Quatre propositions du Cese pour accélerer la mixité des métiers

Saisi par le Premier ministre, le Conseil économique, social et environnemental (Cese) a rendu le 26 novembre, un avis « Agir pour la mixité des métiers ». rapporteur : Patrick Liébus du goupe de l’artisanat, au nom de la section du travail et de l’emploi, présidée par Françoise Geng issue de la CGT.

 

1-Déconstruire les stéréotypes sexistes et développer une culture de l’égalité à l’école.

Le Cese recommande une campagne d’envergure nationale présentant le sexisme comme une discrimination au travail. Il préconise que la dimension de la mixité soit expressément pris en compte dans le Plan d’action pour l’égalité des filles et des garçons  afin de promouvoir auprès des élèves une représentation non sexuée des métiers.
L’orientation professionnelle des filles et des garçons relève d’un choix de société et nécessite une prise de conscience dès le primaire, rappelle le Cese qui préconise d’agir auprès des enseignants et des personnels d’éducation par la formation initiale et continue sur l’égalité et la mixité professionnelle ; der sensibiliser les élèves en assurant une formation commune des filles et des garçons dans le cadre de leur projet individuel d’orientation. Ce qui pourrait passer par la généralisation du module de découverte professionnelle à tous les élèves de 3e, la mise en place de bourses de stages dans les collèges.

 

2-Encourager une action volontariste des branches professionnelles.

Les sages du palais d’Iéna invitent les partenaires sociaux, et les pouvoirs publics, à recenser les actions des branches en faveur de la mixité pour repérer et promouvoir les bonnes pratiques.A cette fin, il promouvoir au niveau des branches une méthode d’analyse des compétences dans les métiers. La commission nationale de la négociation collective est invitée à à faire le bilan de la mise en œuvre de la loi sur le temps partiel dans chaque secteur et des accords de branche au regard de l’objectif de mixité des métiers.

En ce qui concerne l’action partagée des branches et de l’Éducation nationale, le conseil recommande de modifier la composition des commissions professionnelles consultatives, compétentes sur le contenu et la carte des formations professionnelles, dans le sens d’un élargissement à l’administration du travail et au service des droits des femmes.

En réponse à la demande du Premier Ministre, portant sur la mise au point d’une stratégie intégrée sectorielle en faveur de la mixité, le Conseil préconise par ailleurs que ces actions soient ciblées sur les métiers de la branche sanitaire sociale et médico-sociale, ainsi que sur les métiers du bâtiment, de la métallurgie, de l’énergie, de l’informatique et des communications.

 

3- Poursuivre l’action volontariste de la fonction publique.
Les femmes représentent 61% des agents contre 44% des salariés du privé. L’avis remarque toutefois que certaines filières professionnelles accusent un fort déséquilibre de genre, qu’il s’agisse par exemple de l’hôpital (majoritairement féminisé) ou des métiers de la Défense, (majoritairement exercés par des hommes). Dans la continuité de la démarche des interlocuteurs sociaux (accord du 8 mars 2013), il est recommandé à l’État et aux collectivités publiques de poursuivre leur action.

Primo, en fixant des objectifs chiffrés de recrutements féminins dans les métiers à dominante masculine et inversement, dans les emplois administratifs et techniques de catégorie C des 3 fonctions publiques. Secundo, en faisant de l’apprentissage dans le public un levier favorisant la mixité professionnelle, avec comme préalable l’évolution des emplois d’avenir vers un véritable dispositif d’apprentissage dans la fonction publique territoriale.

 

4-Promouvoir la mixité à l’échelle de l’entreprise.

Par ailleurs, le rapport suggère de synchroniser la négociation d’entreprise sur la gestion prévisionnelle de l’emploi et des compétences et celle relative à l’égalité professionnelle et la mixité. Il propose également de faire figurer au rapport de situation comparée prévu le Code du travail, dans les entreprises de plus de 300 salariés, des ratios donnant la part des hommes et des femmes par famille de métiers.

Dans ce contexte, les partenaires sociaux auront à négocier des accords pour favoriser l’accès des femmes à la formation professionnelle tout au long de leur carrière.