Pour les petits patrons, les inégalités et la précarité minent la société française

Une enquête réalisée par l’Ifop pour Fiducial et intitulée « La France des petits patrons », révèle ue analyse sans concession des dirigeants de la société française qu’ils estiment injuste et divisée. Les inégalités sont légion, la précarité gagne du terrain. Et les nouvelles formes de travail ne semblent pas en mesure d’inverser la tendance. 

 

Pour la quasi-totalité des chefs d’entreprise (88 %), les inégalités ont augmenté en France ces dix dernières années. C’est particulièrement sensible en matière de pouvoir d’achat de logement , d’accès à l’emploi et à la justice. Le baromètre des TPE fait également état de décalages prononcés entre catégories sociales, à commencer par le gap qui sépare les   salariés du secteur public et ceux du privé. Viennent ensuite les différences de traitements entre les Français et les immigrés, entre les hommes et les puis entre les retraités et les actifs. Certes, deux petits patrons sur trois pensent qu’il est possible de lutter véritablement contre ces inégalités sociales. Il n’en ressort pas moins un constat amer : la plupart des dirigeants ont la perception d’une société française actuellement injuste (80 %) et divisée (74 %).

 

 Pire, la précarité gagne du terrain. La part des emplois éphémère a augmenté en dix ans selon 83 % des chefs d’entreprise. Et plus de la moitié des personnes interrogées considère même qu’elle a beaucoup augmenté. La même proportion pense que la loi El Khomri va accroître la précarité des salariés.  Si l’INSEE fixe le seuil de pauvreté à un peu moins de 1 000 euros pour une personne seule, soit 14 % de la population française, les petits patrons surestiment ce niveau. Ils sont en effet 65 % à penser qu’un revenu de 1 500 euros par mois est nécessaire pour ne plus être pauvre et 60 % à estimer qu’il y a plus de 16 % de pauvres en France.  Par ailleurs, les petits patrons ont une vision partagée du modèle social français de redistribution. Seulement 40 % déclarent qu’il permet d’aider efficacement ceux qui en ont vraiment besoin. Ils sont 39 % à l’estimer trop généreux, 30 % adapté et 25 % pas assez généreux. Malgré la reconnaissance de la précarité des français en termes d’emploi, les dirigeants de TPE jugent massivement (70 %) que la durée d’indemnisation de 23 mois peut inciter les chômeurs à ne pas chercher un travail aussi efficacement qu’ils le pourraient.

 

 Une majorité des chefs d’entreprise (61 %) est favorable au remplacement des CDD et des CDI par un contrat de travail unique. Un nombre légèrement moins important (55 %) opterait pour la possibilité de remplacer des CDD par des auto-entrepreneurs, avec certaines conditions dans la rupture du contrat. Une évolution des formes de travail peut-elle favoriser l’accès à l’emploi des populations précaires ? Face à cette question, les patrons de TPE sont sceptiques, ces dernières ne faisant pas l’unanimité : 50 % jugent que oui pour le télétravail, 45 % pour le développement des prestations de freelance payées à la tâche, 44 % pour le développement de contrat de mission. 59 % déclarent qu’elles peuvent faire diminuer le chômage, mais avec comme corollaire une précarité accrue des actifs et 18 % qu’elles risquent d’accroître le chômage.Si 63 % des patrons interrogés estiment que les opportunités ouvertes par le numérique et les nouvelles technologies peuvent permettent de recréer une dynamique de croissance, seuls 44 % pensent qu’elles permettront une nouvelle forme de cohésion sociale.