Mutuelles, sociétés d’assurances, institutions de prévoyance : un comparatif sans concession

La Drees compare l’audience et les performances des trois catégories d’organismes qui proposent des contrats de complémentaire santé individuels et collectifs. Instructif.

Les statistiques prises en compte datent de 2013, ce sont les dernières disponibles. Elles indiquent que 54 % des personnes sont couvertes par un contrat de complémentaire santé souscrit auprès d’un organisme spécialisé, c’est-à-dire créé pour des populations ciblées (fonctionnaires d’une administration, salariés ou retraités d’une entreprise ou d’une branche professionnelle, etc.). Ces organismes se caractérisent par des charges réduites, en raison notamment de la modicité de leurs frais commerciaux. La clientèle cible étant, par définition, captive.

 

En individuel, à caractéristiques comparables, ce sont les mutuelles d’entreprises et structures corporatistes — autrement dit, les mutuelles ciblant les salariés ou retraités d’une entreprise ou d’une profession particulière — qui ont les charges les plus faibles et qui offrent le meilleur retour sur cotisations. Astreintes à un effort de recrutement, les mutuelles généralistes ont des frais plus élevés, et par conséquent un retour sur cotisation moindre. Toutefois, elles font mieux que les sociétés d’assurances, créditées du ratio le moins avantageux.

 

Pour les contrats collectifs, les institutions de prévoyance bénéficient de charges réduites en raison de leur proximité avec certaines branches professionnelles, avec pour conséquence un meilleur retour sur cotisations pour leurs assurés. Ces institutions de prévoyance ont, pour un bon nombre d’entre elles, été créées pour répondre aux besoins spécifiques de certaines entreprises ou branches professionnelles (BTP, transports, agriculteurs…). Elles ont gardé un lien étroit avec ces branches même si leur spécialisation est moins évidente aujourd’hui du fait des fusions-absorptions et des diversifications d’activité. Toujours dans ce créneau du collectif, les mutuelles de fonctionnaires, d’entreprises ou corporatistes présentent les charges de gestion les plus faibles, mais, contrairement à l’individuel, elles dégagent aussi la marge la plus élevée.

 

Pour leur part, les sociétés d’assurances ont des frais d’acquisition plus élevés que les mutuelles à recrutement général, compensés cependant par des frais d’administration plus faibles. « Elles se distinguent donc finalement peu, que ce soit en termes de charges de gestion totales, de résultat technique ou de retour sur cotisations », conclut l’étude.