OCDE : Il ne suffit pas de réformer les politiques de formation, il faut aussi en évaluer l’impact

L’éducation représente 12,9 % des dépenses publiques dans la zone OCDE. Ce qui représente à peu près le PIB du Royaume-Uni. Pourtant, on compte 13 pays, dont la France, dans lesquels 15 % des jeunes n’ont aucune qualification.

 

L’édition 2015 des Perspectives des politiques de l’éducation que publie l’OCDE est catégorique : le suivi des nouvelles politiques est plutôt limité une fois qu’elles ont été adoptées. Sur les 450 différentes réformes mises en place entre 2008 et 2014, à peine 10 % ont fait l’objet d’une évaluation approfondie et donné lieu à des mesures d’impact rigoureuses.

« On évalue peu souvent la réussite ou l’échec d’une réforme éducative au niveau des élèves », constate Andreas Schleicher, patron de la direction de l’éducation et des compétences de l’organisation, en présentant le document lors du Forum mondial sur l’éducation à Londres. « Il est encourageant de voir qu’une attention accrue est portée aux résultats, et que l’on ne se contente pas d’augmenter les dépenses, mais il est essentiel de prendre le temps nécessaire pour analyser leur impact ».

 

 L’éducation représente 12,9 % des dépenses publiques, dans la zone OCDE. Ce qui représente un montant supérieur 2 500 Md$ par an, soit à peu près le PIB du Royaume-Uni. Il faut que cet investissement considérable soit utilisé le plus efficacement possible, insiste l’expert.

 

Au sein de la zone OCDE, le rapport met en évidence une certaine convergence des priorités. Parmi les réformes analysées, la plupart visent à accompagner les enfants défavorisés et à soutenir l’éducation et l’accueil des jeunes enfants ; à réformer les systèmes d’enseignement professionnel et à créer des liens avec les employeurs ; à améliorer la formation et le développement professionnel des enseignants ; Le renforcement de l’évaluation des établissements d’enseignement figurait aussi dans les objectifs les plus importants.

 

Toutefois, les résultats ne sont pas toujours au rendez-vous. Dans la tranche d’âge des 25-34 ans, près d’une personne sur six ne possède pas les compétences considérées comme  indispensables pour prendre sa place dans le monde du travail. Une situation qui a peu évolué depuis 2003. On compte 13 pays de l’OCDE dans lesquels 15 % des jeunes n’ont aucune qualification. Parmi eux, la France, les Pays-Bas, la Norvège, le Danemark, la Nouvelle-Zélande ou l’Italie.

 

« Le fait qu’un jeune adulte sur six arrive dans le monde du travail sans qualification est un risque majeur pour les marchés de l’emploi et les sociétés », estime Andreas Schleicher. « Des avancées doivent être réalisées d’un bout à l’autre de l’échelle éducative, la priorité étant de réduire la part des jeunes les moins qualifiés ».