Secteur médico-social : la vérité sur les effectifs et les conditions de travail  

Les salariés du secteur médico-social et leurs syndicats ne désarment pas. A l’appel de la CGT, ils seront de nouveau en grève le 15 avril. Parmi les nombreux motifs,  au moins deux se distinguent. Primo,  : « l’amélioration de l’attractivité des métiers par les salaires, les conditions de travail et de vie, les moyens ainsi que le matériel et les outils nécessaires  pour exercer en toute sécurité ». Secundo, « l’embauche de personnel qualifié pour pallier au manque d’effectif chronique ainsi qu’aux nombreux départs et démission des agents et salariés du secteur ».  

 

A en croire une étude que publie la Drees ce 8 avril,  les départements qui emploient une partie de cette catégorie professionnelle, ont fait des efforts notables dans ce sens. En 2020, peut-on lire dans la note, la quasi-totalité des départements déclarent avoir pris des mesures exceptionnelles à destination de leurs personnels en raison de la crise sanitaire liée à l’épidémie de Covid-19. Parmi eux, dans neuf départements sur dix, cela a pris au moins la forme de primes, dont le périmètre peut varier d’une collectivité à l’autre. Dans plus d’un cas sur deux, les départements indiquent avoir versé uniquement une prime « Covid », telle que définie par le décret n°2020-711 du 12 juin 2020.

 

En outre, plus d’un quart ont attribué d’autres primes en plus de celle-ci. Au sein des collectivités ayant versé au moins un type de prime, 84 % en ont attribué aux assistants familiaux, dont près d’un tiers uniquement à cette catégorie de leurs personnels. Ces primes ont pu également concerner le personnel des services de PMI ou encore d’autres catégories de personnels. Outre les primes, une partie des départements (22 % de ceux déclarant au moins un type de mesure) ont aussi opté pour d’autres mesures telles que la fourniture de matériels (informatiques ou de protection notamment) ou, dans quelques cas, des revalorisations salariales.

 

Fin 2020, 121 400 personnes sont employées par les services départementaux en charge de l’action sociale et médico-sociale, dont 38 100 agents administratifs et techniques, 36 200 assistants familiaux, et près de 31 900 agents sociaux et éducatifs. Le reste de l’effectif est constitué de personnels paramédicaux (9 300), médicaux (3 700), de psychologues (2 000) et de personnels médico-techniques (200).

 

Les évolutions des effectifs entre 2019 et 2020 sont du même ordre que celles observées les deux années précédentes1. Entre 2019 et 2020, hors Mayotte, l’effectif total augmente très légèrement (+0,1 %). Les évolutions sont toutefois différentes selon les catégories de personnels. En particulier, le nombre d’assistants familiaux diminue de 1,2 % et celui des personnels médicaux de 2,8 %, confirmant les tendances déjà observées. À l’inverse, les effectifs des personnels administratifs et techniques et ceux des personnels socio-éducatifs augmentent depuis 2017. Entre 2019 et 2020, la hausse pour ces deux catégories s’établit respectivement à +0,7 % et +1 %. De même, les personnels paramédicaux et les psychologues croissent à nouveau, de respectivement +0,6 % et 1,7 % en un an.

 

Ces données sont de l’enquête Aide sociale, adressée chaque année à l’ensemble des collectivités en charge de cette action en France métropolitaine et dans les départements et régions d’outre-mer (DROM).

 

La Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) met à disposition les dernières données départementales et nationales sur le personnel de l’action sociale et médico-sociale départementale. Ces données sont issues Un module spécifique sur les primes mises en œuvre par les départements dans le cadre de la crise sanitaire a en outre été introduit dans la vague 2020 de l’enquête.

 

Au niveau national, en ne tenant pas comptes des assistants familiaux, l’action sociale polyvalente regroupe en moyenne 31 % des effectifs en ETP, l’aide sociale à l’enfance (ASE) et la protection maternelle et infantile (PMI), respectivement 18 % et 16 %. Quant à l’aide aux personnes âgées et aux personnes handicapées d’une part, et l’insertion, d’autre part, elles concentrent respectivement 13 % et 8 % de l’ensemble des ETP. Cette répartition est toutefois très variable selon les départements.