L’industrie chimique se porte bien, la croissance de l’emploi n’y est pas garantie

Selon le bilan 23015 et les perspectives 2016 de l’Union des industries chimiques (UIC), ce secteur industriel se porte mieux en France que dans la moyenne des pays européens. Elle attend une légère progression en 2016. Ce n’est pas suffisant pour rassurer les salariés du secteur ni leurs syndicats.

 

L’industrie chimique en France a enregistré une croissance de 0,9 % en volume en 2015, après les progressions soutenues de 2013 et 2014 (+ 2,8 % pour chacune de ces années). Sa production est à présent supérieure de près de 6 % à son niveau moyen d’avant crise en 2007. Le secteur a profité en 2015 de l’amélioration de la situation industrielle et de la consommation privée en France et Europe. Sur les marchés hors Europe, une demande plus dynamique et la dépréciation de l’Euro ont également soutenu l’activité.

 

Mais ces facteurs ne corrigent pas les écarts de compétitivité de certains secteurs chimiques en France (chimie organique, engrais) vis-à-vis de leurs principaux concurrents européens ou internationaux, note la profession. En particulier, les États-Unis continuent d’avoir accès à des matières premières à un coût plus favorable grâce à l’exploitation des pétroles et gaz de schiste.

 

« La force de l’industrie chimique, c’est cette capacité à se transformer, à innover et à exporter afin de répondre plus efficacement aux défis actuels » déclare Philippe Gœbel, président de l’UIC. Nous avons été les premiers à nous engager dans le cadre du Pacte de responsabilité et de solidarité avec un accord emploi ambitieux. Il faut absolument mettre à profit l’embellie conjoncturelle actuelle pour poursuivre la réduction de nos handicaps structurels ».

 

Dans le cadre de la déclinaison du pacte de responsabilité et de solidarité, l’UIC et les fédérations associées ont signé en juillet dernier un accord avec les syndicats, prévoyant un engagement en termes d’embauches de 47 000 salariés (CDD-CDI) pour la période 2015-2017, soit environ 15.700 embauches par an. Le texte misait aussi sur le développement de l’alternance avec une ambition d’accueillir 5 000 jeunes par an d’ici 2017. Figurait également au programme, la mise en place du contrat de génération afin de favoriser l’insertion des jeunes dans l’emploi et le maintien en activité des seniors (mixité au sein des équipes de travail, développement de la préparation opérationnelle à l’emploi, l’accompagnement des TPE/PME…

 

Les industriels avaient prévenu que la compétitivité de la filière devait être préservée pour que ces mesures soient pleinement opérationnelles. « D’autres conditions sont donc nécessaires pour que ces engagements pour l’emploi puissent se concrétiser et être amplifiés  : la mise en œuvre opérationnelle, rapide et cohérente du contrat stratégique de filière chimie et matériaux, ainsi que du plan industriel chimie verte et biocarburants ». Ils y ajoutaient « une stratégie gaz ambitieuse afin de préserver l’industrie chimique en France et d’assurer son développement indispensable pour répondre aux enjeux du changement climatique, notamment dans le cadre de la transition énergétique. ».

 

La chimie emploie157 000 salariés, dont 50% travaillent dans des établissements de moins de 250 personnes.