Marché de l’emploi : Les partenaires sociaux réagissent à la nouvelle poussée de la précarité

Les chiffres du chômage à fin avril, publiés ce 24 mai,  traduisent une dégradation du marché de l’emploi. La nouvelle ministre du Travail n’a pas souhaité les commenter. Les partenaires sociaux ne s’en privent pas.

Fin avril, en France métropolitaine, le nombre de demandeurs d’emploi tenus de rechercher un emploi et sans activité (catégorie A) s’établit à 3 471 800. Ce nombre recule de 1,0 % sur un mois (–36 300 personnes), mais augmente sur trois mois de 0,1 %, soit +3 900 personnes. Au total, le nombre de demandeurs d’emploi en catégories A, B, C est de 5 535 000 fin avril 2017. Ce nombre progresse de 0,6 % sur un mois, touchant 31 200 personnes de plus.  La dégradation est plus nette pour les jeunes et les seniors. Pour toute la France, départements et régions d’outre-mer  compris, on recense 6 589 600 personnes inscrites à Pôle emploi en avril 2017, soit une hausse de 0,3 % en un  mois et de 2,2% sur l’année.

 

Pour la CGT, ces chiffres confirment une tendance lourde : « la stabilisation du chômage total à un niveau très élevé et l’accroissement de la précarité pour des millions de travailleurs.  En cinq ans, les politiques d’austérité n’ont pas empêché la destruction de l’emploi stable ». Le syndicat fait un lien entre cet état de fait et l’obligation pour les demandeurs d’accepter des offres d’emploi sous peine de sanction. Il considère qu’il s’agit d’un  « chantage ».

 

FO souligne également «le développement et l’enracinement de l’emploi précaire », pour les jeunes comme pour les quinquas. L’organisation dirigée par Jean-Claude Mailly en déduit que « le défi majeur du quinquennat doit être de créer des emplois de qualité ».

 

Dans un autre registre, Pierre Gattaz, président du Medef appelle à « recréer une véritable dynamique de création d’emplois ». Il est urgent, dit le patron des patrons, de prendre « des mesures énergiques et ambitieuses pour déverrouiller le marché du travail, retirer les usines à gaz que sont le compte pénibilité et le prélèvement à la source et poursuivre la politique de baisse des charges sur le travail ».