Mesures de protection sanitaire : l’Unsa demande à Matignon de sévir contre les entreprises négligentes

Le secrétaire général de l’Unsa, Laurent Escure (photo), a adressé un courrier au Premier ministre, Édouard Philippe, le 23 mars au sujet des disparités constatées par son organisation dans le respect des mesures de protection des salariés au travail. Il ne s’agit pas seulement des soignants, ambulanciers et professionnels de laboratoires qui « ne sont toujours pas équipés des protections élémentaires ». L’Unsa déplore « les mesures à géométrie variable pour les salariés en contact avec le public », dont les forces de sécurité publique et privée, les commerces, les transports routiers.

 

Dans un autre registre, Laurent Escure insiste sur les manquements des entreprises. Concernant les commerces alimentaires, « force est de constater que le respect des consignes de sécurité sanitaire, des gestes barrière, la désinfection des équipements et des magasins ne sont pas systématiques ».

 

Dans ce contexte, l’Unsa demande un renforcement des contrôles afin que les procédures de protections sanitaires des salariés et des clients s’imposent aux directions d’entreprises. Dans les entreprises qui ont opté pour la continuité de leur activité, le syndicat reconnaît que le dialogue social a permis de mettre en place des dispositifs relativement sécurisants. Mais par endroits, « des entreprises ne respectent toujours pas les consignes de sécurité sanitaire de base comme la distanciation, la désinfection des lieux de travail et des vestiaires ne proposent pas le télétravail quand cela est possible. » Sollicitée, l’inspection du travail n’est pas en mesure de faire face au flux. Cela laisse « peu de choix aux salariés entre le droit de retrait, l’abandon de poste ou l’exposition au risque de contamination », dixit Laurent Escure.

 

Tout en prônant le dialogue social, l’Unsa  demande la fermeté à l’encontre des employeurs qui ne prennent pas les mesures pour protéger les salariés. Intervenant dans la soirée, sur TF1, le Premier ministre n’a pas abordé la question de la négligence de certaines entreprises. À l’Unsa, on attend sa réponse.