Retraite complémentaire : accord de principe entre le patronat et les syndicats CFDT, CFTC et CFE-CGC

Les négociations sur les retraites complémentaires se sont achevées ce 16 octobre. La voie d’un accord est entrouverte, entre les organisations patronales et la CFDT, la CFTC et CFE-CGC. Ce dernier syndicat s’en félicite : « la CFE-CGC, premier syndicat de l’encadrement, a obtenu comme elle le réclame depuis quatre ans, qu’une négociation interprofessionnelle sur le statut de l’encadrement s’ouvre ». Mais il faudra, avant de bénéficier de sa retraite complémentaire, travailler un an de plus qu’actuellement.

 

À partir de 2019, il faudra, avant de bénéficier d’une retraite, non seulement atteindre âge légal de 62 ans et durée minimale de cotisation de 41,5 ans, mais travailler un an de plus pour un taux plein. Par exemple, une personne qui devait travailler jusqu’à 64 ans pour obtenir toutes ses annuités patienterait jusqu’à 65 ans pour ne pas subir de rabotage.  Car s’il raccroche dans les conditions actuelles, le pensionné subira une décote de 10 % par an pendant les trois premières années. Avec l’engagement que la décote de la dernière année 10 %, sera revue et éventuellement supprimé s’il cela n’est plus nécessaire. Une hypothèse à laquelle nul ne croit vraiment.

 

À l’inverse, des bonus de 10, 20 et 30 % seraient appliqués pendant un an pour les salariés restant en activité deux, trois ou quatre ans de plus. Par ailleurs, les règles des pensions de réversion sont maintenues en l’état. « Cette négociation démontre que nous sommes des partenaires sociaux responsables et que le paritarisme a de l’avenir lorsque chacun, entrepreneurs, salariés et retra—ités — fait un bout du chemin » affirme la présidente de la CFE-CGC Carole Couvert.

 

Pour FO comme pour la CGT, ce texte n’est pas acceptable. « Les salariés qui ne pourraient différer leur départ subiraient les trois premières années de retraite un abattement de 10 % : une double peine pour les 56 % de salariés qui ne sont plus en emploi et pour les femmes dont la pension est déjà en moyenne inférieure de 40 % à celles des hommes et de 60 % pour les femmes cadres » calcule la CGT. Tout en soulignant le déséquilibre entre la contribution du patronat et celle des salariés en vue de sortir les régimes de l’ornière : « Au total la contribution des salariés actifs et retraités s’établirait à 95 % du besoin de financement contre 5 % pour le Medef : soit 5,7 milliards à la charge des salariés et retraités contre 300 millions pour le patronat ». Sachant que le déficit cumulé de l’Agirc et de l’Arrco atteignait déjà de 3 Mds€ l’an dernier. Il y avait urgence, l’Agirc aurait épuisé ses réserves d’ici à 2018, et l’Arrco les siennes en 2027.

 

La CFDT, la CFTC et la CFE-CGC qui ont donné un accord de principe doivent encore consulter leurs instances. Une réunion conclusive est prévue le 30 octobre.