Qualité de vie au travail : il est urgent de former les managers

Interrogés par le réseau Anact, dirigeants et futurs encadrants reconnaissent que le management doit prendre davantage en compte la qualité de vie au travail. Reste à voir comment. Sur le terrain, estiment une majorité de DRH en place. Par la formation estiment plus fréquemment les futurs ingénieurs et cadres.

En collaboration avec Kantar-TNS et la Conférence des grandes écoles (CGE), le réseau Anact-Aract a interrogé un panel d’ ingénieurs, gestionnaires, chefs de projets, managers ou dirigeants sur leur perception des pratiques managériale, en particulier à l’égard de la qualité de vie au travail. Le résultat est sans équivoque : la quasi-totalité d’entre eux estiment que les pratiques managériales doivent changer pour s’adapter aux évolutions de la société et aux enjeux des entreprises et des organisations. Notamment, les méthodes de pilotage devraient prendre davantage en compte la qualité de vie au travail.

 
Si 35% des top managers estiment que le management doit s’apprendre, 26% considèrent que ce n’est pas nécessaire, et que c’est avant tout une question de personnalité et d’expérience. Chez les futurs managers et ingénieurs, cette proportion tombe à 13%, « ce qui représente un levier pour demain », souligne l’Anact. Pour Florence Chappert, chargée de mission à l’Anact. De nombreux dirigeants et DRH sont convaincus que le management est avant tout un talent personnel qui peut, au mieux, s’apprendre sur le terrain, avec l’expérience. « Les représentations tendent à évoluer du côté des managers eux-mêmes et des étudiants. Ils considèrent de plus en plus que cela s’apprend. ».

 
Quoi qu’il en soit, il existe bien un déficit de compétence dans ce domaine, aussi bien parmi les cadres moyens que chez les étudiants. Pour preuve, seuls 23% des top managers considèrent que les étudiants sont suffisamment formés sur ces sujets.Les intéresses eux-mêmes sont demandeurs. 89% des futurs managers et ingénieurs souhaitent une formation ou un accompagnement. Olivier Mériaux, directeur scientifique de l’Anact (photo) , résume : « il est désormais primordial que les responsables pédagogiques, les organismes certificateurs, les entreprises et les consultants en formation continue s’emparent du sujet pour innover ensemble pour instaurer des formations favorisant un management de qualité ».