QVT : des bureaux à vivre et le travail flexible attirent les talents

Le job et le salaire lui convenaient, mais après la visite des locaux, le candidat a brutalement changé d’avis.  Le DRH qui rapporte cette déconvenue n’en est pas à un désistement près. Il s’agit pourtant de la filiale d’un très grand groupe. Lequel  soigne son image au siège social, mais se préoccupe moins de l’immobilier des  entités annexes. Grave erreur, si l’on en croit Yolande Barnes, directrice de la recherche mondiale chez Savills (conseil en immobilier),  auteur du rapport European Cities publié cette année. « De manière générale, les employés présents dans les espaces obsolètes travaillent dans des secteurs avec peu de concurrence professionnelle, comme les postes d’arrière-guichet. En cas de pénurie de personnes jeunes et talentueuses – comme dans les industries numériques –, l’espace de travail commence à être important. » Elle insiste : « Quel que soit le secteur d’un service de gestion immobilière – assurance, finance ou technologie à évolution rapide –, il doit désormais envisager l’immobilier comme un endroit où les personnes veulent vivre, travailler et être heureuses ».

 

Ce n’est pas seulement une question de mètres carrés. La location au m² représente seulement 35 % du coût total de l’occupation des bureaux, selon les experts du cabinet spécialisé  Actium Consult. Signe des temps, les entreprises en pointe confient le pilotage de l’aménagement des bureaux aux ressources humaines, et non aux services généraux comme c’est traditionnellement le cas.  

 

Une autre tendance montante est le recours aux espaces de travail flexibles, externalisés. Il s’agit de permettre aux salariés de travailler à distance quelques jours par semaine, depuis des locaux extérieurs, aménagés pour du coworking et dans des configurations originales. Semble-t-il, les jeunes talents en raffolent ,  et cela profite aux  loueurs de bureaux de passage  tels que Regus, et aux promoteurs, nombreux à se lancer dans ce créneau.