Risque de plans sociaux massifs dans la filière ferroviaire

La filière ferroviaire française, la troisième du monde pourrait perdre 10 000 à 15 000 emplois, tout en fermant cinq sites de production majeurs, avertissent d’une même voix la Fédération des industries ferroviaires (FIF) , l fédération des industries mécaniques (FIM), Syntec-Ingénierie et le CS2F (Comité stratégique de la filière ferroviaire) qui risquent tous de voir leur activité s’écrouler.

Selon la Fédération des industries ferroviaires, les deux conditions nécessaires pour avoir une filière ferroviaire industrielle forte, soit un système ferroviaire globalement performant et un marché national solide et vitrine pour l’exportation, ne sont plus réunies aujourd’hui.

 

« Notre système ferroviaire cumule les pertes, un endettement croissant et une consommation effrénée de subventions publiques : le triangle des Bermudes financier du ferroviaire », explique Louis Nègre, président de la FIF.

 

Le marché national du matériel roulant s’écroulera dès 2016 sur la plupart des segments, et la non prise en compte de la performance économique du système dans la réforme ferroviaire fait également peser de lourdes incertitudes sur le rôle dévolu à l’industrie dans la rénovation et la modernisation du réseau ajoute-il en substance.

 

Selon les entreprises de la filières, les besoins existent pourtant sur tous les segments, TGV, TER, TET ou encore le fret et le transport urbain. Seule manque une « réforme en profondeur le modèle économique « . Elle avancent quelques idées : standardisation des matériels, mise en place d’une politique de volume, exportation du matériel, expérimentation d’une ouverture régulée à la concurrence sur certains segments comme les TER coopération réelle entre opérateurs et industriels sur la maintenance ferroviaire. Enfin, faire participer les PME à la maintenance des installations et des matériels roulants pourrait être une diversification pérennisant les savoir-faire.

Outre la fabrication, l’ingénierie a aussi souffre. Au sein de la filière ferroviaire, la France dispose de près de 8 000 ingénieurs Leaders mondiaux, les acteurs de l’ingénierie française interviennent dans 73 pays et sur la moitié des métros dans le monde.

Cependant, en France, les perspectives d’activité sont à la baisse. Le marché domestique de l’ingénierie ferroviaire représentait jusqu’ici 550 millions d’euros par an. Après les investissements importants en cours (Tours Bordeaux, Bretagne Pays de Loire, Contournement Nîmes Montpellier, fin de la LGV est), l’activité sur les lignes nouvelles chute brutalement dès 2015 pour l’ingénierie. Pourtant, de grands projets sont annoncés (Lyon Turin-Ferroviaire, Grands projets du sud-ouest, ligne nouvelle Provence Alpes Côte d’Azur…), mais sans perspective claire de décision et de financement.