Salaires : les cols bleus progressent encore, mais nettement moins que les cols blancs

La rémunération d’un salarié non-cadre en 2016 est de 1 567 € bruts mensuels, en hausse 0,7 % sur un an, soit un gain de 11 €, selon le dernier baromètre Randstad qui s’appuie sur des salaires réels et constatés, extraits de 1,2 million de fiches de paie auprès de 27 000 entreprises et représentant 131 métiers.

Les salaires des non-cadres sont de nouveau orientés à la hausse cette année, mais le rythme de progression continue de se tasser pour la cinquième année consécutive, indique le baromètre. Ce ralentissement expose la dépendance toujours plus grande du pouvoir d’achat des salariés non-cadres à la revalorisation du Smic. Cette année encore, la (très) légère hausse de la rémunération des salariés non-cadres s’inscrit dans le sillage du salaire minimum, revalorisé de 0,6 % au 1er janvier 2016 pour s’établir à 1 467 euros bruts mensuels. Ainsi, en moyenne, le salaire d’un non-cadre représente 106,8 % du Smic. .Le contraste est frappant avec la rémunération des cadres qui s’accélère.

 

« C’est la plus faible évolution depuis 2010. Cette modération ne s’explique que partiellement par la conjoncture : celle-ci est certes toujours poussive », constate Mickaël Hoffmann-Hervé, directeur général délégué en charge des ressources humaines du groupe Randstad France. Il précise : « l’effet d’entraînement du Smic sur les salaires non-cadres est donc non seulement mécanique, mais il apparaît de plus en plus exclusif, s’affirmant comme le seul levier de leur progression ».