Partenariat franco-canadien pour maîtriser la reprise d’entreprise par les salariés, sous forme coopérative

La Fédération canadienne des coopératives de travail (FCCT) et la Confédération générale des Sociétés coopératives et participatives (CG Scop) ont signé le 28 octobre la première convention de partenariat économique, entre l’Europe et l’Amérique, sur le partage de connaissances et d’expertise du modèle coopératif.

 

Le partenariat, convenu par ces deux organisations représentant les coopératives au Canada et en France, a pour objectif principal d’accroître l’expertise en matière d’accompagnement des entreprises lors d’une reprise par les salariés. « Les employés en place sont, dans bien des cas, en mesure d’acheter collectivement l’entreprise qui les emploie, notamment dans l’éventualité où un patron n’aurait pu identifier une relève externe. Bien encadrés, les employés peuvent se transformer en co-propriétaires, co-investisseurs et co-gestionnaires », explique Alain Bridault, président de la FCCT.

 

La France a une longueur d’avance sur le Québec et le reste du Canada dans ce domaine. En effet, la CG Scop coordonne annuellement plus de 50 transmissions d’entreprises auprès de leurs salariés sous forme de Société coopérative et participative (Scop), l’équivalent de la coopérative de travail au Canada. « L’expérience canadienne bonifiera sans contredit notre savoir-faire. Avec ce premier partenariat, nous nous engageons mutuellement à partager les meilleures pratiques que nous avons observées et documentées de part et d’autre. Nous sommes certains que cette dynamique transatlantique nous enrichira collectivement », estime le président de la CG Scop, Patrick Lenancker.

 

Cette forme de transmission d’entreprise est tout de même loin d’être nouvelle au Canada. On dénombre plusieurs reprises fructueuses par les salariés, dont l’un des succès les plus impressionnants est les coopératives ambulancières québécoises, totalisant un chiffre d’affaires de plus de 90 millions de dollars et représentant 75 % du transport pré-hospitalier de la province, à l’exception de la ville de Montréal. Au Québec, les coopératives de la rôtisserie St-Hubert de Laval, les radios M-105 de Granby et CHNC en Gaspésie, de même que la coopérative Promo-Plastik à Saint-Jean-Port-Joli, et la coopérative de soins à domicile Careforce en Nouvelle-Ecosse sont d’autres modèles de réussite.

 

Plusieurs outils d’accompagnement ont déjà été élaborés pour soutenir les salariés dans la gestion collective et démocratique de leur entreprise. Ce partenariat avec la France va toutefois plus loin en donnant accès à la FCCT aux outils les plus performants pour accompagner la transformation des entreprises en coopératives gérées par les salariés au Québec. Cette collaboration avec la France leur permettra, en tant que bénéficiaire du partenariat, d’enrichir leur intervention par un partage de pratiques et d’outils concrets, précise Pierre Charette, président du Réseau de la coopération du travail du Québec.