Matignon prié de ne pas mettre en péril l’insertion des personnes handicapées dans la fonction publique

D’une seule main, quatorze syndicats, associations et organisations de défense des personnes handicapées viennent d’écrire au Premier ministre, Bernard Cazeneuve. Ils protestent contre la décision interministérielle de réduire la contribution des universités au Fonds d’insertion des personnes handicapées dans la fonction publique (FIPH-FP).

La décision, imminente, n’est pas encore officielle, mais une quinzaine d’organisations, parmi lesquelles sept syndicats de la fonction publique, appuyés par des associations, fédérations et organisations de défense des personnes handicapées l’anticipent.  Le gouvernement va alléger la contribution des universités au Fonds d’insertion des personnes handicapées dans la fonction publique (FIPH-FP) « Cette spoliation fait suite à la décision du gouvernement de prélever 87 M€ sur trois ans de 2015 à 2017 et à l’exonération dont bénéficient les établissements scolaires et les établissements d’enseignement supérieur, depuis la loi de finances rectificative de 2007 au titre des dépenses d’accueil et d’accompagnement des élèves et des étudiants handicapés », s’insurgent les signataires. Ils n’ont pas de mots assez durs pour déplorer la démarche gouvernementale : « Cette nouvelle décision de 2017 est inacceptable, elle démontre une ignorance totale du fonctionnement du Fonds et dénote d’un mépris certain pour les personnes en situation de handicap. » Celles-ci sont durement frappées par un taux de chômage (20 %), nettement plus élevé que la moyenne nationale. En outre, les finances du FIPH-FP sont fragiles la survie de l’organisme est estimée un peu plus d’un an et il est contraint de rechercher de nouvelles sources de revenus.

 

Dans ces conditions, il est demandé à Bernard Cazeneuve de renoncer à l’exonération de la contribution des universités, passée, présente et future ; de rechercher d’autres voies et moyens permettant de financer la sécurisation des campus universitaires, et d’assurer la sécurisation du financement du fonds et des interventions liées à l’emploi des personnes en situation de handicap.  Pour l’heure, Matignon reste de marbre.