Négociation assurance chômage : la CGPME dévoile ses propositions

La CGPME a désigné Benoit Willot, patron des petits patrons de Côte d’Or comme chef de file pour la négociation sur l’assurance chômage qui débutera le 22 février prochain. L’organisation patronale explique son état d’esprit et dévoile ses propositions .

 

Au-delà des enjeux financiers pour le régime d’assurance chômage, l’objectif est de ne pas fragiliser les chômeurs, dit d’emblée la CGPME. Mais elle dit vouloir « inciter davantage au retour à l’emploi pour favoriser la reprise économique ».

 

Pour la CGPME, les pistes à prendre compte seraient, primo, les conditions d’accès au régime. Elle préconise une durée d’affiliation minimale de 8 mois. « Est-il logique qu’en France travailler 4 mois au cours des 28 derniers mois suffise à ouvrir des droits, contre 12 mois dans la plupart des autres pays européens ? » s’interroge-t-elle. De même, insistent les petits patrons, « il serait logique d’assimiler un refus face à une proposition d’embauche en CDI à la fin d’un CDD, à une démission n’ouvrant pas droit à une indemnisation.

 

Secundo, Benoît Willot demandera que les conditions d’indemnisation soient rediscutées. Qu’il s’agisse d’une éventuelle dégressivité des allocations au-delà d’un an, de l’indemnisation de l’activité réduite ou du taux de remplacement du salaire. Tertio, la baisse du plafond d’indemnisation, sous réserve qu’elle s’accompagne d’une baisse des cotisations des personnes susceptibles d’être concernées ?  Quarto, la CGPME souhaite “rendre le système d’assurance chômage plus juste. Alors que 100 000 personnes contribuent à déséquilibrer financièrement un régime qui compte plusieurs millions de personnes indemnisées, le sujet des intermittents du spectacle ne doit pas être mis sous l’éteignoir”.  Cinque, dans le même ordre d’idée, le chef de file des PME défendra l’instauration d’une “cotisation exceptionnelle de solidarité interprofessionnelle” assise sur le traitement des salariés des fonctions publiques, destinée à épauler financièrement le régime du secteur privé ». Elle serait de nature à rétablir « une forme d’équité entre ceux qui risquent d’avoir à affronter un jour la perte de leur emploi et les autres ».

 

À l’inverse, l’organisation exclut « dans le contexte économique actuel, toute hausse de cotisations ». Concernant le retour à l’emploi, la proposition phare serait de reconsidérer la notion d’offre raisonnable d’emploi ». Un double refus doit, selon la CGPME, entraîner  automatiquement une radiation, un recours restant naturellement possible devant une commission paritaire ad hoc. La procédure actuelle est telle que moins de 3 % des personnes contrôlées sont sanctionnées, croit-elle savoir .