Santé au travail : vers un nouveau clash entre l’exécutif et les syndicats

Selon la CFE-CGC, un amendement en préparation autorise le gouvernement à prendre par ordonnance, les mesures relatives à l’aptitude et à l’inaptitude médicale, l’organisation des services de santé au travail et aux missions des médecins spécialisés.

« Pourquoi cette précipitation pour mettre à terre les services de santé au travail ? », s’alarme Martine Keryer, secrétaire nationale en charge du secteur santé au travail et handicap, à la confédération.

En novembre dernier, le gouvernement avait confié au député socialiste de l’Isère, Michel Issindou, une mission de six mois sur le thème aptitude et médecine du travail. « Je serai accompagné de trois autres personnalités issues du monde de l’entreprise, de l’université et de la haute administration. Dans le prolongement des premières dispositions contenues dans le projet de loi relatif à la santé, le gouvernement entend ajuster les missions de la médecine du travail en questionnant la notion d’aptitude au poste de travail », expliquait alors l’élu. Au cours des six mois d’investigation, il disait être amené à « réfléchir, plus particulièrement sur l’efficacité de cette notion d’aptitude par rapport à la prévention des maladies et accidents professionnels, sur le caractère obligatoire et systématique des visites médicales à l’embauche ».

 

Alors que sa mission n’est pas achevée, la CFE-CGC « s’offusque du fait que le rôle préventif des services de santé au travail puisse être abattu par une simple ordonnance, en dehors du débat parlementaire et du débat public ». Les autres confédérations ne se sont pas encore emparées du sujet.