Marché du travail : avec ou sans diplôme, les inégalités persistent pour les jeunes

D’avril à juillet 2016, le Céreq a interrogé un large échantillon national de 23 000 jeunes sortis du système éducatif en 2013 sur leurs premiers pas dans la vie active. Ils sont représentatifs des 693 000 qui, cette année-là, ont quitté pour la première fois le système éducatif tous niveaux de formation confondus. Les conclusions sont instructives, mais pas surprenantes.

En 2016, soit après trois ans de vie active, le taux de chômage des jeunes de la génération 2013 s’élève à 20 %. Ce taux diminue quand le niveau de diplôme augmente : il passe ainsi de 49 % pour les non-diplômés à 6 % pour les titulaires d’un doctorat. Seule exception notable, les titulaires d’un diplôme de niveau bac+2/3 en santé social qui connaissent traditionnellement un très bon accès à l’emploi. Derrière ce panorama se cachent trois principaux facteurs d’inégalité.

 

Premier constat : le diplôme reste un passeport. Plus il est élevé, plus il ouvre d’accès. Si globalement 57 % des jeunes de cette génération accèdent rapidement et durablement à l’emploi, les trois-quarts des jeunes titulaires d’un diplôme de niveau bac+5, y compris écoles de commerce et d’ingénieurs sont dans ce cas, contre un peu moins de la moitié des diplômés de CAP et BEP et seulement 21 % des non-diplômés.

 

Deuxième constat : l’origine sociale influe sur l’insertion professionnelle des intéressés. Ceux dont les deux parents sont cadres ont des parcours nettement plus avantageux. Et « le diplôme ne gomme pas les différences liées à l’origine sociale.  Même aux niveaux les plus élevés de l’enseignement supérieur, grandes écoles et doctorat, les enfants de cadres ont plus de chances de s’inscrire dans les trajectoires d’accès durable à l’emploi. La reproduction sociale est toujours bien visible, portée principalement par les inégalités d’éducation », souligne le Céreq.

 

Troisième constat : la discrimination liée à la résidence persiste. Le taux de chômage des jeunes qui résidaient dans un quartier prioritaire de la politique de la ville à la fin de leurs études est de 33 % en 2016, contre 18 % pour ceux qui n’y résidaient pas. Les jeunes de ces quartiers sont systématiquement plus exposés au chômage. Toutefois, la pénalité varie selon le diplôme. Elle est atténuée pour les diplômés de bac+5 et plus.