Recul du chômage : le gouvernement y voit un signe de reprise, le Medef veut capitaliser sur cette éclaircie

Le nombre de demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi en catégorie A, c’est-à-dire sans aucune activité en mars, a diminué de 60 000 par rapport au mois de février, soit une baisse de 1,7 %. Au total, depuis le début de l’année, le nombre de demandeurs d’emploi sans activité a diminué de près de 50 000 (-1,4 %). Il s’agit de la première baisse trimestrielle significative depuis le dernier épisode de reprise de 2010/2011. Elle suit une période de stabilisation, marquée par l’alternance de hausses et de baisses mensuelles fortes, depuis l’été dernier, souligne un communiqué du ministère du Travail.

 

L’amélioration de la situation des jeunes se poursuit et s’accélère. Le nombre de demandeurs d’emploi de moins de 25 ans inscrits en catégorie A diminue ainsi de 8 700 en mars (soit -1,7 %), portant la baisse à 36 000 depuis fin 2014. Cette baisse du nombre de demandeurs d’emploi sans activité serait, selon le ministère, «  le résultat de l’amélioration graduelle de l’activité économique qui s’est déjà traduite par une reprise des créations d’emploi en 2015, grâce notamment aux effets du Pacte de responsabilité et de solidarité ».

 

L’aide « Embauche PME » monte en charge et accélère les effets de la reprise économique : au total, 225 000 aides ont été demandées depuis le mois de janvier. Les déclarations d’embauche ont enregistré un net rebond au premier trimestre, particulièrement dans les entreprises de moins de 250 salariés : elles ont progressé de 4,7% pour les embauches en CDI et de 20,5 % pour celles en CDD de plus de 6 mois est-il indiqué, par ailleurs.

 

La réaction du Medef à ces annonces n’a pas tardé. Pour l’organisation patronale, « la baisse du chômage est une bonne nouvelle qu’il convient de saluer. » Mais elle ajoute : « Au-delà de ce chiffre mensuel, il faut désormais accélérer les réformes du marché du travail et prendre nos responsabilités, comme l’ont fait nos voisins, notamment allemands et italiens. La situation reste en effet dramatique et ce premier signe positif doit être durablement conforté par des réformes indispensables qui restent à mener. « Il faut cesser le surplace mortifère de ces dernières semaines. Dans la situation actuelle, les demi-réformes et les pseudo-équilibres ne servent qu’à faire du sur place. Il faut libérer enfin la capacité d’emploi de toutes les entreprises, quelles que soient leurs tailles. Avançons résolument et menons une première réforme. Le chômage est la conséquence de nos politiques suivies depuis des années. Rétablir la situation demandera du temps et des réformes courageuses. La loi El Khomri aurait pu être une première étape importante. Ce n’est malheureusement plus le cas actuellement – il faut revenir à l’ambition initiale. » insiste le président du Medef, Pierre Gattaz.

 

Pour la ministre du Travail au contraire, le projet de loi qui sera débattu au Parlement à compter du 3 mai « complètera ces actions conjoncturelles par des mesures structurelles favorisant le développement de l’emploi durable, en améliorant la compétitivité des entreprises et en créant de nouveaux droits pour les salariés ».