Quand les grands patrons s’infligent le gel ou la baisse de leur mirobolant salaire

Pour cause de Covid-19, le PDG de Kering, François-Henri Pinault, ampute volontairement son propre salaire fixe d’un quart, à compter du 1er avril et pour le restant de l’année 2020. En outre, il renonce à la totalité de sa rémunération variable annuelle au titre de l’exercice en cours. Le DG délégué, Jean-François-Palus, lui emboîte le pas, sur ce dernier point. Le big boss de Kering (photo) avait empoché 21,8M€ au titre de l’année 2018.

 

 Renault a pris une décision du même ordre. Le groupe automobile supprime les dividendes ses dividendes au titre de 2019, qui devaient être de 1,10 € par action. Il a également décidé une baisse de 25 % de la rémunération du président, Jean-Dominique Senard, et de la DG par intérim, Clotilde Delbos, au moins pour le second trimestre 2020, éventuellement sur une plus longue période « si la crise devait durer ». Les administrateurs verront  leurs jetons de présence rabotés de 25% pour l’année en cours. Selon le syndicat CFDT de l’entreprise, les économies réalisées seront reversées au fonds de crise dédié aux salariés du groupe en chômage partiel. FO aussi apprécie également, la CGT estime que cela ne résoudra pas les problèmes de fond.

 

Chez Michelin, on enregistre une amputation de 25% de la rémunération des gérants et de 10% de celle des membres du comité exécutif du groupe (CEG) , uniquement pour les mois d’avril et mai , la mesure pouvant être prolongée si le chômage partiel applicable aux salariés dure plus longtemps. La CFDT en prend acte, mais souligne que «par rapport à tous les efforts demandés aux salariés et à leur baisse de salaire, celui ci est notoirement insuffisant ».

 

La position de l’équipementier électrique Legrand également nuancée. Pour le DG, Benoît Coquart, il est prévu le gel de sa rémunération annuelle fixe  par rapport à l’an dernier, ainsi que la réduction de 25% de sa rémunération annuelle totale. Il renonce donc à l’augmentation initialement prévue. De même,  les administrateurs verront leur rétribution gelée, par rapport à 2019. Ils ont également renoncé à l’augmentation qui devait s’appliquer.