OCDE : la reprise de l’emploi se confirme, sur fond d’inégalités accrues

Selon l’édition 2017 des Perspectives de l’emploi de l’OCDE, l’embellie se confirme sur le marché du travail au sein de l’OCDE. Le taux d’emploi a enfin retrouvé le niveau qui était le sien avant la crise. Toutefois, les catégories à faible salaire ou revenu intermédiaire voient leurs rémunérations stagner .

En recul après avoir atteint un plus haut au premier trimestre de 2010, le chômage, dans la zone OCDE, touche aujourd’hui 12 millions de personnes de moins qu’à cette époque, et 3,8 millions de jeunes ont retrouvé une activité. La tendance devrait se poursuivre : taux de chômage moyen, évalué à 6.1 % – soit 38 millions d’individus – à la fin du premier trimestre de cette année devrait s’infléchir à 5.7 % – 36 millions – à la fin de l’année prochaine. D’après les projections, l’éclaircie se prolongera au moins jusqu’à la fin de 2018, et l’on comptera alors près de 47 millions d’actifs occupés supplémentaires par rapport à la fin de 2007.

 

La partie n’est toutefois pas encore gagnée, tempèrent les économistes. La reprise demeure très inégale d’un pays à l’autre. En outre, « les catégories à revenu faible ou intermédiaire voient leurs salaires stagner tandis que les emplois moyennement qualifiés deviennent moins nombreux en proportion, ce qui contribue au creusement des inégalités et entretient l’idée, préoccupante, que les plus riches pourraient avoir plus que leur part des fruits de la croissance économique ».

 

Les travailleurs dont le salaire est plus faible ou en baisse ont le sentiment que les avantages de l’ouverture et de l’interconnexion des marchés leur profitent peu. De fait, cette tendance est due aux changements technologiques qui impactent tous les secteurs. Ils favorisent les individus qualifiés. Ainsi, entre 1995 et 2015, la part de l’emploi moyennement qualifié s’est contractée de 9.5 points dans la zone OCDE. Dans le même temps, l’emploi très qualifié et l’emploi peu qualifié respectivement gagnaient 7.6 et 1.9 point

 

« Alors que le déficit d’emplois est en passe de se résorber, beaucoup n’en ressentent pas les effets, confrontés qu’ils sont à la stagnation de leur salaire et à l’absence de perspectives professionnelles : il nous faut un marché de l’emploi inclusif qui permette à nouveau aux bienfaits de notre modèle économique de rejaillir sur ceux qui y prennent part par leur travail » confirme le secrétaire général de l’OCDE, Angel Gurría, présentant le rapport à Berlin en compagnie du ministre allemand du Travail et des Affaires sociales, Adreas Nahles. « Il est essentiel que les fruits de la mondialisation et de la croissance soient partagés entre le plus grand nombre et que nos politiques, qui doivent être à l’épreuve de l’avenir, aident les travailleurs à saisir les nouvelles possibilités s’offrant à eux et soient également à la hauteur des défis que nous réserve un monde du travail en pleine mutation. »