Pauvreté : une personne sur neuf dépend d’un minimum social

Au total, 4,13 millions de personnes sont allocataires de l’un des neuf minima sociaux en vigueur, fin 2014. En comptant les conjoints et les personnes à charge, cela représente 7,4 millions de bénéficiaires. Autrement dit, un Français sur dix en métropole, et un sur trois dans les départements d’outre-mer. C’est l’une des indications clés de l’édition 2016 de l’ouvrage intitulé Minima sociaux et prestations sociales – Ménages aux revenus modestes et redistribution qui vient de paraître. Publié par la direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) du ministère des Affaires sociales et de la santé, il détaille les caractéristiques et les effectifs des bénéficiaires de prestations sociales.

 

Sur un an, le nombre d’allocataires augmente de 2,7 %. Cela traduit un ralentissement après deux années de croissance à près de 4,5 % par an. La principale raison est le ralentissement des effectifs du RSA socle et de l’allocation de solidarité spécifique (ASS), les deux minima sociaux les plus liés à la situation du marché du travail. Celle-ci s’est moins dégradée en 2014 que précédemment.

 

Leur pouvoir d’achat des intéressés a reçu un coup de pouce, les revalorisations ayant été un peu plus importantes que l’inflation, en particulier pour les allocataires du RSA socle (+ 2 % en septembre 2014 dans le cadre du Plan pluriannuel contre la pauvreté et pour l’inclusion sociale). En complément des minima sociaux, les allocations logement, les prestations familiales, le RSA activité et la fiscalité directe permettent de réduire fortement la pauvreté. Ils représentent ainsi, ensemble, près de 40 % du revenu disponible des 10 % des ménages les plus pauvres. En 2013, ils ont permis de diminuer le taux de pauvreté de 8 points, pour atteindre 14,0 %. L’effet est particulièrement fort pour deux des populations les plus en difficulté : les familles monoparentales et les familles nombreuses.

 

Malgré cela, le montant des minima sociaux est jugé trop faible par une majorité de Français. D’après le Baromètre d’opinion de la Dress, trois personnes interrogées sur cinq sont favorables à une hausse du RSA. Pour deux tiers des Français, le revenu mensuel minimum dont doit pouvoir disposer pour vivre un individu est supérieur à 1 450 €, presque le triple du montant forfaitaire du RSA pour une personne seule.