Nouvelle hausse du chômage : réactions en chaîne des partenaires sociaux.

En décembre, le nombre de demandeurs d’emploi inscrits à Pôle Emploi en catégorie A,  augmente de nouveau (+ 0,2 %, soit 8 100 personnes supplémentaires), pour s’établir à 3,49 millions en France métropolitaine.

 

Le ministère du Travail s’accroche au ralentissement de la progression, «  deux fois inférieur à la moyenne mensuelle des douze derniers mois ». Il veut aussi voir un début d’amélioration dans le léger reflux des demandeurs d’emploi de moins de 25 ans en catégorie (-0,2 % soit -1 000 personnes par rapport au mois de novembre).

 

Le Gouvernement rappelle les moyens qu’il a mobilisés  tout au long de 2014 : près de 97 000 Emplois d’avenir pour des jeunes souvent peu qualifiés, et 310 000 contrats aidés non marchands et 48 000 marchands au bénéfice de chômeurs de longue durée ou éloignés de l’emploi.

 

Mais la réalité est dure. Le chômage a atteint un niveau jamais vu. Les partenaires sociaux réagissent en chaîne. Tous s’alarment, mais les analyses divergent.

 

 

 CFDT  déplore un marché faiblard, à trois vitesses

 

« Les chiffres du chômage à fin décembre confirment que 2014 est encore une année noire sur le front de l’emploi. Le chômage des jeunes reste à un niveau préoccupant, les moins qualifiés, les moins diplômés, les licenciés économiques, les seniors restent les plus exposés au chômage longue durée. La multiplication des contrats courts renforce un marché du travail à 3 vitesses : l’emploi stable, l’emploi précaire et le chômage permanent.

 

Pour apporter des réponses à ceux qui sont victimes de cette situation insupportable, la CFDT a porté en 2014 de nouveaux dispositifs en faveur de l’emploi : les droits rechargeables pour tous les demandeurs d’emploi bénéficieront notamment aux plus précaires qui alternent emplois courts et période de chômage ; la garantie jeunes favorise l’insertion des jeunes en difficulté ; le contrat de sécurisation professionnelle permet la reconversion des licenciés économiques ; des moyens nouveaux ont été dégagés pour la formation des demandeurs d’emploi et l’accompagnement intensif de ceux qui en ont le plus besoin.

 

La lutte contre le chômage nécessite un engagement plus fort des branches et des entreprises dans le pacte de responsabilité pour transformer notre économie, former les salariés et créer des emplois de qualité ».

 

 

La CGT ne voit pas le bout du tunnel. Elle réclame un changement de cap

 

 « Nous ne voyons pas le bout du tunnel et les prévisions de l’UNEDIC qui annoncent 104 000 chômeurs de plus d’ici à fin 2015 nous laissent penser que ce ne sera pas pour tout de suite. Pas plus que la loi MACRON, qui vise à dérèglementer le travail, à libéraliser le travail du dimanche, à remettre en cause la prud’homie, à privatiser et à diminuer les protections et les garanties collectives des salariés au profit du patronat.

 

Peut-on inverser cette courbe du chômage ? La CGT affirme que oui, à condition de changer de politique. Il faut stopper les aides aux entreprises sans conditions, moduler les cotisations patronales en fonction de critères objectifs (part de la masse salariale dans la valeur ajoutée, politique d’emploi dans les entreprises comme l’égalité salariale femme/homme, le niveau de précarité, le taux d’emploi des jeunes, etc..) et mettre à contribution les revenus financiers des entreprises pour contribuer au financement de la protection sociale.

 

C’est ce type de mesures qui permettra de se sortir de cette spirale infernale qui coûte excessivement cher aux salariés et aux demandeurs d’emploi. Après les mobilisations de ce 26 janvier, les salariés, retraités et privés d’emploi doivent rester mobilisés pour que nos propositions soient entendues ».

 

 

 

Le Medef incrimine le manque de croissance, la rigidité du marché du travail et la complexité de la fiscalité

 

« L’année 2014 se termine malheureusement par une nouvelle dégradation de la situation sur le front du chômage. Cet indicateur reflète également la difficulté de la situation économique pour les entreprises françaises, notamment les plus petites. Le manque de croissance, l’absence de flexibilité du marché du travail, la complexité de notre fiscalité et son caractère anti-investissement, le poids excessif de nos dépenses publiques sont autant de charges qui pèsent sur la capacité des entreprises à pouvoir embaucher.

 

 

Ce dernier chiffre interpelle et invite à accélérer les premières réformes engagées, qu’il faut saluer par ailleurs. Celles-ci doivent se traduire impérativement par une baisse des contraintes sociales et fiscales pesant sur les entreprises (notamment les TPE et PME), une baisse continue et résolue des charges, et une réforme en profondeur de l’action publique.

 

 

Le Medef regrette à cet égard l’échec collectif de la dernière négociation sur la Modernisation du Dialogue Social. Le projet élaboré en commun n’a pas abouti, alors qu’il aurait permis de changer radicalement de paradigme et de passer enfin d’un dialogue social de posture et d’opposition à un dialogue social de terrain et de construction. Le MEDEF a pris note de la volonté du gouvernement d’avancer sur ce sujet, mais il rappelle que toute réforme doit être engagée avec l’objectif de simplifier, de lever les contraintes, de redonner du sens en fondant le dialogue sur la confiance et de baisser les coûts pesant sur les entreprises pour, in fine, relancer la dynamique de création d’emplois.

 

 

Par ailleurs, il faut désormais créer les conditions de la croissance, en menant des réformes sectorielles pour le court terme et en se redonnant une ambition commune pour le moyen terme. Le MEDEF a proposé ces derniers mois deux initiatives dans ce sens (le projet « 1 million d’emplois » et la proposition d’un agenda 2020 qui soit largement partagé). Il regrette que ces initiatives n’aient pas été reprises avec la vigueur nécessaire par le gouvernement et continuera à les promouvoir ».