Révolutionnaire : une application sur smartphone destinée à la prévention du suicide

Une application sur smartphone destinée à la prévention du suicide. Révolutionnaire, elle sera expérimentée dans une quarantaine de villes à partir de cet automne. Elle est démonstration jusqu’au 18 mai, salon Innovatives SHS 2017 qui se tient jusqu’à demain 18 mai, à Marseille.

Cette innovation ne leur est pas spécifiquement destinée, mais elle ne manquera pas d’intéresser les médecins du travail, DRH, préventeurs, cabinets spécialisés et membres de CHSCT. Il s’agit d’une application sur smartphone dédiée à la prévention du suicide. Elle est censée permettre de diminuer le nombre d’actes désespérés, d’augmenter le recours aux soins ou à l’aide de proximité (famille, amis, etc.) par les personnes en détresse psychologique.

 

 Conçue en collaboration avec des psychiatres et des associations, l’appli comprend une partie informative, sur la santé mentale, le mal-être, la dépression et les aides disponibles, qui prend la forme de courtes vidéos et de témoignages. Elle inclut aussi une partie « privée ». Après authentification de la personne, cette dernière donne accès à des tests d’auto-évaluation des tendances anxieuses ou dépressives. Il est alors proposé un parcours personnalisé, qui peut être un simple conseil (parler à un proche, par exemple), ou un véritable plan de soutien pour aller mieux : des exercices de psychologie positive pour diminuer le stress, une cartographie locale des aides médicales ou médico-sociales, et un bouton d’urgence.

 

Le prototype est en démonstration au salon Innovatives SHS 2017 qui se tient jusqu’à demain 18 mai au Palais de l’Europe, à Marseille, à l’initiative du CNRS. Il fera l’objet d’un Programme de recherche interventionnelle et évaluative mené pour la prévention du suicide, alias Printemps, qui sera lancé cet automne, à titre expérimental dans plusieurs dizaines de villes. Printemps est piloté par une équipe affiliée au laboratoire ECEVE et à l’Unité de recherche clinique en économie de la santé de l’AP-HP,  sous l’égide de Karine Chevreul, professeure de santé publique (photo).  « Il est rapidement apparu qu’il fallait assurer la promotion de cette application, pour la faire connaître, et pour qu’elle soit utilisée sur une durée significative », explique Kathleen Turmaine, chercheuse au laboratoire ECEVE. Le projet Printemps va s’appuyer sur un réseau d’au moins 36 villes, qui mettront en œuvre leurs canaux habituels de communication avec la population, et sur des médecins généralistes, par voie d’affiches dans les salles d’attente. L’expérimentation durera 18 mois, suivis de six mois d’analyse des résultats, qui pourront déboucher sur une pérennisation du dispositif.