Mobilité professionnelle : en début de carrière, tous les territoires ne se valent pas

Une étude du Céreq signée Patrice Caro, Agnès Checcaglini et Jean-Pascal Guironnet fait le lien entre la localisation de l’emploi et les perspectives d’évolution, en début de carrière. Leur conclusion : tous les territoires ne se valent pas. « Au-delà des principales disparités liées au diplôme, au sexe et à l’origine sociale, la géographie imprime aussi sa marque sur les débuts de parcours professionnel ». En superposant l’observation de la génération 2010 aux caractéristiques socioéconomiques des zones d’emploi et en distinguant les sédentaires des mobiles, les auteurs mesurent l’effet du territoire sur l’évolution salariale des jeunes entre 2013 et 2017.

 

Primo, au-delà des trois premières années de vie active, les mobilités sont très souvent profitables. Ainsi, parmi les jeunes occupant un emploi dans le secteur privé sept ans après leur sortie du système scolaire, un peu plus d’un sur cinq a changé de zone d’emploi entre 2013 et 2017. Les plus formés, plus enclins à la mobilité, augmentent leurs chances d’accès à des emplois offrant de meilleures conditions de travail.

 

Secundo, déménager vers des métropoles ou des zones touristiques stimule la progression salariale. Quels que soient les diplômes et la mobilité, les rémunérations des jeunes actifs sont favorisées dans des zones d’emploi qui se démarquent par le dynamisme de leur démographie et de leur marché du travail. Deux caractéristiques de la zone d’emploi ont des effets sur les niveaux de salaire : le taux de chômage et le revenu médian.

 

Tertio, les jeunes sédentaires profitent de progressions salariales favorables dans les zones transfrontalières et les clusters industriels. Le dynamisme démographique des zones d’emploi où l’indice de jeunesse est supérieur à la moyenne nationale (rapport des moins de 20 ans au plus de 60 ans) soutient la progression salariale des sédentaires les moins diplômés. Il se confirme que résider dans une zone d’emploi où le revenu médian est plus élevé que la moyenne nationale est favorable pour les diplômés du supérieur. Cet effet est amplifié lorsque la part des activités tertiaires et industrielles est supérieure à la moyenne nationale.

 

Toutefois, observe le Céreq, « lorsque les mobilités sont moins porteuses sur le plan salarial, elles peuvent néanmoins offrir des avantages dans les dimensions hors travail comme la vie familiale. L’importance donnée à la qualité de vie sur un territoire pourrait s’accentuer chez les jeunes actifs du fait du développement du télétravail. Accéléré par la crise sanitaire, il renforce la déconnexion entre la géographie résidentielle et celle du lieu de travail ». Bref,  il devient possible de conserver des avantages salariaux et d’y associer un cadre de vie de meilleure qualité ».