Non, la CGT n’est pas l’ennemie du petit patron

Oubliez la lutte des classes, la CGT n’a pas l’intention de mettre le feu aux petites entreprises. La preuve : consultée comme les autres organisations syndicales sur les mesures utiles à la stimulation de l’emploi, elle propose « d’améliorer les conditions d’accès aux crédits, en abaissant les charges d’emprunts et de commissionnements pour les PME et TPE », de rendre plus facile l’octroi aides publiques, en évaluant les dispositifs existants et en conditionnant l’accès aux aides, au respect de critères tels que le respect du minima de branches, l’égalité de traitement hommes femmes.

 

Mieux, la CGT souhaite l’impôt sur les sociétés, souvent plus lourd pour les petits entrepreneurs que pour les grandes entreprises, soit modulé en fonction du comportement des sociétés en matière d’emploi, d’investissement productif, de formations, de recherches. Pour couronner le tout, la confédération de la porte de Montreuil demande un rééquilibrage des relations interentreprises en passant le plus souvent possible, de la sous-traitance à la « cotraitance », facteur de progrès en matière de conditions salariales et sociales dans les sociétés de taille modestes.

 

Bien sûr les revendications salariales ne sont pas absentes du cahier de doléances présenté par la délégation que conduisait Philippe Martinez. « En moyenne, les salariés des TPE demandent 400 € d’augmentation par mois, soit une augmentation au niveau du SMIC que nous revendiquons ».

 

Sur le droit d’expression et de représentation dans les TPE, la CGT a souligné que la mise en place des futures Commissions paritaires régionales interprofessionnelles (CPRI) pour les salariés des entreprises de moins de 11 salariés constituera une avancée limitée. Au mieux les quelque 4 600 000 salariés auront en effet 130 représentants syndicaux (10 par région), qui disposeront, chacun, de seulement 5 heures par mois, soit 6 secondes par salarié et par an, calcule-t-elle.

 

Concernant la revendication patronale sur l’instauration d’un barème d’indemnités prud’homales en cas de licenciement d’un salarié, la délégation de la CGT a jugé désastreux l’effet d’une telle mesure « qui pourrait conduire certaines entreprises à encore moins respecter le droit du travail ».