Loi travail : le Medef durcit le ton

L’organisation patronale durcit le ton à l’égard de l’exécutif et parle de « très forte défiance de l’ensemble des chefs d’entreprise » à l’égard du projet de loi El Khomri.

Le patron des patrons ne mâche pas ses mots : « Je veux redire clairement que nous ne soutiendrons pas un texte qui ne mène à rien et qui peut être vraiment contre-productif pour toutes les entreprises. Il n’est plus question aujourd’hui de continuer à faire semblant, à travailler dans une logique absurde qui n’a mené depuis 30 ans qu’à plus de complexité, de rigidité et de coûts pour nos entreprises, et de chômage durablement élevé. Nous avons atteint aujourd’hui notre point de rupture. Si rien ne bouge sur ce texte de loi, d’ici trois semaines, nous en tirerons les conséquences, au-delà du simple texte de la loi, sur l’ensemble du dialogue social, et le gouvernement et les députés récolteront ce qu’ils auront semé. »

 

Le Medef a une idée précise de ce qui doit être « substantiellement corrigé », selon lui. Primo, il faut retirer le mandatement syndical obligatoire pour négocier des accords. « On doit donner aux chefs d’entreprise la capacité de conclure des accords avec leurs salariés élus, qu’ils soient syndiqués ou non, comme dans tous les pays d’Europe ». Secundo, le compte personnel d’activité doit être retiré, du moins tel qu’il est inséré dans le projet de loi. Motif : « il a été trop modifié au cours du premier débat sans que les conséquences en aient été évaluées. Cela nécessite un vrai travail de préparation, d’échange et d’évaluation ». Tertio, la surtaxation des CDD n’a pas lieu d’être. Non seulement elle n’est pas une solution, mais en plus, elle détruira de l’emploi, considère le Medef.