fonction Publique porteurs de handicap soient une variable d’ajustement budgétaire”. La CFE-CGC se dit inquiète pour l’avenir du fonds. Le spectre de la fusion avec l’Agefiph, le fonds jumeau qui couvre les entreprises du privé rôde.

L’Olympique Lyonnais, champion des RH

Seul club de football français coté en Bourse, la PME de 383 salariés présidée par Jean-Michel Aulas excelle dans l’art de dénicher les talents, de les former et de les valoriser. Bon nombre d’entreprises, y compris les grands groupes gagneraient à s’inspirer de cette manière d’investir dans les hommes, durablement. L’Olympique Lyonnais (OL) a construit le premier centre de formation de son secteur, avant Monaco et Paris dont les soutiens financiers sont beaucoup plus importants.

Le club sait faire grandir son vivier pour en tirer le meilleur parti. Corentin Tolisso, recruté à 13 ans, a été couvé pendant sept ans, avant un premier contrat professionnel. Valorisé alors à 500000 €, il a été transféré cette année au Bayern de Munich pour 41,40 M€. Un autre talent, Samuel Umtiti, repéré à 9 ans, a intégré l’école de l’OL où il a été façonné pendant dix ans. Pour s’attirer ses services, le FC Barcelone a versé en 2016, la somme de 24,80 M€ au club formateur.

Jean-Michel Aulas livre les secrets de la réussite de l’OL Academy qui devraient s’appliquer dans les universités d’entreprise, même si les industries, les banques et les chantiers de BTP ne sont pas des clubs de foot : “la qualité des infrastructures, la formation des formateurs, le nombre de jeunes formés” et surtout la persévérance dans le suivi des futures élites, y compris lorsqu’ils sont coupables de faux pas durant la période d’accompagnement. On est loin de la pression permanente exercée sur les hauts potentiels en entreprise.

L’école des directeurs d’hôpitaux fait la manche

L’École des hautes études en santé publique (EHESP) qui forme notamment les directeurs d’hôpitaux ne parvient plus à joindre les deux bouts. Son budget est déficitaire depuis deux ans et rien n’indique que la tendance va s’inverser. Au contraire, le désengagement de l’État se confirme pour 2018, au grand dam des représentants des employeurs et des syndicats qui siègent au conseil d’administration. Motif : réduction continue des subventions de l’État qui transitent par la fonction publique hospitalière, le ministère des Solidarités et de la santé, et le ministère de l’Enseignement supérieur.
Seul le premier bailleur stabilise ses versements autour de 32,40 M€. Le second qui contribue à hauteur de 9,50 M€, a de nouveau réduit sa participation de 0,50 M€ cette année, après un premier tour de vis de 2,20 M€ en 2016.

Les subsides de l’Enseignement supérieur couvrent seulement les rémunérations des universitaires et certaines dépenses de fonctionnement. La diversification engagée avec la création de EHESP Conseil tarde à porter ses fruits. Le cost killing et l’optimisation des moyens ont atteint leurs limites, s’alarment les administrateurs.

Confidences

CURSUS

L’École nationale de la magistrature (ENM) est parée pour la formation des conseillers prud’hommes qui doit démarrer en février 2018. Elle a créé un pôle dédié au sein de son département formations professionnelles spécialisées et recruté une centaine de magistrats de l’ordre judiciaire ayant une bonne pratique de la procédure civile, de la rédaction des décisions et dotés de qualités pédagogiques. Ces derniers, avant d’animer des sessions locales, bénéficieront eux-mêmes d’un entraînement.
Le cursus des prud’hommes durera cinq jours, dont trois d’e-learning, complétés par des ateliers en présentiel.

SIMPLIFICATION

Une cinquantaine de députés UDI, constructifs et LR proposent la création d’un chèque emploi collectivités territoriales à l’usage des maires de petites communes dont l’effectif se compte sur les doigts d’une main. Ceux-ci disposeraient d’une sorte de chèque emploi service universel (Cesu) qui aura l’avantage d’éviter toutes les démarches administratives. Le dispositif ne s’appliquerait pas aux fonctionnaires, ni aux édiles eux-mêmes.

Ce chèque ne serait utilisé qu’avec l’accord du salarié et se substituerait à l’habituel bulletin du salaire. Sa valeur faciale inclurait les indemnités de congés payés.

INNOVATION

Un vrai faux amendement à la réforme du droit du travail sera prochainement débattu au sein de la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale. Le député LR Constructifs Francis Vercamer, soutenu par cinq collègues de sa famille politique, dépose une proposition de loi visant à instaurer un contrat de travail unique à droits progressifs et à relever le seuil social à 60 salariés, contre 50 actuellement.
Ce serait un choc de simplification, selon l’élu du Nord. Il fait valoir que “la part croissante d’embauches en CDD devrait inciter à agir rapidement”. Il avait défendu un texte similaire en 2015, sans succès.

Acteurs

LAURENT BERGER

Seul candidat déclaré, le secrétaire général de la CFDT devrait être reconduit sans peine pour un troisième mandat, à l’issue du congrès confédéral prévu du 4 au 8 juin 2018 à Rennes (35). Il a à son actif la conquête du titre de premier syndicat du secteur privé, au détriment de la CGT.

Il peut aussi se targuer d’avoir modernisé la CFDT en favorisant l’interactivité grâce à différentes plateformes de contributions, à l’instar de celle mise en oeuvre en prévision du congrès. En revanche, la gestion de la réforme du droit du travail, cahoteuse aux yeux de plusieurs fédérations, vaudra de vives critiques au timonier en place depuis novembre 2012.

PHILIPPE ROYER

Patron multicartes, DG du groupe Seenergi Clasel et président de l’espace culturel Corneille à Laval (53), il prendra la tête du mouvement Entrepreneurs et Dirigeants chrétiens (EDC) en mars prochain. Ce quinqua réseauteur qui siège dans les instances du Medef Mayenne et de l’Association pour le progrès du management, promet de renoncer à ses mandats locaux pour se consacrer à cette nouvelle mission.
Le mouvement EDC compte environ 3 200 membres.

FRÉDÉRIC VALETOUX

Le président de la Fédération hospitalière de France (FHF) fait plancher des groupes de travail sur la mutualisation des fonctions au sein des groupements hospitaliers de territoires, un sujet sensible insuffisamment traité en amont de la réforme et qui suscite des interrogations parmi le personnel soignant et administratif. Outre le volet social (mobilités professionnelles et géographiques), la rénovation de l’offre de soins, la numérisation au sein des établissements et la convergence des systèmes d’information font partie des priorités identifiées.

CHRISTOPHE LEJEUNE

Ce député LREM propose de reconvertir les cadres seniors au chômage en enseignants, résolvant du même coup le faible taux de reprise d’activité de cette catégorie, et au moins partiellement, la pénurie de personnel dans les établissements d’enseignement. Pour cela, il faudrait surmonter la tendance des écoles privées à embaucher des profils identiques, souvent par cooptation, et réformer les règles de recrutement de l’éducation nationale. Et il n’est pas sûr que les intéressés soient motivés par cette perspective.
Bref, la situation que l’élu de Haute-Saône qualifie de “paradoxale” n’est pas près de changer.

Coulisses

ENCHÈRES

STMicro paie cher sa politique sociale de ces dernières années, caractérisée par une succession de plans sociaux et une politique salariale parcimonieuse. À l’heure de la reprise, le groupe qui fournit notamment à Apple l’imageur 3D pour la reconnaissance faciale de l’Iphone X, éprouve des difficultés à recruter pour son usine de Crolles (38) qui compte 4 500 salariés sur 10 000 en France. Pire, le site fait face à une vague de démissions.

Le rapport de force ayant changé, les syndicats brandissent de nouveau des revendications salariales, sous la menace de débrayages. Maladroite, la décision d’augmenter la rémunération des techniciens à l’embauche ravive la contestation. La piste d’une prime forfaitaire est étudiée.

CAPITAL.

À compter du 13 novembre, et jusqu’au 3 décembre, les salariés du groupe Bouygues (Construction, Immobilier, Colas, Télécoms et Tf1) pourront participer à une nouvelle opération d’augmentation de capital réservée. Baptisée Bouygues Confiance n° 9, elle sera d’un montant de 150 M€, et portera sur plus de 4,7 millions d’actions au prix unitaire de 31,74 €. La précédente offre, alias Bouygues Confiance n° 8, date de novembre 2016.

Les salariés constituent le troisième bloc d’actionnaires. Ils détiennent déjà, collectivement, 20,20 % des parts et exercent 26 % des droits de vote.

ESPACE

Le flex office est en vue Technocentre Renault de Guyancourt (78). Les nouveaux espaces de travail tertiaire sont réduits à 5 m2, au lieu de 8 m2 dans le standard antérieur. En outre, près d’un poste sur deux restera flexible, sans attribution nominative.
Le personnel déplore le risque d’accroissement du bruit, la déconcentration et trouve les rangements insuffisants. imperturbable, la direction garde les yeux rivés sur les coûts Ils sont de 14 000 € par poste et par an.

EMBOUTEILLAGE

Le secteur du transport routier qui ne fait rien comme les autres, compte quatre organisations d’employeurs représentatives. La FNTR, TLF, OTRE et la Confédération nationale de la mobilité (CNM) se partagent la légitimité. Malgré l’apparent émiettement, la situation est moins confuse que précédemment. La branche alignait sept chambres patronales. Depuis, la FNTV (voyageurs), la CNSA propre aux ambulances et la Fedesfi qui regroupe le transport de fonds ont fusionné au sein de la CNM. Le leadership revient à la FNTR créditée de 43,90 %, devant TLF (28,8 %).

NUMÉRIQUE

Direction et syndicats de Total négocient sur le droit à la déconnexion applicable à 18 000 salariés répartis dans trois unités économiques et sociales : raffinage pétrochimie, marketing et services, amont global services et holding. La CGT qui réclame une concertation sur ce thème depuis trois ans, propose de limiter l’accès aux messageries électroniques “en dehors des heures normales de travail”, y compris l’outil de communication instantané maison baptisé Link ; de garantir aux salariés qu’ils ne sont pas tenus de répondre aux sollicitations durant leurs congés, RTT, arrêts maladies etc. la CFE-CGC attire l’attention sur les différences de perception entre les jeunes générations et les seniors.

ACTIONNARIAT

SQLI, spécialiste du CRM et de la digitalisation des opérations en entreprise, propose aux 2 100 salariés en France de s’associer au capital, via le plan d’épargne groupe, (PEG). Jusqu’au 24 novembre, ils sont invités à souscrire à l’émission de 17 000 actions nouvelles. Le groupe fait régulièrement ce genre d’offre depuis sept ans, permettant aux collaborateurs de détenir 2 % du capital.
Créé en 1990, SQLI vise le titre de “leader européen l’expérience connectée” à l’horizon 2 020.

NORMALISATION

En matière de temps partiel, la Fédération française des services à la personne et de proximité (Fedesap) et la Fédération du service aux particuliers (FESP) rentrent dans le rang, après l’annulation de leur dispositif dérogatoire par le Conseil d’État. Un avenant à durée indéterminée signé avec la CFDT et la CFTC réinstaure le droit commun. Cela implique : le respect des délais de prévenance, la possibilité d’imposer au salarié l’accomplissement d’heures complémentaires à concurrence de 33 % de la durée contractuelle, et un minimum d’une heure par vacation.

JUSTICE

CFDT : quatre, Colas : zéro. Le syndicat gagne une quatrième manche judiciaire contre le groupe de travaux publics. La filiale de Bouygues contestait la désignation d’un représentant syndical dans l’une de ses entités baptisée Aximum. Le tribunal d’instance de Rambouillet (78) vient de la désavouer. Les précédents bras de fer concernaient la discrimination d’un délégué syndical central, le défaut de neutralité de l’employeur lors d’une élection professionnelle et la désignation d’une représentante syndicale. La CFDT reproche à Colas de favoriser FO et la CFTC, à son détriment.

Eurobrèves

UK

La Commission européenne a ouvert une enquête approfondie sur un dispositif qui exonère les multinationales de certaines règles destinées à lutter contre l’évasion fiscale, leur permettant ainsi de payer moins d’impôts au Royaume-Uni. Margrethe Vestager, commissaire chargée de la politique de la concurrence, rappelle que “toutes les sociétés doivent payer leur juste part de l’impôt.
La lutte contre l’évasion fiscale joue un rôle important et il n’est pas acceptable de desservir l’objectif poursuivi en réservant un traitement plus favorable à certaines sociétés”.

ALLEMAGNE

Dans la plupart des branches, le salaire plancher négocié entre partenaires sociaux est supérieur au minimum légal de 8,84 € l’heure. Et dans celles où les tractations 2 018 sont achevées, des revalorisations ont été accordées dans la majorité des familles professionnelles, sur fond de tension sur le marché du travail.
C’est notamment le cas dans l’agriculture et la sylviculture où personne ne gagnera moins de 9,10 € l’heure. Idem dans la construction (12,20 €), dans la fabrication électrique (12,25 €) et dans les services de nettoyage.
À l’inverse, quelques familles professionnelles restent scotchées au niveau légal, à l’image de l’industrie textile.

UE

Le Fonds européen d’ajustement à la mondialisation (FEM) fait le bilan de son activité pour la période 2015-2016. Ce fonds aide les États membres à reclasser des salariés licenciés par des entreprises impactées par la concurrence internationale. Sur la période, 17 demandes d’assistance financière ont été déposées. Les secteurs les plus impliqués restent l’automobile, l’informatique, l’électronique et le commerce de détail.
Les premiers pays bénéficiaires ont été la Finlande, gratifiée de près de 12 M€, la Belgique qui a reçu 9,10 M€, et l’Allemagne, récipiendaire de près de 7 M€.

La France pour sa part a encaissé 5,14 M€ de la part du FEM. Au total, 19 354 personnes ont profité de ces subsides.

LUXEMBOURG

La centrale syndicale OGBL réclame une revalorisation “urgente” de l’allocation de vie chère qui vise à soutenir les ménages à revenus modestes. Cette manne a perdu jusqu’à 16 % de sa valeur depuis son introduction en 2009, du fait de sa nonindexation au coût de la vie. La perte cumulée peut aller jusqu’à 1 050 € pour une personne seule, selon l’OGBL. Quelque 20 000 foyers sont concernés.

Décideurs

ALEXANDRE BEAUSSIER rejoint le cabinet SBT Human Matter, spécialisé dans l’épanouissement au travail, en tant qu’associé. Il exerçait depuis dix ans chez OSE Consulting. Au sein du même cabinet, HUBERT VAN CAPPEL DE PRÉMONT, antérieurement directeur des opérations de Symetrix (sonorisation) est nommé managing director.

RIAD BOUHAF, inspecteur hors classe de l’action sanitaire, devient directeur départemental de la cohésion sociale du Val d’Oise, tandis que XAVIER HANCQUART, inspecteur de la jeunesse et des sports, prend un poste équivalent dans le département de l’Ardèche.

ISABELLE BOUJNAH, jusque-là associée du cabinet de chasse de têtes SkillCapital, arrive chez Korn Ferry France, en tant que senior client partner. Elle avait exercé chez Quilvest & Partners.

CAROLINE CHAVANAS, troque le costume de directrice des achats pour celui de directrice des ressources humaines de Naval Group. Elle avait rejoint l’entreprise en 2013, en provenance de la division Air Opérations de Thales dont elle a successivement piloté les achats, le commercial, la stratégie et le marketing. Précédemment, elle avait oeuvré dans la stratégie internationale chez Bull et Sema Group.

RAPHAËLLE GAUDUCHEAU quitte l’Afpa où elle était directrice du pôle entreprises et international pour rejoindre le cabinet de conseil en stratégie sociale Alixio, en tant que DG déléguée.

MATHIEU GUILLERMIN prend le poste d’associé chez OP Search (recrutement de cadres dirigeants par approche directe). Il était ambassadeur d’Edhec Business School en Nouvelle Aquitaine, après avoir été directeur des ventes de la plateforme d’ecommerce ADD.

MARIE-CHRISTINE LE, spécialiste du droit social et de la protection sociale, rejoint le cabinet Meridian au rang d’associée. Auparavant, elle avait officié au sein des Dupuy Avocats, de Dentons, et chez De Gaulle Fleurance & Associés.

ANDRÉA MIGNEREY est nommée directrice des ressources humaines et des affaires médicales du centre hospitalier de l’ouest vosgien. Elle occupait le poste de directrice adjointe du centre hospitalier Saint- Jean-de-Maurienne.

SÉBASTIEN MONIÉ est le nouveau directeur des relations institutionnelles de la Cnav. Il est notamment chargé du secrétariat du conseil d’administration et des relations avec les instances. Il était DG adjoint du conseil départemental de l’Eure.

Agenda

« PROMOUVOIR LA SANTÉ AU TRAVAIL DANS LES PME-TPE : L’ENJEU DES RELATIONS PROFESSIONNELLES »

Journée d’étude proposée par l’Institut régional du travail d’Occitanie, à l’intention des syndicats de salariés, des organisations d’employeurs, des Opca, des acteurs institutionnels de la prévention, et des universitaires.

Le 14 novembre, à Toulouse.
irt@tlse2.fr

« SO FRENCH, SO BRITISH : COMPARAISONS FRANCO-BRITANNIQUES »

Dans le cadre des conférences du centre d’études de l’emploi et du travail (CEET). Thèmes : organisation du travail, productivité, Brexit.

Le 14 novembre, à Paris.

« ACCESSIBILITÉ : TRANSFORMER LA CONTRAINTE EN INNOVATION? »

Rencontre proposée par le réseau UP Campus et le groupe SOS autour de l’accessibilité des locaux aux personnes ayant un handicap. Innovation, implication des acteurs.

Le 16 novembre, à Paris