Mesures en faveur de l’investissement : le Medef à moitié satisfait, la CGT nettement critique

Le Medef « salue cet effort positif », mais demande que le Pacte de responsabilité soit « mené jusqu’au bout ». À l’inverse, la CGT ne voit dans ces dispositifs qu’un « nouveau cadeau au patronat ».

La réaction du Medef aux propositions du gouvernement en faveur de l’investissement n’a pas tardé. L’organisation patronale convient qu’elles sont pertinentes. Mais elle rappelle que « la meilleure façon de favoriser l’investissement de manière durable et pérenne est de rétablir les marges des entreprises et la confiance indispensable à l’activité économique ». Elle souffle à Manuel Valls la voie à suivre : mener « jusqu’au bout le Pacte de responsabilité » et favoriser « une baisse résolue du coût de fonctionnement du secteur public » . Geoffroy Roux de Bézieux, vice-président délégué du Medef insiste : « l’investissement doit être évidemment accéléré dans notre pays. Mais le meilleur moyen est de rétablir les marges des entreprises et la confiance des chefs d’entreprise. C’est pourquoi le respect de la trajectoire du Pacte de responsabilité est fondamental. Au-delà, les mesures annoncées montrent une volonté du gouvernement d’avancer dans un sens positif. Elles doivent encore être précisées et nous sommes toujours prêts à y travailler ».
L’analyse de la CGT est tout autre. Le syndicat, qui a également promptement réagi, voit dans l’annonce gouvernementale, un « nouveau cadeau de 2,5 Mds€ au patronat et toujours rien de concret pour les salariés, les retraités et les privés d’emplois ». La CGT propose de relancer la demande, en augmentant les salaires, les minimas sociaux et les retraites, en facilitant l’accès des PME aux crédits bancaires, et en investissant dans la recherche-développement et la formation. Elle critique également « la logique consistant à orienter l’assurance-vie vers le capital des PME au prétexte que, pour démarrer l’activité, il faudrait renforcer les fonds propres des entreprises, alors que les difficultés de financements sont ailleurs ». De son côté, FO souligne qu’un « ensemble de mesures sporadiques ne fait pas une politique publique d’investissement ». Un discours musclé qui n’est pas sans rapport avec les mouvements sociaux auxquels la CGT, ainsi que FO, la FSU, et Solidaires ont appelé ce 9 avril.