Reconversions professionnelles : le Cese recommande de changer de braquet

Dans un avis sur les reconversions professionnelles adopté le 23 mars à l’unanimité des groupes, le Conseil économique social et environnemental formule 16 recommandations visant pour l’essentiel à investir massivement dans les changements individuels en s’appuyant sur les mécanismes existant, tout en y intégrant la dimension écologique.

L’avis, porté par Florent Compain (Les Amis de la Terre France) et Bernard Vivier au nom de la section du travail et de l’emploi, préconise  un changement d’échelle dans les politiques publiques. Pour mieux cerner l’état des lieux et éclairer les décisions des pouvoirs publics, les auteurs recommandent de réunir la montagne de travaux sur le sujet au sein d’une méta-analyse coordonnée par France Stratégie en lien avec les parties prenantes. « Cette mutualisation permettra aux organisations professionnelles, syndicales, associations, pouvoirs publics, de disposer d’une vision prospective »

 

Une autre préconisation porte sur le dialogue social au sein des entreprises. Les parties devraient s’appuyer davantage sur des études d’impacts économiques et sociales en lien avec le risque climatique. Cette thématique s’intégrerait dans la nouvelle base de données économique et sociale (BDES) rebaptisée BDESE, avec l’ajout de la composante environnementale.

 

Le Cese prône également de donner un rôle aux pouvoirs publics et aux collectivités, susceptible d’agir à travers la commande publique en faveur de la création de nouvelles filières, de nouveaux emplois, de métiers d’avenir, en soutenant les reconversions professionnelles en relation avec des objectifs de transition écologiques.

 

Selon les auteurs, « Le plus grand enjeu en matière de reconversion professionnelle est de s’attacher en premier aux personnes et en particulier aux plus précaires, aux moins qualifiés. Ces personnes bénéficient d’un manque de formation et de reconnaissance qui les rendent plus vulnérables et les exposent à la déqualification. Construire un socle de droits qui permettrait à tous de bénéficier d’un véritable filet de sécurité par le biais de reconversions mieux organisées est une mesure de justice sociale indéniable ».

 

Adopté à l’unanimité, l’avis est assorti de quelques réserves. Celles de la CGT qui tient à souligner que les entreprises qui licencient du personnel à tour de bras en utilisant les dispositifs sans garantie tels que les ruptures conventionnelles collectives et individuelles conduisent un bon nombre de travailleurs dans l’impasse. De son côté, le groupe des employeurs met un bémol : les entreprises n’ont pas vocation à jouer le rôle qui revient au service public de l’emploi.

 

L’intégralité de l’avis est ici : https://bit.ly/3cZgVyh