Performance des entreprises :  places aux critères sociétaux

À en croire le « baromètre de la nouvelle performance des entreprises » que publie la Confédération générale des Scops, les résultats économiques et financiers ne devaient plus être considérés comme seuls indicateurs de la performance des entreprises. La dimension sociétale doit avoir sa place.

Le sondage réalisé avec OpinionWay auprès de salariés et de chefs d’entreprise désigne l’entreprise le premier acteur de la vie sociale. Elles sont perçues comme un « soutien prioritaire » par 39 % des salariés et 55 % des chefs d’entreprise, là où l’État n’est respectivement cité qu’à 31 % et 12 %.  « Ces chiffres traduisent la place fondamentale de l’entreprise et l’importance qu’elle revêt à leurs yeux, en particulier dans une période marquée par l’incertitude », insiste le baromètre.

 

Le modèle économique actuel est profondément remis en question. Près de neuf salariés sur dix estiment que les entreprises doivent revoir leurs critères de performance. Cette opinion est partagée par les dirigeants, à 80 %. Dans le détail, 85 % des salariés et 82 % des dirigeants estiment que les aspects humains et le respect de l’environnement doivent désormais être pris en compte au même titre que les résultats financiers.

 

Il n’y a pas d’inversion de la norme, les facteurs économiques tels que la création ou le maintien d’emplois ainsi que le partage du profit restent primordiaux. Toutefois, l’évaluation de la performance  doit inclure des critères sociétaux. Notamment, l’égalité entre les femmes et les hommes est perçue comme très importante par 44 % des salariés et 54 % des dirigeants. L’implication des salariés dans les décisions de l’entreprise est également invoquée (respectivement 38 % et 48 %), de même que la réduction de l’impact environnemental et l’engagement vers la transition énergétique (37 % et 38 %).

 

Dans ce registre, le fonctionnement coopératif apparaît comme une solution alliant l’impératif de viabilité économique de l’activité et le principe d’organisation démocratique de l’entreprise. Il est plébiscité 85 % des salariés et 76 % des dirigeants . Dans les deux catégories d’acteurs, une forte majorité souhaite que les Scop prennent de l’importance dans les années à venir.