Retraite : partir maintenant, pour en profiter le plus longtemps possible  

L’enquête que publie la Drees est formelle : pour huit Français sur dix, profiter le plus longtemps possible de la retraite reste la principale motivation de départ.

La Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) publie une étude sur les motivations de départ des personnes ayant pris leur retraite entre juillet 2019 et juin 2020. Il s’agit de la première exploitation d’une enquête réalisée en partenariat avec le Conseil d’Orientation des Retraites, la Direction de la Sécurité sociale, et cinq régimes de retraite : le régime général, le régime complémentaire des salariés du secteur privé, les deux régimes de fonctionnaires, et la caisse de retraite des agents de la SNCF.

 

Quelque 5 500 personnes ont été interrogées au premier semestre 2021 parmi les nouveaux retraités, résidant en France, du régime général (CNAV), des régimes de la fonction publique (SRE et CNRACL) et du régime spécial de retraite de la SNCF (CPRPSNCF). L’âge idéal de départ, le plus fréquemment cité est 61 ans. Les nouveaux retraités sont 65 % à déclarer être partis à l’âge qu’ils souhaitaient. Par ailleurs, près de trois personnes sur quatre déclarent avoir pris leur retraite dès que cela a été possible.

 

 Les motivations les plus souvent citées restent la volonté de profiter de la retraite le plus longtemps possible (81 % des personnes interrogées indiquent que ce motif a joué pour elles, dont 60 % qu’il a beaucoup joué). La moitié des prospects invoquent également le fait ne plus vouloir travailler. Pour les personnes sorties précocement de l’emploi, des problèmes de santé (57 %) ou un licenciement (38 %) ont également pu jouer sur la sortie anticipée du marché du travail.

 

Les personnes qui prolongent leur activité au-delà de l’âge minimum possible le font très souvent pour des raisons financières : vouloir augmenter leur retraite future (69 %), conserver encore quelques années leur rémunération (67 %) ou éviter une minoration de leur pension via une décote (56 %). Elles sont par ailleurs 67 % à mettre en avant l’intérêt porté à leur emploi ou des conditions de travail satisfaisantes. Des disparités s’observent cependant selon les régimes de retraite, notamment au vu des différentes règles de calcul de la pension.

 

 Près de la moitié des retraités qui auraient pu bénéficier d’une surcote ne souhaitaient pas retarder leur départ.  Parmi ceux qui, au contraire, ont retardé leur départ à la retraite et bénéficient d’une surcote, 46 % déclarent qu’ils l’ont fait car ils voulaient augmenter leur pension. Enfin, les retraités partis avec une décote disent dans la majorité des cas (60 %) que la perte de la pension n’était pas trop importante.