Prestations sociales : net ralentissement des dépenses

En 2014, les prestations sociales n’ont augmenté que de 2,2 %. Du jamais vu depuis 30 ans, indique une étude de la Drees (ministère des Affaires sociales).

Trois facteurs principaux expliquent cette tendance, selon les auteurs. Primo, l’objectif de croissance des dépenses d’assurance maladie, voté chaque année par le Parlement, limite la hausse des prestations de santé. Secundo, la réforme des retraites de 2010 freine la croissance des pensions. Tertio, les revalorisations des prestations indexées sur les prix sont modérées en raison de la faible inflation. Seules les prestations du risque pauvreté, portées par le revenu de solidarité active (RSA), font exception.

 

Résultat : les ressources de la protection sociale ‘augmentent un peu plus vite que les dépenses, entraînant une baisse du déficit de la protection sociale. Elles progressent de 2,5 %, contre 2,4 % pour les dépenses. Cette croissance est plus faible que celles constatées en 2013 (+2,9 %) et en 2012 (+3,8 %). La dynamique des impôts et taxes affectés ralentit, après plusieurs années de hausse soutenue à la suite de mesures fiscales prises pour réduire le déficit, ajoutent les experts.

 

La Drees précise que «cette évolution modérée des prestations sociales s’inscrit dans une tendance générale au sein de l’Europe des 15 ». L’Espagne et l’Italie, parmi les pays les plus durement touchés par la crise, réduisent le volume de leurs prestations sociales depuis 2010 (respectivement -2,3 % et -1,1 %). Conséquence des mesures de consolidation budgétaire et de la persistance de la crise, le nombre de personnes en risque de pauvreté ou d’exclusion sociale a sensiblement augmenté dans ces deux pays. La France affiche, en revanche, un taux de pauvreté ou d’exclusion sociale parmi les plus bas d’Europe.