Risques psychosociaux : dur, dur, d’être artisan dans le BTP

Près d’un artisan sur trois estime ne pas être en bonne santé. Dans cette profession, on travaille en moyenne plus de 50 heures par semaine. Le rythme de travail s’intensifie, sur fond de stress permanent. Ces constats sont issus du baromètre ARTI Santé BTP, une enquête nationale qui analyse les conditions de travail et l’état de santé des artisans.

Les organisations professionnelles CAPEB et CNATP, associées au pôle d’innovation IRIS-ST publient ce 9 mars la troisième édition du baromètre ARTI Santé BTP. Ses conclusions sont alarmantes. Les chefs d’entreprise artisanale sont ainsi 58 % à déclarer qu’ils sont souvent voire très souvent stressés (contre 53 % en 2015). Ce stress conjugué à un surinvestissement professionnel et à un sentiment de solitude – 1 artisan sur 2 déclare avoir besoin de soutien – expose les artisans du bâtiment à un risque accru d’épuisement professionnel. Ils sont ainsi 29 % à penser avoir fait ou avoir été tout près du burn-out en 2016 et 8 % déclarent avoir été victimes d’une dépression au cours des 5 dernières années (contre 6 % en 2015). Car si les artisans estiment que leur activité est exigeante sur le plan physique (77 %) ils sont plus nombreux encore à estimer qu’elle l’est sur le plan mental (87 %).

 

Six sur dix travaillent plus de 50 heures par semaine, plus de la moitié d’entre eux travaillent le week-end.  D’autant plus que le business remonte. Les artisans du BTP sont 51 % à avoir observé une progression de leur activité en 2016 et 36 % à manifester un sentiment positif vis-à-vis de l’avenir de leur activité (contre 28 % en 2015). Ce regain de confiance ne suffit cependant pas à compenser les effets négatifs soulignés par l’enquête.

 

Patrick Liébus, président de la Capeb  prône des mesures de suivi :  « les premiers enseignements que je perçois de cette étude sont le faible suivi médical des chefs d’entreprises artisanales. Il nous faut accompagner en cela le dirigeant qui, pris par le temps et par l’activité de son entreprise, oublie de prendre soin de lui, tandis que des pathologies non détectées prospèrent. »