Marché du travail : les syndicats déplorent la montée de la précarité

Les premiers chiffres trimestriels sont mitigés. En France (y compris les départements et régions d’outre-mer, hors Mayotte), le nombre de demandeurs d’emploi s’élève à 365 400 pour la catégorie A. Il diminue de 0,9 % sur le trimestre (–1,2 % sur un an). Au total, pour les catégories A, B, C, ce nombre s’établit à 5 930 400. Il reste stable sur ce trimestre et progresse de 2,1 % sur un an.

 

Les réactions des syndicats ne se sont pas fait attendre. Pour la CFDT, « Cette bonne nouvelle ne doit pas occulter le nombre de demandeurs d’emploi de longue durée est en augmentation ».  La confédération de Laurent Berger souligne que sans accompagnement et sans formation, ces derniers auront toujours plus de difficultés pour accéder à l’emploi durable. Le syndicat note aussi que « les travailleurs précaires sont de plus en plus nombreux ». La moitié d’entre eux cumule salaire et allocation. «Dans un marché du travail encore fragile, ces règles de cumul permettent aux demandeurs d’emploi d’occuper un emploi, même peu rémunéré, plutôt que de rester au chômage». La CFDT demande donc au gouvernement de retirer du projet de loi pour réformer l’assurance chômage la remise en cause des règles d’indemnisation les concernant.

 

La montée de la précarité est également soulignée par la CGT. Elle s’alarme de la progression du nombre de jeunes en galère, surtout les moins qualifiés. Et cela « continue de poser la question des inégalités sociales, que la sélection à l’entrée de l’université va encore aggraver ». La CGT insiste par ailleurs sur la persistance du chômage de longue durée qui frappe notamment les seniors. Elle déplore « le recours massif aux contrats précaires » ainsi que « le projet de loi qui prévoit d’alourdir les sanctions contre les chômeurs».

 

Même en congrès confédéral à Lille; FO fait part de sa circonspection face aux statistiques trimestrielles qui ne dénotent « pas de décrue significative du chômage ». Force ouvrière fait le même constat concernant «la  précarisation qui continue de s’aggraver, et c’est une tendance lourde ». La centrale rappelle son « attachement au CDI, à l’emploi de qualité et à la lutte contre le phénomène de permittence».