Méthodes de recrutement : les tendances 2016, décortiquées par une étude Monster-Ifop

Chasse aux candidats passifs, recrutement social et mobile, Big Data : comment les recruteurs perçoivent-ils ces enjeux ? C’est le sujet de l’enquête que publie Monster, acteur mondial de la mise en relation entre postulants et recruteurs. Les mots clés sont : chasse aux candidats passifs, réseaux sociaux, mobilité et big data.

 

L’enquête, menée par l’Ifop auprès d’un échantillon de 201 dirigeants d’entreprises, représentatif des sociétés françaises de plus de 50 salariés, fait un premier constat : les recruteurs font la chasse aux candidats passifs. Près d’un recrutement sur trois est effectué par ce biais, et 63 % des décideurs interrogés considèrent qu’il s’agit d’un important levier de leur stratégie RH. Les DRH des grandes entreprises — celles dont le chiffre d’affaires est supérieur ou égal à 50 millions d’euros — se montrant plus sensibles à cet aspect. C’est particulièrement vrai dans les secteurs nécessitant de fortes compétences techniques ou ceux qui peinent à recruter à la mesure de leurs besoins. Parmi les canaux utilisés pour séduire les salariés en poste figurent la valorisation de la marque employeur, et la cooptation.

 

L’enquête confirme la montée en puissance des réseaux sociaux en tant que vecteur de recrutement. Surtout lorsqu’il s’agit de séduite les moins de 35 ans. Tous âges confondus, la moitié des recruteurs sont conscients du rôle important que peuvent jouer les réseaux sociaux dans leur stratégie RH, et dans les faits, un recruteur sur trois (34 %) diffuse déjà ses offres d’emploi par ce canal. Et parmi les décideurs qui ne le font pas encore, 18 % envisagent de s’y mettre dès l’an prochain. Là encore, les plus grandes structures sont en avance.

 

Quant au « sourcing social » des candidats, cette pratique qui consiste à identifier et prendre directement contact avec les talents via leurs présences sur les réseaux sociaux, les recruteurs sont déjà 22 % à s’y adonner, et 13 % de ceux qui ne le font pas encore prévoient de s’y consacrer en 2016.

 

Autre tendance qui souligne l’impact de l’innovation sur les pratiques: le rôle du big data. Sa valeur ajoutée est indiscutable , en tant que moyen d’anticipation des besoins d’embauches et de formation. Il sert aussi comme outil de prédiction des performances attendues d’un candidat à un poste , comme aide à la détection des potentiels et à leur gestion. Toutefois, bon nombre de dirigeants interrogés déclarent qu’ils n’ont pas toujours les moyens d’investir le sujet. 19 % s’y consacrent déjà et 6 % de ceux qui ne le font pas encore prévoient de l’intégrer à leur panoplie dès 2016.

 

La mobilité est galement perçue comme un élément clé de la communication en direction des talents.. « Le développement des applications mobiles de recrutement et des sites web adaptés a pour but de répondre au nomadisme des candidats, qui attendent de pouvoir postuler à une offre ou suivre l’actualité des entreprises qui les intéressent sans avoir à quitter leurs smartphones et tablettes », est-il souligné.

 

Les décideurs, sont convaincus que ces applications mobiles peuvent apporter une réponse efficace à leurs défis RH, notamment pour entrer en contact avec de nouveaux viviers de talents (71 %), pour mieux valoriser leur marque employeur (69 %), offrir plus de réactivité durant le processus de candidature (69 %) ou bien encore comme une bonne alternative pour baisser le taux d’abandon et accroître le nombre de candidatures reçues (59 %). Malgré cela, seul un quart des personnes ayant répondu à l’enquête déclare que cette innovation joue un rôle essentiel (5 %) ou important. « Les décisionnaires du recrutement mesurent l’intérêt de chaque innovation pour mettre en place une stratégie RH optimisée. Mais faute de budget ou de ressources dédiées, ceux qui passent à l’action et investissent ces domaines restent pour l’instant minoritaires. Ces différents enjeux répondent pourtant parfaitement au besoin de transformation digitale de l’entreprise, un effort stratégique nécessaire auquel les services RH doivent être associés », explique Gilles Cavallari, DG de Monster France.