Rémunération des grands patrons: les actionnaires sont de plus en plus réservés

Selon une enquête du cabinet Towers Watson, les résultats financiers des entreprises du CAC40, en hausse, n’empêchent pas les actionnaires de se montrés réservés à l’égard des rémunérations directes stratosphériques.

 

Alors que les entreprises du CAC 40 viennent de clore leurs assemblées générales, Towers Watson publie une analyse des votes concernant la rémunération des dirigeants, le say on pay ou SOP, dans le jargon. « Malgré la hausse des profits des grandes entreprises françaises en 2014 et leur performance boursière, le taux d’approbation moyen de la résolution say on pay par les actionnaires a baissé de 92% à 86%, soit une forte baisse en comparaison des autres pays », constate l’étude. Autrement dit, les actionnaires approuvent de moins en moins les excès. Pour Towers watson, cela s’explique par une sensibilité par rapport aux niveaux et aux variations de la rémunération des dirigeants lorsqu’elles manquent d’explication, et ce, quel que soit la performance de l’entreprise dirigée. Autre raison : l’influence des agences de conseil en vote qui sont plus exigeantes et dont les recommandations sont suivies. En troisième lieu, l’État , actionnaire d’un certain nombre de sociétés d’envergure, se montre intransigeant.

 

La variation de la rémunération d’une année sur l’autre semble plus déterminante pour les votes, surtout lorsqu’elle est insuffisamment expliquée et commentée. Et parmi les composantes de la rémunération, ce sont les augmentations de la part variable annuelle qui font le plus réagir les actionnaires. Même la performance boursière ne met pas à l’abri de votes défavorables de la part des actionnaires, ce qui est relativement surprenant de prime abord, considère l’étdude. « En y regardant de plus près, on s’aperçoit que les votes sont particulièrement négatifs lorsqu’une forte progression du cours de bourse de l’action donne lieu à une augmentation qui semblerait disproportionnée ».

 

Et la tendance va se renforcer au sein de la Communauté Européenne, avec la directrice SRD, ou Shareholders’ Rights Directive. Attendue pour début 2018, elle pourrait apporter des modifications significatives au SOP avec un double volet. D’abord un vote contraignant des actionnaires au moins tous les 3 ans sur la politique de rémunération des dirigeant. Ensuite, un vote consultatif annuel sur les rémunérations acquises, lesquelles doivent s’inscrire dans la politique votée préalablement.